Industrie minière et développement humain

L’industrie minière est une industrie unique de par l’impact complexe qu’elle peut avoir sur le développement économique local, sur l’environnement, sur les profils socioculturels souvent typiques des vastes zones minières d’un pays ou d’une région particulière.

Ce chapitre aborde les quatre aspects de la pauvreté -opportunité économique, possibilités, sécurité et transfert de pouvoir-dans le contexte de deux formes différentes de mines : d’abord mines à grande échelle et puis mines à échelle réduite ou artisanale. Les deux présentent un contexte très différent d’opportunités et de risques associés à l’exploitation des ressources naturelles sur les différents niveaux de pauvreté. Suivant le problème soulevé – par exemple l’eau, l’environnement, la santé, les transports, le développement du secteur privé et la gestion macroéconomique, nous suggérons de consulter les chapitres spécialisés de l’ouvrage de référence.

Qui doit utiliser ce chapitre ?
Ce chapitre est conçu comme une aide aux législateurs des pays où la mine a la possibilité d’influencer sensiblement les profils de pauvreté régionaux et nationaux — soit en aidant à réduire le niveau de pauvreté, soit, si elle n’est pas correctement gérée, en créant des risques auxquels les pauvres seraient particulièrement exposés. La liste de ces pays figure en annexe 1 à ce chapitre. Le secteur minier d’un pays aura une influence sur la stratégie de réduction de la pauvreté si une ou plusieurs des situations suivantes se présentent : La contribution du secteur minier dans l’ensemble de l’économie du pays est suffisamment importante pour justifier une attention spéciale : Car elle peut assurer au gouvernement des ressources budgétaires pour les programmes de réduction de la pauvreté et a la possibilité d’agir comme un catalyseur puissant dans le développement du secteur privé de la région. Car par la suite d’une restructuration de la mine ou d’une fermeture, les conséquences sociales et environnementales doivent être mitigées sous risque de frapper sensiblement le pauvre ou d’augmenter les profils régionaux de pauvreté.

Dans ce contexte, « Important » signifie que la part approximative du secteur minier est une des suivantes :

-10 % du revenu fiscal ;
-15-25 % des revenus
à l’exportation
-3-5 % du produit national brut (PNB) ou
-10-15 % de la main- d’oeuvre

Un pays n’a pas encore d’industrie minière ; toutefois, le développement de ses ressources naturelles semble être la seule option, ou une option clé, pour son développement. Un exemple est le Mali qui en 1990 n’avait pas de mine en exploitation ; dix ans plus tard, il y en a deux avec une troisième en cours de développement, et l’exportation de minerais est devenue l’article d’exportation le plus important, ce qui contribue sensiblement au revenu fiscal et aux résultats économiques du Mali. Les indices d’une telle situation doivent être les données géologiques qui devraient démontrer la possibilité pour un secteur minier de tenir un rôle important dans l’économie du pays.

Un pays a des noyaux de mines à échelle réduite, avec une population essentiellement itinérante. Si ces noyaux constituent ensemble une population de 50 000 individus ou plus, un gouvernement pourrait envisager de consolider ces efforts car les conséquences sociales et environnementales de même que les conflits culturels et politiques pourraient être explosifs.

Le marbre, une carrière à haute tension

UN SILENCE total entoure le secteur du marbre. Pourtant, beaucoup d’observateurs constatent, sans prendre la peine de fouiner, que les marbriers se font une fortune en peu de temps. C’est l’Etat qui perd des sommes d’argent astronomiques tant sur l’exploitation que sur l’importation des matériaux de travail sur cette roche noble.

Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines, ou marbrures (Veines et coloris sont dus à des inclusions d’oxydes métalliques, le plus souvent.).

Certains types de marbres portent des noms particuliers, par exemple le cipolinou la griotte. Le mot vient du latin «marmor», d’où l’adjectif marmoréen, «de marbre». La sensation de froid que l’on a en touchant du marbre, bien qu’étant à la température ambiante, est uà sa forte effusivité thermique. Il se prête bien à la taille et est très utilisé en construction, en décoration ou en sculpture. On peut s’en servir pour la salle de bains, mais n’est pas recommandé comme surface de travail pour la cuisine. Le marbre est très poreux (voir les minéraux qui le composent) ce qui, en contact avec certaines substances alimentaires, provoque sa détérioration.

