L’uranium nigérian fait bonne mine

C’est parti ! La ville reine, Toronto, est aujourd’hui une adresse où la mine africaine fait exposer sa matrice nourricière. C’est à la foire internationale de l’industrie minière, organisée par la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC) que le produit africain fait parler de lui. Il s’agit d’un regroupement représentant les intérêts des compagnies minières canadiennes.

La PDAC, créée en 1932, est un poids lourd dans l’industrie minière au pays de la feuille d’érable. Elle pèse sur l’ensemble du territoire canadien plus de 9.000 membres individuels et 1.254 membres corporatifs. Cette association doit sans doute une partie de sa réputation à sa capacité de réunir lors de cet événement, un nombre impressionnant d’acteurs de ce secteur minier dans la ville où précisément s’effectue au niveau mondial, une transaction sur trois.

Lors de la dernière édition, 63 gouvernements étaient présents (y compris provinciaux comme Québec et Ontario pour le Canada), 125 pays représentés et 668 stands réservés. Mentionnons à toutes fins utiles que le Canada détient une réputation solide dans le secteur minier. L’on trouve dans ce pays trois-quarts des sièges sociaux des entreprises minières dans le monde.

États cherchent investisseurs
La grande attraction est incontestablement l’espace d’exposition – appelé ici le Trade Show. Tel que nous le mentionnions plus haut, différents acteurs de l’industrie sont là, aussi bien des entreprises louant des avions ou vendant des équipements de télécommunication que des institutions universitaires à l’image de l’Université Lorraine en France. « Nous sommes ici pour promouvoir nos formations et trouver des stages et emplois pour les étudiants que nous avons formés», nous confiait Yann Gunzburger, maître de conférences à l’Ecole des mines de Nancy. Intéressant !

Mais ce qui nous a le plus marqué, c’est l’effort fourni tant au niveau du personnel que de l’animation par les différents États lors de cette rencontre. Ces États venus de tous les continents poursuivent le même objectif : signifier que leur pays, leur territoire offre de superbes opportunités dans le domaine minier. Tous ces représentants étatiques chantent à l’unisson : nos mines valent de l’or ! Du côté de l’Amérique du Nord, le principal représentant s’appelle Canada. Le pays est largement représenté aussi bien par le gouvernement fédéral que par les différents gouvernements provinciaux notamment la Saskatchewan, l’Ontario, la Colombie Britannique et le Québec. Avec le Plan Nord, vaste projet de développement du Nord de la province canadienne, il nous semblait évident que la présence du Québec visait d’abord à promouvoir ce plan. Mme Andrée Marguerite Latour explique qu’en réalité, leur objectif est avant tout de faire la promotion du Québec minier. Le Québec présent à cet évènement depuis plusieurs années, est particulièrement intéressé par « les gens qui cherchent à investir ici en particulier les Chinois et les Sud-américains », comme le souligne Mme Latour avant d’ajouter : « Beaucoup d’étrangers qui cherchent à faire du benchmarking viennent également nous voir ».

En tout cas pour Andy Barnicoat, fonctionnaire australien, c’est clair : « Nous sommes ici pour attirer les investisseurs en Australie ». Cette dernière a été en 2012 le pays où ont été effectués les plus importants investissements miniers, d’après une étude préparée pour cette rencontre. Le montant s’élève à 105 milliards de dollars.

L’Asie, pour sa part, est parfaitement représentée par les deux pays les plus populeux, l’Inde et la Chine. Là encore, on est présent pour « se faire voir ». Au niveau du kiosque du gouvernement chinois, l’on vous suggère de prendre part à la China Mining Congress & Expo 2013 à Tianjin du 2 au 5 novembre.
… Et nous le savons (?)

L’Afrique n’est naturellement pas en reste. Regroupés par l’organisation Mine Africa Inc., quatre pays africains sont présents via leur ministère des mines (Burkina Faso, Cameroun, Niger et Sénégal). Le Niger est actuellement le 4e producteur mondial d’uranium au monde, mais le pays aspire à l’horizon 2016 devenir le 2e voire le 1er au monde. Ceci grâce à la mine d’Imouraren qui produira 5.000 tonnes par an . L’État Nigérien va aller à hauteur de 33 % dans l’acquisition des parts du capital de l’entreprise . C’est un projet qui nécessitera 2 milliards de dollars d’investissements et qui sera fait en partenariat avec Areva.

Même son de cloche du côté de la Namibie dont le gouvernement encourage des joints- ventures (coentreprises). Il est évident que cela fait trop longtemps que les Africains sont marginalisés dans l’exploitation de ressources naturelles qui sont pourtant dans leurs sols et sous-sols. Il est temps que les pays africains, à l’aube d’un véritable décollage de l’industrie minière, s’organisent pour qu’il en soit autrement.

A.E/Rédaction