Les mines au Souss-Massa-Drâa facturées à la baisse

Iy a quelques mois, le débat sur la problématique minière était mené à mots fracassants. Il s’agit en fait d’une région aussi riche en ressources minières telle que le Souss-Massa-Drâa (SMD). Qui en vaudrait que soit décryptée modestement de notre présent billet. Le torchon brûle donc au sein du conseil de la région (SMD). C’est aux propos du représentant du département de l’énergie et des mines, qui fait état de l’importance des gisements miniers dont regorge la région Souss-Massa-Drâa, que les intérêts de la région viennent en prendre le dessus. C’est une aubaine dira-t-on pour l’avancée de la région,qui végète encore dans les mets de la crinière. Une transition qui n’a pas laissé a l’abri les membres de cette instance professionnelle qui se sont focalisés sur cette problématique qui fait aujourd’hui l’actualité, à grande échelle, voire même à l’échelon national, dans nombre de régions.

Dans ce sens, il évoqua les ressources considérables que renferment les sols de Tinghir, en tant que première réserve d’argent en Afrique du nord, puis celle d’Iskaoun à Taliouine, ensuite Imaoune à Igherm, relevant de la province de Taroudant. Concernant les mines d’or, l’intervenant cita celle de la banlieue de la province de Tiznit qui produit, chaque jour, deux kilos de cette matière de choix. D’autre part, les mines du bronze se trouvent bien en tête de la production nationale, avec plus de 40 millions de tonnes. Le responsable du ministère en question conclut en annonçant que ces richesses minières en or, argent et bronze se vendent à l’étranger à des prix fort élevés, puisque le bronze, à lui seul, a été cédé à 8800 dollars la tonne, en 2011, sans parler des prix d’autres minerais tels l’or, l’argent, le zinc, le plomb, le manganèse, le fer dont regorgent les diverses communes rurales de la région du Souss-Massa-Drâa. Par ailleurs, il révéla à l’assistance que 185 autorisations d’exploitation et 1258 attestations de prospection ont été délivrées dans le territoire de cette zone, riche en minerais. Une bagatelle qui fait bénéficier la région d’un maigre prélèvement ne dépassant guère les 3DH/tonne de brut mobilisé, dont environ 5 Million de DH de recette annuelle.

On conviendra enfin, que ce domaine qui génère de gros revenus est resté toujours opaque et hermétique. Nombre d’exploitations et prospections amorcées par des compagnies aussi bien marocaines qu’étrangères ne sont jamais communiquées, car l’hégémonisme tend la mainmise sur les productions dont toute la nation devrait, en principe, en profiter.

Par M.Moudarir

«Nafoura»

Fausse note des «prédateurs»

La fontaine lumineuse de Casablanca est aujourd’hui en passe de disparaître, et à jamais. C’est plutôt le Conseil de la ville qui s’en charge. Quelle audace!

Est-il question encore de fantasmer sur des projets mirobolant et se soustraire au machiavélisme culturel? Soit. Le théâtre est une bonne initiative, mais qu’en est-il de l’étude et le trop parler dans les années quatre- vingts sur sa reconstruction dans la place Verdun?

C’est désormais le revers d’une gestuelle d’attrape-nigaud qui s’engouffre pour bâtir l’illogique sur le logique et faire pic sur la place Mohammed V. Du bétonnage fourre-tout dirait-on.

Erratique, cette mesure se fige inconsciemment dans un relent qui laisse patois plus d’un irascibles. Et les Casablancais ne cessent par ces temps d’attirer la sonnette une telle gabegie. Croyant en la réaction de la société civile, cette mauvaise initiative si elle aboutirait, finira certes devant la justice(… ) Ce gâchis, donc, laisse prédire que la ville se fige dans des bedons intentionnés, qui ne cessent par les gestes trépidants de ralentir, sinon faire marche arrière, à même les dalles des points nodaux de la ville. Une façon de dire que «tous les arts ont donné leurs merveilles, à l’exception de l’art de gouverner» paraphrasant Louis Antoine de Saint-Just.

