BTP : les granulats à l’appel

LES MATIÈRES premières servant à la fabrication des matériaux de construction dont les sables et graviers sont abondantes. Géographiquement, elles sont bien réparties à la surface du globe. Le territoire national en est bien pourvu. Pourtant, l’accès à ces matières premières devient de plus en plus difficile : l’urbanisation, la sensibilité des riverains, la volonté de protéger l’environnement sont des limites qui s’imposent à leur exploitation, elle-même indispensable à l’aménagement et au développement économique du pays.
La recherche de ressources pour faire face à la demande croissante en granulats et l’exploitation de ces ressources sans porter préjudice à l’environnement posent de plus en plus de problèmes notamment dans les régions actives en matière de construction.
Dans ce contexte la construction de l’habitat et l’aménagement de l’environnement font appel à trois grands secteurs d’activité, qui sont les industries de carrières et matériaux de construction, le bâtiment et les travaux publics. Tous les travaux liés à ces secteurs d’activité utilisent des matières premières sous forme de morceaux de roches, soit naturels (sables et graviers), soit obtenus artificiellement par concassage de roches naturelles : les granulats.
La taille des granulats est comprise entre 0 et 125mm. Leur nature et leur forme varient en fonction des
gisements et des techniques de production. Ils sont destinés à être mise en oeuvre soit directement, sans liant pour les solidariser (ballast des voies de chemin de fer, couche de fondation des routes, remblais…) soit en les solidarisant avec un liant ( ciment pour le béton, bitume pour les enrobés).
Les granulats sont obtenus, soit, en exploitant directement les alluvions détritiques non consolidées (sables et graviers des rivières); soit, en concassant des roches massives (granites, diorites, basaltes, calcaires, quartzites). On distingue trois catégories principales de granulats :
· les granulats d’origine alluvionnaire
· les granulats de roches massives
· et les granulats de recyclage

Les gisements alluvionnaires correspondent en fait à des matériaux non consolidés, généralement déposés pendant l’ère quaternaire par les glaciers, les cours d’eau ou sur les fonds marins peu profonds. Le gisement le plus habituel est celui du lit ou de l’ancien lit d’une rivière. En fonction de la situation du gisement par rapport à la hauteur du cours d’eau ou de la nappe phréatique de l’endroit, l’exploitation aura lieu “à sec” ou “dans l’eau”.

Les gisements de roches massives correspondent à une multitude de situations géologiques (couches plus ou moins épaisses, filons, épanchements volcaniques, massifs de granite…) et à des localisations géographiques très différentes. La carrière peut être implantée en plaine, sur un plateau, en montagne, au bord d’une falaise…
L’exploitation s’effectue à flanc de coteau ou en puits, en fonction de la situation du niveau géologique utile.
On peut ainsi extraire et produire des granulats avec des roches éruptives, des roches métamorphiques et
des roches sédimentaires consolidées (calcaires…).
Ces derniers causés par les rosions de roches, éruptives ou autres roches massives, en fait naître d’autres, roches sédimentaires, que l’enfouissement et la “cuisson” transforment en roches métamorphiques, le tout pouvant, par fusion, retourner à l’état de magma et faire naître de nouvelles roches éruptives… Dans tous les cas, ce sont toujours les mêmes éléments chimiques, en proportions variables, que la terre transforme, trie ou mélange dans un véritable “cycle des roches”.

Les roches magmatiques ou éruptives
Elles proviennent du refroidissement d’un magma préalablement fondu. Deux cas de figures sont à distinguer bien nettement : les roches volcaniques et les roches plutoniques.
Les roches volcaniques naissent par solidification de coulées de lave ou par l’accumulation de projections issues d’un volcan. La roche la plus fréquente est le basalte, de quantités suffisantes dans le Moyen Atlas. Les magmas qui leur donnent naissance proviennent de zones très profondes de l’écorce terrestre ou du manteau. Leur localisation correspond généralement aux zones fragiles de la tectonique des plaques. Quelques autres variétés : andésite, phonolite, trachyte, dacite, rhyolite…

Les roches plutoniques elles, cristallisent lentement à partir de magmas situés à quelques kilomètres (ou dizaines de kilomètres) de profondeur sous la surface.
Les cristaux qui les constituent sont, le plus souvent, visibles à l’oeil nu. La roche la plus fréquente est le granite. Les magmas qui leur donnent naissance proviennent, pour une grande partie, de la fusion d’anciennes roches, par élévation très forte des températures, dans les soubassements d’une chaîne de montagnes en formation. Les mouvements de soulèvement et l’érosion des terrains situés au-dessus provoquent leur affleurement. Quelques autres variétés : diorite, syénite, gabbro…

Les roches sédimentaires
Ce terme désigne toutes les roches formées à la surface de la Terre (surface des continents et fond des océans), par accumulation de sédiments : matériaux et substances issus de l’érosion de toutes les roches affleurant à la surface.
L’érosion fait naître des morceaux et grains (sables, graviers, grès, conglomérats), des particules fines (argiles) et des substances dissoutes (calcaire, gypse, roches salines).
Ces roches peuvent être meubles (sables, graviers, argiles…) ou consolidées (grès, calcaire…). Le rôle des êtres vivants est prédominant dans l’origine des calcaires. Ceux-ci fixent dans leur carapace le calcaire dissous dans l’eau (coquilles, squelettes, enveloppes microscopiques…). À leur mort, le calcaire s’accumule sur le fond.

Les roches métamorphiques
Celles-ci peuvent provenir de n’importe quelle roche préexistante que les événements tectoniques, dans le contexte des surrections montagneuses, enfouissent à des profondeurs où elles subissent les effets de la pression et de la température qui les font cuire sans les faire fondre. Cette forme de cuisson recombine les éléments chimiques et fait apparaître de nouveaux minéraux. Les grands mouvements de soulèvement, accompagnant la naissance des montagnes, ramènent ces roches vers la surface où elles finissent par affleurer. Les plus connues sont : les schistes, les gneiss, les quartzites, les marbres et les
amphibolites.

Extraction du granulat
La production des granulats nécessite l’extraction et le traitement. L’extraction des granulats s’effectue dans les carrières qui utilisent des techniques différentes selon qu’il s’agit de roches massives ou de granulats alluvionnaires meubles, exploités à sec ou en milieu hydraulique. Le traitement est réalisé dans des installations appropriées généralement situées sur le site de la carrière. Parfois, elles peuvent se situer à un endroit différent du site d’extraction. En général, il existe cinq principales étapes de production :
· décapage des niveaux non exploitables,
· extraction des matériaux,
· transfert sur les lieux de traitement,
· traitement des granulats pour obtenir les produits finis,
· et remise en état du site exploité.
En fin de traitement, on obtient des produits de qualité répondant à des critères bien précis et qui sont fonction de la nature des granulats, de la forme des grains,de la nature des opérations de traitement et de la granulométrie. Des mélanges avec des proportions précises pour chaque composant peuvent être réalisés, en vue d’utilisations bien particulières ou pour économiser les gisements.
Après traitement et classification des granulats, ils sont acheminés vers les aires de stockage, soit sous forme de tas individualisés, soit en trémies ou silos.

