Province de Zagora

Le Modèle Régional

La province de Zagora reste géographiquement liée à oued Draâ, c’est la plus grande vallée du Maroc, qui par la réunion des Oueds Ouarzazate et Dadès dans l’Antiquité se retrouve aujourd’hui dans l’appellation Draâ. Ses eaux sont mêlées de ces deux Oueds, qui descendent du Haut Atlas et permettront, dans le seul sillage, de voir d’incroyables paysages tout au long de la vallée. C’est une vue bordée de palmeraies qui s’étend sur une longueur de 200 Km, fortifiée de super Ksour bâtis en pisé. Le fleuve continue dans un mince filet d’eau arrosant au passage une vraie Oasis ininterrompue mais étroite, présentant une verdure étrange en ce milieu pré-saharien, et il se perd dans les sables après le village de M’Hamid. Lors des grandes crues, comme se fut le cas récemment, le fleuve retrouve alors son ancien cours et ses eaux traversent le désert jusqu’à l’Atlantique pour rejoindre les environs de Tan Tan avant d’aller se jeter dans l’océan.
La province de Zagora , en dehors de sa vallée , renferme aussi une culture populaire riche qui s’étend à un certain nombre de domaines , allant de l’art culinaire à la poterie locale. Celle-ci laisse apparaître l’empreinte d’un artisanat constitué essentiellement de l’argile et du bois. C’est dans la localité de Tamegroute que s’entrecroisent des pratiques artisanales qui ne son pas des moindres. Tout cela est à l’appoint de l’administration locale qui se donne pour souci la valorisation de cette richesse. Elle en tient nommément compte du développement humain à travers une multitude de coopératives et ONG qui regroupent les différents acteurs potentiels de développement socioéconomique dans la région. Le tout se concrétise par la contribution de tout un chacun à la construction du futur. Il suffit donc d’avoir une vision et une discipline de s’organiser pour en arriver à la réalisation d’un modèle régional; et c’est dans ce cadre que notre dossier essaie de finaliser modestement par le présent dossier.

Zagora

La ville dans l’enseigne de Draâ

Dominée par la chaîne de l’Anti-Atlas, vieille formation paléozoïque d’altitude généralement modérée, la province de Zagora est située au Sud-est du Maroc sur le cours moyen de Draâ, s’étendant sur une superficie de 23.000 km² dont 58.700 ha de terre arable et 1.012.000 ha de parcours.