L’utilisation du marbre comme matériel décoratif a été vue pour la première fois dans la construction intérieure des églises, en Occident.

En Afrique du Nord, on sait qu’il a servi, dès le milieu du deuxième siècle av. J. -C, à la construction et la décoration d’un sanctuaire monumental commandité par le roi numide Micipsa (148 à 118 av. J. -C.). Le marbre est aussi massivement utilisé pour la fabrication du dentifrice.

Il va de soi que lorsque toute cette richesse va à la caisse personnelle et dans les comptes des membres de la famille, les caisses de la Trésorerie générale ne peuvent que souffrir de ce manque à gagner.

D’abord, jouir d’un agrément ou une autorisation d’exploitation d’une marbrière représente un privilège. Car il n’est pas donné à tout le monde d’extraire le marbre et de le commercialiser. Son traitement après extraction nécessite également du matériel et des frais. Cependant, le secteur ne manque pas de magouilles qui sont à l’origine de richesses inimaginables alors que c’est l’Etat qui devait tirer profit de ces gisements naturels. Selon des observateurs proches du domaine, la majorité écrasante des bénéficiaires de l’exploitation marbrière ne respecte aucune norme. Sur les blocs extraits, c’est le 1/10 qui est déclaré. Les quotas d’extractions ne sont non plus nullement respectés. C’est ce qui fait qu’une carrière qui devrait vivre un certain temps, voit son âge atteint par la morosité dans la mesure où les marbriers forcent la vitesse et la cadence des extractions.

Ce qui porte atteinte aussi à l’environnement du fait que les couches de sédimentation reçoivent des chocs successifs à l’explosif, pourtant interdit, mais utilisé en petites quantités et en cachette dans certaines carrières. Si ces marbriers ne déclarent qu’une partie misérable des blocs extraits, où va le reste ? Les autres blocs sont écoulés au noir, sans facture ni trace bancaire.

Ceux qui les achètent les écoulent à leur tour au noir à des artisans ou à de petites unités de marbrerie qui procèdent au découpage et polissage des plaquettes avec un matériel acheté au noir aussi. Un spécialiste en matière de disques et de lames diamantées servant à découper le marbre a constaté que les prix des outils ont chuté de 100%. La cause en est une petite mafia qui s’est constituée, profitant des nombreuses failles du secteur de la marbrerie, depuis l’extraction jusqu’à la pose, pour importer frauduleusement disques et lames tous diamètres confondus pour les écouler, au noir aussi.

Exemple: un disque diamanté de 350 mm de diamètre, répondant aux normes européennes, importé en bonne et due forme avec taxes douanières et T.V.A coûte normalement 2.000 DH. Le marché noir propose cet outil de travail à moins de 1.000 DH. Ce sont ceux-là mêmes qui se procurent des plaquettes de marbre au noir qui achètent les outils aussi en contrebande. La plupart des plaquettes découpées sont utilisées à petites échelles dans les cuisines, les salles de bain ou les escaliers. Ainsi, le circuit du noir passe inaperçu alors que les sommes d’argent récoltées sont énormes et échappent à tout contrôle.

Il va de soi que lorsque toute cette richesse va à la caisse personnelle et dans les comptes des membres de la famille, les caisses de la Trésorerie générale ne peuvent que souffrir de ce manque à gagner. Le Maroc regorge de gisements de marbre. Du Nord au Sud, différentes couleurs de marbre se présentent: Volubilis, Luxus, Agadir, Bejâad, dans les provinces sahariennes, Tiflet, Khénifra, Zayan, Taza, Al Hoceïma, Azilal, Taroudant, Smâala, Timahdit, Azrou, Azemmour…

M.A

La technologie est-elle capable de refroidir la planète ?

L’une des idées consiste à envoyer dans l’atmosphère des aérosols qui peuvent agir comme une sorte de parasol et éviter qu’une partie des rayonnements solaires atteigne la Terre. «Les éruptions volcaniques sont un très bon exemple», a rappelé Olivier Boucher chercheur au laboratoire de météorologie dynamique de l’université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris .

C’est ainsi que l’explosion du Pinatubo aux Philippines en 1991 en rejetant une énorme quantité de poussières dans l’atmosphère a provoqué un refroidissement général de quelques dixièmes de degré durant deux à trois ans.

«Une autre idée est de pulvériser de l’eau de mer», explique encore le chercheur, le sel étant un moyen d’accélérer la condensation. Le but est d’aider à la formation des nuages et ainsi de freiner les rayons. Le problème est que ces expériences, qui jusqu’à présent n’ont été que modélisées, montrent des effets collatéraux très importants et notamment «dès que l’on arrête un rattrapage climatique très fort».

Fertilisation des océans
Une autre hypothèse est avancée: «Les océans absorbent environ 2,5 milliards de tonnes de carbone,soit le quart des émissions», précise Stéphane Blain de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). En ajoutant du phosphore ou du fer dans les océans, on pourrait également accroître le mécanisme d’absorption du CO2.

Mais ce procédé outre l’incertitude sur son efficacité, présente des effets secondaires: risque de croissance de micro-algues produisant des toxines, risque d’anoxie (diminution de l’oxygène dans le milieu), voire production de N2O. Or, le protoxyde d’azote étant un puissant gaz à effet de serre, cela annulerait une très grande partie des bénéfices. «Il y a des risques multiples», rappelle le chercheur, sachant qu’ils ne sont pas tous identifiés et encore moins sécurisés.

D’autres pensent que la solution passe par la plantation d’arbres, les forêts jeunes étan des puits de carbone. «Mais là encore, il y a beaucoup de questions en termes d’effets induits», assure Philippe Ciais, du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA-CNRS) qui cite l’exemple d’une forêt dans le désert du Néguev.

«On y a planté des arbres, mais tout en stockant du carbone, cette forêt réchauffe localement l’atmosphère. La raison? La forêt absorbe plus de rayonnement solaire que le désert qui l’entoure et restitue cette énergie sous forme de chaleur» .

Quant au stockage de CO2 dans le sous-sol, même si les recherches sont relativement avancées, elles provoquent un fort rejet. «Même après explications, les populations restent très opposées à cette technique», commente Olivier Vincke, spécialiste de ce sujet à l’Institut français du pétrole.

Les techniques de géo-ingénierie fascinent tout en provoquant des inquiétudes. «J’adhère à ces craintes, souligne le climatologue et membre de l’académie Hervé Le Treut. Crainte surtout du mythe que l’on peut trouver des solutions simples» . Les scientifiques sont ainsi persuadés que la fertilisation des océans malgré les grandes incertitudes sera mise en avant dans les années qui viennent pour une seule et unique raison: c’est la plus aisée et la moins chère.

«Il est très important de ne pas refaire la même erreur avec la géo-ingénierie que celle commise avec le CO2», a ainsi souligné Jean-Claude Duplessy, membre de l’Académie et spécialiste du fonctionnement des océans. «La communauté scientifique a beau dire que le CO2 représente un risque pour le climat et pour l’acidification des océans, les émissions ne cessent de croître», a-t-il rappelé.

Les stations-service ont la grogne

Les gérants des stations-service n’en peuvent plus. Après avoir multiplié démarches et mises en garde, ils ont fait grève pour soutenir leur thèse. Serait-ce suffisant pour rappeler le ministère de l’Energie et des Mines à son devoir de les protéger contre les abus des sociétés des hydrocarbures ?

L’accord signé en 1997 avec le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) stipulait, par ailleurs, qu’il ne peut être mis fin au contrat liant les deux parties qu’après l’adoption d’une alternative juridique à même d’assurer les gérants.

Dans un communiqué rendu public, les gérants dénoncent les problèmes jugés graves menaçant réellement l’avenir même de la profession. Ils s’estiment «victimes d’une politique d’oppression de la part des sociétés des hydrocarbures qui sont parvenues à induire en erreur la justice».