Casablanca, cité blanche, est aujourd’hui emprise entre les mains de gens, à l’esprit bigleux et margoulin, investissant dans le cortège. Un cortège qui menace ce pigeonnier de fontaine âgé aujourd’hui de plus de cinquante ans. Ce lieu de prédilection où tous les Marocains se reconnaissent et pas seulement les Casablancais. Hélas! Ville noble, Casablanca outragée dit stop aux mauvaises consciences, qui par myopie intellectuelle, rabrouent tous les esprits éveillés qui disent non à la destruction de la mémoire casablancaise . Non encore à ceux qui cherchent à assouvir leur lubie et en finir avec tout ce qu’il y a de repères pour les générations montantes, singeant par le geste les précédentes agressions portées aux édifices civilisationnels de la ville.

Et pas seulement. La fontaine c’est aussi un lieu d’attraction touristique bien connue. On vous propose d’ailleurs de vous prendre en photo dans la nuée de pigeons pour quelques dirhams. Des femmes assises autour de la fontaine offrent aussi de vous orner les mains ou les pieds avec du henné. Des vendeurs d’eau vêtus de leur costume traditionnel cherchent également à abreuver le visiteur assoiffé, on est sollicité de toute part ! Les week-ends, à la nuit tombée, la fontaine s’anime de jeux de lumière qui évoluent sur fond de musique orientale.

Par M.Oulberj

Vous dites charte «environnement» !

Six pour cent, c’est la contribution effective des mines au PIB national avec quelque 35.000 emplois.
C’est un secteur pourvoyeur de fonds et qui prend de l’ampleur dans l’économie du Royaume. Mais celui-ci manifeste un soubresaut explosif dans plusieurs villes avoisinantes des mines, dont les travaux se font dans des conditions dégradantes pour l’environnement, causant des dégâts importants. Cette remarque nous fait dire que la question d’exploiter une mine relève avant tout de la condition écologique du site .Surtout quand il s’agit de points d’eau, c’est le cas d’ailleurs des villageois d’ Imiter, 200 kilomètres au nordest d’Ouarzazate. Le paysage est pittoresque, mais les signes de la désolation sautent aux yeux où les traces de dégâts restent encore apparents dans ce petit bourg qui, récemment, a mis en garde l’opinion publique contre l’exploitation abusive du peu d’eau qui existe encore et empêcher la Société métallurgique d’Imiter (SMI) de continuer ses travaux sans se soucier des inconvenances qui pourraient misérablement se traduire sur les habitants du coin.
Selon eux, la filiale de Managem surexploite la nappe phréatique et pollue l’environnement au cyanure ; insouciante. La SMI est une grande consommatrice d’eau, de l’avis des connaisseurs dans la région. Avec plus de 1.000 employés, l’exploitation tourne à plein régime au détriment des ressources hydrauliques. Une situation qui a poussé les habitants à ruer et ne sont pas près de lâcher prise.
Les maux des habitants qui souffrent des suites de l’exploitation minière sont dus en grande partie à l’absence d’un cadre légal et réglementaire qui protège leur environnement. La législation en vigueur, notamment le Code minier (qui date de 1951 !), n’impose aucune restriction aux entreprises exploitantes. On privilégie a priori le rendement sur le rétablissement de l’équilibre écologique. L’exemple le plus édifiant à cet égard, en est les études d’impact sur l’environnement. Obligatoires au préalable depuis 2003, ils sont rarement réalisés.
En 2010, sur instruction royale, une Charte de l’environnement et du développement durable a en effet été lancée en grande pompe pour mettre le Royaume en adéquation avec les normes internationales. Espérons que la mise au point de ce texte servira à stopper l’hémorragie.