Les terrains géologiques de la province sont très anciens, c’est une zone traversée par Jbel Bani, qui constitue la limite ouest de la cuvette de Tazarine, un contournement en coude de la zone de Tamegroute vers Foum-Zguid. Cité caravanière, elle est dominée par Jbel Zagora, qui forme l’avant poste dominant
la route qui mène vers le grand erg saharien «Chegaga».
La variée topographique de la région est compartimentée en plusieurs unités (vallées, montagnes, plaines et plateaux désertiques). Ce compartimentage offre plusieurs opportunités pour exploiter et varier en complémentaire le milieu naturel. Tout au long de la vallée du Drâa moyen, qui s’étend sur 26.000 ha, un chapelet d’oasis expose une verdure mosaïque dans ce milieu pré-saharien. Sa mise en culture dépend largement des apports d’eau en provenance de l’extérieur. Les autres atouts topographiques de la région, montagnes, plaines et plateaux désertiques, sont exploités à des fins pastorales par les troupeaux sédentaires et nomades…
Son cadre climatique s’inscrit en général dans l’étage bioclimatique saharien. La pluviométrie moyenne annuelle est très faible qui diminue du nord au sud faisant 100mm à Agdez et 60mm à Zagora. Ce qui contraste une température généralement similaire à celle de Ouarzazate, bien chaud en été entre 38 et 45 degrés et froid en hiver, elle varie entre 1 et 7degrés. Laissant au soleil une large plage de temps sur presque toute l’année. Le vent Chergui reste le plus dominant dans cette région sec de nature. En deçà de son placement géographique, la province de Zagora a de quoi s’enorgueillir, elle s’étend sur un vaste espace logeant plusieurs sortes de palmiers et permettant à cette palmeraie d’occuper une place privilégiée en Afrique du nord. C’est une étendue de palmiers qui offre de multiples images restant ouvertes aux excursions et randonnées, permettant aux visiteurs la découverte des ksour et kasbahs dispersés aux abords de la palmeraie. Oued Drâa, bordant l’extrémité sud de la ville, forme une frontière naturelle aux cotés du village d’Amezrou, où était présente la communauté dans les années 1950, qui avait perfectionné le traitement de l’argent et le valoriser en bijouterie, ce qui a donné nom à la qualité du bijou dans la région de Zagora . C’est un artisanat qui se perpétue dans de petits ateliers dans la ville, occupant de nombreux espaces dans l’avenue Mohammed V où s’y déploient les magasins de vente des souvenirs reflétant l’aspect touristique de la province.
Pour revenir un peu en arrière, l’histoire de la région de Zagora remonte aux temps immémoriaux, son Oasis fut la base de départ des Almoravides, qui conquirent ensuite sijilmassa, puis le Souss, pour finalement fonder leur capitale à Marrakech. C’est ce que témoignent les gravures rupestres à Foum Chena et à Tazarine et la nécropole géante de Foum Larjam à lghir N’ tidri à M’hamid El Ghizlane.
Au début du (XIV ème) siècle, les Chorfas Saâdiens, venus du Moyen-Orient se sont installés à Tagmadart. Au (XVI ème) siècle, les Chorfas Saâdiens partirent à la conquête du Souss et du Nord du Maroc, avant de réaliser celle du pays du Soudan occidental par la célèbre route de Tombouctou. Cette grande expédition a assuré la prospérité commerciale et culturelle du Royaume. C’est de là que partirent les Sâadiens au (XVI ème) siècle. Elle fut de tout temps un centre caravanier, le point de départ des grands convois transahariens. Comme d’autres agglomérations du Sud, la ville moderne fut fondée par les Français, au temps du protectorat. C’est une grande bourgade administrative, calme et agréable, dont l’attrait principal est d’être «au bout de la route» et de permettre une première approche du désert. C’est la fin de la vallée du Drâa. Il y a peu à voir à Zagora même,mais beaucoup aux alentours.
Sous le règne de la Dynastie Alaouite, la région s’est vue accorder un intérêt particulier depuis sa libération par le grand Sultan Moulay Mohammed Ben Chérif au (XVIIème) siècle et plus particulièrement sous le règne du grand et célèbre Moulay Ismail. Son fils Chérif Ben Ismail se rendit à Aghlan de Béni Zoli, où il installa le siège de son autorité à la wilaya de Draâ Sijilmassa.
Le roi vaillant s’appuyait également sur la Zaoui Naciria pour la diffusion du savoir dans les pays africains limitrophes. Cette Zaouia est dotée d’une riche bibliothèque qui recèle de précieux ouvrages de théologie, d’histoire et de médecine où est conservé le plus ancien manuscrit daté du XIII ème siècle. Après la mort de Moualy Ismail en 1727, la région a connu des périodes d’instabilité mais resta toujours fidèle au Trône Alaouite.
Au (XX ème) siècle, après le protectorat, la région a renoué avec le développement engagé par la politique de Feu Hassan II et qui se poursuit aujourd’hui par S.M le Roi Mohammed VI.
Le nom de Zagora vient du berbère Tazagourt, dont le pluriel, Tizougar qui désigne les deux sommets voisins appelés en arabe Jbelaïn. De ce piton rocheux, a une fort belle vue sur la vallée du Drâa.