Réaménagement des carrières
Le réaménagement des carrières doit s’effectuer progressivement, tout au long des phases d’exploitation, jusqu’à la fermeture du site. Le mode de réaménagement doit être défini par l’étude d’impact et précisé dans l’autorisation d’exploiter avant l’ouverture du site.
Le réaménagement des carrières doit favoriser le développement de faunes et de flores diversifiées.
Dans tous les cas, les projets de remise en état et de réaménagement doivent être élaborés par les producteurs en concertation avec les propriétaires, les communes, les riverains, les associations, les pouvoirs publics…L’ensemble de ces partenaires doit s’entendre pour une gestion économe du “patrimoine carrière”.
En matière de réaménagement, plusieurs solutions peuvent être envisagées qui dépendent du type de carrière (carrière en eau, profonde ou peu profonde, carrière à sec) et de l’environnement du site (urbain, rural).Ainsi on peut réaménager en créant une zone ornithologique, une base de loisirs, un étang de pêche. On peut aussi procéder à des reboisements et à des réaménagements forestiers, et à des remises en état à des fins agricoles.

Carrières : harmonisation entreprises / voisinage

Les conflits entre politiques différentes où entre intérêts locaux et intérêt général peuvent naître et pourront faire appel à l’intervention de l’Etat. Or celui ci ne peut jouer son rôle d’arbitre que s’il dispose de procédures et d’instruments lui permettant de passer outre aux oppositions compréhensibles et contradictoires des acteurs. Concernant les carrières des granulats, la négociation locale (entre propriétaires de terrain, exploitants) peut aboutir au consensus tout en assurant des relations harmonieuses entre la société exploitante et son voisinage. Cependant des désaccords et des situations de blocage nécessiteront l’arbitrage de l’État. Et pour ce faire, la gestion des carrières doit disposer d’un cadre juridique applicable et qui tient compte des exigences internationales et de développement durable.
Dans ce sens, afin d’assurer l’exploitation des ressources en matériaux de carrière dans les meilleures conditions au regard de l’environnement, la loi relative aux carrières introduit la création des schémas régionaux des carrières ; Ce schéma prend en compte l’intérêt économique national, les ressources et les besoins en granulats de la région et des régions voisines, la protection des paysages, des sites et des milieux naturels sensibles, la nécessité d’une gestion équilibrée de l’espace, tout en favorisant une utilisation économe des matières premières. Il fixe des objectifs à atteindre en matière de remise en état et de réaménagement des sites.
Par ailleurs, des schémas directeurs dépassant le cadre régional peuvent également être établis. On peut prévoit l’élaboration et la mise en oeuvre d’un schéma interrégional ou national d’approvisionnement en granulats. Son objectif est d’assurer la continuité des approvisionnements, tout en respectant les impératifs de protection de l’environnement depuis le lieu d’extraction jusqu’aux centres de consommation, en intégrant la problématique des transports. Le schéma interrégional ou national doit donc définir le juste équilibre permettant d’organiser à long terme une gestion rationnelle et économe des ressources en granulats.
L’intervention de l’État vise à ce que l’exploitation des ressources en granulats puisse correspondre aux besoins de l’économie, au potentiel géologique du pays et aux impératifs de la protection de l’environnement.
Elle s’attache à tempérer, lorsque cela est nécessaire, le caractère purement local des procédures relatives au foncier et de la négociation entre entreprises et riverains. Ses moyens vont de l’intermédiation à la planification de l’exploitation des ressources, de la négociation à la mise en oeuvre de procédures juridiques spécifiques, comme l’instauration de “projets d’intérêt général”.

Contraintes d’exploitation
Rappelons que les granulats, produits en très grandes quantités, sont des matériaux dont le prix d’achat double tous les 50 km à cause des frais de transport, en particulier quand ils sont acheminés par camions, ce qui est une obligation pour l’approvisionnement de nombreux chantiers.
Les réserves de granulats sont quasiment illimitées, mais beaucoup d’entre elles restent inexploitables pour des raisons diverses (inaccessibles, intégrées à des zones urbaines, sites classés ou protégés, exploitation trop coûteuse, sensibilité environnementale).
Trouver, exploiter et restituer à l’environnement des carrières de granulats apparaît comme une nécessité de notre société qui exige à la fois la qualité de vie et la commodité des transports. Pour répondre aux besoins du pays, il faudrait :
· connaître les matériaux, leur origine géologique, leur répartition géographique,
· préserver l’accès aux réserves exploitables,
· utiliser au mieux les matériaux,
· comprendre les impératifs économiques,
· exploiter les carrières avec des techniques modernes et appropriées,
· résoudre l’ensemble des problèmes dans un environnement de qualité.
C’est pour accentuer une vision plus compétitive que le ministère du Transport et de l’Equipement, vient d’examiner la situation actuelle des carrières et les différentes mesures à mettre en oeuvre pour réglementer le secteur. Occasion de souligner la nécessitéde simplifier les règles et les procédures d’obtention des autorisations d’ouverture de carrières afin de stimuler l’investissement dans ce secteur, le but étant de répondre aux besoins croissants du marché national des matériaux de construction conformément aux dispositions des lois en vigueur, indique un communiqué du ministère.
Pour ce qui est de la lutte contre l’exploitation illégale des carrières privées de sable, le contrôle sera renforcé notamment au niveau des exploiteurs de ces carrières, ajoute la même source.
Dans le cadre de la préservation de l’environnement et la lutte contre la surexploitation des dunes côtières et des plages, plusieurs études ont été élaborées par le ministère, portant sur la réserve nationale de matériaux de construction en général, et le plateau de sable et de la fragmentation, en particulier, souligne le communiqué, relevant qu’une commission sera chargée de mettre en place une nouvelle perception de l’organisation des appels d’offres relatifs à l’exploitation des carrières de sables.
Par ailleurs, ajoute la même source, le ministère de l’Equipement et des Transports oeuvre, en partenariat avec les autres secteurs et professionnels concernés, pour finaliser la dernière version du projet de loi relatif à l’exploitation des carrières.
Aziz Rabbah avait affirmé lors d’une intervention au cours de l’émission «45 minutes», diffusée récemment par la première chaîne de la télévision nationale, que la législation en cours de préparation vise à organiser l’exploitation des carrières de sable s’inscrit dans une démarche de protection de l’environnement, de promotion de la compétitivité et de contrôle des revenus du secteur, dans un cadre de transparence et de lutte contre le pillage des ressources naturelles.
«Il était nécessaire d’entrer dans une phase de réglementation (du secteur), eu égard aux retombées écologiques, financières et économiques de l’exploitation anarchique du sable», a-t-il dit expliquant que dans les carrières réglementées, les surfaces exploitables doivent être respectées et réhabilitées à la fin de la période d’exploitation, chose qui demeure impossible à réaliser dans une situation de pillage et d’anarchie.
Les résultats d’une telle situation sont catastrophiques pour l’environnement, notamment au niveau de salinité des eaux dans plusieurs régions, outre la dégradation des plages, ce qui constitue une perte pour la société, les citoyens et les entreprises, avait noté Rabbah.
Soulignant que les volumes exploités dépassent largement ce qui est déclaré, selon des statistiques établies par son département (55,5% des sables prélevés non déclarées, soit une perte en revenu de plus de 11 millions de mètres cubes pour les communes), le ministre avait précisé que la nouvelle législation, qui remplacera le Dahir de 1914, sera avantageuse pour les citoyens comme pour les entreprises.

