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Rebondissement éclectique sur le plafonnement

Problématique d'une libéralisation anticipée

 Les prix des différents types de carburant ont sensiblement augmenté dans les stations-service, et ce depuis vendredi 1er mars. Un constat qui marque la tendance croissante du prix du litre de gasoil qui frôle la barre des 10 dirhams, alors que celui de l’essence continue sur sa lancée et affiche désormais un prix supérieur à 10,50 dirhams dans la plupart des stations-service à travers le Royaume. Cette hausse attendue rejaillit la  tension entre le ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, les pétroliers et l’avis du Conseil de la concurrence qui a condamné, dans un avis, le principe même d’un plafonnement des prix, estimant qu’il était incompatible avec la concurrence et la liberté des prix. Un propos qui a été du mauvais goût pour Lahcen Daoudi, et qui l’a fait sortir de son cocon pour épingler l’instance présidée par Driss Guerraoui, qui, disait-il, n’a pas observer son devoir de réserve.  Pourtant, selon le conseil de la concurrence, cette problématique aurait dû être prévue et anticipée par le gouvernement avant d’y penser au plafonnement.

A ce sujet le ministre ne lâche pas prise et maintient que « le plafonnement aura lieu tôt au tard« , réaffirmant ainsi sa position, que « si on n’utilise que le bâton, il se brisera inéluctablement. Il ne s’agit que d’une solution temporaire afin de pouvoir négocier avec les principales entreprises concernées ». Et ajoutant que « les entreprises sont dans l’obligation de faire bénéfice mais pas au détriment des citoyens. L’idée du plafonnement est de fixer un niveau de marge maximale qui ne peut être dépassé par les opérateurs« . Mais pour se faire plusieurs solutions ont été proposé, notamment la mise en place d’une taxe additionnelle sur les entreprises mises en cause. Une solution qui, selon Lahcen Daoudi, ne cadre pas avec le marché qui n’est pas « dans une situation de monopole pure et qu’une taxe uniforme et homogène pourrait désavantager les petits acteurs du marché« , disait-il. Concrétisant cette avancée par le fait accompli  qui, « après  la libéralisation du marché,(libéralisation lancée par le gouvernement Benkirane) la concurrence entre les opérateurs devait pousser vers la baisse des prix. C’est la logique économique. Or, c’est le contraire qui s’est passé, à savoir que la marge bénéficiaire de certains opérateurs a atteint jusqu’à 2,13 DH/ le litre. Alors que cette marge était de 0,65 DH pour le gasoil et 0,75 DH pour l’essence, partagée entre les distributeurs et les stations-services ». Un fait marquant avant libéralisation.  

Ne se pliant pas aux arguments rationnels, le ministre persiste et soutient qu’ « il est logique que les entreprises gagnent de l’argent mais pas qu’elles vident les poches des citoyens. L’idée du plafonnement est de fixer un niveau de marge maximale qui ne peut être dépassé par les opérateurs. La concurrence se fera en dessous de ce plafond « , rappelle-t-il. En effet, interpelé, lors d’une émission télévisée sur les raisons qui ont poussé le gouvernement à attendre autant de temps avant de plafonner les marges, Lahcen Daoudi justifie cela par la vacance du conseil de la concurrence gelé pendant plusieurs années. Et partant il ajoute que le plafonnement n’est pas une solution puisqu’il ne serait que temporaire pour négocier. Ou injonction du plafonnement qui est tantôt utilisé comme menace pour contraindre les opérateurs à appliquer les baisses et maintenir des marges raisonnables, tantôt présenté comme une mesure que le gouvernement appliquera avec ou sans l’aval des opérateurs. Mais il est difficile pour lui de ne pas prendre en considération l’avis du conseil qui s’appui sur un texte juridique portant application de l’article 4 dans de telle situation. Une appréciation insinuant qu’ « au lieu de faire un plafonnement unilatéral, et pour agir dans le cadre de la loi, on a ouvert un débat avec les entreprises pour aller vers l’application d’un plafonnement concerté », répond le ministre.

En effet dans tout ce brouhaha ce qui préoccupe le consommateur c’est le prix final du litre de gasoil. Sachant que la fluctuation des cours pèse lourdement sur les prix et mettra en péril toute politique de plafonnement. Ce qui explique que si on plafonne les marges et que le cours du pétrole explose à 120 dollars par exemple, les opérateurs seront obligés d’augmenter les prix. C’est là où le conseil de la concurrence apostrophe le gouvernement, lui rappelant l’absence d’une compensation d’urgence pour maintenir l’équilibre. Chose qui semble lorgnée par le gouvernement lors du projet de plafonnement.

 

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