Maximaliser un réalisme pratique axé sur la probité

En inscrivant la protection du climat parmi les objectifs prioritaires des années à venir, le Maroc affiche des ambitions élevées à l’échelle nationale pour réduire les émissions de CO2, et doubler les efforts pour la productivité énergétique à l’horizon 2020. Il lui reste nommément à clarifier ses options technologiques et mettre à l’oeuvre une charte pour la protection de l’environnement comme loi cadre. Titubant encore, cette loi ne peut voir le jour dans l’immédiat, tant que l’option urgence catastrophe naturelle imposante oblige ne s’inscrive pas dans l’agenda de la décision politique. Cette appréhension, qui fait des émules dans la théorie, croit en substance que la question de l’écologie est secondaire et qu’il suffit du peu de vulgarisation pour la maîtriser. C’est une hypothèse qui n’arrive pas à maximaliser un réalisme pratique et faire sien le cheminement vers de réseaux de recherche impliquant pouvoir public, scientifiques et secteur privé. Approche qui contribuerait certes à faire axer la recherche fondamentale sur l’application.
À cet égard, les alliances stratégiques entre milieux scientifiques, secteur privé et pouvoirs publics constitueront un outil adéquat. En augmentant ses dépenses en faveur de la recherche énergétique, le ministère de l’Energie et des Mines compte entraîner le renforcement des fonds en provenance du secteur privé.
Et dans ce sens il accorde une priorité particulière aux recherches susceptibles de contribuer à une haute efficacité de la production, de la transformation et du stockage énergétiques, de même qu’à une optimisation de l’utilisation de l’énergie finale et à une réduction des pertes de transport dont l’Office national de l’électricité assure la liaison. D’importants travaux de développement dans le secteur des énergies renouvelables et plus particulièrement celui de la production d’électricité Photovoltaïque /solaire ont pris le dessus de la transformation de l’énergie, tout en visant la réduction des coûts et les efforts de production. L’énergie thermique pourrait pour sa part prendre part au jeu et utiliser la force de la vapeur dégagée, en brûlant des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel). Les énergies non renouvelables permettent de produire une quantité importante d’électricité, cependant elles restent épuisables et leur aspect polluant nuit à l’environnement.
Le choix du charbon comme combustible de base repose sur des critères techniques, économiques et environnementaux. En effet, ce combustible combine performance et efficacité énergétique, il permet un bon rendement énergétique et sa disponibilité sur le marché national assure à terme son utilité.
Dans ce sens, certains problèmes de pollution liés au charbon peuvent être résolus, tout en traitant les fumées de combustion. Cette technologie appelée « charbon propre «, est utilisée notamment en Italie, en Espagne, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Dans cette optique le charbon continuera, dans les décennies à venir, de jouer un rôle clé pour maintenir la flexibilité et la diversité de notre approvisionnement énergétique. Le développement des technologies de capture et de stockage du CO2, surtout dans le cas de la centrale à charbon de Jerada, occupe une place essentielle. À côté de l’approvisionnement du pays en énergie électrique, la protection du climat est de mise. Il s’agira d’examiner, de développer et de poursuivre toutes les options technologiques existantes.
Il est également nécessaire d’aborder les systèmes énergétiques dans leur ensemble et définir de nouvelles approches pour leur mise en oeuvre. De ce fait, il est de nature d’accorder une importance particulière aux recherches privilégiant une approche systémique (y compris socio-économiques touchant au domaine de l’énergie) ainsi que l’élaboration de modèles complets d’optimisation. Une place importante doit donc être accordée au transfert des résultats de la recherche dans le secteur privé, ainsi qu’à l’accueil des nouvelles technologies et au comportement des consommateurs industriels qui sont appelés à coordonner avec l’environnement.

Energie & mines