Rédaction/agence

De la destruction morphologique des plages

Le littoral du Maroc présente une longueur de 3500km et constitue la zone de concentration des activités économiques et sociales. Il joue un rôle déterminant dans le développement
économique et social du pays. Toutefois, à cause des interventions de l’homme et des changements climatiques qui en découlent, les côtes subissent des dégâts irréversibles sur le plan environnemental, Les conséquences potentielles de ces phénomènes peuvent être considérables et se traduiront par l’instabilité du littoral, la disparition progressive des écosystèmes et par le lègue aux générations futures d’un héritage environnemental détérioré et non porteur de richesses et d’emplois.
La vulnérabilité du littoral est due à l’urbanisation anarchique et à l’exploitation inappropriée des sables de dunes et des plages. La régression des plages est une des conséquences des aménagements perturbateurs du transit littoral des matériaux tels que les barrages qui sont à l’origine de la réduction de l’alimentation des plages en sable.
Les prélèvements de sable sur les plages et les dunes ont modifié nettement la morphologie du rivage.
Les besoins croissants en sable pour la construction ont poussé le développement d’une extraction incontrôlée et sauvage de ce matériau. Ces actions destructives sont à l’origine de la disparition de plages et l’avancée des mers par rapport au continent et qui se traduisent d’ores et déjà par la création de lagunes et de crevasses artificielles.
Donc en dehors de toute analyse, il convient de relever que le sable reste une matière particulière, tant elle peut être considérée, au regard des choix de politique économiques de promotion du BTP et du tourisme, comme la matière motrice du développement du Maroc.
La question de la pérennité de cette ressource se pose avec d’autant plus d’acuité que les littoraux marocains sont littéralement ravagés au mépris de toutes les lois et de toutes les circulaires. Il est en effet regrettable que les autorités locales, notamment les communes, ferment leurs yeux sur le manque de respect par les adjudicataires de lots d’exploitations de sable littoral. Soumissionnant pour exploiter quelques dizaines de milliers de mètres cube, ils procèdent, en toute impunité, à l’exploitation de plusieurs centaines de milliers de mètres cube, mettant à mal le cordon dunaire en littoral, pourtant essentiel pour la préservation des zones situées en arrière-pays et protégeant les exploitations agricoles de la salinisation.

Exploitations sauvages
Par ailleurs, les chantiers et projets de développement nationaux requièrent des quantités importantes
et croissantes de ce matériau. Pour parler chiffres, le Maroc du bâtiment a besoin de plus de 20 millions de m3 de sable annuellement et ce besoin croitra encore plus avec les nouveaux programmes sociaux lancés depuis 2010. Ceci donne une idée précise des volumes de ce matériau qui risquent d’être prélevés en partie de nos plages. Les projections des besoins de sable s’échelonnent, à l’horizon de 2015 à environ 30 millions de mètres cube, alors même qu’ils atteignent, aujourd’hui les 20 millions de mètres cube.
Selon les chiffres officiels, qui datent de 2009, l’offre de sable légale s’élève à environ 11 millions de m3. Les alternatives existent comme le sable de concassage et de dragage qui demeurent en effet des substitutifs. Le premier est extrait soit de roches massives concassées, soit de zones alluvionnaires (grands oueds). 1 380 carrières ont été recensées, mais seulement une centaine est réellement opérationnelle.
Quant au dragage, il consiste à prélever des matériaux du fond de la mer ou des embouchures de rivières sur des gisements avérés et autorisés. Dans les deux cas, le sable est traité pour répondre aux normes de qualité en vigueur. Ceci contraste avec le manque de traçabilité de la filière « sable des dunes ». Il s’agit d’un argument de poids dans un contexte du développement urbain en cours de notre pays et qui exige une mise à niveau intégrale des professionnels BTP, notamment avec le choix de matériaux de qualité.
Hassan Jaï, président de l’Association des Professionnels du Sable, rappelle par ailleurs, qu’au-delà, du soulagement que cela représente pour les zones littorales, le sable de concassage et de dragage « représente une ressource « disponible, techniquement bonne et abordable». En effet, l’équilibre économique des professionnels du sable a pu être préservé malgré la concurrence déloyale des exploitants du sable dunaire, qui par ailleurs, sous-déclarent leurs prélèvements et ne contribuent pas au titre de la T.V.A.
Egalement, très peu de ses carrières pesent leurs chargement et délivrent une facture à leurs clients malgès la circulaire de Juin dernier et le code de la route qui les y obligent.
Les caractéristiques techniques sont reconnues par les professionnels (Le sable de concassage bénéficie, à ce titre de propriétés de granulométrie optimale, autour de 0/5 mm, permettant la conception d’un béton de qualité et le mélange avec le sable de dragage permet d’obtenir un sable plus propre et un béton plus maniable).
Malgré des prix marché identiques (entre 150 et 220 DH le m3), les capacités de production du sable de dragage et de concassage sont encore loin d’atteindre celles du secteur informel. Pourtant, les industriels n’attendent que le signal pour investir et ainsi augmenter leur capacité de production. Ils sont soutenus, dans leurs efforts, par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement.
Enfin, le Ministère de l’équipement travaille ces jours ci avec l’ensemble des exploitants de carrières (granulats, sables, marbres, argile….) pour l’adoption de la circulaire de la loi 08-01 qui permettrait à celle-ci d’être effective et qui induira une réglementation de l’exploitation des carrières et donnera aux autorités les moyens de contrôle et aux exploitants les moyens de se distinguer.
Rimal, société établie depuis 1997, au sein du groupe Drapor, dans la production de sable de qualité à travers la mise en place d’un processus de production normé et méthodique.
Le respect plein et entier des préconisations des études d’impact environnemental présentés auprès des commissions provinciales des carrières, bien avant une démarche officialisée de certification marquait
un engagement ferme envers des pratiques responsables.
La matérialisation en étant la certification Iso 14001 en 2007, renouvelée en 2010, pour ses sites de
Azemmour et de Mehdia.
Elle est la seule à opérer actuellement dans le sable de dragage, Rimal, filiale de Drapor privatisée en 2007. Rimal produit 1 million de m3 de sable par an et pourrait produire 4 millions de m3 rapidement si d’autres autorisations étaient octroyés et la concurrence loyale avec les sables de dunes assurée, selon Hassan Jai, président du directoire. Conformément à la convention d’investissement passée avec l’Etat, en juillet 2008, cette société a investi 300 MDH dans les infrastructures, et s’est engagé dans une démarche exemplaire, avec une meilleure maîtrise des processus de production, et une optimisation des flux des camions et des matières. La société dispose aujourd’hui de 3 plateformes : Azemmour, Mehdia et Larache.