Par M.Moudarir

De l’éthique et du provincialisme

La politique sociale est toujours mise à l’épreuve en temps de crise. Le néo-libéralisme conservateur qui a régné ces dernières décades n’est pas étranger à sa régression ,note le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) . Au Maroc, la société se bipolarise, à peine pris place dans le balançoire qui amènerait vers la classe moyenne , nous voilà aujourd’hui cloués à ce planché fragilisé par le poids de la dette. Le risque d’une rupture sociale n’est pas à écarter. Certes, l’impact social de la crise a été relativement contenu. Mais les effets en termes de perte d’emplois et d’affaissement de l’offre exportable sont réels. Ce nouveau contexte est favorable à des actions plus vigoureuses, en jetant les bases d’un véritable modèle social, capable de garantir la cohésion sociale et la stabilité.
Les domaines sont plus ou moins délimités à travers la lutte contre la pauvreté, la couverture sociale, les retraites et la réforme de la caisse de compensation qui devait profiter aux classes démunies.
C’est là un processus long et complexe. Sa maîtrise est possible par le dialogue et la concertation entre les parties concernées. Un tel projet est réalisable. D’autant plus qu’il nous concerne individuellement et collectivement. Il contribuera certes à garantir une plus grande sérénité dans les rapports sociaux, à réduire la précarité psychologique et à rassurer l’avenir. La modernisation sociale est à ce prix. D’autant plus que ses retombées positives sur la compétitivité économique et l’attractivité du pays seront importantes .
Durant toute la période des années 90 ,l’Europe avec laquelle nous avons des relations privilégiées n’a pas pu jalonner la crise .Pourtant évoquée en 1995 par Michel Camdessus, alors directeur général du Fonds monétaire international (FMI) ,qui s’efforçait de juguler au plus vite la grave crise financière qui avait éclaté au Mexique. Cette période, a fortement contaminé la doctrine des organisations internationales chargées du développement des économies en gestation. Dérégulation des marchés, faiblesse des filets sociaux de sécurité et remise en cause des services publics ont constitué le crédo d’un modèle sensé accélérer le rythme de croissance. La crise mondiale actuelle a secoué les certitudes et provoqué des remises en cause salutaires. Elle rappelle à la nécessité d’un nouvel ordre social où l’individu ne serait pas victime de l’individualisme, où la solidarité serait garante de la cohésion sociale et où la protection collective éviterait l’émiettement de la société. Aujourd’hui, sous les coups de boutoir d’une mondialisation effrénée, la société se délite.
Frappée par le chômage, des réseaux de soutien qui fonctionnent mal, une précarité grandissante : elle risque l’implosion.
Et la sortie de crise n’est pas uniquement économique. Elle est aussi sociale. C’est-à-dire des réponses nouvelles, courageuses et adaptées. C’est dans ce contexte qu’une véritable prise de conscience pourrait apporter des solutions au projets de la promotion sociale et du recasement d’une jeunesse avide de travail . Le chef du gouvernement a peut être réussi à faire passer le projet Ramed comme assurance maladie, mais l’a-t-il vraiment réussi? Et comment tenter, dans une certaine mesure, préserver les acquis sociaux ? Recomposer une société passe par la prééminence du social qui reste le socle de la croissance.