Témoignage

Une gouvernance à pied d’oeuvre

Le processus de décentralisation dans notre pays a connu un développement peu timide dans le domaine de la gestion régionale. Il est resté à la traine et ne peut atteindre les objectifs escomptés que si, parallèlement, est engagé un processus de déconcentration qui implique le transfert des attributions de l’administration centrale à ses délégués locaux. Partant de cette base, le rôle de la région élargie, englobant certes des collectivités locales, ira en grandissant dans la gestion des affaires locales, ce qui va renforcer son rôle de partenaire privilégié auprès des autres acteurs économiques et sociaux.

La Région élargie, aujourd’hui consacrée par la Constitution du Royaume, constitue un jalon essentiel dans la consolidation de la démocratie locale, un domaine fécond pour le développement économique et social et un vaste espace pour la réflexion et la planification, dans un cadre large et pour un avenir meilleur, dans la coopération et l’harmonie avec les autres entités territoriales, en tant qu’outil d’unification et facteur de cohésion. L’intérêt accordé à la connaissance du milieu urbain et de ses équipements collectifs suscite un intérêt croissant, en raison de l’urbanisation accélérée que connaît le pays, et de son effet sur les équipements et les dysfonctionnements liés à la répartition des infrastructures. Pour résorber ce déséquilibre et assurer la satisfaction des besoins, le développement
d’un réseau d’équipements collectifs appropriés s’impose. Tant que ce déséquilibre persiste, le problème de la marginalisation sociale, qui s’intensifie avec le chômage et la pauvreté va continuer à se poser.
La politique des équipements collectifs doit donc occuper une place centrale dans la stratégie de développement, particulièrement dans le cadre de l’aménagement du territoire. La distribution spatiale de la population et par conséquent des activités économiques, est certes liée aux conditions naturelles, difficiles à modifier. Néanmoins, l’aménagement de l’espace par le biais d’une politique active peut constituer un outil efficace pour mettre en place des conditions favorables à la réduction des disparités. Cette politique requiert des informations fiables à un niveau fin sur l’espace à aménager. Et partant de cette donne, l’exemple de la province de Zagora dans le domaine de la nouvelle gouvernance fait des émules. Province aux étendues territoriales vaste, elle est un peu plus grande que celle de sa consoeur Ouarzazate. (Voir encadré) Sur le plan institutionnel, la région souffre de manque de certaines administrations locales, et de services, en particulier la Santé. Il y va aussi d’une infrastructure trop faible, surtout sur le plan routier, de transport et de télécommunication. Il faut dire que la région de Zagora manque d’opportunités par son faible accès aux nouvelles technologies ce qui exclu toute tentative d’embauche aux demandeurs d’emploi.
Sur le plan socio-culturel, la population, composée de plusieurs ethnies, est quasi pauvre. La diversité ethnique, le partage des terres agricoles tribales (entre individus et douars), le système d’irrigation complexe (droit privé de l’eau) la répartition des eaux agricoles (…) suscitent souvent des conflits entre les tribus (et entre clans dans la même tribu). En outre, l’impact des actions entreprises, tel qu’il est perçu par la population, peut entraîner des réticences. Cependant, ces inconvénients peuvent être contrebalancés par la coopération et la collaboration manifestées par la population de la région. Enfin, l’organisation en ces termes de coopérations et d’association intervient avec plus d’efficacité que l’administration locale qui est généralement saisie pour apporter sa contribution en mettant à leur disposition un appui technique et logistique, aux différents acteurs locaux, le matériel dont dispose. De par cette approche, la population participe et soutient souvent les activités et n’hésite pas à exprimer sa satisfaction quant aux prestations réalisées.

