RESSOURCES MINIÈRES

Le sous-sol marocain ne recèle pas moins de douze substances minières faisant l’objet d’une production régulière (phosphate, zinc, plomb, manganèse, fer, cobalt, cuivre, barytine, argent…) A ceci, il faut ajouter un grand nombre de roches industrielles et de matériaux de construction comme le marbre, le gypse, le calcaire, l’argile,… ainsi que les substances énergétiques comme le charbon, le warium, …etc.

Quand parlent les entrailles du sol

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Pour ce qui est des phosphates, le Maroc en possède les plus importants gisements dans le monde, soit trois quarts des réserves mondiales. Leur situation géographique, leur qualité marchande et leur diversité confèrent au Royaume une place particulière dans le commerce international. D’ailleurs, le Maroc représente à cet effet le 1èr exportateur mondial de phosphate au monde avec une production d’à peu près 30 millions de tonnes, et un chiffre d’affaires à l’export de plus de 900 millions de dollars. Le plomb arrive directement en deuxième position après le phosphate. En effet, le Maroc en est le premier exportateur africain et 9ème producteur mondial. Viennent ensuite le cobalt et la barytine dont le Maroc détient respectivement 7% et 6% de la production mondiale.
Globalement, l’exploitation minière s’est développée dans un cadre régional favorisant la décentralisation de l’activité économique et l’animation des zones défavorisées. L’État intervenait dans la recherche et la production minière par l’intermédiaire du Bureau de Recherches et de Participations Minières (Le B.R.P.M. dont l’activité est aujourd’hui annexée à l’ONHYM, organisme créé suite à la fusion du Brpm et de l’Onarep)
L’exploitation minière a été l’une des activités économiques les plus exercées par la population marocaine au cours des siècles. Les technologies minières marocaines comme le travail du cuivre et la fabrication de l’acier ont été transmises au-delà des frontières, à l’Europe notamment à travers l’Espagne musulmane et le sud de la France.

La découverte
Dès le début du XXème siècle, des gisements importants de phosphates, de plomb, de zinc, de fer, de manganèse etc… ont été découverts.
En matière de phosphate, le Maroc renferme les ¾ des réserves connues sur la planète. Il est le 1er exportateur et le 3ème producteur de phosphates bruts à l’échelle mondiale. L’exploitation des phosphates constitue un monopole de l’Etat représenté par l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) créé en 1920. Cette exploitation se fait dans des conditions avantageuses, extraction facile à ciel ouvert, teneur forte qui permet un traitement consistant en un séchage et un épierrage.
Pour les autres minerais, l’Etat intervient par le biais du Bureau de Recherches et des Participations Minières (BRPM) créé par Dahir le 15 décembre 1928 afin de promouvoir et de stimuler la mise en valeur des ressources minières du pays. Il intervient pour toutes études et recherches visant la valorisation des substances minérales, à l’exclusion des phosphates et des hydrocarbures. Entre autres, il entreprend toute opération commerciale, industrielle ou financière compatible avec ses activités.
Par ailleurs, il existe des exploitations minières artisanales essentiellement dans les régions de Tafilalet et du Haut Atlas oriental, qui opèrent dans divers petits gisements de plomb, de zinc, et de barytine. Un organisme d’Etat : la Centrale d’Achat et de Développement de la région du Tafilalet et de Figuig (CADETAF) a été constituée, en 1960 en vue d’encadrer, équiper, former et assister techniquement ces exploitations artisanales.

Principales zones minières hors phosphate
La zone située au centre du pays, de 60 à 120km de la côte atlantique : on y trouve le plomb, la fluorine et l’antimoine.
L’anti-Atlas qui renferme des gisements de cuivre, de manganèse, de métaux précieux (or et argent) et de métaux stratégiques (cobalt, étain, wolfram…)
Le Haut Atlas avec des gisements de plomb, de zinc, de cuivre, de manganèse, de fer et de barytine.
Le Rif avec le fer, le zinc, l’antimoine, les métaux stratégiques et les argiles smectiques.
L’Oriental avec le plomb, le zinc et le charbon.
En matière de valorisation minière, l’activité n’a cessé de se développer depuis 1965 avec :
Le complexe chimique de Maroc-Chimie (I et II) à Safi dont la capacité de production annuelle atteint actuellement 360.000t/an d’acide phosphorique.
Le complexe de Maroc-Phosphore (I et II) à Safi, dont la première unité a été mise en service en 1976 et la 2ème en 1981. La capacité de production de chacune des deux unités est 495.000 t/an d’acide.
L’ensemble chimique Maroc-Phosphore (III et IV) à Jorf Lasfar, mis en service en 1986 permet de produire annuellement 1.320.000 tonnes d’acide phosphorique.
La réalisation en 1997 à Jorf Lasfar d’un atelier d’acide phosphorique purifié de 120.000 t/an.
La Fonderie d’Oued El Heimer à Oujda, traite une bonne partie du plomb extrait; sa capacité de production est de 140.000 t/an de concentré.