De nouvelle mesures suscitant la colère des professionnels

LES INVESTISSEMENTS dans les carrières de marbre reculent avec intensité et mettent à la grogne les professionnels qui jugent que la réglementation du secteur est très contraignante. Ils sont inquiets. Quant à l’accès à la matière première qui devient de plus en plus difficile, mettant en péril leur activité. L’ouverture de nouvelles carrières se fait au compte-gouttes et celles qui sont existantes ne peuvent continuer à être exploitées en l’absence d’une signature de cahiers des charges contraignants imposés par la nouvelle réglementation. Il s’agit de la circulaire promulguée par le Premier ministre en juin 2010, M. Abbas Al Fassi en l’occurrence, pour combler le vide juridique qui existait en matière d’exploitation des carrières. Les conditions fixées par la loi 08/01 sont effectivement restées sans effet, faute de texte d’application.

Le texte est venu régir les modalités de gestion de ces sites, mais sans aucune distinction entre les produits extraits. Les blocs de marbre sont logés à la même enseigne que le sable, les granulats et autres matières prélevées dans les carrières, suscitant ainsi la colère des professionnels de ce secteur. D’abord, parce que selon la circulaire, l’ouverture de carrières de marbre est conditionnée par le respect de la loi 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement. Or, comme le soulignent des responsables de l’Association marocaine des marbriers (AMM), la liste des projets qui doivent se soumettre à cette exigence, selon l’article 2 de ladite loi, ne comprend pas le marbre. En effet, le chapitre 3.1 de cet article ne mentionne pas «l’industrie extractive : mines, carrières de sable et gravier, cimenteries, industries de plâtre et transformation du liège», et à aucun moment ce produit n’y est évoqué.

Un investissement de 5 à 10 MDH
Les professionnels se disent d’autant plus pénalisés que leur secteur exploite un matériau écologique. «La pierre qui est à la base de notre métier est un produit naturel non polluant et vivant, qui répond aux nouvelles idées du développement durable, contrairement aux matériaux synthétiques qui s’altèrent avec le temps», précise un responsable de l’association.

Les marbriers contestent ensuite l’obligation pour tout exploitant de se doter d’un pont bascule et de clôturer toute la carrière. Selon l’association, cette disposition entraîne une dépense supplémentaire de près d’un million de DH, sachant que l’investissement global dans une carrière de marbre de taille moyenne varie entre 5 et 10 MDH.

Toutes ces contraintes incitent les exploitants actuels à ne plus renouveler leurs contrats conformément au nouveau cahier des charges et n’encourage pas les investisseurs à s’intéresser au secteur. Résultat, et si on se fie aux déclarations de cette organisation, «à peine 4 ou 5 sites ont ouvert depuis la promulgation de cette circulaire».

Pour poursuivre leurs activités, plusieurs professionnels recourent au marché étranger pour s’approvisionner en matière première, «alors qu’il existe une multitude de sites qui regorgent de blocs de marbre riches en quantité, en qualité et en diversité», signale-t-on du côté de cette association.

D’autres sont en train d’entamer carrément une reconversion dans l’importation du produit fini. «Plutôt que de produire avec toutes les charges que cela suppose en matière d’emplois et de tracasseries administratives, je préfère introduire le marbre prêt à l’usage et le commercialiser localement à moindre frais», confie un marbrier de Casablanca. Cette option est d’autant plus alléchante que la matière première et le produit fini sont frappés du même droit de douane.

Les conséquences sont déjà visibles. L’approvisionnement du marché local dépend de plus en plus de l’étranger. Alors que les importations représentaient à peine 30% de la consommation du pays en marbre au début des années 2000, la tendance s’est pratiquement inversée. Aujourd’hui, la production nationale répond seulement à 40% des besoins d’un marché évalué à 800 000 tonnes par an, contre 60% pour le marbre importé. Et pour ne rien arranger, les exportations de ce produit ont nettement reculé, passant de 70 000 tonnes en 2008 à 40 000 tonnes en 2010. Et les professionnels s’attendent à une baisse plus accentuée dans les années à venir, bien que le marbre marocain rencontre un franc succès sur les marchés étrangers. Pourtant, les producteurs de ce matériau de construction sont convaincus que si le problème de l’accès à la matière première est réglé, le secteur pourra contribuer considérablement à la hausse des exportations du pays. On estime ainsi le potentiel de ventes à l’étranger à 4 millions de tonnes par an, ce qui représentera 5 milliards de DH de chiffres d’affaires en devises. Ces prévisions optimistes se basent essentiellement sur la forte demande exprimée à l’échelle internationale pour la variété du marbre marocain. On rappelle à ce propos que la Turquie exporte 10 millions de tonnes par an, l’Egypte 6 millions et la Tunisie 1 million.

