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Le vin entre interdiction et tolérence

Une industrie vouée à l'export

Sur le continent, l’Afrique du sud tient le pavé et se positionne comme premier producteur du vin suivi du Maroc. Bien que dans notre pays les premiers vins furent élaborés vers le VIème siècle, avant J.C, lors des installations des comptoirs phéniciens, l’industrie du vin n’a pas eu la part aisée, compte tenu de son évolution historique et forcément théocratique.

Mais aujourd’hui, beaucoup d’eau aurait coulée sous les ponts et les terres réservées à la viniculture font peau de chagrin, il n’en restent donc que quelque 7000 hectares, dont 13 domaines se les partagent, produisant ainsi 50 millions bouteilles par an. C’est une industrie qu’on ne peut marginaliser, étant donnée son impact socio-économique, puisqu’elle emploie plus de 20 000 personnes. C’est une question de formes qui commande aux jeux de l’import-export.

Donc par le fait d’acquérir une notoriété dans le pays, les Celliers de Meknès, le Groupe Castel, le domaine Thalvin, les plus connus au Maroc, font partie de ces domaines réservés à la production de raisin pour consommation brute et celui qu’on transforme en vin. Sauf que la part de production réservée pour le vin succombe à la lourdeur fiscale, ce qui laisse, inextricablement, les viticulteurs furieux devant l’excessive élévation des taxes imposées par le législateur.

En effet, bien que la loi interdit la vente au détail d’alcool de 22H30 à 11H du matin, et la prohibe en permanence à proximité des écoles et des mosquées du pays, sa consommation et sa vente restent spécifiquement légalisées en points de vente précis. N’oublions pas que la dite loi interdit également toute publicité pour l’alcool.

Les Marocains ne sont pas dupes devant la consommation de ce produit, ils savent pertinemment qu’ils enfreignent la loi en le consommant en voie publique, ou s’afficher en dédain aux tracasseries juridiques. Clémence ou indulgence du procureur du tribunal de première instance fait foi.

Celui-ci, disposant de textes de loi d’emprisonnement, pourrait infliger une punition allant de 1 à 6 mois et d’une amende de 300 à 1.500 dirhams, ou de l’une de ces deux peines. En cas de récidive, les peines d’emprisonnement et d’amende prévues peuvent être portées au double. Reste que l’application de textes pose toujours problème.

Toutefois, l’écrasante majorité des clients de ce commerce sont musulmans, tout le monde le savait. Mais, si on s’entend appliquer de façon stricte une telle loi, il faudrait fermer tous les débits de boissons, hôtels et restaurants du Royaume y compris. Donc on ne peut tolérer la consommation sans que celle-ci ne réponde au renflouement de la trésorerie publique. Une tolérance mitigée dit-on.
Rappelons que chaque année, la taxe intérieure de consommation (TIC) et la TVA sur les alcools rapportent des centaines de millions aux caisses de l’État. Rien qu’en 2010, et selon la donne fiscale de cette année, la taxe intérieure de consommation sur les boissons alcoolisées aurait rapporté à la Trésorerie du Royaume 1,1 milliard de dirhams. Aujourd’hui le gouvernement en exercice, sous la bannière PJD, ne peut s’en dépasser. Le référentiel salafiste est mis au placard pour raison d’État et de contraintes budgétaires. Sachant que les recettes, provenant de la TIC sur les alcools, vont à la hausse et chaque année s’inscrit une ascension en pourcentage excessif.

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