Les gérants ne cessent d’accuser les propriétaires de ces sociétés « de vouloir mettre la main sur ces stations-service en vue de bénéficier des terrains sur lesquels elles se trouvent. Ils dénoncent également leur volonté de chasser les gérants et de les priver de leurs droits», indique ledit communiqué. Il y a lieu donc de rappeler que les gérants de ces stations n’ont cessé, depuis fort longtemps, de réclamer justice, un dialogue sérieux puisqu’il engage le respect des conventions établies par les parties concernées au sujet des impôts et du renouvellement des contrats que veulent imposer les groupes pétroliers de distribution au Maroc.

Se faisant, ils demandent l’application de la convention de 1997 (que les pétroliers feindent ne pas respecter et contre laquelle ils tentent de se désengager), et condamnent l’attitude des compagnies de distribution au sujet des contrats qu’elles veulent imposer pour tout renouvellement. La Fédération met sur la table également un problème resté sans solution depuis des années; à savoir celui des stations reprises par les ayants droit.

Dans cette incandescence des stations-service, l’usine de production des lubrifiants Shell Maroc, située au quartier Roches noires à Casablanca, couve dans une polémique d’investisseur en augure de son temps et trouve pertinent de se lancer dans la production des lubrifiants .Elle compte devenir la plus grande unité Shell d’Afrique, et l’une des trois plus importantes dans le continent. Les travaux de modernisation et d’extension dureront entre 18 et 24 mois, ce qui laisse s’infiltrer que ce projet de modernisation de l’usine aura un impact positif sur l’économie marocaine… Soulignant ainsi que la production sera triplée et générera un flux en fret maritime de l’ordre de 5.400 conteneurs par an depuis les ports de Casablanca ou de Tanger Med. Ils soutiennent également que ce projet aura un impact positif sur le marché du travail puisque une part de 70% des nouvelles infrastructures sera réalisée par des sociétés nationales, ce qui générera la création de quelque 250 emplois directs et indirects.

Réalisée dans le total respect de l’environnement et des normes HSSE (Hygiène, Santé, Sécurité, Environnement) les plus strictes, la nouvelle usine produira les toutes nouvelles catégories des lubrifiants Shell.

Les méduses, nuisent aux Océans

La FAO recommande le développement de produits alimentaires à base de méduses, afin de contrecarrer la prolifération de cet animal gélatineux qui menace les stocks de poissons, dans un rapport publié à Rome.

Les méduses sont de plus en plus présentes dans les océans du monde entier, relève l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui cite des experts évoquant un «océan de méduse en voie de supplanter un «océan de poissons».

«Si vous n’arrivez pas à les combattre… mangez les!», préconisent ces experts, qui recommandent de développer les produits à base de méduses pour l’alimentation.

Une autre possibilité serait l’exploitation de la méduse immortelle (Turritopsis nutricula) : capable d’inverser le processus du vieillissement, elle est riche de promesses pour l’élaboration de produits régénérants pour les êtres humains, suggère aussi l’agence.

Car pour la FAO, la forte augmentation des populations de méduses pourrait bien être l’une des causes de la contraction des stocks halieutiques constatée en Méditerranée et en mer Noire.

«La surpêche, qui fait disparaître les grands prédateurs marins, est l’un des facteurs expliquant cette prolifération de méduses. Un cercle vicieux peut s’ensuivre, puisque les méduses se nourrissent de larves de poissons et de juvéniles», précise la FAO. Normalement, «seule l’incidence de la pêche pratiquée par l’homme est prise en compte pour fixer les seuils de référence pour une pêche durable», selon ce rapport.

Mais «les méduses peuvent avoir des répercussions considérables sur les oeufs et les larves de poisson, soit directement, soit parce qu’elles entrent en concurrence avec d’autres espèces pour leur nourriture. Il faut donc les prendre en compte dans toute approche écosystémique de la gestion des pêches».

Les dégâts causés par les méduses sur les stocks halieutiques sont apparues au début des années 80, lorsque la méduse Mnemiopsis leidyi, espèce vivant habituellement dans l’océan Atlantique, a été introduite accidentellement en mer Noire, où elle a eu un effet dévastateur sur les populations halieutiques, mettant à genoux les pêcheries locales, selon la FAO.

