A quand un Code minier?

LE TON avec lequel un collectif de parlementaires avait interpellé le ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Fouad Douiri, devant le Parlement était d’une autre facture. On n’est pas habitué à de telles réactions dans l’hémicycle . C’est lors de la présentation de sa stratégie pour le développement du secteur minier, en particulier son cadre juridique qui demeure gardé en otage par la complexité procédurale, qu’une véracité occultée laisse paraître la défaillance organique devant laquelle la montée conjoncturelle de soubresauts économiques laisse ébahi plus d’un. C’est dû en fait à une surexploitation démesurée et impopulaire qui fait pâtir dans la pauvreté des régions entières dépourvues de minimum de soutiens sociaux. Bien sûr, notre pays n’a pas besoin de prendre de la vitesse dans une réglementation moderne du secteur. Il s’en fait à celui de 1951 et cela suffit. Le trop dire et trop parler de nos responsables, ils excellent dans la langue de bois. C’est encore au moment où certains pays africains prennent conscience de la protection de leur richesse minière, que nous autres ne cessons de s’accomplir dans la traîne et laissons empirer les émulsions en particules de flammes comme un boulet de feu d’une équipe gouvernementale à une autre. Nous sommes loin aujourd’hui du réalisme africain qui en avait fait de la codification du secteur l’une des priorités comme le Cameroun, le Sénégal, le Congo et autres…

Mais au moins nous, nous savons que le ministère allait mettre au point quatre cartes géologiques et géochimiques qui sont encore dans leur état d’élaboration et pour lesquelles il est alloué un budget de 15 millions de dirhams. Mais cela dépendra du calendrier du ministre… et de sa durée de présence à la tête de ce département. Car celui qui prendra la relève va-t-il en tenir compte? On se questionne…

Autre volet, dans le domaine de la recherche et de l’exploration, le ministre a fait état de livraison de quelque 4.000 permis de recherche et 350 millions de dirhams d’investissement dans le secteur depuis 2011, une injection pour un marché qui disposait de 2,2 millions de tonnes de métal commercialisable depuis la même année. Les investissements dans le secteur se sont apparus latents et timides et n’avoisinant que quelque 2 milliards de dirhams pour un domaine qui emploie 14.800 personnes, dont 2.700 dans les PME, et qui en pourrait faire plus. Quelle aubaine!

Pour extrapoler sur l’avenir, on trouve toujours de quoi meubler son temps. L’irresponsabilité fait cours en termes de gros mots comme «stratégie». Le ministre nous la souffle quand même en soulignant que le développement du secteur minier à l’horizon 2025 a pour objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 15,5 milliards de dirhams et des investissements de 4 milliards de dirhams dans la recherche minière. Une stratégie qui vise virtuellement la création de 15.000 nouveaux emplois à l’horizon 2025. Qui croit encore dans les chiffres politisés? Qui vivra verra.