Interview avec M. Mohamed Foutouhi, DG de la RADEES

Les eaux usées traitées, une aubaine pour l’agriculture

La question de la gestion de l’eau et de l’électricité dans la province de Safi acquiert une importance vitale pour la population locale. Il s’agit en fait de faire porter sa dimension régionale à son niveau de croisière pour y parvenir à réaliser l’une des priorités, comme l’assainissement liquide et autres, qui préoccupent en premier l’opinion publique dans la région et aussi la Régie. C’est donc l’une des priorités qui figurent sur le calendrier de travaux à réaliser. Et c’est en faisant foi de cet ensemble de composants d’infrastructure que le directeur général de la RADEES a bien voulu s’ouvrir à notre support et répondre modestement à nos questions.

Énergie & Mines magazine : Avec la nouvelle charte nationale sur l’environnement, comment la RADEES agit-elle dans l’économie d’eau et d’énergie ? Et quels sont les chantiers lancés dans ce cadre ?
Mohamed Foutouhi : Conscients de l’importance cruciale de la question de la gestion
de l’eau et de l’intérêt stratégique de la préservation des ressources actuelles, les services de la RADEES cherchent actuellement des solutions alternatives permettant de pérenniser et diversifier les ressources d’approvisionnement en eau. Pour ce qui concerne le secteur d’assainissement liquide, la RADEES a lancé une étude de faisabilité de la réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles, industrielles, ou à l’arrosage des espaces verts de la ville.
Dans ce sens, la réutilisation des eaux usées traitées par une station d’épuration pourrait représenter une source de diversification pouvant jouer un rôle majeur au vu de l’ampleur des volumes que cette station permettra de traiter (environ 16 millions de m3/an à l’horizon 2045)
La RADEES privilégie le recours à des travaux souterrains avec des profondeurs importantes et des coûts d’investissement par conséquent considérables, plutôt que le recours aux stations de relevage pour plus d’économie d’énergie, et ce pour les zones présentant des points bas.

Quelles sont les retombées de la station d’épuration des eaux usées ?
La protection de l’environnement par l’élimination des rejets directs des eaux usées qui déversent directement sur le littoral, la possibilité du recours à la réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles, industrielles ou pour l’arrosage des espaces verts, la mobilisation de ressources en eau aux fins de réutilisation pour arrosage des espaces verts et en agriculture, contribuant ainsi à l’économie d’eau.

Les principaux axes du schéma directeur ?
L’amélioration des conditions sanitaires de la ville par l’organisation du service de l’assainissement
liquide au sein de la RADEES et la mise en place des moyens humains et matériels nécessaires à son bon fonctionnement, la réhabilitation du réseau et l’élimination des points noirs (total d’environ 22 Km pour la tranche prioritaire), l’extension du réseau dans les quartiers non assainis et les zones en perspective de développement urbain (total d’environ 12Km pour la tranche prioritaire), l’abattement de la pollution du milieu récepteur par l’élimination des sept exutoires qui déversent directement dans la mer et la mise en place d’une station d’épuration en vue d’une réutilisation éventuelle.

Les travaux d’infrastructures programmés par la RADEES : 400 millions DH en première tranche ?
Safi, dont le coût s’élève à environ 400 millions de DH fiancé par la BEI, PNA et la RADEES, cette dernière a programmé dans le cadre de son plan d’investissement les travaux suivants à savoir:
L’exercice 2010 : le renforcement du collecteur Flongeant le boulevard Hassan II, présentant une insuffisance hydraulique, les travaux consistent en un dédoublement du collecteur existant par un collecteur d’un diamètre de 2.800mm sur une longueur d’environ 2km avec 1km de travaux souterrains, pour une enveloppe budgétaire de 58.5 millions Dh/ttc, la réalisation d’un intercepteur qui va drainer les eaux de la zone nord, actuellement non assainie sur un linéaire d’environ 4km pour un budget d’environ 20 millions Dh/ttc et le remplacement du collecteur longeant le boulevard My Youssef, dont l’état est détérioré. Le montant de ce remplacement est d’environ 12.5 millions Dh/ttc.
L’exercice 2011 : les travaux de réalisation de deux stations de relevage avec leurs conduites de refoulement. Aussi les travaux de réalisation de l’intercepteur le long du littoral qui va permettre de supprimer tous les rejets direct de la ville, ainsi que les travaux de remplacement de certains tronçons présentant de faibles pentes, ou de cassures afin de remédier à certains points noirs du réseau.
L’exercice 2012-2013 : les travaux de réalisation de la STEP (primaire); et la tranche de réalisation de l’émissaire marin.

Interviewé par M. Moudarir