Il y a une centaine de carrières pour l’extraction de blocs de marbre au Maroc. Les variétés les plus connues viennent de Sefrou, Oued Zem, Tiflet et Khénifra. La région de Sefrou, précisément à Tazouta, fournit le travertin, un type de marbre souvent de couleur beige très utilisé dans le domaine de la construction. Une autre variété non moins célèbre est le gris de Tiflet, extrait des carrières situées dans les environs de cette petite ville. Elle est très utilisée dans les façades et les intérieurs de maisons ainsi que dans les bâtiments administratifs et commerciaux. A Bejaâd, les producteurs de marbre fournissent au marché le jaune portant le nom de cette bourgade de la province de Oued Zem. Les carrières de Khénifra permettent, elles, d’approvisionner le marché en marbre différent dont la couleur est noire et grise. A Erfoud, on extrait tous types de marbre fossilisé dont la variété dite Onyx, et dans les environs de Taroudant, on produit un marbre de couleur rouge et gris.

Source FMC

Céramique et marbre Ces laissés- pour-compte

La situation géographique particulière du Maroc à l’extrémité lui confère une géologie riche et variée. Plusieurs types de roches y existent et sont en grande partie exploitées comme pierres de construction. Les premières traces de l’exploitation des pierres marocaines pour la construction remontent à l’époque romaine et se trouvent au voisinage des cités antiques de Volubilis, Lixus, Chellah… D’anciennes extractions massives datent de l’époque des Almohades (XII-XIIIème siècles) et portent, notamment, sur les calcarénites et les calcaires consolidés et métamorphisés qui ont servi pour l’édification de leurs principaux monuments historiques, par exemple la Tour Hassan, la Casbah des Oudayas à (Rabat) ou la Mosquée de la Koutoubia à (Marrakech).

L’exploitation industrielle de la pierre au Maroc remonte au début du XXème siècle avec l’installation de grandes marbreries européennes, ce qui a contribué à une expansion rapide de la production des marbres de la région du Maroc central. Cette production a atteint 19 000 tonnes en 1959. Depuis cette date, le secteur marbrier a évolué d’une manière lente et discrète avec une activité et une production très fluctuantes, malgré l’énorme potentialité du Maroc en pierres de construction. La production annuelle oscille entre 250 000 et 500.000 tonnes, ce qui reste infime par rapport à la production mondiale et plus particulièrement de la Tunisie avec 1million de tonnes/an et l’Egypte avec 6 millions de tonnes/ an.

Selon des études faites sur cette approche d’activité dans le secteur au Maroc, l’un des principaux problèmes qui entravent le développement de ce secteur réside en la rareté des études techniques sur les pierres dimensionnelles.

D’autre part, le secteur de la céramique lui aussi n’est pas à l’abri des contingences .La crise mondiale n’a pas épargné l’industrie marocaine de la céramique fortement liée au secteur de l’immobilier. Le secteur, qui a enregistré un taux de croissance de 11% ces cinq dernières années, commence à souffrir d’un manque de structuration que traverse le secteur et de l’acharnement d’une concurrence beau marché externe. Les prix ont baissé d’environ 5% depuis le début de l’année, et plusieurs unités ont arrêté la production. Les prochains mois s’annoncent difficiles.

Le présent dossier vient en réponse aux recommandations d’un certain nombre d’indicateurs et vise plus particulièrement les pouvoirs publics du renforcement de la recherche appliquée sur les pierres de construction du Maroc en vue de les caractériser et de les promouvoir auprès des investisseurs nationaux et étrangers, ce qui pourrait contribuer forcément à la dynamisation du secteur de l’exploitation des pierres au Maroc, et du secteur de la céramique aussi qui jouent un rôle fondamental dans le développement socio-économique national.

Le marbre, une carrière à haute tension

UN SILENCE total entoure le secteur du marbre. Pourtant, beaucoup d’observateurs constatent, sans prendre la peine de fouiner, que les marbriers se font une fortune en peu de temps. C’est l’Etat qui perd des sommes d’argent astronomiques tant sur l’exploitation que sur l’importation des matériaux de travail sur cette roche noble.

Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines, ou marbrures (Veines et coloris sont dus à des inclusions d’oxydes métalliques, le plus souvent.).

Certains types de marbres portent des noms particuliers, par exemple le cipolinou la griotte. Le mot vient du latin «marmor», d’où l’adjectif marmoréen, «de marbre». La sensation de froid que l’on a en touchant du marbre, bien qu’étant à la température ambiante, est uà sa forte effusivité thermique. Il se prête bien à la taille et est très utilisé en construction, en décoration ou en sculpture. On peut s’en servir pour la salle de bains, mais n’est pas recommandé comme surface de travail pour la cuisine. Le marbre est très poreux (voir les minéraux qui le composent) ce qui, en contact avec certaines substances alimentaires, provoque sa détérioration.

L’utilisation du marbre comme matériel décoratif a été vue pour la première fois dans la construction intérieure des églises, en Occident.

En Afrique du Nord, on sait qu’il a servi, dès le milieu du deuxième siècle av. J. -C, à la construction et la décoration d’un sanctuaire monumental commandité par le roi numide Micipsa (148 à 118 av. J. -C.). Le marbre est aussi massivement utilisé pour la fabrication du dentifrice.

