M. Omar Mounir, président de l’ADIZIA

L’agro-industrie en manque d’ardeur foncière

L’Association de gestion de la zone industrielle Ait Melloul milite en faveur de l’agro-industrie et son devenir dans la région. C’est une question qui se pose sur le plan sectoriel qui comprend la transformation des fruits et légumes. Et pour se faire, une incessante demande en territoire qui entrave toute disponibilité d’exploitation agricole, c’est donc la défaillance de l’assiette foncière qui en fait défaut.

Énergie & Mines : Tout développement économique passe forcément par l’industrie. Où se positionne aujourd’hui la zone industrielle Aît Melloul et, que sont les problèmes dont vit-elle ?

M. Omar Mounir: La zone industrielle d’Aît- Melloul est la plus grande zone en superficie dans la région, mais aussi, sur le plan des secteurs qu’elle coiffe, à savoir l’agroindustrie qui occupe une place primordiale et essentielle, elle comprend la transformation des fruits et légumes pour l’export après conditionnement et classification, le conditionnement, la conservation et congélation du poisson, et des services autour comme l’agro-fourniture pour alimenter toute l’activité agricole ou para-agricole. La situation géographique de la Z.I est à l’intérieur de la région de production agricole, et aussi proche du port de pêche d’Agadir, ainsi, tout le flux de la production passe par cette zone pour être ensuite acheminé vers le port d’Agadir ou par la route vers Tanger, ou pour les autres villes du Maroc. Je vous informe que nous sommes en train de finaliser la construction du nouveau siège de
l’association de gestion de la ZI Aît-Meloul, où on va installer toutes les administrations et les services dont aura besoin l’investisseur : douane, CRI, CNSS, etc.

La région a connu dernièrement une forte expansion, sur le plan humain et aussi industriel. Est-ce que l’assiette foncière vous permet de réaliser une extension ? Aussi, quelles sont les difficultés pour la procuration du terrain destiné à l’industrie ?

Les lots de terrain n’étaient pas bien répartis par métier, le zonning n’a pas été considéré à l’époque par l’aménageur, et on vit actuellement avec tout ce que cela peut engendrer comme pollution et gaspillage des ressources.
Ensuite la zone a été créée dans un vide juridique, c’est seulement sous l’initiative des Chambres de commerce que des lots ont été vendus à 50 DH le m² sans l’obligation d’un cahier des charges restrictif, et actuellement ces lots sont non valorisés et subissent une spéculation dans leur prix qui peut atteindre jusqu’à 3000 DH le m². Cette situation de blocage nous pousse à consulter les autorités au niveau de la province et de la commune pour trouver des solutions à ces lots de terrain, parce qu’on reçoit beaucoup de demande d’investissement dans la Z.I. et on est limité par les eaux et forêts et d’autres agglomérations, donc pas possibilité d’extension.

Les terrains agricoles sont en majorité sous autorité de la direction des eaux et forets. Est-ce que cette dernière vous suit dans la mise à niveau pour permettre à l’agriculture d’être au rendez-vous avec le développement humain et social dans la région ?

Pour les terrains des eaux et forets, ils existent des contraintes sociales pour les gens qui y vivent, il y a les terrains collectifs, les terrains de la Sodea et Sogeta, et cette situation doit être résolue par les hautes autorités politiques.
On subi ces dernières années une concurrence rude de la part des pays du pourtour méditerranéen, les Européens sont tous subventionnés, il nous faut aussi une aide de l’État dans les facteurs clés, à savoir, l’eau, les équipements de production, le transport et logistique, la recherche et formation, et des taux préférentiels avec des facilités.
Le secteur agricole est le premier pourvoyeur d’emplois dans la région de SMD,il assure 90% du besoin local. D’ici 10 ans les cartes seront redistribuées, et il faut se préparer pour pouvoir continuer à créer de la richesse pour le développement de cette région.

Interviewe réalisée par
Abou Achraf