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Les industries plastiques outrées par les emballages jetables

Les industriels du plastique emballage jetable sont aujourd’hui tenus par la réduction des déchets. Une note de position des industriels de l’emballage soumet des amendements pour limiter la portée de la future directive lancée par l’UE. L’industrie plastique s’inquiète désormais de la volonté de l’Union européenne d’interdire ou de limiter la consommation de certains produits à usage unique. Se faisant, ils craignent que la restriction ne touche d’autres produits et qu’une stigmatisation impacte les plastiques en général.

Les représentants du secteur de l’agroalimentaire et de l’emballage proposent ainsi de « diminuer la portée » de la future directive européenne, celle-ci relative aux plastiques à usage unique, projette et prévoit d’interdire notamment l’usage de cinq produits en plastique jetables. Et de réduire de façon « significative » l’utilisation de certains emballages.
La note, en effet, répond directement à l’inquiétude exprimée en juin dernier par PlasticsEurope. Pour l’instant, les restrictions de la future directive concernent essentiellement les emballages pour les aliments prêts à consommer (principalement les emballages de fast food, les paquets et emballages souples pour la nourriture prête à l’emploi (chips ou sucreries, par exemple), les bouteilles, les gobelets et leur couvercle, et les sacs plastique légers. Ceci dit que l’impact financier serait limité à quelques dixièmes de pour cent du chiffre d’affaires des plasturgistes européens.
Mais le principe du projet de directive met à l’index les emballages plastiques à usage unique. Ce secteur est de très loin le premier consommateur de résine vierge: il concentre 39,5% de la demande européenne. En France, porté par l’agro-alimentaire,l’utilisation de cette industrie pèse plus de 45% de la consommation de plastique.

Dans ce contexte les industriels craignent que certains États membres ne fassent du zèle et allongent la liste des produits interdits ou encadrés. Ils proposent d’amender le projet de l’exécutif européen pour que les États membres ne puissent pas ajouter de produits à la liste inscrite dans la directive.
Cependant comment réduire l’impact environnemental des emballages ? En améliorant leurs performances et en gérant leurs déchets, comme prévu par la directive emballages ? Ou en limitant ou interdisant la mise sur le marché de certains emballages, comme le propose le projet de la commission ? L’industrie du plastique plaide toutefois pour le statu quo et pour le maintien de la première approche. 
Actuellement, le périmètre de la responsabilité du producteur reste limité au financement de la collecte, et au traitement des déchets. Mais la Commission veut y ajouter « la prise en charge du nettoyage des déchets » issus des produits plastiques jetables, soit un taux de collecte de 90% des bouteilles plastiques mises sur le marché.
Loin de ces tractations qui urgent en occident, le Maroc reste encore à la traîne sur la question du ramassage et le nettoyage des produits plastiques . En quête de technologies novatrices, le secteur représentait en 2013 un marché avec un volume d’importation de 96,0 millions de dollars portant sur le seul secteur de la technologie de l’emballage après 93,2 millions de dollars en 2012. Donc, il est le cinquième plus grand importateur de technologie de l’emballage en Afrique, après l’Algérie, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria. Outre le marché de la technologie, il existe un marché en croissance constante pour le matériel d’emballage, les solutions d’emballage utilisant métal, verre, papier et carton, plastique,… Les importations marocaines de matières plastiques sous formes primaires s’élèvent à 984,9 millions de dollars en 2012. (Source: GTAI – Germany Trade & Invest). 
Selon une étude réalisée en fin 2014 par l’organisme Maroc Export, en charge du développement du commerce extérieur marocain, la plasturgie se place comme le deuxième secteur le plus important dans la transformation des industries chimiques du pays. Il représente près de 45.000 emplois directs, et 300.000 emplois indirects, et une production qui s’élève à 550 kilotonnes (kt), pour un marché évalué à 12,5 milliards de dirhams (1,15 Mrd €). Pour ce qui est des importations de technologies, concernant la transformation des plastiques, elles sont évaluées, en 2013, à 52,8 M$ (45,4 M€). Le nombre de sociétés de la filière s’élève à 650, qui se répartissent entre des transformateurs (71 %), des distributeurs (27 %) et des moulistes (2 %).

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