Mohamed Mehdi

Caisse de compensation

Pour un meilleur ciblage de la population

la mouvance de la réflexion actuelle sur le recentrage des ressources publiques destinées
à lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité à l’appauvrissement, le présent article s’évertue d’apporter
des éléments d’éclairage sur la façon dont ces ressources sont distribuées, sur leurs effets
redistributifs, leur efficacité de ciblage des populations nécessiteuses et leurs impacts sur la réduction
de la pauvreté absolue dans ses différentes formes. L’objectif global consiste
à contribuer à l’effort d’évaluation des impacts de la politique de compensation et du régime de
la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur la pauvreté, l’inégalité et la répartition du revenu au
Maroc. En outre, les caractères pro-pauvres de ces politiques feront également l’objet d’une attention
particulière. Et c’est l’objectif de l’actuel gouvernement qui a pris sur sa charge la réduction de la
précarité et le relancement des objectifs spécifiques assignés à cette prise de position, il s’agit en
effet d’analyser la progressivité de la distribution des subventions de la Caisse de compensation
et de la politique fiscale à travers la différenciation des taux de la TVA, et ce en distinguant entre
l’équité verticale et l’équité horizontale. Et puis l’appréhension des changements dans l’effort
distributif de ces politiques en distinguant entre les différents produits subventionnés et les
différents taux de la TVA. Ce qui inclut aussi l’analyse du caractère pro-pauvre de la compensation
et de son impact sur la pauvreté et l’inégalité dans la perspective d’un meilleur
ciblage de la population en situation de pauvreté. L’exploration des pistes de réformes
possibles du régime de TVA et de la compensation, dans un cadre du transfert indirect
où le gouvernement envisage de modifier la structure de TVA pour soutenir l’effort de
compensation afin de réduire la pauvreté, se limite en premier aux seuls domaines
d’une consommation de marge .Il y va des produits de haut standing comme les
voiture 4×4; le tabac et les boissons alcooliques …
Chaque politique sociale, en l’occurrence la compensation, l’équité de la TVA
et sa capacité redistributive, les transferts publics, tout comme les dépenses
publiques de l’éducation et de la santé, entraîne une distribution selon
le niveau de vie qui affecte le bien-être tant individuel que collectif. Soldée
par des gagnants et des perdants, une telle répartition demeure
au Maroc une source de distorsion d’allocation des ressources publiques
et crée des conflits sociaux et des manques à gagner pour
les pouvoirs publics et l’effort de lutte contre la pauvreté et l’inégalité.
Cependant, dans la mesure où le niveau de vie des ménages
dépend fortement des interventions publiques, qu’elles relèvent
de la fiscalité ou des transferts, il serait pertinent et
primordial de considérer l’incidence de l’ensemble des
dépenses publiques et des impôts sur la pauvreté,
l’inégalité et le bien-être social des ménages. Procéder
similairement a le mérite d’avoir une appréciation
globale de l’impact des interventions publiques
sur le niveau de vie de la population.
Apropos
Pour un meilleur ciblage
de la population
D
M.Moudarir

Télévision

Du voile à la vente aux camelots

Un peu partout dans les administrations , dans les boulevards et même dans les quartiers d’affluence commerciale ou surtout à travers les écrans de télévisions de certaines chaînes arabes, la montée du star-type harpant le hijab sexy est à la mode de nos jours .Et grâce au phénomène des vendeurs ambulants, qui colportent les nouveaux modèles jusque dans les grands boulevards casablancais , la ville est prioritairement convoitée et partant, envahie. Jonchant le parterre du devant des boutiques, les ferrachas occupent dans un désordre fracassant la chaussée, pourtant réservée aux automobilistes. La vente du n’importe quoi donne donc lieu au titre de commerçant , ce qui fait que tout le monde s’adonne à une telle occupation tant qu’aucune charge fiscale ne peut venir s’en prévaloir. Une exemption notoirement décrétée dira-t-on!.
Mais le plus attrayant est que ce genre de commerce fait bonne audience chez les femmes, et ce par mesure de faire économiser quelque peu le budget domestique . La mode des voiles et foulards a dans ce sens pris du vol et se répand à une vitesse incroyable depuis que la question des « moutabarrijates », celles qui sont convoitées par la mode occidentale , fournit le prétexte à toute femme désirante échapper aux regards malveillants de l’autre de s’en faire une cause . Et se mettre aussi à l’abri des salafistes qui portent mal dans leur coeur l’égalité et la liberté de la femme .
En tout cela la responsable en est pour une bonne part à la télévision. Ne cessant de jouer sur l’amalgame entre modernisme béat et tradition calfeutrée,portant une tradition locale au niveau national, se faisant l’étouffeuse de la diversité culturelle. Créatrice d’opinion certes, elle se laisse faire par la diffusion de téléfilms, quand ils ne sont pas pseudo-religieux, à se porter sur ceux plus sexy . Quel paradoxe? Puis la mode descend sur le parterre de palaces en terme de création stylistique, faisant tapage de la sortie, des ateliers de modélistes, de grands modèles pour telle ou telle saison . Une séduction qui en finisse à bras le corps dans le marché de gros pour gagner aussitôt les villages les plus reculés. Le modèle est ensuite copié et fabriqué à des milliers d’exemplaires.
Ces marchands itinérants, qui gagnent chaque jour du terrain, jouent un rôle très important dans l’industrie nationale du prêt-à-porter. Ils sont les véritables diffuseurs de la mode dans tous les coins du pays, jusque dans les bleds les plus perdus. Ne vous étonnez pas de voir les paysannes travaillant sur les plantations porter la toute dernière création à la mode fabriquée dans les centres commerciaux de Casablanca ou d’autres grandes villes du Royaume . Il ne serait que simple témoignage que la progression de l’habit se porte très bien dans notre pays .
L’industrie du prêt-à-porter populaire doit son succès à la persévérance de ces camelots qui ne cessent de se développer dans des quartiers périphériques. Vendre des vêtements à la classe moyenne et aux couches les plus pauvres de la société, n ‘est autre que la gloire d’une économie de rente qui ne cesse de se développer et qui se fait des vedettes . Aujourd’hui la tendance est aux apparences et l’illusion d’appartenir à telle ou telle classe fait des emplettes.