Atlas Véhicules Industriels (AVI)

Une entreprise inégalable dans les véhicules industriels

Atlas Véhicules Industriels, est une société qui opère dans le secteur des transports depuis 2005, plus particulièrement dans les véhicules industriels. Elle a la charge de représenter exclusivement la société mère Iveco. Cette entreprise est venue combler un vide de distributeur au Maroc. Elle est toutefois dirigée par un directoire en la personne des frères Madhloum, dont M. Haider Madhloum assume la responsabilité du Président Directeur Général assisté par son frère Abdelamir Dahloum en qualité de directeur Général. C’est une entreprise qui va crescendo et s’est distinguée par l’élargissement de son esprit d’investir dans le secteur. En mai 2011 par exemple, elle a fait preuve de ses bonnes actions en inaugurant la succursale de Meknès. Et ce n’est pas des moindres, parce que son activité s’est approuvée par la mise en fonction de son savoir faire. Occupant une superficie de 4.000 m2 dans la région centrale du pays inscrivant ainsi une extension du réseau Iveco au Maroc. C’est une succursale qui se situe sur la route menant vers Fès et Taza d’une part et de l’autre celle qui mène vers Azrou et Rissani et à l’ouest vers Sidi Kacem, Khemisset et Rabat .Avi est donc au centre avec son siège principal à Casablanca. C’est une structure qui se caractérise par par la mise au point de succursale à Tanger ,doté de magasin et d’usine de production équipés d’instruments de diagnostic modernes pour assister sur place et dépanner rapidement les clients dans la région.
Rappelons que AVI compte progresser dans la mise sur pied d’un ensemble de succursale à travers le pays et que l’esprit d’extension va élargir celle-ci vers d’autres régions comme Agadir, Marrakech et Oujda.
Depuis 2005 donc, date où la carte d’Iveco a pris effet, en remettant le contrat d’exclusivité concessionnaire à la famille Madhloum par le biais de la société AVI. Celle-ci s’en prend donc à assumer sa fonction dans l’option commercialisation et assemblage d’une vaste gamme de véhicules Iveco. Concession qui d’ores et déjà fait ses preuves dans une croissance constante du business Iveco, en augmentant les ventes et en gagnant une bonne part du marché des véhicules dans le secteur de la distribution grâce aux « Daily et Eurocargo » et dans le secteur de la construction avec le « Trakker » qui est leader dans la place En outre, dans le cadre de la stratégie AVI, celle-ci prévoit également une concentration verticale et ce par le développement du groupe en développant le projet « Eurobennes », unité de carrosserie au Maroc qui s’étale sur une surface de 35.000m2 près de l’autouroute Casablanca-Rabat.
C’est donc par cet esprit que la société AVI avait fait des prouesses en 2010 en enregistrant une croissance remarquable de 25% dans le secteur du transport routier et des chantiers. Donnant à l’image Iveco des moyens nécessaires pour relever le défi de la compétitivité régionale et de s’imposer dans le marché aussi bien national qu’africain comme adresse incontournable.

Fiche technique de IVECO
Société du Groupe Fiat Industrial, Iveco crée, produit et commercialise une large gamme de véhicules utilitaires lègers, moyens et lourds, de camions tout terrain, d’autobus et d’autocars ainsi que de véhicules spéciaux pour des applications comme lutte contre l’incendie, les missions tout terrain, la défense et la protection civile.
Iveco emploie plus de 25 000 personnes et exploite dans 11 pays du monde 24 usines qui utilisent d’excellentes technologies développées dans six centres de recherche. Outre l’Europe, la société est présente en Chine, en Russie, en Australie, en Argentine, en Brésil et en Afrique du Sud. Presque 5000 agences et points d’assistance dans plus de 160 pays garantissant une assistance technique en tous points du globe où un véhicule est à l’oeuvre.

Carrières : à quand la réglementation ?

Le ministre de l’Equipement et des Transports a bel et bien publié la liste des bénéficiaires des agréments d’exploitation des carrières de sables.
C’est une retouche à un secteur dont fait ombre un certain nombre de pratiques illégales. Selon le ministère de tutelle , 58 sites de sable sont des propriétés privées et 55% sont non déclarés et représentent un manque à gagner de 5 milliards de DH.
Pour mettre de l’ordre dans le secteur, une nouvelle loi et un nouveau cahier des charges régissant l’exploitation des carrières est en train d’élaboration.
Mieux encore ,des bureaux topographiques seront chargés d’identifier et de contrôler ces carrières, et ce en coordination avec le ministère de l’Intérieur.
L’exploitation de ces gisements sera assujettie à une autorisation et à l’obligation de réaménager le site Donc un projet de loi relatif à l’exploitation de ces gisements fut récemment examiné au sein du Conseil de gouvernement. Contrairement à ce que laisse croire la teneur de ce projet, il ne s’agit pas «d’une chasse aux privilèges» mais d’un contrôle de la gestion des exploitations. En effet, le nouveau texte vise à remédier à l’anarchie de l’extraction. Il pallie ainsi «le laxisme» de l’ancien texte de 1914 qui régit ces gisements. A l’époque, le Maroc était un chantier ouvert. Il fallait encourager les exploitants à approvisionner les chantiers en matériaux de construction.
Maintenant, la donne a changé. Les carrières se sont multipliées. Faute de règles rigoureuses, l’exploitation se fait dans le désordre. Abandonnés après l’extraction, les terrains forés se sont transformés en énormes trous portant ainsi atteinte à l’esthétique du paysage urbanistique. Le vieux dahir n’oblige pas les exploitants à réaménager le site après sa fermeture.
Ceci a généré des problèmes de sécurité non seulement dans la carrière, mais également pour le voisinage. Les habitants qui vivent à côté des carrières se plaignent de problèmes de respiration causés par les fortes rafales de poussière dégagées du site et du bruit occasionné par les forages. Pis, beaucoup de «gouffres» se sont transformés en décharges publiques. Dans l’ancien texte, l’exploitation des carrières n’était soumise qu’à une simple déclaration, sauf si la carrière est située dans la limite d’un périmètre municipal. Dans ce cas, l’exploitation ne peut commencer qu’après autorisation de l’autorité locale. La nouvelle loi introduit un régime unique, celui de l’autorisation.
En fait, un procédé similaire à ce régime existe. En vertu d’une circulaire datant du début des années 90, des commissions provinciales statuent sur l’ouverture des carrières. Mais leur travail n’est pas connu. En plus, la circulaire n’a pas la valeur d’une loi. Dans le nouveau projet, tout exploitant devra formuler sa demande et obtenir le feu vert de l’Administration avant de démarrer son activité. L’autorisation est octroyée pour une durée maximale de 10 ans. Cette durée peut être portée à 20 ans dans le cas où cette autorisation serait associée à une industrie transformatrice nécessitant des investissements lourds. Le régime de l’autorisation assujettit l’exploitant à une série d’obligations pour rationaliser l’extraction. Il détermine la durée d’exploitation, les mesures nécessaires pour pallier les inconvénients sur l’environnement et le mode de réaménagement du site. A ce niveau, le législateur introduit une disposition de taille. Tout exploitant devra produire une caution bancaire équivalant à 10 DH le mètre carré pour assurer le réaménagement de la carrière après sa fermeture. L’Administration utilisera cet argent si ce réaménagement n’a pas été effectué. Pour plus de rigueur, la gestion des carrières sera soumise à un schéma spécifique, une sorte de plan qui déterminera les besoins de la région en matière de matériaux de construction et les zones à exploiter.
Mais qu’en est-il de la loi 08.01 sur l’activité promulguée en 2002 ? N’est-elle pas tombée sous le coup de la caducité ? On se dit aussi que cette loi n’a jamais pu être appliquée sur le terrain faute d’un texte d’application. Et qu’on a dû se contenter d’une circulaire émanant de la primature en attendant l’adoption d’une nouvelle loi relative à l’exploitation des carrières.
Selon le ministère de l’ Equipement, les pourparlers relatifs à la modification des dispositions de ladite loi entre le ministère de l’Equipement et les professionnels ont débuté en 2009 et se sont focalisés sur l’amendement de certains de ses articles et sur la promulgation d’un décret d’application. Même son de cloche de la part des professionnels qui nous révèlent que le texte en question est exutoire. Et qu’il ne s’agit là que de sa mise en application puisque l’essentiel du travail a été fait.