Il va de soi que lorsque toute cette richesse va à la caisse personnelle et dans les comptes des membres de la famille, les caisses de la Trésorerie générale ne peuvent que souffrir de ce manque à gagner.

D’abord, jouir d’un agrément ou une autorisation d’exploitation d’une marbrière représente un privilège. Car il n’est pas donné à tout le monde d’extraire le marbre et de le commercialiser. Son traitement après extraction nécessite également du matériel et des frais. Cependant, le secteur ne manque pas de magouilles qui sont à l’origine de richesses inimaginables alors que c’est l’Etat qui devait tirer profit de ces gisements naturels. Selon des observateurs proches du domaine, la majorité écrasante des bénéficiaires de l’exploitation marbrière ne respecte aucune norme. Sur les blocs extraits, c’est le 1/10 qui est déclaré. Les quotas d’extractions ne sont non plus nullement respectés. C’est ce qui fait qu’une carrière qui devrait vivre un certain temps, voit son âge atteint par la morosité dans la mesure où les marbriers forcent la vitesse et la cadence des extractions.

Ce qui porte atteinte aussi à l’environnement du fait que les couches de sédimentation reçoivent des chocs successifs à l’explosif, pourtant interdit, mais utilisé en petites quantités et en cachette dans certaines carrières. Si ces marbriers ne déclarent qu’une partie misérable des blocs extraits, où va le reste ? Les autres blocs sont écoulés au noir, sans facture ni trace bancaire.

Ceux qui les achètent les écoulent à leur tour au noir à des artisans ou à de petites unités de marbrerie qui procèdent au découpage et polissage des plaquettes avec un matériel acheté au noir aussi. Un spécialiste en matière de disques et de lames diamantées servant à découper le marbre a constaté que les prix des outils ont chuté de 100%. La cause en est une petite mafia qui s’est constituée, profitant des nombreuses failles du secteur de la marbrerie, depuis l’extraction jusqu’à la pose, pour importer frauduleusement disques et lames tous diamètres confondus pour les écouler, au noir aussi.

Exemple: un disque diamanté de 350 mm de diamètre, répondant aux normes européennes, importé en bonne et due forme avec taxes douanières et T.V.A coûte normalement 2.000 DH. Le marché noir propose cet outil de travail à moins de 1.000 DH. Ce sont ceux-là mêmes qui se procurent des plaquettes de marbre au noir qui achètent les outils aussi en contrebande. La plupart des plaquettes découpées sont utilisées à petites échelles dans les cuisines, les salles de bain ou les escaliers. Ainsi, le circuit du noir passe inaperçu alors que les sommes d’argent récoltées sont énormes et échappent à tout contrôle.

Il va de soi que lorsque toute cette richesse va à la caisse personnelle et dans les comptes des membres de la famille, les caisses de la Trésorerie générale ne peuvent que souffrir de ce manque à gagner. Le Maroc regorge de gisements de marbre. Du Nord au Sud, différentes couleurs de marbre se présentent: Volubilis, Luxus, Agadir, Bejâad, dans les provinces sahariennes, Tiflet, Khénifra, Zayan, Taza, Al Hoceïma, Azilal, Taroudant, Smâala, Timahdit, Azrou, Azemmour…