M.Mehdi

Appel cadencé au secteur des assurances

Le secteur des assurances, qui joue un rôle central dans la protection de l’économie et la garantie de la sécurité des personnes, a connu ces dernières années des changements rapides aussi bien sur le plan de son chiffre d’affaires, qui a atteint 21 milliards de dirhams (MMDH), que sur ceux de la qualité de ses prestations de service, de la diversité des intervenants et des défis qui sont de nature à impacter son développement.
C’est un secteur mobilisateur de l’épargne orientée vers le marché financier, dont les placements nets alloués aux opérations d’assurances ont atteint au terme de l’année 2010 plus de 105 MMDH, ce qui permet de financer directement les activités commerciales et d’avoir des répercussions positives sur les grands secteurs économiques du Royaume.
Avec la mise au point d’un contrat-programme liant le gouvernement au secteur des assurances, est-ce que celui-ci pourrait s’acquitter convenablement de ses missions économiques et sociales? L’esprit constructif qu’affichent les opérateurs du secteur et le climat de partenariat avec le gouvernement rentrent dans le but efficient d’une mise à niveau du secteur des assurances et l’amélioration de son chiffre d’affaires. C’est en fait un outil au service du développement économique et social du pays. Et le développement du secteur des assurances est appelé ainsi à améliorer ses capacités compétitives et accompagner le processus de développement du Maroc en tant que centre financier régional.
Le contrat-programme entre le gouvernement et le secteur des assurances prévoit dans ses lignes plusieurs mesures qui visent à protéger les personnes et leurs biens à travers l’amélioration de la couverture (maladies, retraite). Essentiellement pour les employés du secteur privé et les professionnels, dont les agriculteurs, et aussi à faire améliorer la contribution du secteur aux efforts de prévention contre les accidents, aussi bien pour les usagers de la route que pour les entreprises.
L’accord vise en perspective la contribution du secteur, qui reste encore fragile sur le plan technique, pour le rayonnement économique du pays. Il ambitionne de développer le secteur en améliorant la qualité de ses prestations, notamment dans les domaines de la santé et des accidents de travail, son image et sa couverture consacrant ainsi la culture des assurances auprès de larges franges de la société marocaine.
Et pour clore, les principaux objectifs de ce contrat-programme visent l’amélioration de la couverture santé qui est encore loin d’atteindre les 90% des bénéficiaires de l’assurance maladie obligatoire et 50 % des bénéficiaires de l’assurance médicale des métiers indépendants, et faire augmenter aussi de 50 % le taux d’assurance sur les accidents de travail pour atteindre, au terme du développement 100 % la couverture contre les catastrophes naturelles.
Ce contrat-programme a également pour but de secourir plus de 10.000 personnes (2.400 contre les accidents de la route et 8000 contre les accidents de travail), et créer 5.000 emplois directs et 50.000 indirects, estimant que les facteurs de réussite de cet accord résident dans la création d’une instance de gouvernance, d’une commission d’orientation et d’une autre de suivi, d’adoption de plans d’action et d’un agenda précis.