Carrières de sable victimes de pratiques anarchiques

La situation qui prévaut depuis quelque temps dans certaines régions du Royaume, augure d’un changement dans les relations entre les acteurs économiques disposant d’autorisations d’exploitation des carrières de sable et les habitants des douars voisins des carrières, consistant à passer du grand souci de réalisation du développement durable à la création de tensions sociales jamais vécues depuis presque 15 ans, date du début de l’investissement dans ce secteur porteur.

DÉCIDÉMENT, la polémique sur le sable de dragage ne cesse d’enfler et laisse paraître son impact sur l’environnement entraîné par le dragage des fonds littoraux. Un sujet qui prend de l’ampleur au moment où le gouvernement montre ses ambitions pour remédier à cette anomalie qui prend une allure dramatique. Et partant réfléchir sur la mise au point d’un texte qui serait destiné à rationaliser l’exploitation des carrières et prévenir les pillages.
Dans la précédente version de la loi 08-01, promulguée en septembre 2002, il n’était question que de dragage d’entretien. Dans son article 1er, la nouvelle mouture parle de «carrières sous-marines», qui sont situées en mer, sur les cours d’eau ou dans les estuaires et dont l’exploitation se fait par dragage.
Les scientifiques redoutent que l’introduction de la notion de dragage d’exploitation dans la loi ne soit destinée à banaliser cette activité. Alors que c’est la loi qui devrait définir le dragage, ses conditions d’approche, les qualités du produit à vendre, le site exact…
L’activité donc de dragage de sable, en tant que carrière sous-marine ,est lourde de conséquences.
Contrairement aux carrières, le littoral fait partie du domaine maritime, sauf si le gouvernement veut privatiser ce domaine public alors que les carrières sont des propriétés privées . Ce qui est contradictoire avec le code minier (dahir du 14 juillet 1914). Dans 99% des cas de par le monde, l’exploitation sous-marine du sable relève du code minier parce qu’il est considéré comme une mine. Il n’y a qu’au Maroc où l’on a transformé cette activité en carrière à ciel ouvert.
En attendant la promulgation de la loi 08-01, le gouvernement vient d’adopter le projet de loi 10-11 modifiant et complétant l’article 517 du Code de procédure pénale. L’amendement de cet article consiste à criminaliser le pillage du sable de mer, des dunes et du littoral. Un phénomène estimé à 20 millions de m3 par an, alors que les quantités déclarées sont estimées à seulement 8,5 millions de m3 environ, dont 3,5 millions sont extraits de carrières autorisées.
Par conséquent, la problématique du dragage du sable et son impact sur l’environnement de manière générale commence à préoccuper la société civile.
Dans cette optique les conséquences du dragage sur le littoral sont de nature à désertifier les plages et rendre caillouteuse son espace. C’est dans le cadre d’une activité conditionnée par des pratiques d’exploitations illégales dans le secteur que les habitants des douars Khmiss Oulad ElHaj, dans la région de Kénitra ,jouxtant les carrières de sable, avaient toujours bénéficié des revenus en nature oscillant entre 350 à 400 DH par jour, que les propriétaires des carrières versent en guise d’indemnités pour les dommages causés par les opérations de transport du sable et le bruit des véhicules utilisés.
Quelque 150 familles des douars Zaouiat Rtnana, Oulad Taher Abdellah, Lakwader et Sidi Said bénéficiaient également de ces indemnités dans la région de Safi. Les revenus perçus par la commune rurale de l’ancienne Essaouira en contrepartie de l’exploitation des carrières de sable s’élevaient à 12.000 DH par jour. Les travaux sont suspendus à cause des contestations continues des habitants de la région contre l’exploitation abusive des carrières de sable et la violation des textes de loi régissant le secteur.
Les habitants de cette région avaient également présenté une pétition portant quelque 100 signatures sur les dommages causés par l’exploitation des carrières sur l’environnement et la santé humaine, ainsi que ses impacts sur les infrastructures de la région (routes, ponts et pistes).
La pétition faisait état également des infractions commises lors de l’exploitation des carrières, en l’occurrence le non respect des horaires de travail et des quantités légales de sable à transporter conformément aux cahiers des charges. Les signataires de la pétition soulignent la nécessité de trouver une formule qui consiste à investir les revenus des carrières dans des projets de développement de la région.
L’exploitation des carrières s’opère conformément aux cahiers de charges environnementaux et d’exploitation, indiquant ainsi que les pertes subies suite à la suspension des travaux vont de 250.000 à 300.000 DH par jour. Dans ce contexte la direction régionale du ministère de l’équipement et du transport a, pour sa part, affirmé qu’elle suit de près l’évolution de la situation des carrières au Maroc. Malgré l’unanimité des opinions aujourd’hui sur l’anarchie qui sévit dans ce secteur, les tensions sociales suscitées remettent en question la relation entre les propriétaires des carrières et les habitants des douars qui les avoisinent.
Et c’est ainsi que doit subvenir un cadre législatif eu égard à la constitution qui garantit le droit des individus à bénéficier du développement durable et à vivre dans un environnement sain.

