M.Karim El Ghamarti, PDG des Frigorifiques Bouzargtoun

Quota pour pêcheurs en vue d’éviter l’épuisement du poisson

Créée par M.Bouzargtoun en 1970, figure emblématique dans la transformation du poisson la société Frigorifiques Bouzargtoun se particularise comme entreprise pionnière dans le secteur du poisson au Maroc et unique de son genre en Afrique. Reprise par M. K.El Ghamarti en 1980, un professionnel qui compte pour la destinée de l’entreprise, n’épargnant aucun effort pour s’affirmer persévérant et homme de terrain. Accumulant plusieurs années d’ expériences à l’étranger, particulièrement en Hollande, il a dans son actif la gestion de l’usine, qui n’est pas des moindres, à commencer par un effectif de 800 personnes. Le produit «Green Table» commercialisé au Maroc et à l’ étranger, répondant aux normes internationales préconisées par Bruxelles, capitale européenne abritant le siège sanitaire de l’ U.E, témoigne de l’efficacité et de l’assiduité dans la gestion de l’entreprise. Entretien.

Énergie et Mines: Vos sources d’approvisionnement ?
80% de la matière brute est importée des pays nordiques et sud américains, car l’apport de pêche est insuffisant au Maroc. Le poisson est transformé dans notre usine selon les normes internationales sous formes de filetage ou autre avant d’être commercialisé.

Les causes principales de la diminution des ressources halieutiques.
En Hollande, il n’ y a pas d’arrêt biologique. Par contre, un quota est imposé aux pêcheurs, strictement respecté et considéré comme une affaire nationale. Et de ce fait, les ressources marines sont régénérées.
Au Maroc, malgré les dispositions prises par les responsables, un contrôle plus strict est nécessaire (arrêt biologique, quota, mailles des filets…).

Les problèmes rencontrés dans cette activité ?
Malgré une main-d’oeuvre qualifiée au sujet de l’entretien des machines, dans certains cas je me retrouve dans l’obligation de faire appel à une compétence étrangère pour redémarrer la chaîne de fabrication, et je me demande s’il ne faut pas revenir à la case départ pour travailler d’une façon artisanale qui, malheureusement alourdit la tâche des ouvriers. Ajoutant à cela une paperasse administrative volumineuse et contraignante dont nous demandons un allégement à sa plus simple expression.

Et la consommation du poisson
Notre produit congelé «Green Table» est largement écoulé dans le marché local. Parfois la demande dépasse l’offre, ceci est dû au prix exorbitant affiché pour le poisson frais et qui n’est pas à la portée du consommateur. Notons que nos produits sont diversifiés pour ne citer que quelques espèces (crevettes décortiquées, rondelles de calamar, filet de sole…).

Sur le plan logistique et compétitivité.
Le fret aérien n’est pas du tout compétitif par rapport à nos concurrents. C’est la raison pour laquelle j’ai abandonné le poisson frais par avion-cargo. Par contre le transport maritime ou terrestre reste la solution idéale.
Le transport par camion coûterait 3 dirhams par kilo à destination de l’Europe centrale pour le même trajet, certaines compagnies aériennes exigent 20 à 25 dh/kg pour le fret aérien.
Je reviens à l’approvisionnement pour signaler que je suis connecté à un système informatisé relié à la criée de certains pays de la C.E.E. Et j’achète directement à partir de mon P.C. Mon choix est porté sur
ce système, car l’offre, la demande, et le calibrage sont réglés comme une montre suisse.

Et pour conclure
Avec ses richesses marines et moyennant un respect écologique, le Maroc pourrait être plus compétitif dans le développement socio-économique. Quant aux énergies renouvelables, notre pays a une longueur
d’avance et demeure un bon élève. Avec des ressources éoliennes, et solaires, il est en mesure d’être autonome dans les années à venir et ne plus dépendre des pays exportateurs de pétrole.

Entretien réalisé
par Allam Berrada