Zeïda:

Quelle réhabilitation?

L’activité minière a été de longue date l’un des piliers fondamentaux de l’économie marocaine, et le secteur des métaux a connu lui aussi un développement substantiel depuis 1919 jusqu’en 1982. Dans ce cadre la production marocaine en matière de plomb avait dépassé en 1980 les 170.000 t de concentré, représentant 3,5 % de la production mondiale.

Les mines de la Haute Moulouya (districts Aouli – Mibladen – Zeïda) ont largement contribué à la production nationale en matière de plomb extrait dans cette région. Aujourd’hui dans l’abandon.

Situé sur les berges de l’oued Moulouya, le district minier de Zeïda , d’une superficie de plus de 600 km2, a été de 1972 à 1985 le siège d’une exploitation intense à ciel ouvert de minerai de plomb.

La mine de Zeïda, qui fait naître dans son giron une densité humaine cantonnée dans un faubourg où transitent humains et de marchandises venant de régions de Khénifra et de Meknes .C’est une agglomération regroupant une densité humaine importante, et qui fait pendant de la mine située dans une vaste plaine de 1300 m d’altitude.

La région, à climat aride froid, de nature montagnarde (précipitations moyennes annuelles de 300 mm), est caractérisée par de fortes pluies pendant les mois d’avril et de mai. L’oued Moulouya, qui traverse Zeïda, est caractérisé par un débit moyen annuel de 5,5 m3/s, et draine des terrains de pente faible (0,7%) .

Comme toute industrie extractive, l’exploitation des ressources minérales (extraction et valorisation) dans la région de Zeïda, a probablement généré à tous les stades un certain nombre d’impacts environnementaux et a porté atteinte aux différents éléments de l’environnement par ses effets directs et indirects.

Pour un développement des ressources minières
En effet, la protection de l’environnement n’était pas une préoccupation prioritaire au cours de l’activité de la mine, et même après l’arrêt du centre minier, le district minier a été abandonné sans être réhabilité. D’ailleurs, dans le code minier marocain, il n’y a pas de dispositions obligeant tout titulaire d’actes miniers de prendre des mesures nécessaires pour parer aux conséquences pouvant découler de son activité.

La contamination des eaux de surface, des sédiments, des sols et des plantes par l’activité minière passée ne surprend presque personne dans le voisinage du centre minier d’Aouli, abandonné et laissé à l’état tel qu’il a été en activité continue aujourd’hui à occuper une main d’oeuvre d’esprit artisanal.

L’incidence donc du centre minier abandonné de Zeïda sur l’environnement a porté, d’une part, sur le diagnostic de l’état actuel de l’environnement réalisé à proximité du district minier de Zeïda, abandonné sans réhabilitation dans la Haute Moulouya. La contamination des eaux de surface, des sédiments et des résidus miniers par les éléments traces métalliques laisse paraître dans des échantillons d’eau et de sédiments prélevés le long de l’oued Moulouya des degrés élevés de pollution par Pb et As avec des valeurs maximales respectives de 5547 g/t et 192,2 g/t pour les résidus miniers, 2277,4 mg/kg et 34,01 mg/kg pour les sédiments, et 130 ?g/l et 199,6 ?g/l pour les eaux de surface.

Les concentrations dans les eaux dépassent largement dans certaines stations les normes de potabilité (norme de l’OMS, norme marocaine), alors que dans les sédiments, les teneurs en Pb dépassent celle considérée comme naturelle, et les teneurs en As dépassent la moyenne mondiale des sédiments des rivières. Les résultats montrent la dégradation de l’environnement au voisinage du centre minier abandonné. Les résidus de traitement constituent dans ce sens la principale source de pollution et les sédiments constituent une réserve potentielle de polluants.