M.A

Débat autour des concessions ou permis d’exploitation

A PEINE 0,38% dans la production mondiale. Un chiffre d’affaires de 448 millions DH en 2006. Et qui continue à végéter à ces contours. Le marché est constitué à 50% d’importation. «Le secteur des pierres dimensionnelles n’a pas encore acquis l’importance qu’il devait par rapport à d’autres secteurs industriels, malgré le potentiel de ressources marbrières dont regorge le sous-sol du pays». Les conclusions de Euro Maroc Entreprise (EME), programme de développement du secteur privé, financé par la Commission européenne dans le cadre du Meda, sont sans équivoque. Le Maroc est loin des pays producteurs de marbre. A noter que la Chine, avec une production de 16,8 millions de tonnes, occupe la première marche du podium et l’Egypte, la 5e place avec un peu plus de 6 millions de tonnes. La production mondiale s’élevant à 55 millions de tonnes. Ici comme ailleurs, l’activité industrielle de la pierre dimensionnelle repose sur trois principales sources de création de valeur ajoutée: extraction de blocs et valorisation du marbre dans les carrières; transformation en tranches et carreaux; débitage de pièces sur mesure, prêtes à l’utilisation. Si l’on en croit les dernières données, le Maroc occupait une position relativement négligeable avec une production totale en blocs bruts estimée à 208.000 tonnes, soit 0,38% de la production mondiale. Près de 146 structures opèrent dans la pierre dimensionnelle au Maroc, mais une petite poignée seulement peut se prévaloir de statut d’entreprise structurée. Globalement, elles sont de petite taille et travaillent encore le marbre avec des techniques héritées d’une vieille tradition d’artisans et leur production est destinée au marché local. Par exemple, la taille moyenne des entreprises marocaines significatives est beaucoup plus petite par rapport à la taille de celles des pays marbriers forts comme l’Italie (2e rang mondial avec plus de 10 millions de t/an), aussi bien dans la phase d’extraction (4.000 t/an contre 25.000 t/an) que celle de la transformation (35.000 m2/an contre 400.000 m2/an). Il n’empêche qu’elles se sont toutes positionnées à la fois sur l’extraction, l’importation, la coupe, la finition, la pose et la commercialisation Seuls les opérateurs nouvellement installés (peu) ont mis en place des process de spécialisation. En dépit du boom immobilier de ces dernières années et le grand potentiel du marché du marbre, la valorisation de ce matériau reste encore peu significative. Le niveau d’investissement est faible, comparé aux autres filières industrielles de même nature comme la cimenterie et la céramique. Les faiblesses de l’industrie du marbre sont de tous les ordres. «Aucun dispositif juridique dédié à l’activité d’extraction avec règles déterminant par exemple la durée des concessions ou des permis d’exploitation des carrières», déplore un professionnel. L’obtention des droits d’exploitation est encore assimilée à un parcours du combattant. Quand elles existent, les cartographies techniques de localisation des «mines» sont peu disponibles. L’absence d’infrastructures sur et vers les sites d’extraction est criarde: eau, éclairage, routes… Le coût du transport, rendu encore plus cher avec un carburant onéreux. En outre, les coûts des investissements de rénovation technologique sont aussi jugés élevés. Le secteur traîne une réputation de gouffre capitalistique. La taille moyenne des usines est trop petite, en comparaison avec les usines de cette catégorie dans les pays à forte production marbrière (Italie, Espagne, Turquie…). A cela s’ajoute une main-d’oeuvre peu qualifiée, un outil de production obsolète dans nombre de structures et des pièces de rechange et autres fournitures à des prix élevés. Les professionnels montrent du doigt aussi l’absence de support technique extérieur, notamment laboratoire de caractérisation, station d’essai, écoles de formation professionnelle, études d’ingénierie pour les projets d’extraction et de valorisation… La capacité totale de transformation au Maroc est évaluée entre 1,5 et 2 millions de m2/an à la fois pour les tranches et les carreaux. Mais la production, elle, est estimée à 45% de la capacité nominale. Ce taux d’utilisation reste de loin en deçà des normes sectorielles des principaux pays marbriers du monde. En cause, «la vétusté des outils de production dans certaines unités, particulièrement celle des châssis», déplore un opérateur. La phase de polissage serait également un frein aux flux de production.

Agence Ecofin

Promotion de l’exportation du marbre

POUR LA SECONDE fois consécutive, le Maroc est représenté à la 26ème édition du Salon international du marbre « Carrara 2005 » en Italie. Une dizaine de groupes de producteurs et d’exportateurs tiendront un stand lors de cette édition.

Un événement qui se déroulera comme à l’accoutumée à Maria Di Carrara en Italie. Parmi ces producteurs et exportateurs il y a les entreprises Serhane, Inabra, Granimarbre, marbre d’Agadir, Mar-mar, ou encore marbrerie d’Azrou, pour ne citer que celles-là. Organisée par le centre marocain de promotion des exportations (CMPE) en partenariat avec l’association des marbriers du Maroc, cette participation marocaine sera cette année plus importante.

« Le pavillon du Maroc d’une superficie de 300 m2, sera aménagé pour l’exposition d’une gamme très variée de carreaux de blocs de marbre représentant le potentiel productif marocain » indique un communiqué du CMPE. Ce potentiel, dont parlent les organisateurs est en effet très riche. Le Maroc semble disposer d’un large éventail de variétés de marbre. Des types comme le travertin, l’onyx, le marbre fossilisé, le calcaire sepentinisé vert, rose et noir, marbre blanc laiteux sont disponibles en masse au Maroc. Ce fait est d’autant plus vérifié et justifié par l’augmentation des exportations en marbre. Toujours selon les organisateurs, « les investissements sont passées de 10 carrières en 1980 à 72 en 2003 avec 40 couleurs sur le marché ». Ce secteur du marbre est donc en train de prendre son envol au Maroc.

Les spécialistes du marbre au Maroc estiment que le chiffre d’affaires sectoriel est estimé à 500 millions de DH/an pour plus de 500 unités de production qui génèrent plus de 5000 emplois directs. Côté exportations, celles-ci ont connu de leur part une nette augmentation ces dernières années. « Les exportations en marbre, travertin et pierre de construction ont atteint plus de 82 millions de dirhams en 2004 contre 67 millions en 2003 », précise le communiqué du CMPE. Face à cette croissance de production et d’exportation du marbre marocain, les marbriers marocains veulent promouvoir davantage leurs produits pour garder ce rythme de croisière.