Mohamed Mehdi

Démocratie

Folletage du modèle politique arabe

Nous vivons aujourd’hui dans un monde en profondes mutations, par rapport à celui connu juste après l’indépendance, dans lequel a été formée l’actuelle classe politique marocaine qui continue à s’inspirer des vieux paradigmes. Le Monde arabe avant le 14 janvier n’est plus le même.
L’anomie politique provoquée par la propension révolutionnaire est dans le sang, et s’imbibe dans l’ensemble de la population arabe. Les remous sociaux que connaît le Monde arabe sont en une partie des luttes pour la reconnaissance. Le sentiment d’honneur bafoué, l’atteinte à la dignité ainsi que le mépris et le déni de la considération restent des mobiles pour n’importe quel soulèvement.
Le rejet des revendications peut créer des conflits sociaux qui se transforment en quelque sorte par des conflits d’intérêts. La transformation d’un pâtir en agir reste un élément majeur pour décrire les motifs des groupes qui furent qualifiés par certains politologues de «groupes à faibles ressources». Ce genre de groupe se caractérise moins par la précarité économique que le peu de moyens cognitifs, relationnels ou sociaux, dont ils pouvaient disposer pour faire entendre publiquement leurs voix. L’effet des réseaux sociaux a provoqué non seulement un dépassement de l’identité nationale chez les éléments de cette catégorie de groupe, mais une identification ou une sorte de recognition.
L’emballement de ce vent de fronde dans le Monde arabe a élucidé que dans toutes les sociétés arabes le talon d’Achille est exactement le même. L’absence de la démocratie et la démagogie populiste, en se basant sur des discours politiques salmigondis et incompréhensibles, ont créé des mécanismes de déni et dénégation du citoyen, surtout la jeunesse.
Les contestations dans le Monde arabe montrent que le mal est général et que tous les pays sont concernés. La nécessité d’en faire un diagnostic, pour chercher les causes de cette maladie, est inéluctable. La jeunesse présentement vit avec la vitesse de la célérité électronique, et exprime par ce biais son mécontentement et son irritation vis-à-vis de l’absence d’une réelle démocratie. Le népotisme et la corruption restent les points d’orgue des revendications et se sont, d’ailleurs, les slogans scandés dans les deux lieux symboles des deux manifestations tunisienne et égyptienne. Les événements de la Tunisie, de l’Égypte et maintenant la Libye donnent leçon à tous, pourvu que le reste des pays arabes en tire conclusion et commence à engager des refontes dans la voie de la démocratie et des réformes politiques en profondeur.
Un pouvoir d’élite sans engagement social est un pouvoir bâti sur le sable, en tout cas c’est ce qu’on peut tirer aujourd’hui de ce tsunami politique qui rase à coup de fouets l’ensemble des pays arabes. Il s’agit en fait de s’inspirer de la nouvelle donne et engager un travail rigoureux sur la recherche d’issues à la crise, et animer sur cette base un débat public national mobilisateur de la société civile. Les partis politiques marocains ont dévoyé le pouvoir que la société leur avait confié. La désaffection des citoyens,surtout la jeunesse, pour la scène politique se traduit aujourd’hui par un redéploiement de leur activité dans la société civile. Dés lors, un rapport de confiance (pouvoir – défiance, société civile) s’est installé et la nécessité d’articuler entre les deux reste indispensable pour faire régner l’assurance. La politique de colmatage qui se contente de repeindre, de rapiécer et renoncer n’est que pusillanimité politique.
La théorie polyarchique, propre aux démocraties, système où les ressources politiques fortement dispersées, avec un équilibre entre les pouvoirs et la théorie des contrepoids reste, dans un premier temps, un élément majeur pour structurer d’une manière rationnelle la chose politique marocaine. La vie politique dans ce cas se présente comme un lieu où il y a libre concurrence sans clientélisme et sans partialité. L’aspiration démocratique s’est manifestée depuis toujours, sous forme de pouvoir de défiance des organisations qui rejettent l’état de fait, imposé par une élite qui se concentre sur le pouvoir économique et politique. C’est pourquoi, la réussite du modèle polyarchique est inhérente à la réussite du pluralisme social. La révolte dans les pays arabes a montré que tout gouvernement qui ne travaille pas sur la base sociale du pays, ne fait que pédaler dans la boue.
A l’aune, les réformes politiques s’imposent pour trouver le point d’équilibre entre l’inéluctable et l’impondérable, dans l’objectif de favoriser un consensus politique qui préserve la cohésion sociale d’une société fortement en hybride.

