EconomieEnergie

Selon Yahya Madani, S.G de l’Association des distributeurs de gaz

Dépositaires et distributeurs de gaz sur le qui-vive

La Chambre de commerce, d’industrie et de services de la wilaya de Tanger (CCIST) a abrité dernièrement une rencontre consacrée à la présentation du diagnostic environnemental de la zone industrielle de Gzenaya, réalisé à la demande du ministère de l’Industrie et celui de l’Environnement dans le cadre d’une étude environnementale concernant un groupe de cinq zones industrielles incluses dans le projet «Chaeco II».

S’articulant autour de la valorisation et l’application des résultats du projet initial italien Chaeco, tout en prenant acte en territoire marocain, avec une assistance technique pour l’introduction de technologies environnementales dans les entreprises de certaines zones industrielles polluées. C’est ce processus qui vient stimuler l’association des distributeurs de gaz liquéfié. Celle-ci comprend outre l’organisation du métier de dépositaire, celui de distributeur. Elle couvre un espace environnemental intégrant toutes les régions de Tanger.
Réunis en partenaires exerçant sur le même socle professionnel, ce parterre de 14 membres agissant tous dans le domaine s’engagent à défendre les intérêts afférents à ce secteur. Créée en 2005, la dernière assemblée du 6 avril 2012 vient marquer leur engouement pour le métier tout en reconduisant au poste de secrétaire général M. Yahia Madani. Lors d’un entretien éclair avec ce dernier, il en ressort que les difficultés qu’encourent les distributeurs du gaz sont énormes. Il s’agit au premier de l’emplacement des dépôts, qui ne peuvent aujourd’hui s’ouvrir au nombre de distributeurs qui s’en font usage, et dont la capacité de déchargement est dépassée de loin. C’est dans ce contexte que M.Yahia Madani a essayé de nous éclaircir sur le fait que les autorités locales , et pour subvenir à établir une règle de conduite aux dépositaires qu’elles ont mis à leur disposition un terrain de quelque 54000m2 ,un peu à l’extérieur de la ville. «Après sept ans d’efforts ardus, nous avons pu avoir l’accord des autorités pour équiper un terrain de 54000m2 en vue d’un dépôt communautaire, situé à 15 km de Tanger » explique M.Madani.
Compte tenu donc de la distribution des bouteilles de gaz et leur acheminement vers le consommateur, la perturbation du circuit peut engendrer un certain nombre de problèmes. C’est dans ce contexte qu’il a été mis le dépôt communautaire qui est géré en coopération. Chaque exploitant dispose d’une surface pour stocker ses produits. Onze membres de l’association profiteront de ce projet, qui est à hauteur de 1500m2 pour chaque dépositaire.
« Nous comptons débuter les travaux en ce mois de juin. C’est une haleine qui demande une infrastructure sécuritaire dotée de moyens capables de rendre le travail facile. Un équipement en mesure de répondre aux normes de l’environnement et à l’écologie. Cette plate-forme contribuera à faire employer plus de cent personnes entre ouvriers et administratifs, et disposer d’une semaine de stock pour prévenir les grèves des transporteurs le cas échéant », disait-il.«C’est la première initiative du genre dans le Royaume, elle bénéfice du soutien moral des autorités de tutelle dont le ministre de l’Energie et des Mines ». Un autre handicap fait prédire aussi que les professionnels souffrent de leur ‘éloignement des centre emplisseurs, et celui des dépôts également en centres urbains dans la région. D’où le souhait de pouvoir profiter ultérieurement du système de zones, formulé de surcroît dans la réglementation du secteur mais reste inappliqué. En plus, on n’a jamais pris en considération les professionnels du transport des gaz dans la codification routière .C’est une activité à risques qui reste liée à la sécurité du transport des matières dangereuses. C’est encore un autre revers de médaille, plus contraignant celui-ci, il s’agit du coût supporté par les professionnels en matière des charges d’assurance restant très onéreuses.
« Par rapport à notre statut d’ intervenant dans ce secteur, nous n’avons eu bénéfice de reconnaissance par le gouvernement que tardivement,ce qui nous incite à éclaircir davantage nos liens avec les sociétés de distribution qui continuent à détenir les droits sur les marques de bouteilles distribuées », laisse savoir le s ecrétaire général.
Avec l’augmentation des matières premières, en l’occurrence le fer, et la présence d’une concurrence rude dans ce secteur, le prix de la consignation de la bonbonne est passé de 210 DH à 60 DH, voir-même 40 DH dans certaines régions. Ce qui se confond avec des usines de chocolaterie, biscuiterie, auxquelles s’ajoutent les puits d’irrigation qui profitent de la compensation du gaz à la place du gasoil. Ils gagnent dece fait 200%, profitant du bas prix du gaz butane subventionné.
Reprend encore M.Madani « les sociétés de distributions quant à elles, nous poussent entre dépositaires à livrer une concurrence sauvage en vue de grignoter les parts de marchés des concurrents. Ce métier nécessite beaucoup de patience, et nous fournissons beaucoup d’effort mais avec des marges de bénéfices maigres. Nous sommes donc confrontés aux problèmes quotidiens, face aux épiciers et citoyens».
Le système fiscal est aussi un handicape pour le développement de ce secteur, c’est parmi les principales revendications des professionnels. Ils relèvent que des allégements fiscaux s’en mêlent au niveau de la direction générale des impôts. Et les faire bénéficier des rabattements basés sur de- sérieuses révisions. «Les taxes pèsent lourdement sur nos bilans, sans pouvoir justifier toutes les charges et dépenses que nous engageons » laisse entendre un intervenant dans le secteur.
«Lors des emplissages de bonbonnes les quantités de gaz restantes dans les bouteilles ne nous sont pas restituées, ce qui constitue une perte énorme que nous adossons, sans pour autant les justifier vis-a-vis du Fisc et dont le seul bénéficiaire reste le centre d’emplissage. C’est un manque à gagner qui profite à l’un et fait taxer l’autre. C’est la loi du plus fort. Pour ce qui est du propane, c’est une autre manche de scie ». Le propane embouteillé dans des bonbonnes spéciales est toujours considéré comme un produit de luxe. Il est utilisé par les hôteliers, restaurateurs et villas. Une bouteille de propane équivaut à 3 bouteilles de butane de 12 kg dans le volume du produit, mais coûte 430 DH, soit 10 fois plus chère que la normale. C’est une aubaine.

Mohamed Moudarir

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