La participation marocaine au Salon « Carrara 2005 » reflète bel et bien cette volonté. Outre cela, l’enjeu est de plus en plus de taille. Il s’agirait de consolider le positionnement des marbriers marocains sur le marché italien et aussi et surtout dépasser la sous-traitance des importateurs italiens. Ces derniers iraient même, selon le CMPE, à cacher l’origine des tranches de marbre marocains pour le vendre sous un label italien. La présence marocaine au Salon Carrara s’impose de plus en plus. Une façon de faire d’une pierre deux coups. Les exportateurs et producteurs marocains pourront, de ce fait, promouvoir leur produit et le contrôler.

La céramique face aux handicaps qui la pénalisent

APPAREMMENT, les secteurs productifs marocains peinent à réussir leur mise à niveau et affrontent une multitude de problèmes. Le secteur de l’industrie de la céramique n’est pas en reste. L’épreuve de la mondialisation ne sera pas si facile pour les céramistes marocains. Le coût élevé de l’énergie, la mise en application des accords de libre-échange et la concurrence déloyale de certains importateurs : tels sont les maux dont souffre le secteur des industries céramiques au Maroc.

Le secteur de la céramique revêt une grande importance vu l’utilité et les besoins qui en font appel et qui le lie étroitement au bâtiment. Cette industrie englobe dans sa conjecture la fabrication des carreaux en céramique, les articles sanitaires et les produits à usage domestique. Elle a fait générer une valeur ajoutée de 731 de millions de DH, chiffre qui reste en deçà de sa capacité de production. Aujourd’hui, le secteur de la céramique est confronté plus à une concurrence démesurée tant au niveau local qu’international. Le démantèlement douanier et la mise en application des différents accords de libre-échange mettent à l’épreuve tout le secteur et imposent une mise à niveau urgente. Sachant que nos professionnels n’ont pas encore acquis les techniques de l’ouverture du pays sur d’autres avenants.

Le manque de contrôle au niveau de l’importation des produits céramiques, la mise en application des accords de libre-échange, notamment celui signé avec la Turquie, et le manque de soutien étatique,plusieurs handicaps pénalisent la céramique au Maroc. Il s’agit essentiellement du coût de l’énergie. Ainsi,dira-t-on notre pays s’est lancé imprudemment dans une ouverture dont il n’y a pas la maîtrise.

La mise à niveau du secteur dépend catégoriquement du coût élevé de l’énergie thermique, dans la mesure où un tel coût pénalise la compétitivité des entreprises marocaines. A signaler que le Maroc reste le seul pays de la région méditerranéenne qui utilise le propane pour la fabrication des articles en céramique. Dans d’autres pays, les industriels de la céramique utilisent le gaz naturel, beaucoup moins cher.

En fait, le coût de l’énergie représente 30% du prix de revient; ce qui constitue une grande contrainte pour le développement du secteur.

On ne peut exclure la présence d’anomalies dans l’exercice du métier qui relèvent du «dumping» exercé par certains importateurs profitant du manque de contrôle et de système de régulation. Ces produits importés constituent 30% de la consommation nationale pour les carreaux.

Le démantèlement des droits de douane sur l’industrie représente également une menace. Les professionnels estiment qu’ils ont besoin de plus de temps, ainsi que d’un soutien étatique pour renforcer leur compétitivité et relever les défis de cette ouverture sur le marché mondial. La proximité de l’Espagne, qui est un producteur mondial de céramique, dérange de fait les industriels locaux. Mais l’optimisme des professionnels reste d’affiche parce qu’ils comptent sur le présent gouvernement de faire sortir le secteur de l’impasse où il se cale.

Actuellement, la céramique industrielle demeure concentrée entre les mains de 40 entreprises employant quelque 6.000 personnes et contribuant à hauteur de 223 millions de DH aux exportations industrielles nationales. C’est une industrie qui jouit de plusieurs atouts: un management averti et ouvert aux nouvelles technologies, une taille significative des usines, un savoir-faire important et une main-d’oeuvre compétitive. Dans cette conjoncture les entreprises, les associations professionnelles et les autorités de tutelle doivent conjuguer leurs efforts pour élaborer une nouvelle stratégie basée sur une vision claire. Il faut donc prévoir un programme de mise à niveau orienté vers les industries céramiques, soutenir les opérations d’exportation, faciliter l’exploitation des carrières afin de créer une activité d’extraction intense et investir davantage dans le domaine de la formation et la recherche scientifique. Le but étant de garantir au secteur de la céramique une intégration sans obstacles majeurs au marché mondial.

