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Le Groupe Managem fait-il le poids de l’OCP ?

SOCIAL

Le Groupe Managem est un groupe minier et hydrométallurgique marocain. Filiale du Groupe ONA,ce groupe produit et commercialise les métaux de base et les dérivés métalliques, une aubaine.

Par hasard ce groupe se distingue par des capacités énormes dans la mise à profit d’un certain nombre de gisements qui lui sont assignés par l’ ONHYM. C’est un monopole qui datait depuis des années et qui trouvait chaque fois refuge chez son prestataire de service susvisé.«Nous vivons à l’âge de pierre».

Depuis un certain temps, le groupe sentit qu’il fallait investir là où il pioche et faire participer la population avoisinante des gisements au fruit de cette terre, qui fournissait de quoi remplir les comptes dudit groupe.

C’est dans la région de Ouarzazate où le scénario se joue. Celui-ci n’est pas lié aux studios du cinéma, mais plutôt à celui de familles : hommes, femmes et enfants qui protestaient depuis des mois contre une société qui exploite, près de leur village, l’une des plus grandes mines d’argent d’Afrique, dont ils veulent partager les bienfaits matériels.

A deux kilomètres d’Imiter, la Société métallurgique (SMI), filiale du groupe Managem, exploite ce gisement depuis 1969 et produit chaque année plus de 240 tonnes d’argent. Les habitants ne profitent pas de cette mine. Il n’y a pas un seul hôpital dans toute la région. Le plus proche est à Ouarzazate, à 200 km d’Imiter.

La SMI a généré en 2010 un chiffre d’affaires de 74 millions d’euros, et un document interne indique que la mine d’Imiter place le Maroc au premier rang des producteurs d’argent en Afrique.

De l’autre côté, c’est dans la province de Zagora que la mine de Bou Azzer, appartenant aussi au Groupe Managem que la concentration du cobalt donne de l’appétit à la société. C’est l’unique mine au monde qui fait du cobalt son minerai principal. Cette exploitation se fait dans 12 chantiers dispersés sur plus de 60 Km. Dans une étude environnementale faite sur le site, on n’exclue pas les rejets de déchets qui sortent des travaux et qui dégénèrent des scories qui filtraient dans la nappe phréatique de la région. C’est le son de cloche qui retentit et fait entendre les protestations de villageois qui disent souffrir de l’assèchement de la nappe phréatique à cause de l’utilisation massive de l’eau pour le traitement du minerai. Les débits en eau dans cette région ont connu une baisse importante avec des régressions, dans certains cas. Et si Managem ne manifeste pas son désir de venir en aide aux habitants de la région, qui pourrait le faire à sa place ?

Dernièrement la société Managem a voulu faire montre de ses intentions humanitaires, elle en avait convié pour ce geste la presse à une rencontre organisée avec la société civile en activité dans la région. Mais en vain. Le problème soulevé par les habitants dans la région reste catégorique et milite pour que l’argent et les
bénéfices retirés du sous sol doivent faire bénéfice au développement social et lutter contre la précarité et l’exclusion dans cette partie du Royaume.

Rappelons que la question de l’eau dans cette région dépend de l’eau souterraine qui irrigue leurs petits «feddanes». Ces parcelles de terres qui les faisaient vivre.
En soulevant la question devant les responsables de la société, ils avancent que l’utilisation de l’eau polluée servait au traitement du minerai et que rien n’est laissé à l’état. Mais dans l’esprit de la population, le stockage de cette eau après son utilisation n’obéit pas aux normes de sécurité. Elle est catégorique sur cette affaire.

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