Par Dr Cherkaoui Roudani

L’informel fait loi

Le Maroc en temps de période de vaches maigres, occasionnées par une succession d’années sèches, a laissé se développer un commerce parallèle qui aujourd’hui pèse de tout son poids. C’est un commerce qui a prêté main forte aux marchands ambulants et détaillants, qui se sont enrôlés depuis comme fournisseurs incontournables, passerelle de produits ne liguant sur aucune légalité et faisant de l’économie de l’informelle une source de richesse.
Et c’est vrai, loin de toute contrainte fiscale, l’argent se fait facilement, la circulation des richesses se fait de bouche à oreille et l’expérience fait boule de neige jusqu’à contraindre le commerce légal de fermer boutique. Que peuvent faire les pouvoirs publics pour y remédier?
Pour contrôler l’économie informelle, allant du gargotier qui vend à manger sans se soucier ni de l’hygiène ni de la santé des citoyens; aux grands trafiquants de voitures qui se la coulent douce en fin de journée à bras le corps la «chicha», il faudrait mettre en circuit toute une stratégie. L’idée de faire rentrer dans l’ordre cette économie parasite et la mieux organisée, ne surprend personne. On s’attendait tout simplement que la volonté y est, et celle-ci est venue de l’argentier du Royaume qui compte les organiser en petites entreprises.
Les Chambres régionales de commerce semblent désintéressées dans le temps, mais aujourd’hui devoir oblige elles doivent contribuer à surmonter cet handicap qui déforme toute analyse de macro ou microéconomies. C’est un défi. Donc soutenir les marchands de l’informel et leur permettre de tenir des journaux de comptabilité leur seront de grande assistance. L’économie informelle génère de nos jours quelque 280 milliards de dirhams par an, tout en s’accentuant en plusieurs «unités de production» .Selon les estimations publiées en décembre 2009 dans un rapport du Haut Commissariat au Plan, 57% des entreprises actives dans le secteur sont des commerces de détail, et 20% travaillent dans le secteur des services. Le Maroc perd ainsi des millions de Dh chaque année en recettes fiscales, parce que ces entreprises illégales ne sont pas officiellement enregistrées.
Le rapport estime également que le nombre d’entreprises non enregistrées est passé de 1,23 million en 1999 à 1,55 million en 2007, soit une augmentation de près de 18%.
Toujours selon le Haut Commissariat au Plan, on reconnaît que le secteur informel joue un rôle social et économique critique comme source de travail et de revenu. Lors d’une réunion organisée à Casablanca, il avait affirmé que ce secteur présentait un niveau de dynamisme qui lui permettrait d’être intégré dans l’économie formelle.
Dans les conditions actuelles, le secteur de l’informel reste un grand pourvoyeur d’emplois. Pour inciter les entrepreneurs à s’inscrire, l’État doit se fixer des objectifs concrets avec des pourcentages clairs pour faire remonter chaque année un nombre d’unités informelles vers l’économie formelle.
Un chef d’entreprise à Agadir explique qu’il y a des aspects positifs et négatifs à réglementer le secteur informel. Réglementer les entrepreneurs non inscrits mettrait un terme à l’épineuse question de la concurrence déloyale et la perte de recettes fiscales. Mais du point de vue de l’emploi, le Maroc a besoin d’un marché stable, à même d’absorber l’afflux de travailleurs informels.
Il faut combattre le secteur informel en prenant des mesures louables pour qu’il puisse rejoindre l’économie formelle avec la simplification des procédures fiscales. Des «magasins» partout dans les régions du Royaume pratiquent l’informel. En passant par le port d’Agadir le constat est là. C’est l’image d’un marché à gargote qui se développe en toute quiétude faisant fi des services compétents. C’est l’illustration de l’illicite qui fait loi fournissant des poissons aux gens à des conditions précaires.

