Valorisation de nos ressources en eau

Nouvelle impulsion au patrimoine hydraulique

La question de l’eau fait surface chaque fois que les conditions s’apprêtent
Une croisée de réflexions s’enchevêtre alors, laissant place a des spéculations démesurée parfois. C’est dans cette houlee d’idées que nous nous sommes entretenus avec le Secrétaire d’État a l’eau et a l’environnement, espérant satisfaire certaines curiosités en leur livrant, a cœur ouvert, l’interview ci-après

1.Qu’elle est la stratégie adoptée par votre département en matière de gestion et de préservation des ressources hydriques ?
Pour consolider les acquis et relever les défis liés principalement à la raréfaction des ressources en eau, à la surexploitation des ressources en eau souterraine, à la faiblesse de la valorisation des ressources en eau mobilisées et à la pollution, une nouvelle impulsion visant le renforcement de la politique de l’eau a été amorcée. Les grandes orientations et contours de cette impulsion portent sur :
La préservation de l’eau et la lutte contre la pollution.
La gestion de la demande en eau à travers une utilisation optimale et efficiente.
L’exploitation durable des eaux souterraines.
La poursuite du développement de l’offre par la mobilisation des eaux conventionnelles et non conventionnelles.
Réduction de la vulnérabilité aux risques naturels liés à l’eau, notamment les inondations et la sécheresse..
La poursuite des réformes institutionnelles et réglementaires.

2.Pouvez-vous nous dressez un bilan des projets initiés par votre département et des futurs programmes ?
Le Maroc dispose actuellement d’un patrimoine hydraulique constitué de 124 grands barrages d’une capacité totale de plus de 17 Milliards de m3 et d’une centaine de petits barrages. Le programme de barrages en cours de construction est constitué de huit grands barrages et 15 petits barrages. La cadence de réalisation des barrages sera accélérée dans les années à venir.

Dans le domaine de la protection contre les inondations et parallèlement à l’amélioration de l’efficacité des dispositifs et moyens de prévention, des actions structurantes ont été réalisées ou programmées, portant essentiellement sur la poursuite de la réalisation des barrages de protection et des aménagements des cours d’eau.
Achèvement de l’actualisation des Plans Directeurs d’Aménagement Intégré des Ressources en Eau des différents bassins hydrauliques.
Des programmes ambitieux sont engagés, en collaboration avec les différents partenaires notamment le Ministère de l’Intérieur et le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, dans le domaine de la gestion de la demande en eau et l’économie d’eau à l’utilisation et l’assainissement et l’épuration des eaux usées et leur réutilisation.
Mise en place d’une gestion durable des ressources en eau souterraines à travers une approche privilégiant la participation des usagers et l’établissement de contrats de nappes en vue de limiter la surexploitation de cette ressource stratégique.
Poursuite de l’effort de la mise en œuvre des dispositions de la loi sur l’eau 10-95

3.Comment se déroule le suivi les réserves d’eau disponibles dans le Royaume ?
Le suivi de remplissage des retenues de barrages est assuré à l’aide des bilans hydrauliques effectués quotidiennement. Le volume actuellement stocké est évalué à près de 13 Milliards de mètres cubes, soit l’équivalent d’un taux de remplissage de plus de 83 %.

4.Après les inondations récentes, surtout dans la région du Gharb, quelles sont les mesures à entreprendre pour prévenir ce type de catastrophes ?
Réaliser des actions structurantes portant essentiellement sur l’aménagement et le calibrage des cours d’eau ainsi que la poursuite de la construction des barrages réservoirs pour le stockage des eaux de crues.
Sensibiliser la population à l’occupation des zones inondables et intégrer le risque d’inondation dans les plans d’aménagement du territoire et d’urbanisme.

