Les transporteurs routiers persistent et signent

Les transporteurs routiers de marchandises se remobilisent. Treize organisations professionnelles se sont regroupées sous la bannière «Confédération générale du transport routier» (qui n’a aucune existence juridique) pour faire entendre leurs voix.

Leur première action, demander des réunions avec les différents départements ministériels concernés tout en leur communiquant leurs doléances. Au moment où nous mettions sous presse, des correspondances étaient en cours de finalisation. Elles sont censées être adressées aux ministères de l’Équipement et du Transport, de l’Intérieur et de la Justice, notamment. Les professionnels réclament l’ouverture d’un dialogue pour trouver des solutions à «leurs multiples problèmes». À défaut, ils menacent d’observer des grèves générales.

Le souci majeur des professionnels est leur rentabilité, «en dégradation ces dernières années», voire la survie de certains d’entre eux. «Nous avons assisté dernièrement à la faillite de plusieurs transporteurs. Ce sont les plus petits, les mal-organisés ou sans assise financière suffisante qui sont les plus touchés», fait savoir Khalid Malih, président de la Coalition Jeunes transport et logistique. Un constat que partagent les représentants de plusieurs autres organismes membres de la Confédération générale du transport routier. Les professionnels pointent notamment du doigt l’accès à la profession «qui reste ouvert sans conditions particulières». Une donne qui, selon les transporteurs, est à la base d’un déséquilibre flagrant entre l’offre et la demande. Résultat, il est devenu monnaie courante de casser les prix pour décrocher des marchés. Pour notre interlocuteur, la solution est de réglementer la profession de transporteur routier de marchandises pour assurer un minimum de professionnalisme. En plus, ajoute-t-il, les autorisations sont délivrées par l’administration sans prendre en compte l’évolution de la demande. Khalid Malih souligne que «la rentabilité des transporteurs est aussi entamée par les pratiques de certaines entreprises publiques».

Le Code de la route est toujours source de problèmes, soutient le groupement. «Plus de deux ans après son entrée en vigueur, nous sommes toujours mal informés. Ses décrets d’application tardent à voir le jour. Même les notes explicatives du Code qui sont envoyées aux directions des forces de l’ordre, nous sommes les derniers à en connaître l’existence», dénonce Mohammed Mitali, président de l’Union des Fédérations nationales des conducteurs et des professionnels du transport. Des problèmes d’interprétation des articles du Code sont relevés par nos interlocuteurs. En outre, en cas d’accident, les chauffeurs se trouvent automatiquement en mauvaise posture même s’ils n’en sont pas responsables, assure Mohammed Mitali qui dit être en mesure de lister des dizaines d’exemples. Les transporteurs demandent, à cet effet, l’activation du comité mixte prévu par le Code et composé de représentants des ministères de la Justice, de l’Intérieur et du Transport.

Le nouveau groupement demande également la mise en place de gares routières pour les transporteurs de marchandises, à l’instar de celles dédiées aux transporteurs de voyageurs. À en croire Khalid Malih, il existe une seule gare du genre dans tout le pays, située à Mohammedia et destinée aux transporteurs de fuel. C’est quasiment le cas au port Tanger-Med où il existe un espace réservé aux camions. Dans le reste du Royaume, les transporteurs de marchandises affirment galérer pour stationner leurs véhicules. Ils se rabattent généralement sur les routes avoisinant les ports ou les quartiers des affaires. Toutefois, «vu le grand nombre des panneaux d’interdit, stationner est devenu un véritable casse-tête», s’indigne le président de la Coalition Jeunes transport et logistique. Que pense le ministère du Transport de ces doléances ? Contacté à plusieurs reprises, Mohamed Maghraoui, directeur du Transport routier et de la sécurité routière, est resté injoignable. Idem pour Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport-CGEM, qui ne fait pas partie des treize organisations professionnelles ayant rallié le groupement.

A.Safaa

Transport international :

Réévaluation du quota

Le quota du transport international Maroc, tant des voyageurs que des marchandises, est passé à 32.000 voyages par an entre le Maroc et la France au lieu de 18.000 voyages actuellement, a annoncé dans un communiqué le ministère de l’Equipement et du Transport.

Le Maroc et la France ont convenu récemment d’augmenter la part des autorisations du Maroc, qui sont passées de 12.000 à 17.000 pour les autorisations bilatérales valables pour un seul voyage, de 300 licences à 500 licences pour les licences annuelles valables pour plusieurs voyages, avec l’accroissement du nombre de voyages annuels par licence de 20 à 30 voyages, ce qui permettra aux transporteurs marocains d’effectuer 32.000 voyages annuels au lieu de 18.000 actuellement, sachant qu’un certain nombre de ces licences est utilisé pour le transit sur le territoire français, précise le communiqué.

Pour répondre aux demandes des opérations de transport international entre les deux pays au cours de la période de juin à décembre 2013, le Maroc a bénéficié de 4.000 autorisations bilatérales supplémentaires pour l’année 2013, ajoute la même source. Parmi les autres mesures convenues, figure la libéralisation du transport international entre les deux pays pour les camions dont le poids ne dépasse pas 5,3 tonnes, chose qui va permettre de réduire le rythme d’utilisation des autorisations bilatérales, ainsi que la création d’une commission mixte bilatérale pour examiner l’accord bilatéral Maroc-France qui remonte au 13 février 1974, similaire à celui signé avec l’Espagne, explique le ministère.

Il a également été convenu d’activer le travail du Comité multilatéral entre le Maroc, la France, l’Espagne, la Belgique et le Portugal pour étudier la possibilité d’unifier les règles et procédures du transport international de marchandises entre le Maroc et les pays concernés.

La réunion du Comité mixte Maroc-France sur le transport international routier des passagers et de marchandises s’est tenue, les 13 et 14 juin à Paris, au cours de laquelle l’accent a été mis sur les indicateurs positifs du développement des échanges entre le Maroc et l’Europe, en général, et entre le Maroc et la France, en particulier.

Durant l’année 2012, la flotte marocaine a épuisé dès fin novembre les quotas annuels qui lui sont alloués, amenant ainsi les autorités marocaines à engager des négociations avec leurs homologues françaises qui ont permis aux transporteurs marocains d’entrer sans autorisation sur le territoire français.

En 2013, les quotas annuels ont été épuisés dès le début du mois de juin. Selon le ministère de l’Equipement et du Transport, ces données traduisent l’évolution positive que connaît le secteur du transport international de marchandises par voie terrestre au Maroc, l’amélioration de la compétitivité de la flotte marocaine et l’évolution des investissements des transporteurs marocains dans ce domaine.

A.B