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Le câble électrique reliant le Maroc à l’Espagne endommagé

Risque de “marée noire” dans le détroit de Gibraltar

La récente rupture du câble électrique reliant le Maroc à l’Espagne par le détroit de Gibraltar, creuse un sentiment de risque écologique et environnemental. C’est ce que rapporte un communiqué émanant de  l’association espagnole Agaden-Ecologistas en Acción (écologistes en action) et diffusé par le site Al HuffPost Maghreb en l’absence de communication officielle à ce sujet. Cet incident peut, à la traine, causer des risque aux populations environnantes.  Rappelant que ce n’est pas la première fois que l’interconnexion électrique entre le Maroc et l’Espagne connaît un incident. En 2016, plusieurs fils électriques avaient été cassés, et les associations écologistes avaient alerté sur le risque de “marée noire” due au déversement d’hydrocarbures causé par cette rupture.

Or, pour le cas actuel une demande d’information a été déposée à propos du sujet à la Direction générale de la politique énergétique et des mines, et au ministère espagnol de la Transition écologique en novembre dernier, dont l’association accuse réception de réponse le 22 mars dernier, indique-t-elle. Ainsi la direction du ministère confirme la rupture du câble électrique. Sauf que “pendant tout ce temps, la rupture a été gardée ‘secrète’ face aux citoyens de cette région”, déplore Agaden. La rupture, qui a eu lieu à 9,2 kilomètres au large des côtes marocaines, et à environ 480 mètres de profondeur dans les eaux territoriales marocaines, serait due à des causes externes, selon le ministère espagnol. Mais silence radio sur les  29.000 litres de liquide de refroidissement qui ont été déversés dans la réserve de biosphère, assure l’association écologiste.

“Comme il arrive toujours dans ces cas, l’administration et la société minimisent ce fait grave, ainsi que les dommages causés, en affirmant que le liquide isolant n’a pas affecté l’environnement… Cependant, le réfrigérant susmentionné est classé dans la phrase de risque entre R21 et R22, ce qui signifie qu’il est toxique en cas d’ingestion et qu’il est également nocif en cas de contact avec la peau”, souligne l’association. Se faisant, le ministère espagnol dément de son côté la présence du liquide isolant dans les eaux territoriales espagnoles. “Les autorités maritimes espagnoles ont activé le plan maritime national, déployant également des moyens appropriés pour vérifier la présence de fluide isolant dans les eaux territoriales espagnoles. Les résultats étaient négatifs”, assure la Direction générale de la politique énergétique et des mines dans sa réponse envoyée à l’association. La même source ajoute  que “le fluide isolant présent à l’intérieur du câble, baptisé Petrelab 550, n’est pas nocif pour la santé marine et/ou humaine” et qu’il n’a donc “pas eu d’impact sur l’environnement”.

La rupture du câble a eu lieu deux fois au cours des deux dernières années. C’est un signe que quelque chose ne va pas avec ces systèmes”, estime l’association, affirmant que les liquides polluants ont été déversés dans le détroit de Gibraltar “dans une quantité considérable”. “Compte tenu des ruptures répétées de ces câbles, nous nous interrogeons sur la sécurité et la signalisation de celles-ci pour la sécurité maritime du détroit, ajoute la même source, déplorant le fait que ce soit une ONG qui tire la sonnette d’alarme.

Agaden conclut en annonçant qu’elle informera l’Unesco, organisme qui dirige le Programme sur l’homme et la biosphère, “afin qu’elle mène une enquête” sur le REE et son homologue marocain, l’Office national de l’électricité (ONE).

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