Abdellah Najim

Conjoncture

Le relachement des prix internationaux des matières premières énergétiques et alimentaires a joué un rôle particulier en faveur des importations, récemment située dans une phase conjoncturelle et peu montante, cette tendance est amorcée par les importations de biens en raison d’un repli à la fois des importations énergétiques que des achats hors énergie.

Pendant le premier trimestre 2009, les importations de marchandises ont reculé de 16,8% à 61,08 MMDH contre 73,43 MMDH auparavant. Dans ce sillage, la facture énergétique s’est peu allégée. Selon l’Office des Changes, les importations de produits énergétiques et des demi-produits, a représenté 76,5% de la baisse totale des importations. Cette régression est imputable, pour l’essentiel aux importations d’huile brute de pétrole qui ont baissé de 58,6% à 3,37 MMDH à fin mars. Le prix moyen de la tonne importée a reculé de 50,4% à 2.595 DH/t contre 5.232 DH/t. Cette évolution des achats d’huile brute de pétrole permet de voire une baisse du prix moyen mensuelle de la tonne importée à 2.535 DH/tonne enregistrée en mars 2009, contre 5.480 DH/t en mars 2008. Exepté une hausse au niveau des produits finis de consommation et des produits finis d’équipement, les autres groupes de produits à l’importation ont baissé, surtout les produits énergétiques et les demi-produits. Les produits énergétiques reculent au quatrième rang, parmi les groupes de produits à l’importation avec une part de 16,6% à fin mars 2008, avec une part de 21,6%). La contraction a également concerné les produits alimentaires avec 6,66 MMDH contre 9 MMDH, soit une baisse de 26%. Cette diminution est à attribuer aux approvisionnements en blé (-58,9%) et en maïs (-29,6%).
L’évolution des achats de blé, laisse apparaître que le prix moyen de la tonne importée chaque mois a régressé à 2,299 DH/t en mars 2009 contre 3.247 DH/t une année auparavant. La part des produits alimentaires dans le total des importations a baissé à 10,9% (12,3% à fin mars 2008). La contraction de l’activité chez les principaux partenaires commerciaux commence par peser sur les débouchés à l’exportation du Maroc. Le recul des ventes extérieures des phosphates et de leurs dérivés explique, en partie, ce mouvement baissier, après avoir fortement profité de la fermeté des cours mondiaux. Evoluant en effet en demi-teinte, les exportations de marchandises ont totalisé 26,56 MMDH contre 38,18 MMDH, en baisse de 30,4% par rapport à fin mars 2008. Cette tendance a concerné tant les exportations hors phosphates et dérivés qui se sont chiffrées à 22,35 MMDH contre 29,42 MMDH à fin mars 2008, soit une dépréciation de 24% que les ventes de phosphates et dérivés qui n’ont totalisé qu’à peine 4,20MMDH contre 8,75 MMDH.
Les demi-produits ont ainsi reculé au second rang parmi les groupes de produits à l’exportation avec une part de 23%, après avoir occupé le premier rang une année auparavant (28,6%) à fin mars 2008.