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Pétrole: politique et enjeux énergétiques

La tendance penche vers un surplus d'approvisionnement

Légèrement sous les 60 dollars, les cours du baril de brut léger américain sont désormais en «Bear Market», perdant 20% depuis leur derniers plus hauts d’il y a à peine un mois. Une information donnée par la chaîne BFM Business fait échos.

«Le marché baissier ne connaît pas de trêve» reconnaît un analyste New-Yorkais. Sous les 70 dollars pour le Brent de Mer du Nord et des 60 pour le WTI américain, les cours du pétrole n’en finissent pas de baisser. «10 journées consécutives de repli sans aucun redressement ou signal d’achat, c’est quasiment du jamais vu depuis les années 80» ajoute le spécialiste.
Avec une perte de 20% depuis ses derniers plus hauts qui datent de début octobre, le pétrole américain se retrouve en situation de «Bear Market», configuration de marché bien connue, qui signifie une pression à la baisse prolongée sur les cours. Le Brent n’en est pas loin avec une baisse autour des 18-19%.
Sanctions américaines sans effet
Un contraste particulièrement saisissant, tant il y a quelques semaines les analystes étaient quasiment tous d’accord pour affirmer qu’on allait tout droit vers les 100 dollars le baril avant la fin d’année… Mais les positions spéculatives se sont retournées d’un seul coup, avec une violence qui exprime le changement complet de scénario qui apparaît sur le marché.
Depuis le début de l’année, les cours n’ont pas arrêté de grimper, avec des marchés persuadés que les sanctions américaines à l’encontre de l’Iran allaient perturber l’offre et la demande au point de menacer la croissance de beaucoup d’importateurs. Mais les derniers chiffres de production montrent que la situation est bien différente.
Arabie, Russie et Etats-Unis font le marché
Même si Washington a explicitement souhaité faire tomber à zéro la production Iranienne, les analystes de Sandford Bernstein estiment que même réduite de moitié par rapport à cet été, elle va rester de l’ordre d’1,8 à 1,5 millions de barils par jour. Et la Chine ayant décidé de continuer à s’approvisionner auprès de l’Iran, peu de chance de voir les objectifs américains atteints…
A cela s’ajoute un constat frappant : pour pallier un éventuel déficit d’approvisionnement auprès de l’Iran, les 3 plus grands producteurs mondiaux, Arabie Saoudite, Etats-Unis et Russie ont relevé leurs quotas de production, qui tournent actuellement autour de leurs derniers records. Autrement dit, le marché est à nouveau en situation de sur-approvisionnement, au milieu d’une conjoncture générale de tassement de la croissance mondiale.
L’existence de l’OPEP menacée?
Et ce constat nourrit des inquiétudes à plus long terme, notamment sur l’organisation du marché, et en particulier le rôle que doit ou que peut y jouer l’OPEP. En effet, on sent que le marché pétrolier est désormais entre les mains de superpuissances aux enjeux énergétiques et politiques très différents, dont 2 n’appartiennent pas au Cartel (Russie et Etats-Unis). D’où une profonde réflexion sur l’utilité de l’organisation, où règnent aussi des discordes internes.
L’Arabie Saoudite au printemps dernier avait donné un signal fort en pérennisant des accords importants avec la Russie, signalant sa volonté de réfléchir à des alliances «Hors-OPEP»… certains analystes y ayant même vu de facto une forme de démantèlement du Cartel. Et il semble, si l’on en croit le Wall Street Journal, qu’une réflexion sur une éventuelle fin pure et simple de l’OPEP soit une hypothèse de travail pour le Royaume Saoudien.
De quoi largement alimenter les flux vendeurs sur le marché pétrolier, d’autant que les stocks de brut sont déjà hauts partout dans le monde, et notamment aux Etats Unis. La pression devrait donc rester forte sur les cours au moins jusqu’en début d’année prochaine.

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