5.Quelles sont les mesures entreprises pour assurer un entretien des barrages selon les règles et normes en vigueur ?
Conscient de l’importance et de l’enjeu stratégique que joue le patrimoine hydraulique national au niveau de l’alimentation en eau potable et industrielle, de l’agriculture et de la production d’énergie électrique, le Secrétariat d’Etat Chargé de l’Eau et de l’Environnement accorde une attention particulière à la sauvegarde de ce patrimoine.
Cette sauvegarde se base sur un processus de standard international qui intègre le contrôle préventif, des visites d’inspection annuelles effectuées par des équipes pluridisciplinaires, l’interprétation des mesures d’auscultation, l’auscultation sismique, le contrôle des équipements hydromécaniques et électromécaniques des barrages et les expertises réalisées par des experts nationaux et internationaux.
Ce processus permet d’une part d’arrêter un programme annuel des opérations d’entretien et de maintenance en vue d’anticiper la réalisation des actions préventives ; et d’autre part d’identifier les grosses réparations à entreprendre et qui sont destinées, en général, à restaurer un ouvrage ou des équipements endommagés ou défectueux afin de les remettre en état.
Ce processus a pour objectif de :
Veillez à la conservation en bon état des ouvrages et des équipements,
Réduire au maximum les indisponibilités et les disfonctionnements des équipements,
Maintenir les performances des ouvrages et des équipements,
Optimiser les coûts des opérations d’entretien.

6.Pourquoi les barrages existants n’ont-ils pas pu absorbé tout le flux des eaux pluviales qui ont causés les dernières inondations ?
Il est important de signaler que les barrages ont joué plutôt un rôle primordial dans la protection contre les inondations des biens et des personnes en stockant et en écrêtant les eaux de crues exceptionnelles enregistrées cette année et qui allaient faire des ravages si les barrages n’existaient pas.
Dans le bassin du Sebou, la situation pluviométrique a été exceptionnelle surtout durant le mois de février 2009 où le taux de remplissage a atteint 100%. Pour assurer la protection des zones situées à l’aval, les barrages du bassin ont joué un grand rôle dans l’écrêtement et le laminage des crues. Le taux d’écrêtement a varié selon les barrages de 50 à 73%.
Pendant le mois de février 2009, les apports enregistrés au niveau du bassin du Sebou sont évalués à 2.2 Milliards de m3 dont 1.2 Milliards au niveau du Barrage Al Wahda, 350 Millions de m3 au niveau du barrage Idriss 1er, 170 Millions de m3 au niveau du barrage Allal El Fassi et 280 Millions de m3 au niveau du barrage El Knasera.

7.L’infrastructure actuelle des barrages est t-elle suffisante, ou bien faut il construire d’autres barrages ou digues pour rationaliser la distribution et le stockages des ressources hydriques ?
Les efforts déployés par les Pouvoirs Public pour la mobilisation des eaux de surface sont considérables et ont permis de faire face aux phénomènes naturels extrêmes (sècheresse et inondation) qu’a connus le Pays. Cependant, l’œuvre de cette politique doit être poursuivi pour maximiser la mobilisation des eaux de surface qui se perdent encore en mer. A ce sujet rappelons le programme de la déclaration du Gouvernement qui prévoit la réalisation jusqu’à 2012 de 10 grands barrages et une centaine de moyens et petits barrages.

8.Est-ce que votre département intervient dans le contrôle de la bonne exécution par les industriels de la loi relative à l’obligation de traitement des eaux usées avant leur rejet?
La loi 10-95 sur l’eau soumet tout déversement d’eau usée à autorisation et au paiement à l’agence du bassin hydraulique, d’une redevance annuelle fonction de la quantité de pollution rejetée.
Pour appliquer ces dispositions, le département de l’eau a pris, depuis 2005, différentes mesures qui ont permis :
la publication du décret n° 2-04-553 du 13 hijja 1425 (24 janvier 2005) relatif aux déversements des eaux usées et de ses textes d’application ;
la mise en place de la police de l’eau ;
l’octroi des aides financières par les Agences de Bassins Hydrauliques et par le Fonds de Dépollution Industrielle pour inciter les pollueurs à réduire la pollution rejetée ;
la surveillance et le suivi de la qualité de l’eau et des déversements des eaux usées.
D’autres mesures sont en cours telles que le complément de l’arsenal réglementaire et le renforcement de la police de l’eau.