Région de Safi

De fortes potentialités de développement économique

S’orientant vers l’Océan Atlantique, la zone urbaine de la ville de Safi se forme autour de l’embouchure de l’Oued Chaabâ à environ 250 Km au Sud de Casablanca, 250 Km d’Agadir et 150 Km à l’Ouest de Marrakech. C’est l’une des plus anciennes grandes villes du Royaume, elle est aussi le deuxième pôle industriel du pays avec un territoire très accidenté et de fortes dénivellations en fonction desquelles s’est développée, ce qui explique son caractère «éclatée».
La zone industrielle et les conserveries occupent le niveau moyen de 25m, tandis que le complexe chimique de l’OCP occupe le niveau moyen de 15m. La zone centrale qui comprend les quartiers résidentiels est un vaste plateau au relief relativement régulier,il varie entre 50 et 70m – Safi se caractérise donc par un climat semi-aride, chaud en été et humide en hiver. Elle connaît une pluviométrie moyenne annuelle estimée à 405 mm, avec des écarts importants selon les années.

Avec un taux annuel de croissance qui est bien inférieur à ce qu’il fut au cours des années 50, l’extraordinaire expansion industrielle est mise en circuit par l’effet de conserveries devenues aussi un débouché pour les phosphates de Youssoufia- Le complexe des phosphates est depuis venu occupé une bande de 2 Km sur le littoral, à l’extrémité sud de la ville, une implantation qui allait se traduire négativement sur le sort de la pêche par les installations de Maroc-Chimie I, une première phase – Animée en cela par l’effort de décentralisation et d’industrialisation régionale qui se poursuivait par le doublement de la capacité de transformation avec Maroc-Chimie II (1976) et la mise en service d’un second centre de transformation, c’est Maroc Phosphore I (1976) et Maroc-phosphore II (1981). Ces usines transforment en acide phosphorique et en fertilisants le phosphate brut extrait de gisements de Youssoufia, la plus importante exploitation minière de la Province,- D’où la répartition de la population et des ménages en trois communes urbaines:
? commune Safi-Boudheb,
? commune Safi-Zaouia
? et commune Safi-Biada qui constitue
dans sa majorité une zone résidentielle, et la moyenne la plus élevée en habitation, estimée à 5,7% suivie par Safi-Zaouia,une zone industrielle des phosphates estimée à 5,2%puis Safi-Boudheb, connue par les conserveries, représentant une taille moyenne de 4,9 personnes par famille.
La population de chaque commune est estimée par le ministère de tutelle comme population totale de la communauté urbaine de Safi en 2010 à 379.293 habitants augmentant un peu près de 120.000 personnes par rapport à la population de 1994.
Safi est une ville industrielle avant tout, attestée par le nombre d’emplois, l’un des plus élevés dans le secteur secondaire que dans le tertiaire. Sa vocation industrielle s’est dessinée dans les années 60, une économie qui s’appuie essentiellement sur plusieurs activités industrielles:
– industrie manufacturière, chimique, conserverie, textile et artisanat qui compte actuellement 160 entreprises ou unités de transformation. Elle en fournit 25,6% des emplois, proportion élevée par rapport à la moyenne au Maroc dont 24,2% urbaine. L’importance des emplois dans la pêche est particulière à côté de l’agriculture, soit la mobilisation de quelque 10,4% de la main-d’oeuvre totale contre 5,2% pour le Maroc urbain, à peu près le double de la moyenne nationale urbaine.
Les principaux secteurs industriels sont, en dehors des gisements de phosphates, les gisements de gypse qui offrent le meilleur potentiel de développement, avec des réserves dépassant 5 milliards de tonnes pour la seule région de Safi. D’autant plus que ceux-ci ont l’avantage d’être situés près du port et du complexe industriel de la ville.
– industrie des conserveries est le secteur de l’agroalimentaire essentiellement représenté par l’industrie de la conserve. Les usines actuellement en activité dans la province sont au nombre de 19 unités, qui trainent en moyenne 1000 tonnes/jour et emploient une main d’oeuvre évaluée à environ 11.000 ouvriers dont 750 permanents et 10.250 saisonniers. Parmi les usines, une unité opère dans le secteur de la congélation, elle est située en dehors du port. La capacité de stockage pourra s’étendre jusqu’à 1000 tonnes de poisson.
Aujourd’hui, trois unités industrielles opèrent dans le secteur des sous-produits (farine de poisson ou Guano). La production annuelle, connaît depuis quelques années déjà des périodes de vaches maigres, en raison des pénuries relevées au niveau de la matière première.
Les ateliers exerçant dans l’emballage et l’exportation du poisson frais sont au nombre de cinq unités. Actuellement, ces ateliers opèrent à faible régime du fait que leur activité est conditionnée par la disponibilité des produits poissonniers. La maind’oeuvre employée par ces unités est de 70 ouvriers dont 28 sont quasi-permanents.
La province de Safi compte actuellement une seule usine de salaison (anchois).
Sa capacité peut atteindre 12 tonnes/jour. Cette unité n’est pas agréée et fonctionne à mi-temps.
Nombreux sont les obstacles au développement de l’industrie qui constituent un handicap majeur, d’investissement, et compromettent quelque peu l’avenir industriel dans la région. La situation de la production industrielle s’est établie en 1995 à 6,846 millions de DH contre 5,857 millions de DH en 1994, soit une progression de 17%. Cette croissance est due à la dynamique qu’a connu le secteur agroalimentaire (+2%), les industries chimiques et parachimiques (+16%), le secteur textile et cuir (+18%) et le secteur des industries mécaniques et métallurgiques (+115%).
