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Managem

Le contrôle oligopolistique

L’augmentation du prix du cuivre incite à l’ouverture de nouvelles mines. Toutefois, la durée entre la découverte et l’exploitation d’une mine est assez longue. Il existe aujourd’hui un véritable déficit d’investissements dans les infrastructures minières causé par les faibles prix de 2001.

Le prix du cuivre a triplé en deux ans, il est passé à plus de 10.000 dollars la tonne. Cette hausse est largement liée à la forte demande surtout asiatique. Le cuivre,l’aluminium, le zinc, l’étain, le plomb ou l’acier affichent chaque soir à l’heure du thé, un rehaussement considérable de leur prix. Le «métal du diable» qui reste fortement ciblé, a été propulsé sur fond de flambée du pétrole, à un record de 10.000 dollars. Indispensable dans le bâtiment et les câbles, la star des métaux de base est portée par les économies émergentes, Chine en tête. Elle en consomme 40%, soit 45 milliards de dollars par an.
Si l’aluminium ou l’étain remportent aussi un beau succès, le cuivre, retombant dans la spéculation est assortie d’un déficit mondial de 400.000 tonnes en 2011, explique la flambée du métal. Ces dernières années ont vu l’industrie des hautes technologies se développer, les investissements ne sont plus allés vers l’industrie minière, considérée comme une vieille industrie, d’où le déséquilibre entre l’offre et la demande, a permis aux spéculateurs d’accroitre leurs positions acheteuses sur le métal rouge, pariant sur une hausse des prix. Il faut dire que ces derniers par leur marge de manoeuvre détiennent 40.000 contrats, un seuil sans précédent. Par ailleurs, plusieurs banques ont acheté d’importantes quantités de cuivre, pour lancer, sous peu, sans doute aux États-Unis, des produits d’investissement financier adossés à du cuivre physique, histoire de répliquer son envolée.
Cette aubaine qui se montre accessible à l’entreprise minière marocaine, ne laisse à l’indifférence une entreprise comme Managem. Celle-ci a dores et déjà fait exécuté un plan d’investissement dans la pospection et l’exploitation de certains métaux en dehors du Maroc . C’est dans ce contexte qu’est venue s’inscrire l’augmentation du capital auquel la SNI a pris part et s’en définit avec une détention de plus de 3/4 de son capital. Cette action jalonne parfaitement la nouvelle stratégie qui se déploie dans le secteur des métaux, surtout précieux.
En effet, il existe trois types de sociétés dans le portefeuille du holding unifié : les sociétés matures qui ont atteint leur vitesse de croisière depuis déjà quelques années, dont le contrôle est sensé être cédé sur le marché à court terme, les sociétés en croissance dont le contrôle est sensé être cédé à moyen terme et les sociétés ou projets en incubation, pour lesquels le désengagement ne peut intervenir qu’à plus long terme.
Dans la première catégorie, on peut ranger Cosumar, Lesieur et Centrale Laitière. Dans la troisième catégorie, on compte des sociétés comme Wana et Nareva. Managem appartient plutôt à la catégorie intermédiaire. C’est une société mature par son savoir-faire, son expérience et son organisation.
Mais c’est une société qui a besoin du soutien stratégique et financier de ses actionnaires majoritaires pour atteindre la taille critique dans son marché, qui ambitionne par une présence dans le marché mondial. Elle devient de plus en plus oligopolistique avec une concentration de plus en plus importante des acteurs.
La cession en Bourse du contrôle de Managem n’est donc pas prévue tout de suite, mais elle est envisagée à moyen terme, dès lors que Managem commencera à récolter les fruits de son ambitieux et colossal programme d’investissement.

A.Hanaf

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