A.Berrada

L’industrie de la céramique et l’éthique énergétique

LES INDUSTRIELS du secteur céramique marocains croient rester à la lisière d’une stratégie de développement sectoriel. N’ayant bénéficié d’aucune marge de soutien de l’Etat, contrairement à d’autres secteurs, ils ne cachent pas l’apport de leur secteur à l’économie du pays, malgré l’étroitesse de leur champ de manoeuvre, et croient avoir investi plus de 2,5 milliards de Dirhams contribuant ainsi à l’industrialisation du pays en développant un secteur vital à l’économie nationale, qui emploie directement et indirectement 10.000 postes et qui font économiser à l’Etat plus de 1,5 milliard de dirhams en devises. En scandant que le secteur céramique a réalisé des investissements en technologie très moderne, qui n’a rien à envier à celle des pays industrialisés, pour produire une panoplie de produits céramiques diversifiés répondant aux standards européens et à tous les besoins du marché national marocain (haute et moyenne gammes). En plus, pour sa mise à niveau, il s’est engagé dans l’application des méthodes et des référentiels reconnus à l’échelle internationale pour en citer quelques exemples: certification ISO 9001/V 2000, application des statistiques de procédés MSP, techniques de contrôle NQA, AMDEC, GPAO, suivi de traçabilité du produit depuis la carrière jusqu’au produit fini.

Il ne faut pas oublier que la céramique marocaine fait languir certains investisseurs étrangers en bâtiment sur sa bonne qualité ,ce qui les avait pousser à utiliser les produits céramiques marocains dans leurs projets, à titre d’exemple (logements et hôtels réalisés par le groupe Fadésa et par Bouygues). Malgré les efforts déployés par le secteur, il reste toujours handicapé par le coût élevé de l’énergie comme l’a démontré l’étude faite par des experts de l’Union européenne concernant l’industrie céramique marocaine et celles des pays du pourtour méditerranéen.

Cette étude a approuvé que le Maroc est le seul pays qui utilise le propane au moment où le gaz naturel est source d’énergie .En terme équivalent, l’énergie calorifique au Maroc coûte 4 fois plus cher qu’en Europe et 40 fois plus cher qu’en Egypte.

En plus, certains importateurs opportunistes importent de Chine et d’Espagne des carreaux non commercialisables sur le marché européen et américain, où des normes sont obligatoires. Ils importent des carreaux composés de petits lots ou de fin de série et des carreaux de 2e et 3e choix, dont la qualité est défaillante (défaillance démontrée par des analyses faites par des laboratoires nationaux indépendants : taux de porosité élevé, tachabilité du carreau, résistance faible à la flexion, carreaux nuancés, etc.). Les prix déclarés par ces importateurs sont de moins d’un euro, ce qui ne représente même pas le coût de la matière première, et un poids de 3 Kg/M2, sachant qu’un carreau dans le monde ne peut avoir un tel poids, étant donné que le poids reconnu par les experts du secteur est de 13 Kg/M2; ce qui ne laisse aucun doute sur les fausses déclarations de certains de nos importateurs. Ces pratiques de la sous-facturation et les déclarations frauduleuses nuisent à l’intérêt national: pertes de recettes fiscales (droits de douane, TVA …) et portent préjudice au consommateur marocain en mettant en danger la sécurité du citoyen et des constructions et dégradent l’environnement national. Face à ce mal et pour protéger le consommateur marocain, les autorités compétentes ont entrepris depuis l’an 2000, en concertation avec les industriels, les laboratoires nationaux en céramique, l’instauration des normes marocaines pour les carreaux D Normes ISO 13006. Elles sont devenues obligatoires depuis le 19 novembre 2004 (arrêté n° 426-04 du 16.04.2004 publié au Bulletin Officiel n° 5240 du 19 août 2004), aussi bien pour les industriels marocains que pour les importateurs.

A.B

Importation de la céramique

LES PRODUCTEURS de céramique s’impatientent. Il s’agit du contingentement des importations de céramiques, doublé d’un droit additionnel de 1,50 DH payable pour chaque mètre carré de céramique importé hors contingent, sachant que les droits de douane normaux varient de 16 % appliqués aux importations en provenance de l’Union européenne à 40 % pour les produits chinois. La prorogation doit, toutefois, être accompagnée d’une augmentation des contingents d’au moins 10 % par an.

Mais quand bien même le ministère du commerce extérieur déciderait une telle prorogation, sa mise en oeuvre, pour ne pas dire validation, est du ressort du département des finances qui doit co-signer l’arrêté devant être publié au Bulletin officiel. Jusque-là, une promesse ferme a été faite aux industriels. Mais ne voyant rien venir, ils commencent maintenant à douter. Par la voix de Fouad Benzakour, président de l’Association professionnelle des industries céramiques (APIC), ils disent craindre «un volte-face de l’administration sur ce dossier». Selon M. Benzakour, les producteurs avaient introduit, en octobre 2008, «dans les règles de l’art et conformément à l’article 4 des accords de l’OMC» , une requête auprès du ministère du commerce extérieur pour demander la prorogation de mesures de sauvegarde pour une période supplémentaire de quatre années. Dans cette requête, il est souligné que la branche de production des carreaux céramiques est menacée de graves dommages en raison d’un accroissement massif et imminent des importations de carreaux céramiques dès la levée de la mesure de sauvegarde. «Nous avons aussi mentionné la signature d’un accord de partenariat avec l’association des importateurs, dans lequel les deux parties exprimaient leur accord pour la demande de prorogation de mesures de sauvegarde», ajoute M.Benzakour.

