Madiouna dans les griffes des Chiffonniers
Madiouna dans les griffes des Chiffonniers
La collecte des déchets ménagers fait promotion sociale. C'est dans le contexte économique, qui sévit brusquement dans la société marocaine, que la récupération et la collecte des déchets fait emplette. C'est par l'entrée en jeu de fractions humaines, touchées par le sous emploi et l'exode rural, que l'image de récupérateurs d'occasion sillonnent les ruelles de la ville pour s'enfouir dans la poubelle ménagère en quête de déchets domestiques recyclables. Du fait de leur activité, liée aux déchets et caractérisée par l'espace-vie, ces récupérateurs sont en marge de la société, ne partageant que les jets de cuisines. Pour autant, leur travail est étroitement imbriqué au secteur formel, parce qu'il est lié à une mafia qui traite de l'ordure et de l'humain, et qui malgré tout, se positionne comme mafia légalisée... Mais pas légale. Elle est là parce qu'on voulait d'elle. L'argent fait loi.
Dans un cadre d'interventions effectuées dans 5 centres de tri des déchets pour emballages ménagers, ces centres sont des entités productives, faisant partie du secteur des entreprises vertes. Les résultats ont montré que les centres de tri des déchets sont des sites de production situés à un contexte territorial spécifique, où les travailleurs doivent gérer la production en tenant compte des limites de leur système technique, face au gaspillage en tant qu'objet régionalisé. En effet les déchets, comme matière première, proviennent de la collecte des ménages séparés qui sont amenés au centre de tris. Les caractéristiques sont choisies en fonction de facteurs économiques et sociaux territoriaux spécifiques. En outre, les facteurs politiques concernant les choix en termes de collecte et de tri des déchets, ce sont des facteurs liés au mode de consommation et au mode de vie des ménages sur le territoire. Ces facteurs liés aux caractéristiques morphologiques du territoire sont pris en compte, et leurs résultats nous permettent de proposer deux axes d'actions de prévention, afin de contribuer à la conception de systèmes de travail et de tri durables: -le premier vise à mieux identifier la coordination entre les acteurs de décision: interne, au sein des centres de tri, et externe à l'échelle territoriale. -le deuxième aspire à formuler des recommandations pour la conception de systèmes plastiques, techniques et organisationnels, c'est-à-dire des systèmes laissant suffisamment de marge de manœuvre pour la santé des opérateurs, et rendant les systèmes de travail plus efficaces.
Décharge de Madiouna
Un nombre très important de chiffonniers «travaillent» à l'intérieur de ce dépotoir casablancais, il y en a ceux qui y habitent l'endroit, c'est là où ils vivent ! A savoir qu'un nombre très important de chiffonniers ne quitte jamais les lieux pour des raisons qui restent inconnues! Les responsables qui visent à organiser des activités pour ces récupérateurs de l’informel, encombrant la décharge la plus saturée et la plus incontrôlée, se voit comme prairie où troupeaux de moutons et vaches viennent brouter aux méandres de toxicités ménagères et industrielles. En l'absence de services, ayant devoir de contrôler tout ce qui peut nuire à la santé du citoyen,nous nous questionnons sur la destinée de ces cheptels.

Il faut dire que dans ce milieu où se pratique le chiffonnement, rien n'est plus facile pour un étranger d'y pénétrer au lieu. C'est un endroit sectaire et cloisonné, seuls chiffonniers et parents ont droit. Une condition sociale qui se nourrit en fait d'un travail qui devait en principe être réglementé, aujourd'hui laissée pour compte. Cette fraction de gens esseulés pourraient, à l'échéance, envahir les couloirs d'hôpitaux en quête de soins contre les maladies de poumons et de cancers.
Être enfin conscient du rôle social, l'accueil de ces gens sur le plan professionnel doit se faire dans le cadre des entreprises citoyennes, chargées de la traite et du tri des ordures, elles sont appelées de faire tandem avec le Conseil de la ville pour y parvenir à une solution.
Rédigé par Energie Mines
La rédaction
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