EconomieReportage

La Pêche pélagique au Maroc

Les professionnels haussent le ton

La pêche pélagique est en plein essor malgré ce qui l’entoure de médisances colportées d’ici et d’ailleurs. Il faut dire que les grands poissons pélagiques sont aujourd’hui distribués dans presque la totalité du plateau continental. Ils vivent en général en banc et leur distribution est zonale, ce qui accentue la valorisation des captures, et la création de milliers de postes d’emploi, directs ou indirects, caractérisés par l’augmentation des exportations de pêcheries.

Cependant une manifestation d’intérêt est d’ores et déjà lancée, elle vise à mettre en oeuvre un plan qui devait s’achever à l’horizon 2020. Dans cette optique, une mise à niveau du secteur de la pêche devient de plus en plus incessante et incite le département de tutelle qui, en l’occurrence, oeuvre pour mettre au point un plan d’aménagement dans le domaine de la pêcherie de petits pélagiques, et ce depuis la première édition de l’Halieutis.
Compte tenu de cette donne, M. Ahmed Ennajeh Alaoui, vise-président de la Fénip, apporte une précision idoine et soutient que «ce plan doit prendre en considération la valorisation des captures, la création de milliers d’emplois directs ou indirects et l’augmentation des exportations de la pêche pour pouvoir entériner les objectifs déclinés par ce plan» ajoutant «qu’il s’agisse là d’une exploitation rationnelle et durable de la ressource et la valorisation du potentiel de stock dans le sud marocain. Il va de même dynamiser l’industrie à terre qui se fait des petits pélagiques, et créer des emplois stables et durables, en vue d’augmenter la consommation interne des produits de la pêche dans de très bonnes conditions».
Il va sans dire que «les responsables doivent aussi veiller à ce que toutes les captures soient débarquées en total au Maroc, et faire profiter les régions dans lesquelles ces bateaux de pêche opèrent», explique M. Alaoui.
Ce plan d’aménagement, eu égard aux impératifs, permettra a fortiori une intégration en amont et en aval du secteur. Un partenariat entre armateurs et industriels contribuera à la maîtrise de la destinée des captures. Celui-ci est composé de trois phases, la première est en cours et s’apparente à l’année 2010, elle a en objectif l’optimisation de l’exploitation et des infrastructures existantes, la seconde s’inscrit dans la courbe des cinq années à venir 2010 et 2015, elle vise l’utilisation des infrastructures prévues à bon escient dans les ports du Sud marocain. La troisième, comprise entre 2016 et 2020, prévoit le renforcement des ouvrages par des infrastructures additionnelles. L’exploitation et la valorisation du potentiel additionnel de captures dans cette zone seront réalisées à travers le lancement d’un programme surveillé.
Ainsi poursuit M. Alaoui : «L’exploitation des petits pélagiques se fera exclusivement en frais. Quant aux règles de valorisation, toutes les captures seront valorisées et congelées à terre. Leur commercialisation à l’état frais n’est plus autorisée», explique-t-il. «En ce qui concerne la céphalopode en 2009, les ventes ont beaucoup souffert de la crise économique mondiale.
L’espèce la plus prisée dans cette famille, c’est le poulpe dont la valeur a fondu de 24% à 954,7 millions de dirhams. Totalement, la tonne de céphalopodes était cédée à 28.892 dirhams au lieu de 40.016 Dh en 2008, soit 27,8% de moins qu’une année plus tôt.
La morosité du marché asiatique et plus particulièrement japonais, y est pour beaucoup, selon des experts. Pour l’ensemble des pêcheries, les captures avaient augmenté en 2009 de 13% par rapport à l’année précédente, soit 1,07 million de tonnes, tandis que la valeur chutait de 5%, soit 4,26 milliards de Dh. La valeur moyenne de la tonne qui s’était effondrée de 16%, est passée de 4.748,2 Dh à 3.988 Dh. A l’horizon 2020, le Maroc, en mettant une stratégie retenue de la première édition d’«Halieutis» 2009 visant ainsi le développement de la filière, veut réaliser un PIB de près de 21 milliards de Dh, et passer dans la même échéance de 61.650 emplois actuellement à 115.000 emplois directs dans le secteur de la pêche.
Cette stratégie est bel et bien optimiste mais limitée aux seules indications et aux objectifs, loin des réalisations concrètes».
Le secteur de la pêche produit annuellement un million de tonnes de poisson, représentant 10% du volume
global des exportations et 2,5% du PNB. A fin mars 2010, le Maroc a exporté des produits de la pêche pour une valeur de 386,6 millions de dirhams (1 Euro=11,2 Dh), représentant un tonnage de 26.600 tonnes. «Et, pour rien vous cacher, disait M.Alaoui, au Maroc, les captures de poulpe et autres céphalopodes sont l’un des segments les plus rentables de la filière pêche, dopée par une demande mondiale jamais rassasiée, notamment des marchés asiatiques et plus particulièrement japonais. Mais, une décision de réduction des quotas de pêche pour la campagne 2010 a provoqué la colère des armateurs».
Et poursuivant son explication M. Alaoui ajoute : «Je ne reviendrais pas sur le diagnostic de l’état de la recherche scientifique et technique dans notre pays, qui reste marquée par le manque de moyens matériels et humains… Mais, cette conviction de croire qu’une coopération, dans le cadre de réseaux opérationnels, dynamiques et efficaces de centres de recherches océanographiques à l’échelle de notre continent est susceptible de contribuer, dans une certaine mesure, au développement des sciences océanographiques dans notre région, ainsi qu’une meilleure gestion de nos zones marines et côtières, grâce notamment à l’échange continu et efficient des données, de l’information et le transfert du savoir-faire». «Je voudrais terminer sur deux points d’information: un programme de recherche piloté par l’INRH, est sur le point d’être lancé, au moyen d’un navire pour l’évaluation des biomasses, je pense aussi, que c’est une opportunité à saisir pour une collaboration bénéfique qu’on pourra s’engager et travailler ensemble pour les mettre en oeuvre». Conclut M. Alaoui.

Abdellah Najim

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