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Mecaplast, une dynamique de croissance

Un de plus. Lorsque le site marocain de PSA va démarrer sa production d’ici à trois ans, le constructeur pourra compter sur Mecaplast pour densifier l’écosystème automobile de la région Rabat-Salé-Kenitra.

L’équipementier basé à Monaco et qui compte parmi les plus importants plasturgistes en France va y lancer un investissement de 30 millions d’euros dans une usine, la première dans ce pays pour lui. «Nous avons choisi de nous implanter au Maroc parce que nous sommes l’un des équipementiers de PSA. Depuis le Maroc, nous allons donc fabriquer pour l’usine de PSA à Kenitra et vraisemblablement aussi des pièces pour Renault Tanger avec qui nous sommes déjà en contact», lance Pierre Boulet, directeur général de Mecaplast .

Aménagement du site de Kenitra

Le Groupe PSA avait annoncé mi-juillet le lancement des travaux d’aménagement du site de Kenitra dont l’usine représente un investissement de 557 millions d’euros pour produire 90 000 véhicules par an au départ et 200 000 à terme. Ce site PSA devant entrer en production en 2019.

En termes de calendrier, Mecaplast prévoit un début de construction de son usine fin 2016 et un démarrage de production fin 2017 sur une surface construite allant de 10 000 à 20 000 m².

«Au Maroc, nous avons prévu de faire de la peinture de pièces plastiques et éventuellement du soufflage de pièces et de la fabrication d’éléments de filtre, comme nous le faisons déjà dans un certain nombre de pays.», explique Pierre Boulet.

«En termes d’investissement, la partie injection représentera 20 millions d’euros et la partie peinture entre 5 à 10 millions d’euros. L’ensemble devrait générer à terme un chiffre d’affaires d’une trentaine de millions d’euros par an et employer entre 100 et 300 personnes», détaille Pierre Boulet.

En matière de formation, Mecaplast prévoit d’accueillir en amont dans ses usines du personnel marocain. «Notre schéma de formation fonctionne dans les deux sens. Nous accueillons en amont des personnes que nous formons dans nos usines et nous envoyons nos personnels se former dans les usines nouvelles», expose encore Pierre Boulet.

Le projet de l’usine Mecaplast a fait partie des 30 projets industriels devant générer 39.000 emplois et 690 millions d’euros d’investissements annoncés le 4 juillet par le ministre de l’Industrie. Quant au montage, «une partie des investissements sera réalisée sur fonds propres et une autre sur financement bancaire essentiellement marocain. La convention signée avec le gouvernement marocain nous fait bénéficier du Fonds Hassan II».

5% de l’activité globale du groupe

Quant à la part du sourcing local, «elle sera réduite dans la mesure où notre matière première en l’occurrence la résine et la peinture sont produites par de gros chimistes mondiaux dont l’automobile représente une part insuffisante de leur activité pour les inciter à s’implanter au Maroc.» regrette Pierre Boulet. L’usine marocaine va représenter environ 5% de l’activité du groupe.

Présent dans 18 pays, dont la Tunisie Mecaplast a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros. «C’est déjà un gros projet pour nous, dans la mesure où la taille moyenne de nos usines est de 3% de notre activité totale» indique Pierre Boulet.

Crée en 1955 par Charles Manni, le groupe est aujourd’hui conduit par son fils Thierry. Affecté par des difficultés financières après la crise de 2009, le contrôle du groupe a été cédé en 2015 au fonds d’investissement Equistone dans le but de relancer une dynamique de croissance comme l’indique ce projet au Maroc. Celui-ci n’est qu’un des nombreux investissements dans l’automobile suscité dans le Royaume par l’arrivée de PSA, car avec son futur site de Kenitra et les deux usines  Renault de Tanger et Casablanca (Somaca) se profile pour le Maroc et donc les équipementiers, à l’horizon 2020 une capacité de production automobile de plus de 500 000 véhicules par an dans le pays. Un marché alléchant.

Le groupe Renault a promis d’ici 2023 d’effectuer pour 1,8 milliard d’euros d’achats par an au Maroc (un triplement) et de porter sa part de sourcing local pour ses deux usines à 65% contre aujourd’hui moins de 40%. Outre Mecaplast, ces derniers mois des groupes comme Treves, Saint Gobain, Faurecia, Delphi;Valeo ou Linamar ont anoncé des investissements ou réinvestissements au Maroc, sans compter l’arrivée prévue d’équipementiers chinois tel le fabricant de climatisations Xiezhong Nanjing

En 2015, le chiffre d’affaires à l’export de l’automobile au Maroc a dépassé 50 milliards de dirhams, soit environ 4,5 milliards d’euros. Un bond de 23%. Le secteur compte déjà 170 usines et emploie environ 90 000 salariés. Demain un peu plus avec Mecaplast.

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