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L’OCP transporte les phosphates par pipeline vers Jorf Lasfar

Les Turcs entrent en jeu

C’est parti pour le pipeline phosphatier. Le marché est bel et bien attribué à l’entreprise turque Tekfen. Connue au Maroc à travers sa participation à la modernisation de la Samir, cette entreprise se lance dans la mise au point d’un projet clés en main commandité JESA.
Une joint-venture à participations égales entre l’OCP et Jacobs Engéneering.

D’une capacité de 38 millions de tonnes, le pipeline permettra dans le proche avenir de transporter 60% de la production des mines de Khouribga vers le complexe chimique de Jorf Lasfar. C’est la totalité de la production à l’état humide. Dans cette composantes, deux autres mines seront ouvertes en plus de celles de Sidi Chennane et de M’rah Lahrach. Avec les mineroducs secondaires, la longueur totale du pipeline est de 235 km. Mais la consistance du projet englobe aussi d’autres infrastructures. Il s’agit de 5 réservoirs de stockage de la pulpe à la sortie des laveries, chacun d’une capacité de 6.300 m3. S’ajoutent aussi 3 stations de pompage pour alimenter les laveries existantes et celles en projet. Ce sont ces infrastructures qui seront reliées aux mines par les pipelines secondaires d’une longueur totale de 48 km. Le principal, lui, long de 187 km, sera relié à la station terminale de Jorf Lasfar composée de 10 réservoirs totalisant une capacité de 63.000 m3. Le tracé prévoit bien évidemment des stations
de vannes et de contrôle de pression. Sa durée de vie va au-delà de 20 ans.
Il s’agit en effet d’une conduite d’acier enduite d’un revêtement anti-corrosion et de protection cathodique sur la totalité du parcours. Le tout enterré à 2 mètres de profondeur. A ce stade le recours à l’expropriation a concerné 58% des terres nécessaires au linéaire. Mais, quelques tronçons ont dû bénéficier du tracé de l’oléoduc de l’Office national de l’eau potable. Mais fidèle à sa tradition de grand donneur d’ordre, le groupe OCP a exigé une valeur ajoutée locale représentant 25% à céder sous forme de sous-traitance aux entreprises marocaines.
Mieux encore, le groupe envisage de mettre à contribution une institution américaine d’assurances Exim Bank antenne turque. Car, l’investissement demeure néanmoins considérable.
Donc la mise en service du projet est prévue pour janvier 2013, moyennant un investissement global de 4 milliards de DH.
Sur cette enveloppe, plus de 2,5 milliards de DH ont été levés auprès de l’Agence française de coopération, et le reste sera assuré par des fonds propres. C’est un projet dit d’envergure, se trouvant au coeur de la stratégie du groupe OCP et ciblant la multiplication par deux la capacité de production
à l’horizon 2018 qui sera portée à près de 50 millions de tonnes contre 28 millions actuellement. Et pour cause! Les réserves prouvées jusqu’à présent sont estimées à 85 milliards de m3, soit 75% du potentiel mondial. D’où l’ambitieux programme d’investissement à déployer sur la prochaine décennie qui devrait culminer à quelque 70 milliards de DH. Le tout en infrastructures d’exploitation. Car, 80% de la production sera valorisée localement ce qui impose la maîtrise des coûts. Or, c’est le coût du transport qui grève le plus l’exploitation du minerai. Il se situe actuellement à 8 dollars la tonne. L’objectif est de le ramener à 1 dollar avec la mise en service du pipeline dont les retombées attendues sont aussi à la hauteur des ambitions du projet. Tout d’abord, une exploitation continue du minerai assurant un disponible supérieur à 98%. Ensuite, une économie d’eau correspondant à l’humidité naturelle du phosphate qui varie entre 12 et 17% du volume. Les autres avantages tiennent à la maîtrise des problèmes liés au climat, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (93.000 tonnes/an) et des poussières (78.000 tonnes). Cette stratégie poursuivie par le Groupe OCP pourrait certes libérer dans un sens le port de Casablanca. Mais pour combien de temps. Et que serait son impact sur le rendement de l’ONCF ? De part du staff du groupe OCP il ne serait que positif. Dans la mesure où le transporteur ferroviaire peut s’activer à outrance dans le domaine du phosphate séché et dont la production est appelée à doubler.
De même qu’il peut intégrer le transport par camion, ont-il suggéré.
D’autre part l’OCP compte se lancer dans de nouvelles infrastructures il s’agit cette fois ci de la construction d’une nouvelle unité de production d’engrais à Jorf Lasfar (Diamonium de phosphates d’une capacité d’1 million de tonnes par an. Cette usine serait la première d’un programme d’investissement qui prévoit la construction de quatre nouvelles usines de production, entre juillet 2013 et juillet 2015, d’une capacité annuelle de 1 Million de tonnes par an pour chaque unité.
La première usine sera l’entreprise Jesa, une joint venture à parts entières entre OCP S.A et Jacobs Engineering Group Inc.
Le contrat conclu entre OCP et Jesa prévoit que cette dernière, spécialisée dans l’ingénierie des grands projets industriels, «devra gérer, totalement ou en partie la conception et la construction (Ingénierie) de la nouvelle usine’’. Jacobs Engineering Group Inc, l’un des plus grands fournisseurs au monde de services techniques et de construction .
Le groupe OCP leaders mondial sur le marché des phosphates et dérivés, opérant sur le terrain près de 90 ans d’expérience dans la mine et 45 ans dans la chimie lui permettent d’offrir l’une des plus larges gammes de roche pour divers usages. Le Groupe joue également le rôle d’employeur substantiel de l’industrie minière, il emploie près de 18.000 personnes.

A.Safaâ

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