Le problème ne s’est résolu qu’avec l’arrivée en mer Noire d’une autre espèce envahissante, Beroe ovata, qui se nourrit de méduses Mnemiopsis. Bien que les raisons expliquant ce phénomène ne soient pas parfaitement comprises, elles incluent sans doute, outre la surpêche, le réchauffement climatique et une augmentation de la richesse de l’eau en nutriments.

Débat autour des concessions ou permis d’exploitation

A PEINE 0,38% dans la production mondiale. Un chiffre d’affaires de 448 millions DH en 2006. Et qui continue à végéter à ces contours. Le marché est constitué à 50% d’importation. «Le secteur des pierres dimensionnelles n’a pas encore acquis l’importance qu’il devait par rapport à d’autres secteurs industriels, malgré le potentiel de ressources marbrières dont regorge le sous-sol du pays». Les conclusions de Euro Maroc Entreprise (EME), programme de développement du secteur privé, financé par la Commission européenne dans le cadre du Meda, sont sans équivoque. Le Maroc est loin des pays producteurs de marbre. A noter que la Chine, avec une production de 16,8 millions de tonnes, occupe la première marche du podium et l’Egypte, la 5e place avec un peu plus de 6 millions de tonnes. La production mondiale s’élevant à 55 millions de tonnes. Ici comme ailleurs, l’activité industrielle de la pierre dimensionnelle repose sur trois principales sources de création de valeur ajoutée: extraction de blocs et valorisation du marbre dans les carrières; transformation en tranches et carreaux; débitage de pièces sur mesure, prêtes à l’utilisation. Si l’on en croit les dernières données, le Maroc occupait une position relativement négligeable avec une production totale en blocs bruts estimée à 208.000 tonnes, soit 0,38% de la production mondiale. Près de 146 structures opèrent dans la pierre dimensionnelle au Maroc, mais une petite poignée seulement peut se prévaloir de statut d’entreprise structurée. Globalement, elles sont de petite taille et travaillent encore le marbre avec des techniques héritées d’une vieille tradition d’artisans et leur production est destinée au marché local. Par exemple, la taille moyenne des entreprises marocaines significatives est beaucoup plus petite par rapport à la taille de celles des pays marbriers forts comme l’Italie (2e rang mondial avec plus de 10 millions de t/an), aussi bien dans la phase d’extraction (4.000 t/an contre 25.000 t/an) que celle de la transformation (35.000 m2/an contre 400.000 m2/an). Il n’empêche qu’elles se sont toutes positionnées à la fois sur l’extraction, l’importation, la coupe, la finition, la pose et la commercialisation Seuls les opérateurs nouvellement installés (peu) ont mis en place des process de spécialisation. En dépit du boom immobilier de ces dernières années et le grand potentiel du marché du marbre, la valorisation de ce matériau reste encore peu significative. Le niveau d’investissement est faible, comparé aux autres filières industrielles de même nature comme la cimenterie et la céramique. Les faiblesses de l’industrie du marbre sont de tous les ordres. «Aucun dispositif juridique dédié à l’activité d’extraction avec règles déterminant par exemple la durée des concessions ou des permis d’exploitation des carrières», déplore un professionnel. L’obtention des droits d’exploitation est encore assimilée à un parcours du combattant. Quand elles existent, les cartographies techniques de localisation des «mines» sont peu disponibles. L’absence d’infrastructures sur et vers les sites d’extraction est criarde: eau, éclairage, routes… Le coût du transport, rendu encore plus cher avec un carburant onéreux. En outre, les coûts des investissements de rénovation technologique sont aussi jugés élevés. Le secteur traîne une réputation de gouffre capitalistique. La taille moyenne des usines est trop petite, en comparaison avec les usines de cette catégorie dans les pays à forte production marbrière (Italie, Espagne, Turquie…). A cela s’ajoute une main-d’oeuvre peu qualifiée, un outil de production obsolète dans nombre de structures et des pièces de rechange et autres fournitures à des prix élevés. Les professionnels montrent du doigt aussi l’absence de support technique extérieur, notamment laboratoire de caractérisation, station d’essai, écoles de formation professionnelle, études d’ingénierie pour les projets d’extraction et de valorisation… La capacité totale de transformation au Maroc est évaluée entre 1,5 et 2 millions de m2/an à la fois pour les tranches et les carreaux. Mais la production, elle, est estimée à 45% de la capacité nominale. Ce taux d’utilisation reste de loin en deçà des normes sectorielles des principaux pays marbriers du monde. En cause, «la vétusté des outils de production dans certaines unités, particulièrement celle des châssis», déplore un opérateur. La phase de polissage serait également un frein aux flux de production.