La douane regrette le retour du protectionnisme
Du côté du ministère des finances, l’heure n’est pas à la précipitation. «Le ministère du commerce extérieur a précisé le contingent tarifaire non soumis aux droits additionnels pour la période du 19 juin au 31 décembre 2009. Par conséquent, rien ne nous oblige à signer tout de suite l’arrêté concernant la prorogation puisque la mesure provisoire court jusqu’au 31 décembre prochain», souligne-t-on auprès des finances.

Même position du côté de l’administration des douanes qui regrette «le retour au protectionnisme qu’occasionnera la prorogation des mesures de sauvegarde».

Un argument qui ne convainc guère les producteurs locaux de céramique. «Grâce aux différents éléments fournis par notre association et aux efforts déployés par les agents chargés de l’étude de la requête au sein du ministère du commerce extérieur, notre demande a été accueillie positivement par l’Union européenne lors de sa présentation à Genève. Cette reconnaissance prouve que l’Union européenne n’est pas contre la prorogation de mesures de sauvegarde pour trois années encore», souligne la direction de l’APIC.

Si elle inquiète les producteurs locaux, la situation actuelle devrait en revanche arranger les affaires des importateurs qui ont toujours milité pour une suppression ou du moins une réduction de la période d’application des mesures de sauvegarde. «Nous étions d’accord pour une prorogation de deux années au maximum de ces mesures. Mais cette prorogation doit s’accompagner d’une véritable mise à niveau du secteur pour que la production locale soit capable de concurrencer, sans aucune protection, les produits étrangers», lance un importateur.

Rappelons que si l’industrie marocaine de céramique a du mal à concurrencer les produits importés d’Espagne, d’Italie et de Chine notamment, c’est essentiellement à cause du coût de l’énergie jugé exorbitant par les producteurs locaux.

En effet, et à la différence des autres pays qui utilisent le gaz naturel, au Maroc cette industrie recourt au propane, qui coûte 4 fois plus cher qu’en Europe, 8 fois plus qu’en Turquie et 40 fois plus qu’en Egypte.

Outre l’énergie, l’industrie locale regrette également la faible quantité d’argile et de sable siliceux produite au niveau local. «Par conséquent, une bonne partie des matières premières nécessaires à la branche céramique est importée. Ce qui pèse pour 30 % dans le coût de revient», souligne-t-on auprès de l’APIC. Selon les dirigeants de cette association, le Maroc dispose d’un potentiel de gisements d’argile et de sable siliceux dont les réserves sont suffisantes pour alimenter l’industrie des carreaux de céramique, mais l’exploitation de ces gisements reste individuelle. Et la mise à niveau de la production locale devrait remédier à cette problématique et réduire la dépendance par rapport aux importations en matières premières.

Le marbre, un joyau aux multiples faciès

C’EST UN PRODUIT, qui, marié avec d’autres matériaux pourrait compacter une ligne de décoration de haute facture; il s’agit du marbre . Cette pierre précieuse, qui se caractérise par ses nombreuses qualités, préconise qu’on lui prête grande attention .Il faut qu’on lui fasse crédit d’audiences industrielles particulières et lui promouvoir sa place de notoriété. C’est un autre volet de l’artisanat marocain qui surgit , celui d’utiliser le marbre,cette noble matière, dans le mobilier et le BTP.

Avec un design et un montage de cachet marocain , le client a la possibilité de commander son mobilier à travers des pièces uniques en couleurs, et en formes (têtes de lits, miroirs, tables basses, bureaux …).

Selon une étude réalisée par la Fédération des Industries des Matériaux de Constructions avec le soutien financier du programme MEDA de l’Union européenne, les transformateurs de tranches au Maroc fabriquent essentiellement pour leurs propres besoins en vue de réaliser des carreaux à commercialiser, ainsi que des travaux importants de pose, nécessitant une personnalisation des dimensions des matériaux utilisés. Les blocs de marbre utilisés proviennent à la fois du marché local et des importations. Environ, 60% des entreprises structurées du secteur opèrent dans la transformation des tranches et des carreaux.

Le volume annuel moyen de transformation des tranches et des carreaux est estimé à 650.000 m2. Cette quantité reste également négligeable au vu des réserves et gisements de marbre et granit que recèle le territoire marocain, d’une part, et de la tendance croissante du marché intérieur, d’autre part. Les transformateurs de produits débités coupés finis sont nombreux. Il s’agit d’unités industrielles de petite, voire moyenne taille ayant pour vocation de répondre aux besoins du marché intérieur, certes en évolution, mais au demeurant étroit.

Les ouvrages immobiliers en quête de carrières

UNE CARRIÈRE est un endroit d’où sont extraits des matériaux de construction: pierres, sable ou différents minéraux non métalliques ou carbonifères. Le chantier se fait à ciel ouvert, soit «à flanc de coteau» ou «en fosse» jusqu’à une centaine de mètres de profondeur parfois.

