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Ce que le Maroc produit à part les phosphates

Le Maroc n’est pas encore un pays pétrolier, mais son sous-sol est assez bien doté en ressources minérales autres, ce qui lui confère une place privilégiée dans le domaine. Selon l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), en charge des activités minières au Maroc, peu réticent en matière de communication nous livre ses derniers chiffres remontant à 2010. Pour cet organisme le Royaume produit 28,3 millions de tonnes de minerais par an pour une contre-valeur de 40,1 milliards de DH, ce qui représente 6% du PIB. Nous rappelant également que le secteur emploie près de 34 500 personnes. On s’en doute bien. Estimons que seuls les phosphates représentent près de 90%, qu’il s’agisse des tonnages ou des recettes générées. Mais d’autres minerais sont aussi extraits. Ainsi, si le Maroc a extrait (hors valorisation) un peu plus de 26,6 millions de tonnes de phosphates, il a aussi produit et exporté d’autres minerais comme le fer (44 700 tonnes), du plomb (46 000 tonnes), du cuivre (53 400 tonnes), du zinc (87 400 tonnes)…
Pour ce qui est des produits miniers transformés, outre l’acide phosphorique et les engrais, il y a aussi de l’argent (243 tonnes) et de l’or (650 kg contre 1,3 tonne en 2006). Le Maroc produit également du nickel (317 tonnes).
Globalement, la production minière, hors valorisation, semble stagner. Si l’on considère les chiffres arrêtés à 2010. En effet, la recherche minière au Maroc, qui date du début du XXe siècle, est aussi aléatoire que la recherche pétrolière. Et il faut compter entre 7 et 10 ans pour mettre au jour un gisement et évaluer de manière sûre ses réserves avant de commencer son exploitation.

Uranium
En plus des 77 concessions du patrimoine minier existantes, on totalise 563 permis d’exploitation et 3 647 permis de recherche. Les explorateurs comme les exploitants sont de diverses nationalités et de diverses tailles car la recherche minière peut aussi bien se faire par des multinationales que par des personnes physiques. En effet, ce sont les marocains Managem et Akka gold mining (AGM) qui exploitent l’or, tout comme le zinc et le cuivre. Chez les étrangers, on trouve à côté de l’australien Kasbah Resources, qui exploite un site d’étain, l’allemand Okosys et l’espagnol Tolsa qui produisent de la bentonite, mais aussi le malaisien Tamara Mining qui extrait du fer.
Globalement, chaque année, ce sont entre 4 et 5 milliards de DH qui sont investis entre exploration et production. En 2011, l’ONHYM a dépensé, de son côté, 60 MDH pour prospecter et promouvoir le Maroc en
tant que destination de choix pour l’exploration minière. Le programme d’exploration continue et l’office recourt à de nouvelles technologies comme la télédétection hyperspectrale, la géophysique aéroportée et la géochimie sol pour enrichir le plan national de cartographie géologique (PNG) afin de convaincre les investisseurs de venir au pays.
C’est grâce à cela que des gisements de métaux précieux notamment d’or, ont été découverts tels que ceux de Lourim (province de Tiznit), Had Imawn et Tafrent (du côté de Ouarzazate), Jbel Malek et Azougar n’tilili (province de Tan Tan). D’autres zones sont en cours d’exploration ou de reconnaissance poussée. Il en est ainsi de la province d’Aousserd pour le fer, entre autres métaux.
Outre l’intérêt pour les métaux précieux mais également pour les métaux de base (plomb, zinc et cuivre) comme à Jbilet et Guemassa, l’office insiste aussi sur l’exploration des provinces du Sud qui a commencé depuis 2009 pour la recherche de l’uranium.
Des indices intéressants (on parle bien d’indices) ont été mis au jour à Agracha et Matallah dans la province d’Aousserd. Les sondages effectués sont si encourageants qu’on parle de réserves potentielles de plusieurs millions de tonnes.
Aujourd’hui, l’ONHYM s’est désengagé de l’exploitation ou du partenariat dans la production.
L’Etat a choisi de faire de son démembrement un outil de recherche préliminaire dans des domaines où aucun opérateur ne peut investir. Il faut en effet lui prouver d’abord l’intérêt qu’il a à venir dans une région ou une autre. De plus, l’Etat s’engage à encourager les éventuels investisseurs, en prenant à sa charge entre 50% et 70% des infrastructures d’installation comme les routes, notamment, et même le raccordement à l’eau et à l’électricité

Prospection minière : Un domaine ouvert aux personnes morales ou physiques
Contrairement aux hydrocarbures, l’Etat ne prétend pas à une participation de 25% dans les sociétés d’exploitation minière. Dans la prospection minière, même si le sous-sol reste la propriété de l’Etat, l’exploration comme l’exploitation (en dehors des phosphates, bien entendu, monopole de l’Etat) sont libres et ouvertes à toute personne morale ou physique, quelle que soit sa nationalité.
Il suffit de demander un permis de recherche qui répond à certaines spécificités comme la durée et l’obligation d’effectuer des travaux. Une fois la faisabilité économique établie, le prospecteur a droit à un permis d’exploitation sous réserves de payer des droits modiques qui vont de 2 000 DH à 7 000 DH. Le permis de recherche est valable pour une période initiale de 3 ans, renouvelable pour 4 ans sur une surface de 16 km2. Le permis d’exploitation a, quant à lui, une durée initiale de 4 ans avec la possibilité d’une prorogation exceptionnelle de 12 ans. Cette extension est accordée si des gisements exploitables sont découverts.
Du point de vue fiscal, les équipements servant à l’exploration sont exonérés de droits de douane et l’Etat réduit de 50% les impôts des entreprises opérant dans le domaine mais seulement si elles exportent leurs produits miniers directement ou indirectement.

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