Agence Ecofin

Textile:

perte de 100.000 emplois d’ici 2025

L’Association marocaine des industries du textile-habillement (Amith) craint la perte de 100.000 emplois d’ici 2025, qui sera accompagnée d’une baisse de 50% des exportations. Un plan de relance du secteur a été adopté, et attend des mesures concrètes dans la loi de Finances 2014.

Le secteur du textile marocain, qui participe à hauteur de 14% dans le PIB du pays, va mal. C’est le constat amer fait pour l’Association marocaine des industries du textile-habillement (Amith). Selon un bilan de l’Association, près de 100.000 emplois seront perdus d’ici à 2025, avec une chute de 50% des exportations, et le PIB marocain perdrait jusqu’à 12 milliards de dirhams. Les chiffres de l’Amith, certifiés par le cabinet McKinsey, font peur. Les exportations n’ont enregistré qu’une timide hausse de 1,5% à fin février dernier par rapport à la même période en 2012, passant de 4,3 à 4,4 milliards de DH, selon l’Office des changes. L’activité du secteur est essentiellement tirée par la confection, en progression de 3% à 3,18 milliards de DH, alors que la bonneterie a baissé de 2,3%, à 1,22 milliard de DH, du fait de la baisse des commandes en provenance de l’Europe.

L’équipe dirigeante de l’Amith, El Mostafa Sajid et Karim Tazi, réélus lors de l’AG, aura du pain sur la planche : redresser le secteur et mettre vite en place la stratégie textile 2025. Pour El Mostafa Sajid, «il s’agit là d’une stratégie de rupture, c’est la première fois que le secteur dispose d’une vision globale lui permettant d’évoluer et de multiplier son potentiel par deux, voire par trois». Cette vision 2025, mise en place en mai dernier, dans la même optique que celle du secteur de l’agriculture (Plan Maroc vert) ou la Vision 2020 pour le tourisme, doit d’abord dégager une stratégie industrielle viable pour prendre en charge l’ensemble des besoins du secteur textile-habillement, durement éprouvé par la crise économique en Europe. Selon l’Amith, un contrat-programme, soutenu par plusieurs ministères dont ceux de l’Industrie et du Budget, sera finalisé avant le mois de Ramadan. «Nous espérons voir les premières mesures intégrées dans la loi de Finances 2014. Nous avons déjà pris beaucoup de temps pour la réalisation de la stratégie», indique Sajid, cité par le quotidien «L’Economiste».

La contrebande, ennemi n°1
Pour les professionnels du secteur, les produits de contrebande et de la contrefaçon sont les plus rudes concurrents d’un secteur tiré par les commandes des grands donneurs d’ordre. «L’Amith devra donc se mobiliser pour encourager les industriels à investir et concevoir des formules d’accompagnement en partenariat avec le gouvernement.

Les opérateurs misent aussi sur la diversification de leur activité afin d’ouvrir de nouveaux marchés», ajoute «L’Economiste», qui estime que le secteur doit dorénavant s’intéresser «à la fois au textile de mode, au textile de maison et art de vivre, et au textile technique (dédié à l’automobile, la santé, le sport, l’hôtellerie». Mais, le co-président de l’Amith reste soucieux: «nous ne pouvons avancer sans une structure dédiée, chargée d’assurer le suivi de la stratégie. C’est le cas dans plusieurs pays comme la Turquie, l’Inde, la Chine, le Bangladesh». Pour l’heure, le secteur arrive à se maintenir, malgré la baisse de la consommation de produits textiles (-9% en Europe).

Pour autant, la demande interne est tirée par l’informel qui capte 90 % de la production locale. La consommation interne représente près de 40 milliards de DH, et d’ici à 2025, elle passera à environ 90 milliards de DH. Le Plan Textile 2025 prévoit d’augmenter la taille du secteur en lui permettant d’atteindre un PIB de 46 à 48 milliards de DH, et des exportations de 85 à 95 milliards de DH, et la création de 250.000 emplois directs. Le soutien de l’Etat à cette stratégie pèse 30 milliards de DH.