Afrique-Entreprises marocaines

Soutien à la coopération Sud-Sud

Outre le succès de l’implantation de grands établissements bancaires marocains dans les pays d’Afrique de l’Ouest et qui ont réussi à s’ériger en leaders au niveau de cette région, de nombreuses entreprises marocaines de divers secteurs emboitent le pas aux mastodontes avec succès et donnent un plein sens aux voeux de la coopération Sud-Sud tant plaidée par les politiques et les gouvernements africains.
Le Salon international des solutions pour les transports et la logistique organisée du 15 au 17 novembre à Dakar a été l’occasion de rencontrer certaines de ces entreprises marocaines qui ont réussi leur implantation sur le continent africain et apporter une expertise confirmée à de grands chantiers structurants, particulièrement en Afrique de l’Ouest.
«Stroc Industrie», un opérateur marocain intervenant dans les secteurs des mines, de l’énergie, du ciment, de la Chimie et du BTP, est l’exemple de l’entreprise marocaine qui a orienté sa stratégie de développement vers l’Afrique subsaharienne, une région à fort potentiel de croissance et qui recèle d’énormes opportunités d’investissement. Vu l’importance du marché africain et l’envergure des plans d’investissement engagés par les pays d’Afrique subsaharienne, l’ambition est de porter ce taux à 35 ou 40 pc dès 2013.
«Conseil Ingénierie et développement» (CID), une société marocaine d’ingénierie multidisciplinaire,
arrive à s’exporter avec succès sur l’Afrique subsaharienne. «Nous conduisons plusieurs projets d’envergure en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale», indique Moncef Ziani, directeur général de la société.
«Nous supervisons actuellement la construction d’un grand barrage au Niger et d’un ouvrage hydraulique similaire au Burkina-Faso’’, affirme-t-il, ajoutant que l’expertise de la société a été également sollicitée par les pouvoirs publics ivoiriens pour conduire les travaux de construction de l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro.
Au Sénégal, la société a été à l’oeuvre dans plusieurs chantiers dans les domaines de l’eau potable et la construction des routes. Le responsable de CID indique que sa société accompagne actuellement le gouvernement sur le projet de l’autoroute Dakar-Thiès en plus du démarrage prochain d’un projet de route en Casamance (Sud du Sénégal) sur une distance de 50 km.
La stratégie de la société consiste actuellement à diversifier ses marchés en prospectant de nouveaux pays comme le Cameroun, le Gabon et le Tchad, souligne M. Ziani qui révèle que le marché africain a atteint le pic de 20 pc du chiffre d’affaire de la société.
‘’Notre démarche est fondée sur le principe du partenariat gagnant-gagnant, tient à préciser M. Ziani,
expliquant que l’ensemble des projets en Afrique subsaharienne sont exécutés systématiquement dans le cadre de groupements avec des sociétés locales. ‘’Dans l’ensemble des pays où nous opérons nous laissons les locaux faire tout ce qu’ils savent faire et notre rôle se limite à apporter le complément d’expertise nécessaire comme au niveau technique, du management, et des études environnementales’’,a-t-il dit.
Bouchaib Benhamida, président de la Fédération nationale du BTP, plaide, quant à lui, pour davantage
de dynamique d’échanges et de partenariat avec les pays de la région d’Afrique de l’Ouest et particulièrement le Sénégal.
«Nous avons pris conscience, aussi bien de la part des pouvoirs publics que du secteur privé, de la nécessité de parvenir à un accord commercial avec les pays de la région d’Afrique de l’Ouest (Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest -UEMOA, regroupant huit pays), a-t-il souligné, précisant qu’une telle mesure est à même de promouvoir et intensifier les échanges économiques entre les deux parties dans le cadre d’un partenariat mutuellement bénéfique.
Le Maroc a développé une expertise confirmée dans divers domaines d’infrastructures (industrie, habitat, ingénierie, irrigation, eau potable) et un cadre encourageant ne peut être que profitable pour l’effort de développement entrepris par ces pays dans le cadre de partenariats orientés vers l’investissement, a-t-i affirmé.
Le ministre de l’équipement, M. Aziz Rebbah a coprésidé avec son homologue sénégalais, M. Thierno Alassane Sall, jeudi à Dakar, l’ouverture du Salon International du transport et de la logistique. Le ministre, accompagné d’une délégation d’opérateurs marocains, a mené des séances de travail avec plusieurs responsables sénégalais et des associations du patronat sénégalais.
Le Sénégal, porte de l’Afrique de l’Ouest et le Maroc, un carrefour entre l’Afrique, le Maghreb, et l’Europe, comptent initier à travers cette manifestation une dynamique d’échange et de coopération entre les opérateurs des transports et de la logistique des deux pays appelés à investir le grand potentiel qu’offre la position de hubs régionaux du continent que sont Casablanca et Dakar.

