Textile:

perte de 100.000 emplois d’ici 2025

L’Association marocaine des industries du textile-habillement (Amith) craint la perte de 100.000 emplois d’ici 2025, qui sera accompagnée d’une baisse de 50% des exportations. Un plan de relance du secteur a été adopté, et attend des mesures concrètes dans la loi de Finances 2014.

Le secteur du textile marocain, qui participe à hauteur de 14% dans le PIB du pays, va mal. C’est le constat amer fait pour l’Association marocaine des industries du textile-habillement (Amith). Selon un bilan de l’Association, près de 100.000 emplois seront perdus d’ici à 2025, avec une chute de 50% des exportations, et le PIB marocain perdrait jusqu’à 12 milliards de dirhams. Les chiffres de l’Amith, certifiés par le cabinet McKinsey, font peur. Les exportations n’ont enregistré qu’une timide hausse de 1,5% à fin février dernier par rapport à la même période en 2012, passant de 4,3 à 4,4 milliards de DH, selon l’Office des changes. L’activité du secteur est essentiellement tirée par la confection, en progression de 3% à 3,18 milliards de DH, alors que la bonneterie a baissé de 2,3%, à 1,22 milliard de DH, du fait de la baisse des commandes en provenance de l’Europe.

L’équipe dirigeante de l’Amith, El Mostafa Sajid et Karim Tazi, réélus lors de l’AG, aura du pain sur la planche : redresser le secteur et mettre vite en place la stratégie textile 2025. Pour El Mostafa Sajid, «il s’agit là d’une stratégie de rupture, c’est la première fois que le secteur dispose d’une vision globale lui permettant d’évoluer et de multiplier son potentiel par deux, voire par trois». Cette vision 2025, mise en place en mai dernier, dans la même optique que celle du secteur de l’agriculture (Plan Maroc vert) ou la Vision 2020 pour le tourisme, doit d’abord dégager une stratégie industrielle viable pour prendre en charge l’ensemble des besoins du secteur textile-habillement, durement éprouvé par la crise économique en Europe. Selon l’Amith, un contrat-programme, soutenu par plusieurs ministères dont ceux de l’Industrie et du Budget, sera finalisé avant le mois de Ramadan. «Nous espérons voir les premières mesures intégrées dans la loi de Finances 2014. Nous avons déjà pris beaucoup de temps pour la réalisation de la stratégie», indique Sajid, cité par le quotidien «L’Economiste».

La contrebande, ennemi n°1
Pour les professionnels du secteur, les produits de contrebande et de la contrefaçon sont les plus rudes concurrents d’un secteur tiré par les commandes des grands donneurs d’ordre. «L’Amith devra donc se mobiliser pour encourager les industriels à investir et concevoir des formules d’accompagnement en partenariat avec le gouvernement.

Les opérateurs misent aussi sur la diversification de leur activité afin d’ouvrir de nouveaux marchés», ajoute «L’Economiste», qui estime que le secteur doit dorénavant s’intéresser «à la fois au textile de mode, au textile de maison et art de vivre, et au textile technique (dédié à l’automobile, la santé, le sport, l’hôtellerie». Mais, le co-président de l’Amith reste soucieux: «nous ne pouvons avancer sans une structure dédiée, chargée d’assurer le suivi de la stratégie. C’est le cas dans plusieurs pays comme la Turquie, l’Inde, la Chine, le Bangladesh». Pour l’heure, le secteur arrive à se maintenir, malgré la baisse de la consommation de produits textiles (-9% en Europe).

Pour autant, la demande interne est tirée par l’informel qui capte 90 % de la production locale. La consommation interne représente près de 40 milliards de DH, et d’ici à 2025, elle passera à environ 90 milliards de DH. Le Plan Textile 2025 prévoit d’augmenter la taille du secteur en lui permettant d’atteindre un PIB de 46 à 48 milliards de DH, et des exportations de 85 à 95 milliards de DH, et la création de 250.000 emplois directs. Le soutien de l’Etat à cette stratégie pèse 30 milliards de DH.