Impact fiscal et revenu en devises étrangères

Une industrie minière commerciale peut représenter une source importante de revenu en devises pour un gouvernement de même que de recette fiscale. Lorsqu’elles sont bien gérées, les rentrées en devises et les taxes produites par la mine peuvent être utilisées par les gouvernements pour la croissance économique générale et comme source de financement pour supporter les budgets nationaux dans le secteur social et des programmes de réduction de la pauvreté. L’impact fiscal important de la mine se retrouve dans des pays tels que le Chili, le Mexique, Botswana, le Ghana, l’Afrique.

La mine à échelle réduite fournit de l’emploi à environ 13 millions de travailleurs et à leur famille de par le monde, en particulier dans des pays tels que la Bolivie, le Brésil, Burkina Faso, la Chine, la Colombie, le Congo, le Ghana, l’Équateur, l’Inde, l’Indonésie, Madagascar, la Tanzanie et la Thaïlande. L’industrie minière commerciale assure de l’emploi et de la formation aux travailleurs et peut représenter une source importante de services sociaux aux populations lointaines. Toute forme d’industrie minière peut être accompagnée d’une croissance de l’activité de petites et microentreprises, qui assurent les fournitures et services aux compagnies minières, aux mineurs et à leur famille créant ainsi des revenus supplémentaires importants.

Lafarge met cap sur l’éolien

Lafarge Maroc et Ciments du Maroc se mettent progressivement à l’éolien pour réduire la facture de l’électricité, qui pèse au moins dans les deux tiers de leur coût de production. En dix ans, ils ont pu réduire de 35%.

C’est le français Lafarge Ciment qui a le premier investi dans le nouveau filon des énergies renouvelables, l’éolien. A Tétouan, dans le nord du Maroc, tout près du détroit de Gibraltar et dans une région venteuse, Lafarge a installé ses éoliennes en 2005 qui lui permettent de produire 32 MW. Près de Casablanca, le cimentier français a choisi une autre alternative pour ses usines : des contrats clé en main d’énergie éolienne, contournant la voie de la construction de parcs éoliens. Le premier producteur de ciment au Maroc a signé des contrats de fourniture d’électricité avec la Holding Nareva pour alimenter son usine de Bouskoura, tout près de l’aéroport international Mohammed V. L’usine de Lafarge de Bouskoura avait en mars dernier commencé à recevoir ses premiers KW et recevra toute la puissance contractuelle en septembre prochain, annonce Lafarge. Avec ses installations et l’accord d’achat d’énergie éolienne, Lafarge devrait satisfaire à court terme 50% de ses besoins en électricité.

Holcim, Cimar, l’éolien en ligne de mire
Quant à Ciment du Maroc, la Cimar, elle devrait mettre en service début 2014 un parc d’une capacité de 10 MW dans la ville de Safi, au sud de Casablanca, sur l’Océan, selon l’hebdomadaire «La VieEco». Et, comme l’énergie éolienne est dans l’air du temps, la filiale de l’italien Italcementi, examine les possibilités pour installer un site supplémentaire. De son côté, Holcim Maroc a également choisi d’acheter son énergie renouvelable en éolien avec des contrats. A l’horizon 2014, Holcim Maroc compte satisfaire jusqu’à 30% de ses besoins énergétiques grâce à l’éolien et devrait arriver à 70% de consommation d’énergie éolienne sur les dix prochaines années. Depuis 2003, la consommation électrique par tonne de ciment a baissé de 35%, passant de 120 à 78 KWh/t de ciment. Suffisant pour encourager les cimentiers au Maroc à développer les sources d’énergies alternatives et réduire leur coût de production.

