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La sidérurgie marocaine face aux scénarios des marchés de l’acier

Baisse de la demande, surcapacité du secteur, perte de compétitivité, augmentation des importations… tels sont les défis majeurs auxquels est aujourd’hui confronté le groupe Sonasid qui enchaîne des déceptions. Pourtant, les analyses de CDG Capital Research estiment que le profil de risque/potentiel du titre est particulièrement attractif en termes de valorisation. Elles avancent, pour ainsi dire, que la situation actuelle de Sonasid semble inquiéter le marché et qu’elle devrait faire face à une autre année difficile. Les revenus du groupe devraient s’afficher en repli en raison du volume vendu. Le chiffre d’affaires devrait ainsi s’afficher à 3,7 MMDH, en recul de 4,2%.

En revanche, la marge d’EBITDA devrait passer de 5,2% en 2018 à 4,8% en 2019, sous l’effet d’une baisse plus prononcée des prix du rond à béton par rapport aux prix des billettes et de la ferraille importées. Le résultat net, lui, devrait ressortir à 7,6 MDH en 2019, en baisse de 40,8%. La banque d’affaires n’a pas tenté de dissimuler ses appréhensions. Commentant toutefois que la dégradation des indicateurs de rentabilité a été divisée par deux en l’espace de dix ans, elle est passée de 10,2% en 2009 à 5,2% en 2018. Tant d’éléments qui ont soulevé des inquiétudes quant à la viabilité du modèle économique à long terme, et la compétitivité globale de cette industrie au Maroc, soulignent les analyses. Ce qu’explique le marché au sujet du titre, qui est à son plus bas. Le titre s’échangeait notamment à 298 DH lors de la séance du vendredi 31 mai 2019, enregistrant une contre-performance annuelle de 35,73%. Et pourtant, compte tenu des analyses, le bon moment s’apprête désormais à l’entreprise pour construire une position, dès lors que les éléments d’amélioration opérationnelle sont assurés. Ajoutant que le titre à l’achat, avec un cours cible de 401,5 DH, dévoile le potentiel d’appréciation de 18,4% (par rapport au cours du 23/04/2019, soit 339 DH).

Les analyses CDG Capital, expliquent de surcroit que les anticipations de croissance de la production industrielle de Sonasid ne sont pas encore au plus bas, puisque le marché s’inquiète de la demande et des volumes. Les sidérurgistes marocains, flairant les difficultés,  font face à une problématique de taille. La capacité de production nationale est estimée à 3 Mt pour une demande interne de seulement 1,2 Mt. La rentabilité opérationnelle des sidérurgistes nationaux devrait s’effriter en 2019, sous l’effet d’un spread ferraille faible et d’un taux d’utilisation très bas. La situation à l’international n’est guère encourageante non plus. La hausse du dollar prévue pour l’année 2019 devrait également impacter négativement les marges des sidérurgistes marocains, sachant que la devise américaine s’est appréciée de 2% entre 2018 et T1 2019.

Selon l’Association mondiale de l’acier, la croissance de la demande mondiale d’acier devrait ralentir à 1,3% en 2019, comparativement à 4,6 % en 2018. À cela s’ajoutent les différends commerciaux entre les États-Unis et la Chine. À court terme, les problèmes macro-économiques auront probablement plus de poids que les problèmes micro-économiques. Même en appliquant un scénario de crash, sur la base d’une baisse de 10% des volumes d’acier entre 2018/2028 et d’une chute des prix de l’acier, ainsi que d’une baisse de la marge EBITDA à 4,7%, la valorisation minimale du titre serait de 362 DH, soit une hausse de 6,8% par rapport au niveau actuel. Le profil de risque/ potentiel du titre serait ainsi particulièrement attractif à ces niveaux de valorisation. Un risque subsiste: la suppression des droits antidumping qui pourraient entraîner de profondes réductions de prix. Par ricochet, Sonasid pourrait perdre des marchés à l’export et voir ses marges se réduire davantage.

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