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Quand « Al Mouqatila » vient à la rescousse

Les trafiquants empruntent, dans leur besogne un moyen de transport tout aussi curieux que ce qu’ils magouillent. Une voiture, oui. Mais pas n’importe laquelle. Peu importe la marque, d’ailleurs le pauvre véhicule a subit tellement de transformation qu’il est admis à toutes les épreuves, sauf à celle de la visite technique qu’il ne passe jamais d’ailleurs au risque d’être refoulé pour être inconnu sur la liste des véhicules autorisés à la circulation. A vive allure, on croirait voir passer un engin issu directement de certains films de fiction, ou encore penserait-on qu’on a eu la chance d’assister au tournage de « Mad Max ». Trop brutal, tout comme cet engin qualifié de vraie « machine à tuer ». Les rudes combats le connaissent d’ailleurs tellement qu’on a fini par le baptiser « Al Mouqatila » et c’est très significatif et connote l’ensemble des usages de cet outil. Battante et combattante, cette voiture « tue ». Qu’importe, si pour son propriétaire c’est un solide convoyeur de fonds qui rapporte gros ! Quotidiennement et en fonction du nombre de voyage effectués c’est un gain net de deux à quatre mille Dirhams, sur toutes les opérations (commercialisation et transport du carburant). Epargnez-vous l’opération de calcul mental, le net mensuel est énorme 600.000 DH à 1.200 000 DH). De quoi s’acheter la plus performante des 4X4 dernier cri. Le hic est que cette belle voiture, et contrairement à « Al Mouqatila », ne passera jamais inaperçu et en plus elle a des pièces d’identité et donc facilement repérable. Alors que la VL SDF, (comprendre SVP : voitures légère sans papiers, ni immatriculation, ni documents de justification légale). Ce « Gladiateur » des routes est toujours en fuite, causant, assez souvent, sur son passage des accidents mortels. Qu’importe donc s’il se renverse ou fini dans un ravin, personne ne le pleurera et il partira l’âme tranquille, il n’aura que suffisamment admirer « les Hallabas », s’amuser à sucer les longs tuyaux pour remplir les jerricanes, ces messieurs étant responsables de charger et de décharger le carburant avant son acheminement vers Oujda , opération où intervient avec bravoure, cette fidèle et fiable « Mouqatila » qui fait ainsi partie, et sans trop le savoir, d’un trafique hautement structuré et générateur de colossales fortunes dont elle ne glane que des pneus neufs et des amortisseurs importés, pour ce qui fut jadis ses beaux yeux, directement de « la ferraille » de Nador.

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