Avec une facture annuelle de plus de 50 milliards de dirhams (500 millions d’euros) pour ses achats de produits d’hydrocarbures, dont le fioul, pour faire marcher ses centrales électriques, le Maroc veut s’affranchir de cette dépendance. Les autorités ont donc mis en place un vaste programme de production d’énergies renouvelables, dont l’éolien. Le programme marocain intégré à l’énergie éolienne prévoit, avec un investissement total de 31,5 milliards de DH, soit quelque 3,5 milliards dollars, la construction de cinq grands parcs éoliens à l’horizon 2020. Cinq sites de production d’énergie électrique à partir de l’éolien, implantés notamment à Tanger, Tétouan ou Taza, atteindront une puissance installée de 1.000 MW, soit 19% de la puissance électrique installée du pays. Ils produiront surtout près de 3.305 GWh/an d’électricité. Et, vers 2020, la production d’énergie électrique provenant de l’éolien devrait ainsi atteindre 2.000 MW.

Agence / Rédaction

Appui aux réformes de l’énergie primaire

Au Maroc, à l’instar de tous les pays, l’énergie constitue le moteur principal du développement économique et social. Pour satisfaire les besoins énergétiques grandissants de son économie et de sa population croissante, notre pays importe actuellement plus de 97% de ses approvisionnements en énergie en raison de la modicité de ses propres ressources.

Cette forte dépendance de l’extérieur combinée à la tendance haussière des cours des produits énergétiques, notamment du pétrole qui représente prés de 60% de notre consommation énergétique totale, grève lourdement les finances de notre pays. Notre facture énergétique s’est chiffrée à plusieurs milliards . La part du pétrole absorbe plus de nos efforts provenant de secteurs confondus. Pour atténuer l’impact de l’escalade des prix sur les consommateurs et les secteurs productifs, le soutien du budget de l’Etat aux produits pétroliers s’est alourdi et touche désormais aux autres secteurs comme celui de l’agriculture où les pouvoirs publics s’en dégourdisent pour maintenir le cap de la compensation à son point nodal.

La consommation de l’énergie primaire au Maroc s’est donc établie d’une croissance qui va crescendo depuis longtemps. Rien que pour la période 2006 – 2012 l’augmentation de la consommation électrique est passé de 7,1 à 14,3%. Et rien ne peut contraindre la fébrilité des cours dans ce secteur exposé aux conjonctures. Durant les six dernières années, la demande électrique a cru de 8% par an, en raison de la quasi-généralisation de l’accès à l’électricité et de l’expansion économique, produisant une tension sur l’offre, faute d’investissements à temps dans les installations de production. Le déficit ainsi créé a entraîné en particulier une dépendance structurelle de l’interconnexion avec l’Espagne pour le combler.

A l’horizon 2030, la demande en énergie primaire se situerait entre 35 et 40 millions TEP en l’absence de politique d’efficacité énergétique rigoureuse. Elle tomberait dans une fourchette de 27-32 millions TEP si toutes les mesures d’économie d’énergie sont appliquées. Parallèlement, La consommation électrique qui est de 22 TWH en 2007 passerait à 85 TWH dans le premier cas et à 65 TWH dans le second cas, exigeant pour la satisfaire 58% de l’énergie primaire au lieu de 41% aujourd’hui.

Nouvelles stratégie

Pour relever ces multiples défis et maîtriser notre avenir énergétique afin d’assurer le développement durable du Maroc, une nouvelle stratégie énergétique a été élaborée sur la base d’options technologiques et économiques réalistes dans le cadre d’une vision prospective claire. Elle se traduit en plans d’actions concrets et réalisables à court, moyen et long termes, accompagnés de mesures organisationnelles et réglementaires permettant de donner la visibilité nécessaire aux opérateurs.

Conformément aux Hautes Orientations Royales, le ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement a opéré le choix des options stratégiques en y associant des experts nationaux et internationaux ainsi que l’ensemble des acteurs du secteur dans un esprit de concertation et d’adhésion consensuelle. Dans ce cadre, le Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social a consacré une enveloppe budgétaire pour financer l’étude d’un programme d’appui aux réformes structurelles prioritaires.

Les objectifs stratégiques fixés visent à assurer notre sécurité d’approvisionnement énergétique, à garantir la disponibilité et l’accessibilité de l’énergie au meilleur coût ainsi qu’à réduire notre dépendance énergétique en diversifiant les sources d’énergie, en développant les potentialités énergétiques nationales, en promouvant l’efficacité énergétique dans toutes les activités économiques et sociales.