Rédaction/Agence

Evitant l’épuisement des gisements actuels

LA PART DU SABLE de dragage dans le marché reste faible, elle ne dépasse pas 5%, cependant avec la privatisation de DRAPOR et les efforts de promotion et de sensibilisation engagés par cette entreprise, elle peut atteindre des proportion plus avantageuses qui pourront atteindre de 30% du marché. Le sable maritime de dragage peut être extrait au niveau des embouchures des oueds, des passes d’entrées des ports et des pièges à sable marins (profondeurs). En terme de disponibilité le sable de dragage existe en quantité suffisante.
Les réserves en sable de dragage s’évaluent à plus de 20 Millions de m3 de dépôts et à 6 Millions de m3 par année de sable provenant de transit littoral atlantique. Géographiquement, ces réserves sont situées près des grandes concentrations urbaines, ce qui dotera le sable de dragage d’une certaine compétitivité économique par rapport au sable traditionnel.
Le sable de dragage constitue un produit complémentaire pour la majorité des utilisations (bétons, industrie etc). Il est doté de performances techniques et économiques et sa production est en accord avec les aspects réglementaires environnementaux, lui permettant de présenter un avantage décisif sur les autres ressources.
Les caractéristiques essentielles du sable de dragage sont :
-la granulométrie : le matériau dragué doit être au moins du sable 0/2 (taille des grains de 0 à 2 mm).
La majorité des sables utilisés dans le BTP sont des sables 0/4, donc il faudra compléter les matériaux dragués avec du sable 2/4, afin de permettre un plus grand nombre d’utilisation ;
-la teneur en coquilles : le matériau dragué ne doit pas contenir d’éléments coquilliers. La teneur en éléments coquilliers, exprimée en pourcentage, correspond à des taux pondéraux de CaCO3. Ces taux sont déterminés par analyse chimique soit à raison d’une analyse par échantillon dans le cas de sables fins homogènes, soit en effectuant la moyenne pondérée des teneurs en calcaire de chaque fraction granulométrique d’un échantillon. Au-delà de30 %, la teneur en coquilles peut être nuisible car il s’agit souvent d’éléments creux et arrondis qui diminuent fortement la portance du sable.
-la présence de micas : Les déblais de dragage portuaire peuvent aussi contenir des micas et, à un degré moindre, certains feldspaths. Les comptages minéralogiques effectués par fraction granulométrique permettent de mettre en évidence la répartition des teneurs en micas en fonction de la taille des matériaux. En général, les micas se retrouvent dans la fraction fine, ce qui peut amener une amélioration
sensible de la composition minéralogique au cours de l’exploitation par dragues aspiratrices, les éléments fins étant remis en suspension et éliminés. La présence de micas en quantité notable et parfois de feldspaths est néfaste pour la maniabilité du béton et surtout sur la résistance, le retrait et la tendance à la fissuration des bétons.
-la salinité : La salinité de l’eau de mer entraîne la présence d’ions chlorures dans les matériaux dragués. Ces derniers retardent la prise des bétons et favorisent la corrosion des armatures métalliques des bétons armés et précontraints.
Pour satisfaire les exigences normatives et réglementaires il est parfois nécessaire de procéder au traitement des matériaux de dragage. Il en est alors que la salinité de l’eau de mer se traduit par la présence d’ions chlorures dans les déblais de dragage portuaire. Toutefois des extractions par aspiration et de déchargement par refoulement hydraulique, pourraient réduire la teneur en ions chlorure du matériau.
Elle dépend aussi du temps de stockage à terre et des éventuelles précipitations durant cette période.
Si la teneur n’est pas inférieure à 0,01 %, un lavage après déchargement permettra de satisfaire l’exigence des normes. Sinon, le matériau peut être vendu directement en indiquant la teneur en ions chlorures.
Il existe aussi des traitements physico-chimiques de déchloration. Il s’agit de réactions chimiques permettant le remplacement des atomes de chlore par des métaux alcalins par exemple. Par contre, le coût est élevé. Au Maroc, aucun traitement n’est réalisé, ce qui constituera une voie d’amélioration des granulats marins.
Les matières premières servant à la fabrication des matériaux de construction dont les sables et graviers sont abondantes. Géographiquement, elles sont bien réparties à la surface du globe. Le territoire national en est bien pourvu. Pourtant, l’accès à ces matières premières devient de plus en plus difficile : l’urbanisation, la sensibilité des riverains, la volonté de protéger l’environnement sont des limites qui s’imposent à leur exploitation, elle-même indispensable à l’aménagement et au développement économique du pays.
La recherche de ressources pour faire face à la demande croissante en granulats et l’exploitation de ces ressources sans porter préjudice à l’environnement posent de plus en plus de problèmes notamment dans les régions actives en matière de construction.
L’État en étant garant de l’intérêt général, il recherche l’équilibre adéquat entre les impératifs légitimes qui peuvent s’exprimer de manière forte et contradictoire sur le terrain. Le cas échéant, il lui revient d’imposer un arbitrage. Pour ce faire, la gestion des carrières doit disposer d’un cadre juridique applicable et qui tient compte des standards internationaux et du développement durable. La problématique des granulats dépend des considérations socio-économiques, organisationnelles, techniques, environnementales, juridiques et fiscales, ce qui lui revêt un caractère politique nécessitant l’élaboration d’une stratégie appropriée. Cette stratégie doit s’inscrire dans le cadre du développement durable et intégrer la recherche et la validation de solutions alternatives les plus appropriées.
Le ministre de l’Equipement et des Transports, Aziz Rebbah a annoncé que le nombre total des carrières de sables a atteint 1.667 à fin mars, faisant savoir que son Département est sur la voie d’élaborer une feuille de route devant être mise en oeuvre au cours de cette année, en concertation avec les professionnels et les ministères concernés visant à organiser et développer ce secteur.
Dans un exposé, lundi devant la commission des Finances, des Equipements, de la Planification et du Développement régional à la Chambre des conseillers, Rebbah a précisé que, de par le statut juridique du foncier qui les accueille, plus que la moitié de ces carrières se trouve sur des propriétés privées (971), alors que le reste est réparti entre le domaine public hydraulique (227), les terres collectives Soulalia (217), le domaine forestier (176), le domaine privé de l’Etat (68), le domaine public maritime (6) et le domaine public ferroviaire (2).
Rebbah a souligné que parmi ces carrières (1.380 permanentes, 287 temporaires), 1.103 sont exploitées par des personnes morales, alors 564 sont tenues par des personnes physiques, ajoutant que 990 de ces carrières sont exploitées, 406 sont en arrêt de travaux et 271 sont abandonnées.
Mettant en relief les limites du cadre juridique organisant ce secteur, Rebbah a énuméré certains contraintes et dysfonctionnements liés notamment à la non adhésion de certains propriétaires de carrières aux nouveautés de l’arrêté du Premier ministre de 2010 (refus de signature des cahiers de charge), l’incohérence de la durée maximum d’exploitation (5 ans) avec le volume des investissements destinés à certains types de carrières, l’absence de distinction entre les carrières exigeant ou non un accord environnemental et l’entrave à la mise en oeuvre de la décision interdisant l’extraction de sables du domaine forestier et domaine privé de l’Etat dans certaines régions.
Il a, également, cité la difficulté de poursuivre en justice certains contrevenants en l’absence de textes juridiques clairs, le manque de moyens matériels et logistiques des équipes provinciales de contrôle et le manque en revenus des taxes enregistrés par les collectivités territoriales et certains Départements gouvernementaux en raison de déclarations erronées sur les quantités de sable extrait. Le ministre a, en outre, précisé que la présente stratégie comporte, entre autres, l’élaboration d’un projet de loi portant sur l’exploitation des carrières de sables, de ses textes d’application ainsi que la révision de la circulaire de 2010, qui est toujours en vigueur dans l’attente de l’approbation d’une nouvelle loi. Elle stipulera également l’exploitation des sables étagères et de fragmentation en alternative à celles des dunes et des côtes.
Outre la limitation de la durée d’exploitation à 20 ans, avec possibilité de la porter à 30 ans pour les carrières inhérentes aux industries de transformation, le nouveau projet de loi, en phase d’élaboration, renferme des dispositions initiant une nouvelle perception des carrières de sable, l’interdiction de l’extraction des sables des côtes de n’importe quel littoral, quel qu’en soit le statut juridique, a précisé Rebbah.
Le nouveau cadre juridique, ajoute le ministre, prévoit des sanctions pénales en cas d’exploitation des carrières sans permis légal ainsi qu’une taxe additionnelle sur l’extraction des sables des dunes et des côtes.
Dans le dessein d’améliorer le système d’exploitation des carrières, Rebbah a annoncé que le ministère
propose des mesures reposant sur 3 principes fondamentaux, un portant sur l’assouplissement des procédures d’obtention des autorisations d’exploitation, un autre ayant trait à la préservation de l’environnement tandis que le troisième se penche sur les moyens de consolider les mécanismes de contrôle dans le souci de respecter les dispositions des cahiers de charges.