Les carrières peuvent être souterraines ou sous-marines. Elles exploitent des roches meubles (éboulis, alluvionnaires) ou massives (roches consolidées sédimentaires(calcaires et grès), éruptis, oumétamorphique (granites,porphyres, gneiiss, amphibolites, quartzites,schistes,basaltes…)

Le terme «carrière» désigne également une installation industrielle complète comprenant: un lieu d’extraction et les machines servant à traiter la roche extraite (le matériau en «tout-venant», c’est-à-dire non trié), des hangars, des ateliers où sont coupés et taillés les blocs de roches. La distinction entre mine et carrière tient à la nature du matériau extrait (stratégique ou précieux pour la mine, de moindre valeur pour la carrière). Le mot vient du bas latin quadrus, «carré» (sous-entendu: quadrus lapis, «pierre carrée» pour la pierre de taille).

L’homme a commencé à creuser le sol avec des outils rudimentaires, en bois, corne ou os pour les sols meubles, en silex, pour les roches. Pour façonner les roches tendres, il a donc eu recours à des outils de roches dures. Mais pour façonner les roches dures, il a du attendre l’avènement des métaux, des abrasifs puissants comme le diamant, puis celui des explosifs .

Les premières exploitations se sont faites naturellement, il y a plus de 5000 ans, par ramassage des pierres à la surface du sol. Des pierres prélevées à l’état brut sont utilisée dans la construction des mur en pierres sèche, Les cailloux arrondis des rivières sont un matériau de choix mais sont difficile à mettre en oeuvre sans mortier, on les cimente donc au moyen de mortiers d’argile, prélevée sur place quand cela est possible. La recherche de pierres de plus en plus en profondeur conduit à l’établissement des carrières à ciel ouvert ou souterraines. Ainsi au néolithique déjà, dans les minières néolithiques du silex de Spiennes (Hainaut),des hommes contemporains des dolmens creusent des puits et des galeries pour se procurer le silexde la craie plus facile à mettre en oeuvre que les cailloux roulés inclus dans les limons .

Dans le monde antique, s’impose progressivement la nécessité de trouver des pierres les plus aptes à leur destination. Le travail d’extraction et de débitage des pierres se fait en plusieurs étapes: après le travail de «dé-couverture» des bancs de pierre propre à produire les pierres, dures ou tendres, compatibles avec leur destination, démarre le travail d’extraction lui-même. Afin de détacher les blocs que l’on pourra façonner, le carrier fait dans des cas très rares, appel à des strates et fissures naturelles, plus souvent il doit creuser des rainures, au pic, délimitant le volume et la forme des pierres telles qu’elle devront être réalisée .

D’après Eugène Viollet-le-Duc, les Romains sont les plus intelligents explorateurs de carrières qui aient jamais existé. «Les constructions de pierre qu’ils ont laissées sont élevées toujours avec les meilleurs matériaux que l’on pouvait se procurer dans le voisinage de leurs monuments. Il n’existe pas d’édifice romain dont les pierres soient de médiocre qualité; lorsque celles-ci faisaient absolument défaut dans un rayon étendu, ils employaient le caillou ou la brique, plutôt que de mettre en oeuvre de la pierre à bâtir d’une qualité inférieure; et si l’on veut avoir de bonnes pierres de taille dans une contrée où les Romains ont élevé des monuments, il ne s’agit que de rechercher les carrières romaines».

Les outils du carriers romains consistaient en pics, coins,leviers pour l’extraction, scies pour le débitage des blocs, ciseaux et marteaux, masses ou maillets. La Rome antique, le Moyen Age, la Renaissance, jusqu’au XIXe siècle font un usage massif de la pierre naturelle dans des architectures prestigieuses.

Aux techniques traditionnelles d’abattage, par saignée au pic, au coin, à la masse réalisées à bras d’homme, succède le travail mécanique et «aveugle» des machines : la frappe mécanique du marteau- piqueur, la scie à chaîne (haveuse), la perforatrice rotative (de la tarière au rotary), le marteau perforateur, le jet d’eau sous pression voir le laser de puissance .

La pierre cesse d’occuper la place prépondérante multiséculaire qu’elle a occupé dans la construction avec l’invention du béton (la pierre artificielle), plus facile à mettre en oeuvre.Les pierres de construction (ardoises, pierres taillées dites dimensionnelles, pierres tombales et ornementales) ne représentent qu’une infime, mais lucrative part de la production de roches. Au Maroc si l’on considère l’ensemble des roches abattues, les carrières dépassent en tonnage la production des mines. On extrait chaque année plus de 200 millions de tonnes de matière minérale rocheuse (en excluant les alluvions, moraines et autres emprunts de terrain meuble, qui représentent encore davantage) – la pierre à ciment et gypses , les granulats de béton, routes, ballast, les blocs pour enrochement (digues à lamer, ravaux portuaires etc .

M.Moudarir