Economie

Rawaj une motivation détournée

et un fonds de développement tombé à l'eau

Le commerce intérieur est un secteur fort et un levier important pour l’investissement national. Il est aussi créateur de richesses et d’emplois. Pour accompagner une telle activité, le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, a élaboré une stratégie appelée Rawaj. L’objectif est de mettre à la disposition des commerces non réglementés une armature pour se développer dans un cadre répondant aux exigences de la fonction de commerçant, et à l’amélioration du niveau de vie de ceux qui l’exercent. L’esprit donc de cette action est de faire dynamiser le secteur  par une contribution et une valeur ajoutée au secteur, et pouvoir apporter un plus au PIB. Soit par la création  des opportunités d’emplois dans l’horizon 2020.
Néanmoins, ce commerce a connu, durant cette dernière décennie, l’émergence de nouveaux modes de commerce et plus particulièrement les réseaux de franchise et de la grande distribution. Dans ce contexte, et compte tenu du rôle important joué par ce secteur, en tant que canal nécessaire entre les producteurs et les consommateurs,le besoin d’une vision claire, fixant les normes de travail est nécessaire pour une évolution économique et sociale, rendant la compétitivité du secteur plus productive.

Focalisé sur les quatre secteurs commerciaux, dont la grande et moyenne distribution, le programme baptisé «Rawaj vision 2020», propose un cahier de charge pour tout commerce, impliquant également les pouvoirs publics dans leurs démarches liées à la franchise, aux espaces publics marchands(sous responsabilité des communes), aux marchés de gros, abattoirs et halles aux poissons. C’est en fait un préalable qui permet au commerçant de veiller sur la santé, la sécurité et la commodité du point de vente désigné, ainsi qu’à son environnement. C’est un facteur non contraignant, que seules encouragent les aides et les subventions accordées, soit (20 000 dirhams/commerçant) qui tentent plus d’un de ces commerçants déloyaux.

Le manque d’un cadre réglementaire a laissé germer un tel commerce parasite, qui se déploie en phénomène de marchands ambulants. Et qui souvent s’impose comme commerce légal, auquel les communes n’apportent aucune solution, laissant la porte ouverte à une concurrence déloyale et informelle. Une pratique qui dans l’esprit du législateur nécessite une intervention que Rawaj croit venir pour combler. Mais en vain. C’est une attitude que seul un programme pragmatique et sérieux pourrait apporter l’issue par l’identification du commerçant d’abord, et par sa formation qui pour l’instant s’évertue un fonds de soutien calculé en nombre de 35 000 personnes par an.

Ce fonds, doté d’un budget de 900 millions Dh, vise en effet à moderniser le secteur et financer des projets lancés au cours de la première période dite intermédiaire. À cette fin, deux systèmes ont été proposés, un schéma de soutien au développement du secteur commercial à travers des formations techniques, de gestion et de commerce, porté par des organismes publics ou privés, un programme de formation spécialisé pour le développement de la distribution moderne, conçu en partenariat avec les professionnels du secteur. Un travail d’identification de la formation qualifiante a été opéré pour 10.000 personnes/an et concerne la formation courte, la formation qualifiante, Certificats d’Aptitude Professionnelle, techniciens (Bac+2) et cadres (Bac+4).
Dans un environnement caractérisé par une forte demande des consommateurs, l’extension des zones urbanisées et, l’exposition croissante de produits alimentaires, toutes les mesures doivent se faire pour protéger le consommateur des risques d’insécurité alimentaire et de lutte contre la contrefaçon. C’est un programme qui coûte pour l’Etat des milliards de dirhams.
Récemment une enquête est en cours sur le sort de ces milliards dépensés. Une détection révèle qu’un dysfonctionnement grave dans le déploiement de ce programme, depuis son lancement en 2008 apporte le quotidien « EssabaH ». C’est une enquête menée simultanément par les inspecteurs des Finances et ceux de l’Industrie et du Commerce. Justifiant que 32 entreprises ont bénéficié des marchés lancés dans le cadre du Plan Rawaj et ont bénéficié d’une enveloppe de plus de 900 millions dirhams pour équiper les petites entreprises, tandis que des bureaux de consultants étaient chargés de leur assurer des formations. Rapportant également la mobilisation de « faux » formateurs pour organiser des sessions au profit des trader. Et pas seulement, ils devraient payer 5.000 dirhams par personne.
En ce qui concerne l’équipement dont les commerçants sensés en bénéficier, les enquêteurs constatent qu’il y avait des factures supplémentaires. Le quotidien donne l’exemple par des sièges facturés à 750 dirhams alors que leur prix réel ne dépassant pas les 250 dirhams. Les entreprises qui ont remporté les marchés du plan Rawaj 2020 ont également bénéficié de l’absence d’exigences qualitatives dans le cahier des charges qui leur avait été imposé par l’administration, conclut le journal.
Autre dysfonctionnement relevé par les enquêteurs, les aides destinées aux commerçants servies pour (du shopping)! Plusieurs bénéficiaires ont détourné la somme qui leur est destinée en opérations de shopping ou achats de biens pour leur domicile au détriment d’entretenir leurs magasins.

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