Le secteur agroalimentaire occupe la deuxième position avec 14,3% de la production totale, le nombre d’établissements du secteur est de 57 dont 19 unités de conserves de poissons, légumes et fruits soit 70% de l’ensemble de la production.
Le secteur des industries mécaniques et métallurgiques vient en dernière position avec 0,3% de la production et emploie seulement 206 personnes. L’effectif total employé dans l’industrie est de 14.241, (7741 permanents et 6500 saisonniers).
En ce qui concerne la création de richesse, la province de Safi se situe en troisième position à l’échelle nationale et la première dans la région de Tensift. Le secteur de la pêche, a toujours été une activité majeure à Safi, étroitement liée à l’activité portuaire. Ses produits sont essentiellement la sardine, le maquereau, les thonidés et l’anchois. La population maritime active compte plus de 12.000 marins répartis suivant le genre de navigation pratiquée par la pêche à la palangre avec 2.021 marins, la pêche au chalut avec 1.540 marins, la pêche à la senne avec 3.012 marins, la pêche hauturière avec 830 marins et la pêche au trémail avec 3.792 marins dont la flotte de pêche immatriculée à la Délégation des Affaires Maritimes de Safi (DAM) se compose de 112 sardiniers, 91 chalutiers, 213 palangriers et 1264 canots de pêche. Le déplacement des bancs de sardines vers le sud, phénomène qui a causé la fermeture des pêcheries à Casablanca à Mohammédia et qui atteindrait aujourd’hui Safi, est l’hypothèse la plus souvent avancée pour tenter d’expliquer cette diminution imposée par la dégradation du milieu marin qu’aurait entraîné le déversement dans l’océan des rejets municipaux et industriels.
Le port de Safi est implanté au fond d’une baie dominée par de hautes falaises offrant un abri sûr aux navires contre les vents. Sa situation géographique privilégiée lui offre une vocation industrielle et minéralière, lui permettant d’occuper le deuxième rang après Jorf Lasfar en ce qui concerne l’exportation des produits dérivés des phosphates. Il bénéficie d’une zone maritime poissonneuse, d’un hinterland riche en minerais de phosphates, gypse, barytine, manganèse, etc…, d’un complexe chimique et d’une forte implantation d’industries de conserves. Le trafic maritime moyen réalisé par le port de Safi se situe aux alentours de 4 millions de tonnes de marchandises, toutes catégories confondues. Les principales marchandises importées et déchargées au port de Safi sont le soufre en vrac, les céréales, l’ammoniac, la potasse en vrac, l’urée en sac, les sulfates de potasse, l’amonitrate, les sulfates d’ammoniac et le papier Kraft.
Une infrastructure qui se caractérise par la jetée principale de 1817 ml, la jetée transversale de 400 ml d’une longueur totale desquais 2390 ml, une cale de Halage 6450 m2 et un chantier naval de 11600 m2.
Ce dernier comprend 7 ateliers de réparations navales sur une superficie de 11.600 m2, employant une main d’oeuvre de l’ordre de 98 employés. Leurs activités ne s’arrêtent pas uniquement à la construction et la réparation des bateaux en bois mais elle s’est diversifiée dernièrement par la création d’un chantier naval spécialisé dans la construction des bateaux en acier.
Les marchandises transitant par le port sont destinées à l’exportation dont l’acide phosphorique, les phosphates en vrac, le TSP en vrac et en sac, le MAP en vrac, l’urée en sac, le gypse concassé et en ruche, la barytine en vrac et en B.B., le manganèse en vrac et conditionné, le caroube et le plâtre.
D’autre part l’artisanat est considéré incontestablement comme l’un des paramètres vitaux du développement économique et social de la ville. Il occupe le troisième rang après l’industrie et la pêche. Englobant environ 32.600 artisans à travers toute la province. La poterie représente l’activité artisanale la plus importante et constitue un patrimoine culturel et touristique pour la ville. Elle emploie près de 2000 personnes de façon permanente et un grand nombre de saisonniers.
Toutefois, le développement touristique fait partie des priorités de la ville, et un important projet d’aménagement touristique vise, entre autres, l’aménagement de la plage de Safi, du front de mer de son centre-ville et de la falaise Sidi Bouzid, ainsi que la mise en valeur des nombreux monuments et vestiges qui témoignent de son glorieux et mouvementé passé. Cependant,la compromission de la pollution du milieu marin et de tout le littoral de Safii, causé par les rejets massifs des eaux usées municipales et industrielles, entrave toute action allant dans le sens d’un véritable développement touristique, en vue de le transformer en tourisme de séjour au lieu de passage.
Il est possible de développer le tourisme de croisière dont il faudrait aménager les structures d’accueil par la mise au point d’un quai de débarquement réservé exclusivement aux bateaux de croisière et de plaisance. Il serait souhaitable que cette structure d’accueil soit à l’abri des poussières occasionnées par l’activité commerciale du port (Phosphates et minerais). Il convient de signaler que l’existence de sites spéléologiques et archéologiques (entre le cap Beddouza et Oualidia) permettrait le développement d’un tourisme écologique.
La chasse constitue également un attrait de la région, fort giboyeuse. Parmi le gibier rencontré, on peut citer le lièvre, la caille, le bécassine, la grue et cendrée. En plus de ce potentiel, il y a lieu de signaler la réserve royale de la gazelle de Sidi Chiker, etc. Les paramètres spatiaux déterminants dans le développement de la ville sont le relief accidenté marqué par de fortes pentes, la présence d’oueds et la nature du sol particulièrement rocheuse dans les parties nord et sud de la ville, à l’ouest la limite est définie par la mer et le rayonnement autour de l’ancienne Médina.

Synthèse Energie et Mines