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Couverture médicale, entre utopie et réalisme

Le RAMED tire sa révérence

La couverture médicale au Maroc montre une défaillance logistique, par rapport aux revenus et des recours aux soins, enregistrant en moyenne 65,5% de passions dont 45,1%, sont plus démunis, soit 30% de la population globale dans notre pays. Ce recours aux soins est l’un des facteurs les plus intensifs, comparés à d’autres pays comme la Jordanie, l’Iran, la Tunisie et le Liban. La situation est en effet compromise par les insuffisances matérielles de l’assurance maladie, ne couvrant pour le moment que quelque 16,4% des demandes. Le constat de dysfonctionnement du système de délivrance des certificats d’indigence, recommandés par les autorités publiques, est aussi alarmant. Un dysfonctionnement qui reste lié à l’état des services dans nos administrations, et qui parfois, incarne des pratiques illicites qui rendent aléatoire l’accès aux services de santé.

Cependant le régime d’assistance médicale (RAMED), destiné à couvrir des dépenses occasionnées par les soins affairés par la Santé publique, se heurte désormais à plusieurs obstacles jalonnés par des groupes d’intérêt. Depuis sa création, 15 ans aujourd’hui, cinq millions de Marocains seulement ont bénéficié de cette couverture. Selon des statistiques enregistrées en 2014, 84% des services sanitaires des hôpitaux publics ont prodigué des soins aux détenteurs de la carte RAMED. En revanche, les coûts d’hospitalisation ont augmenté de 80% entre 2013 et 2014 pour les détenteurs de cette carte. Depuis son lancement en 2008, les dépenses de RAMED restent liées aux services sanitaires dans les hôpitaux publics qui ont atteint 1,3 milliard de dirhams, dont 750 millions uniquement en 2014. Selon des sources officielles, rendues publiques en 2015, l’AMO, le RAMED et les régimes transitoires, ont aussi élargi la couverture du risque maladie pour atteindre aujourd’hui 17,5 millions de bénéficiaires, soit 53% de la population en général.
Quatre ans après sa généralisation, le ministre de la Santé a reconnu en 2015 que la pénurie en ressources humaines et la rareté de certaines spécialités médicales entravaient l’extension de l’offre pour les bénéficiaires du RAMED, et ce, malgré la création de 21.015 postes dans le secteur public, dont 4.900 dans les CHU. Un autre problème dont souffre le RAMED c’est le financement. Ce dernier est assuré conjointement par l’État, les collectivités locales et une partie des bénéficiaires. Et c’est à ce niveau que le système atteint ses limites. Les simulations financières du RAMED avaient prévu une plus grande participation des bénéficiaires et des collectivités locales. En conclusion l’État marocain soutient le RAMED à 75%, les collectivités locales peinent à remplir leur mission, et les contributions des bénéficiaires restent insuffisantes. Le plus grand défi du RAMED est aujourd’hui son manque de stabilité, son absence de contrôle et de pilotage, et donc sa durabilité. Pour l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM), ne disposant pas de moyens susceptible de la propulser au devant de la seine, regrette son absence comme organisme régulateur de l’AMO et de la (Couverture Médicale de Base). Dans ce sens  la multiplication des régimes de couverture, tous gérés de façon indépendante, n’offre pas une grande visibilité pour l’État. Il est donc impératif, comme le préconise l’ANAM, d’organiser une régulation de tous ces régimes et d’améliorer et professionnaliser la gouvernance. Ce qui n’empêche pas de relever que la cotisation par tout bénéficiaire de la carte RAMED doit couvrir sa cotisation annuelle égale à 120 dirhams par personne et par an, plafonnée à 600 dirhams par famille.Un véritable calvaire pour le développement RAMED. 700.000 personnes se trouveraient dans l’incapacité de payer leurs cotisations, ce qui induit une baisse au niveau du renouvellement des cartes.

Néanmoins c’est une nouvelle forme d’assurance que préconise le gouvernement en substituant la Caisse Nationale des Organismes de Prévoyance Sociale (CNOPS) par la Caisse nationale des assurances maladie(CNAM). Une mesure qui intègre désormais un nombre de bénéficiaires  marocains et étrangers de l’enseignement privé et public . Étudiants de l’université ou stagiaires des centres de la formation professionnelle de l’OFPPT bénéficient aussi, à hauteur de 70% dans le cadre des soins ambulatoires,et d’une prise en charge totale dans le cadre du tiers payant.Quant aux hospitalisations, celles-ci seront remboursées à hauteur de 90% dans le secteur privé et à 100% dans le secteur public. Là encore c’est une question de débrouillardise.

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