Rédaction/Agence

Aperçu historique

Les carrières peuvent être à ciel ouvert ou souterraines, voire sous-marines. Elles exploitent des roches meubles (éboulis, alluvionnaires) ou massives (roches consolidées sédimentaire (calcaires et grès), éruptive ou métamorphique (granite, porphyres, gneiss, amphibolites, quartzites, schistes, basaltes…)
Une carrière est un endroit d’où sont extraits des matériaux de construction : pierres, sable ou différents minéraux non métalliques ou carbonifères (par opposition aux mines). Le chantier se fait «à flanc de coteau» ou «en fosse» (jusqu’à une centaine de mètres de profondeur parfois). Le terme carrière désigne également une installation industrielle complète comprenant: un lieu d’extraction et les machines servant à traiter la roche extraite (le matériau en «toutvenant», c’est-à-dire non trié), des hangars, des ateliers où sont coupés et taillés les blocs de roches. Le mot vient du bas latin quadrus, «carré» (sous-entendu : quadrus lapis, «pierre carrée» pour la pierre de taille).
L’homme a commencé à creuser le sol avec des outils rudimentaires, en bois, corne ou os pour les sols meubles, en silex, pour les roches. Pour façonner les roches tendres, il a donc eu recours à des outils de roches dures. Mais pour façonner les roches dures, il a du attendre l’avènement des métaux, des abrasifs puissants comme le diamant, puis celui des explosifs.
Les premières exploitations se sont faites naturellement, il y a plus de 5000 ans, par ramassage des pierres à la surface du sol. Des pierres prélevées à l’état brut sont utilisées dans la construction des murs en pierre sèche. Les cailloux arrondis des rivières sont un matériau de choix mais sont difficile à mettre en oeuvre sans mortier, on les cimente donc au moyen de mortiers d’argile, prélevée sur place quand cela est possible. La recherche de pierres de plus en plus en profondeur conduit à l’établissement des carrières à ciel ouvert ou souterraines. Ainsi au néolithique déjà, dans les minières néolothiques de silex de Spiennes( Hainaut), des hommes contemporains des dolmens creusent des puits et des galeries pour se procurer le silex de la craie plus facile à mettre en oeuvre que les cailloux roulés inclus dans les limons.
Dans le monde antique, s’impose progressivement la nécessité de trouver des pierres les plus aptes à leur destination. Le travail d’extraction et de débitage des pierres se fait en plusieurs étapes : après le travail de « dé-couverture » des bancs de pierre propre à produire les pierres, dures ou tendres, compatibles avec leur destination, démarre le travail d’extraction lui-même. Afin de détacher les blocs que l’on pourra façonner, le carrier fait dans des cas très rares, appel à des strates et fissures naturelles, plus souvent il doit creuser des rainures, au pic, délimitant le volume et la forme des pierres telles qu’elle devront être réalisée.
D’après Eugène Viollet-le-Duc, les Romains sont les plus intelligents explorateurs de carrières qui n’aient jamais existé. « Les constructions de pierre qu’ils ont laissées sont élevées toujours avec les meilleurs matériaux que l’on pouvait se procurer dans le voisinage de leurs monuments. Il n’existe pas d’édifice romain dont les pierres soient de médiocre qualité; lorsque celles-ci faisaient absolument défaut dans un rayon étendu, ils employaient le caillou ou la brique, plutôt que de mettre en oeuvre de la pierre à bâtir d’une qualité inférieure; et si l’on veut avoir de bonnes pierres de taille dans une contrée où les Romains ont élevé des monuments, il ne s’agit que de rechercher les carrières romaines. » Les outils du carriers romains consistaient en pics,coins,leviers pour l’extraction, scies pour le débitage des blocs, ciseaux et marteaux ou mailles.
La Rome antique, le Moyen Age, la Renaissance, jusqu’au XIXe siècle font un usage massif de la pierre naturelle dans des architectures prestigieuses. Aux techniques traditionnelles d’abattage, par saignée au pic, au coin, à la masse réalisées à bras d’homme, succède le travail mécanique et « aveugle » des machines : la frappe mécanique du marteaupiqueur, la scie à chaîne (haveuse), la perforatrice rotative (de la tarière au rotary), le marteau perforateur, le jet d’eau sous pression voir le laser de puissance. La pierre cesse d’occuper la place prépondérante multiséculaire qu’elle a occupé dans la construction avec l’invention du béton (la pierre artificielle), plus facile à mettre en oeuvre.
Les pierres de construction (ardoises, pierres taillées dites dimensionnelles, pierres tombales et ornementales) ne représentent qu’une infime, mais lucrative part de la production de roches. En France si l’on considère l’ensemble des roches abattues, les carrières dépassent en tonnage la production des mines. On extrait chaque année en France 200 millions de tonnes de matière minérale rocheuse (en excluant
les alluvions, moraines et autres emprunts de terrain meuble, qui représentent encore davantage) qui se répartissent entre: le charbon et minerais (10 MT)-la pierre à ciment et gypses (10MT) – les granulats de béton, routes, ballast (150MT) – les blocs pour enrochement (digues à lamer, ravaux portuaires) (30MT)2.

Plus d’intérêt à l’exploitation durable des carrières

Au Maroc, les pressions liées à l’environnement et à l’utilisation des terres ont causé une diminution relative de la production à partir des carrières continentales et une augmentation de la production à partir d’immenses carrières littorales.
L’extraction de granulats dans le fond océanique est actuellement la principale activité minière océanique liée aux minéraux non combustibles. Le cas du Japon, où le sable marin représente environ 40 % de la production intérieure totale de granulats, fins nécessaires à la fabrication du béton, manifeste de larges mécontentements écologiques, et nous livre ainsi la tendance d’accorder plus d’intérêt aux projets de dragage de granulats au large de nos côtes, qui peuvent à tout moment échapper à la vigilance de l’autorité publique et entraîner des dégâts naturels sans retour. C’est déjà fait à cause de la croissance de la demande à coté de diverses contraintes.
Cela est particulièrement vrai même si plusieurs facteurs contribuent aujourd’hui à rendre possible l’élaboration d’une loi sur l’exploitation du littoral, et demain peutêtre sous-marine. Dans cette optique les inquiétudes de l’industrie et des milieux de la protection de l’environnement ne peuvent se dissiper à court terme.
En raison du niveau relativement élevé d’urbanisation de certaines régions, il devient donc nécessaire d’assurer la planification d’utilisation des ressources en granulats.
Et de prévoir une analyse globale des facteurs de l’offre et de la demande, des coûts, des questions liées à la législation et à la planification etc…
A l’échelle mondiale, l’exploitation de carrières à grande échelle sur le littoral, où l’on extrait des granulats pour répondre aux besoins des marchés internationaux, suscite beaucoup d’intérêt et fait languir des oppositions écologiques. Dans le cas du Maroc les effets d’exploitation des granulats, et du sable en particulier sur la dégradation du littoral, nous incitent de mettre en place des solutions alternatives qui doivent être conformes aux exigences du développement durable et aux aspects technicoéconomiques.Le recours aux solutions comme l’utilisation de granulats marins et de granulats recyclés ne constitue pas une alternative complète, ce qui favorisera sans aucun doute le développement d’une vraie industrie de granulats. En tolérant des surcoûts raisonnables, et compte tenu des contraintes techniques, les volumes apportés par les granulats de substitution représenteront une part des besoins qui est censée progresser avec le développement des techniques de production et avec la production industrielle des granulats prêts à l’emploi.
Aussi, compte tenu des faiblesses réglementaires, des obstacles fiscales, des contraintes qui s’opposent au développement du secteur sur les plans organisationnel, technique, économique, et environnemental, il est nécessaire d’engager des actions correctives et de prendre les dispositions nécessaires pour satisfaire les besoins du pays à être en phase avec l’exploitation citoyenne de nos ressources et
son insertion dans le cadre du développement durable.
A noter que les estimations indiquent que la majorité des carrières actuelles seront fermée, ce qui forcera à exploiter des gisements éloignés. Les pénuries en granulats pourraient inciter à exploiter des gisements au large des côtes et même à extraire des granulats par exploitation souterraine dans certaines régions. Le recyclage du béton et d’autres matériaux de construction peut constituer une solution alternative et faire l’objet du développement d’une expertise en matière de gestion des matériaux dans l’industrie de la construction. Cette voie peut porter aussi sur le recyclage des vieux revêtements bitumineux, sous réserve que les spécifications techniques et les normes de contrôle de qualité soient respectées. C’est ce que nous essayons de développer sur la partie dédiée aux carrières au Maroc.