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Vous dites charte «environnement» !

Six pour cent, c’est la contribution effective des mines au PIB national avec quelque 35.000 emplois.
C’est un secteur pourvoyeur de fonds et qui prend de l’ampleur dans l’économie du Royaume. Mais celui-ci manifeste un soubresaut explosif dans plusieurs villes avoisinantes des mines, dont les travaux se font dans des conditions dégradantes pour l’environnement, causant des dégâts importants. Cette remarque nous fait dire que la question d’exploiter une mine relève avant tout de la condition écologique du site .Surtout quand il s’agit de points d’eau, c’est le cas d’ailleurs des villageois d’ Imiter, 200 kilomètres au nordest d’Ouarzazate. Le paysage est pittoresque, mais les signes de la désolation sautent aux yeux où les traces de dégâts restent encore apparents dans ce petit bourg qui, récemment, a mis en garde l’opinion publique contre l’exploitation abusive du peu d’eau qui existe encore et empêcher la Société métallurgique d’Imiter (SMI) de continuer ses travaux sans se soucier des inconvenances qui pourraient misérablement se traduire sur les habitants du coin.
Selon eux, la filiale de Managem surexploite la nappe phréatique et pollue l’environnement au cyanure ; insouciante. La SMI est une grande consommatrice d’eau, de l’avis des connaisseurs dans la région. Avec plus de 1.000 employés, l’exploitation tourne à plein régime au détriment des ressources hydrauliques. Une situation qui a poussé les habitants à ruer et ne sont pas près de lâcher prise.
Les maux des habitants qui souffrent des suites de l’exploitation minière sont dus en grande partie à l’absence d’un cadre légal et réglementaire qui protège leur environnement. La législation en vigueur, notamment le Code minier (qui date de 1951 !), n’impose aucune restriction aux entreprises exploitantes. On privilégie a priori le rendement sur le rétablissement de l’équilibre écologique. L’exemple le plus édifiant à cet égard, en est les études d’impact sur l’environnement. Obligatoires au préalable depuis 2003, ils sont rarement réalisés.
En 2010, sur instruction royale, une Charte de l’environnement et du développement durable a en effet été lancée en grande pompe pour mettre le Royaume en adéquation avec les normes internationales. Espérons que la mise au point de ce texte servira à stopper l’hémorragie.

Par M.Moudarir

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