La politique des barrages

Les retombées positives d’une stratégie salutaire

La prise de conscience, de plus en plus aigue de l’importance d’une gestion rationnelle des ressources hydriques nous permet aujourd’hui de mesurer la portée de la politique des barrages initiée dans les années 60 par feu SM Hassan II. Une stratégie, qui s’est révélée, salutaire si l’on considère le climat semi aride du Maroc et les défis résultant de la sécheresse récurrente qu’a connue le pays ces dernières années.
En fixant très tôt l’objectif d’irrigation d’un million d’hectares en l’an 2000, Feu Hassan II avait donné le coup d’envoi à une stratégie visant à maitriser et à mettre en valeur une denrée rare, mais essentielle au développement économique et social du pays. Cette politique ambitieuse, qui dénote de la clairvoyance et de la lucidité du regretté souverain complétait parfaitement le rôle vital conféré au secteur agricole dans l’économie nationale. Elle a permis la mobilisation de plusieurs milliards de m3 d’eau, dans les différentes régions du Royaume, à un moment où les ressources hydriques se font de plus en plus rares à l’échelle de la planète. Grâce à cette stratégie qui a lié le développement du pays à l’eau, le Maroc a pu faire face aux besoins grandissants en cette denrée vitale de sa population et de son économie, essentiellement au niveau des secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de l’électricité. Avec l’inauguration en 1997 du barrage Al Wahda, le rêve de l’irrigation d’un million d’hectares est devenu une réalité. L’irrigation de cette superficie considérable a été rendue possible grâce à la réalisation de six grands barrages : Moulay Youssef, Hassan Addakhil, Mansour Addahbi, Youssef Ben Tachfine, Idriss 1er et Sidi Mohamed Ben Abdallah. Ce choix politique fondamental s’inscrit dans une stratégie judicieuse qui vise à maîtriser l’impact des aléas climatiques en sécurisant l’approvisionnement en eau du pays et en contribuant à la stabilité de sa production agricole. La mobilisation des ressources en eau a occupé, et occupe toujours, une place de choix dans les différents plans de développement du Maroc depuis 1997, date du lancement par feu SM Hassan II de Sa politique historique des barrages.
Saut quantitatif
Avant cette date, la mobilisation des eaux au moyen des grands ouvrages était restée assez timide. En 38 ans (1929-1967), seuls 15 barrages ont été construits avec une capacité totale de 2 milliards de m3, alors qu’actuellement, le Maroc dispose d’un patrimoine d’infrastructures hydrauliques composé de 130 barrages d’une capacité de stockage dépassant les 15,6 milliards de m3 avec un volume régularisé de plus de 9,5 milliards, et de 13 systèmes de transfert d’eau d’une longueur totale de 785 km et d’un débit total de l’ordre de 175 m3/s. C’est dans le cadre de cette politique visant à favoriser un accès équilibré à l’eau sur l’ensemble du pays, qu’a été initié en 1984 un programme de construction de petits et moyens barrages. De nombreux ouvrages ont été ainsi édifiés à travers le Royaume dans les zones dépourvues d’eau souterraine, en vue de répondre à des besoins locaux d’eau potable, d’irrigation ou pour protéger les personnes et les biens publics et privés contre les inondations. Grâce à ce parc hydraulique, la capacité de stockage est passée de 1,8 millions de m3 en 1956 à environ 16 milliards de m3 actuellement.
Une stratégie consolidée
Cette stratégie a été consolidée et soutenue par S.M le Roi Mohammed VI depuis Son intronisation en 1999. Ainsi, une quinzaine de barrages et d’ouvrages hydrauliques ont été mis en service depuis cette date, suite aux Hautes instructions royales, érigeant en priorité la question de l’eau et sa préservation. L’inauguration, l’année dernière, d’un nouveau barrage, baptisé du nom de feu S.M Hassan II est une réaffirmation des choix opérés pour la satisfaction des besoins en eau potable des populations et l’autosuffisance alimentaire. Situé sur l’Oued Moulouya à 20 Km de la ville de Midelt (province de Khénifra), le barrage Hassan II est réalisé avec un coût global de 700 millions de DH. D’une capacité de stockage de 400 millions de m3, cet important ouvrage permettra d’assurer un volume régularisé de 100 millions de m3 et bénéficiera à 12 communes rurales d’une population de près de 136.000 habitants.

Sensibilisation
En outre, le Royaume, en plus des nombreuses campagnes de sensibilisation à l’économie de l’eau, a mis en place un Conseil supérieur de l’eau et du climat (CSEC) chargé de formuler les orientations générales de la politique national de l’eau et du climat et d’examiner la stratégie nationale de l’eau et du climat et son impact sur les ressources en eau, le plan national de l’eau et les plans d’aménagement intégré des ressources en eau. Le CSEC, véritable Forum de concertation, accorde une importance particulière à la répartition de l’eau entre les secteurs usagers, aux transferts d’eau et aux dispositions de valorisation des ressources en eau.