Moïse Katumbi Chapwe, l’homme prodige du Katanga

Moïse Katumbi Chapwe, né le 28 décembre 1964 aux environs du lac Moero au sein de l’ethnie Bemba ,d’une mère congolaise et d’un père juif séfarade, Nissim Soriano, qui avait fui entre les deux guerres mondiales l’île de Rhodes ,alors contrôlée par l’Italie fasciste, pour s’établir au Katanga. Son fils Moïse Katumbi qui allait devenir gouverneur de Katanga, avait fait ses études primaires au lycée Kiwele de Lubumbashi et secondaires à la mission de Kapolowe, pour y obtenir un diplôme d’Etat, option «Pédagogie». Il devient ensuite gérant des établissements de son frère aîné, Raphael Katebe Katoto, un homme d’affaires actif dans la politique qui n’allait pas être pris comme référence pour Moïse.
Membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti dont l’initiateur est le chef de l’État Joseph Cabila Kabange, Moïse Katumbi a été élu en janvier 2007 gouverneur de la province du Katanga, par une majorité écrasante de 94 voix sur 102, après avoir travaillé à l’Assemblée nationale de la République du Congo et à l’Assemblée provinciale du Katanga. En tant que gouverneur, Moïse Katumbi s’est distingué par son opposition à l’expulsion des creuseurs artisanaux qui travaillent sur les terres allouées à des compagnies minières.« Parmi les 100.000 creuseurs artisanaux se retrouvent des intellectuels au chômage, des enfants en mal d’école, mais aussi de nombreux militaires démobilisés. Ces derniers, s’ils étaient privés de leur gagne-pain, pourraient être tentés par l’aventurisme ou par le banditisme pur et simple». Rapporte le journal congolais «La conscience».C’est ce mobile qui l’a poussé à prendre une telle mesure. Il tente depuis à favoriser l’agriculture, qui témoigne d’un retard structurel, et faire promouvoir une autosuffisance alimentaire de sa province en imposant l´école publique gratuite, noyau de développement de toute politique sociale. Il ne cesse dans ce sens de lutter contre les détournements des fonds et la dilapidation des deniers publics.
En tant qu’homme d’affaires, ayant prospéré dans les pêcheries et le transport, il s’y connaît dans le monde des transactions commerciales. Et pas des moindres. Le sport aussi l’intéresse .Il s’est même illustré comme président du club de football Mazembe à Lubumbashi. Club avec lequel il a remporté deux fois consécutives la Ligue des champions Africaine (2009, 2010) et atteint la finale de la Coupe du Monde des Clubs à Abu Dhabi en 2010. C’est l’un des rares présidents de clubs de foot dans le monde qui paie un salaire de près des 50.000 dollars US à ses joueurs. Et cela ne l’a pas empêché d’exercer ses talents dans le domaine de la politique .Ils furent remarqués lors de ses soutiens financiers alloués à Joseph Cabila lors de la campagne électorale 2006. Des gestes qui lui témoignent de sa capacité de gestionnaire et d’opérateur fin politique.
Gouverneur alors, Moïse Katumbi se concentra au premier sur des activités d’ordre social, et fourni notamment l’option de soutien aux cantines populaires à Lubumbashi, mises au service des démunis de la ville. Généreux, il distribue de l’argent aux nécessiteux, sans oublier de faire asphalter plusieurs routes, encourageant de même les agriculteurs ,en mettant à leur disposition une mécanisation agricole apte de leur apporter un plus en leur faisant distribuer des tracteurs pour y parvenir à améliorer le rendement de leurs terres.
Magnanime, le gouverneur du Katanga, élégant dans ses parures, s’en prend à bras le corps à des investisseurs étrangers, en particulier les nord-américains, les persuadant de l’intérêt qu’il y a à venir prendre pied au Katanga. C’est un visionnaire qui sait à qui s’en prendre pour développer sa région. Et c’est avec la réinstauration de la démocratie dans le pays que les affaires ont commencé à reprendre. Entre autres les nouveaux codes miniers qui a libéralisé le secteur minier et qui est aujourd’hui en vigueur dans cette province. C’est ce qui fut remarqué par des investisseurs investissant dans le minier dans cette région du monde.
Désormais, le secteur privé est le plus important au Katanga. Les sociétés Gécamines et Sodimico l’ont couronné par la signature d’accords avec des exploitants miniers qui opèrent sur différents sites en concessions au Katanga. Aujourd’hui la personne de Moïse Katumbi jouit d’une grande popularité auprès des agriculteurs comme celle des artisans creuseurs et des cadres de l’industrie minière. Il est partout et rien ne lui échappe ; il sanctionne, explique, distribue, achète de ses propres deniers des livres d’enseignement des techniques d’agriculture qu’il fait distribuer dans les écoles de la province. A peine élu, il utilise les redevances minières pour équiper des centres de santé et acheter des ambulances, jusqu’à ce que Kinshasa le rappelle à l’ordre pour qu’il renvoie à la gourmande capitale les recettes de la province du cuivre… Sa réputation dépasse les frontières du Katanga, elle s’étend jusqu’au Kivu, au Kasaï et même jusqu’à Kisangani .Et le film de Thierry Michel (Katanga Business), dont il est l’une des figures marquantes, lui donne une envolée jusqu’au Maroc .Une dimension qui risque de lui donner une aura internationale.
Cette notoriété pourrait être dangereuse pour cet homme qui, lors des élections 2006, a été le champion national des voix de préférence, mais qui a aussi échappé à de mystérieux accidents, dont celui où le train d’atterrissage de son avion s’est retrouvé bloqué à l’atterrissage à l’aéroport de Kinshasa…
Revenu au Katanga, après un long exil, Moïse Katumbi crée la société MCK (Mining Company Katanga) qui participe à la privatisation de la Gecamines en obtenant trois gisements miniers importants, à Kinsevere, Tshifufia et Nambulwa, au nord-est de Lubumbashi. Le modèle de partenariat est un classique du genre : la Gecamines garde 20 % des parts, et MCK en obtient 80%. Le gouverneur entend par ces mesures de redynamiser tous les secteurs de l’économie par celui de la mineraie. Cela est possible par la volonté politique. Et cette volonté, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe ne cesse de la manifester par des actes concrets.
M.Moudarir

Défenseur improntu de cause sociales
Moïse Katumbi avait pris position pour les ouvriers en oeuvre dans les mines existantes dans sa province contre l’expulsion catégorique des creuseurs artisanaux qui travaillent sur les terres allouées à des compagnies minières. Ce qui lui en avait fait les louanges de ces derniers : «Parmi les 100.000 creuseurs artisanaux se retrouvent des intellectuels au chômage, des enfants en mal d’école, mais aussi de nombreux militaires démobilisés. Ces derniers, s’ils étaient privés de leur gagne-pain, pourraient être tentés par l’aventurisme ou par le banditisme pur et simple » .