Découpage administratif dans la province de Zagora

Zagora est une province qui s’étend sur une superficie de 23 000 Km² dont 33100 ha de SAU et 2129650 ha de parcours. Elle comprend: deux Pachaliks : de Zagora et d’Agdez ; 2 Cercles : de Zagora et d’Agdez et 7 Caïdats : Tinzouline, Tamegroute, Tagounite, M’hamid, Tamezmoute, et Tazarine,N’kob. -2 Communes Urbaines : Zagora et Agdez -23 Communes Rurales : Ternata, Errouha, Bleida, Beni Zoli Taftechna, Bouzeroual, Tinzouline, Tamegroute, Fezouata M’hamid El Ghizlane, Tagounite ,Afla N’dra, Tansifte , Mezguita Tamezmoute, Afra, Oulad yahya lagrair La Province de Zagora s’étend sur une superficie de 23 000 Km² dont 33100 ha de SAU et 2129650 ha de parcours.

Région de Safi

De fortes potentialités de développement économique

S’orientant vers l’Océan Atlantique, la zone urbaine de la ville de Safi se forme autour de l’embouchure de l’Oued Chaabâ à environ 250 Km au Sud de Casablanca, 250 Km d’Agadir et 150 Km à l’Ouest de Marrakech. C’est l’une des plus anciennes grandes villes du Royaume, elle est aussi le deuxième pôle industriel du pays avec un territoire très accidenté et de fortes dénivellations en fonction desquelles s’est développée, ce qui explique son caractère «éclatée».
La zone industrielle et les conserveries occupent le niveau moyen de 25m, tandis que le complexe chimique de l’OCP occupe le niveau moyen de 15m. La zone centrale qui comprend les quartiers résidentiels est un vaste plateau au relief relativement régulier,il varie entre 50 et 70m – Safi se caractérise donc par un climat semi-aride, chaud en été et humide en hiver. Elle connaît une pluviométrie moyenne annuelle estimée à 405 mm, avec des écarts importants selon les années.

Avec un taux annuel de croissance qui est bien inférieur à ce qu’il fut au cours des années 50, l’extraordinaire expansion industrielle est mise en circuit par l’effet de conserveries devenues aussi un débouché pour les phosphates de Youssoufia- Le complexe des phosphates est depuis venu occupé une bande de 2 Km sur le littoral, à l’extrémité sud de la ville, une implantation qui allait se traduire négativement sur le sort de la pêche par les installations de Maroc-Chimie I, une première phase – Animée en cela par l’effort de décentralisation et d’industrialisation régionale qui se poursuivait par le doublement de la capacité de transformation avec Maroc-Chimie II (1976) et la mise en service d’un second centre de transformation, c’est Maroc Phosphore I (1976) et Maroc-phosphore II (1981). Ces usines transforment en acide phosphorique et en fertilisants le phosphate brut extrait de gisements de Youssoufia, la plus importante exploitation minière de la Province,- D’où la répartition de la population et des ménages en trois communes urbaines:
? commune Safi-Boudheb,
? commune Safi-Zaouia
? et commune Safi-Biada qui constitue
dans sa majorité une zone résidentielle, et la moyenne la plus élevée en habitation, estimée à 5,7% suivie par Safi-Zaouia,une zone industrielle des phosphates estimée à 5,2%puis Safi-Boudheb, connue par les conserveries, représentant une taille moyenne de 4,9 personnes par famille.
La population de chaque commune est estimée par le ministère de tutelle comme population totale de la communauté urbaine de Safi en 2010 à 379.293 habitants augmentant un peu près de 120.000 personnes par rapport à la population de 1994.
Safi est une ville industrielle avant tout, attestée par le nombre d’emplois, l’un des plus élevés dans le secteur secondaire que dans le tertiaire. Sa vocation industrielle s’est dessinée dans les années 60, une économie qui s’appuie essentiellement sur plusieurs activités industrielles:
– industrie manufacturière, chimique, conserverie, textile et artisanat qui compte actuellement 160 entreprises ou unités de transformation. Elle en fournit 25,6% des emplois, proportion élevée par rapport à la moyenne au Maroc dont 24,2% urbaine. L’importance des emplois dans la pêche est particulière à côté de l’agriculture, soit la mobilisation de quelque 10,4% de la main-d’oeuvre totale contre 5,2% pour le Maroc urbain, à peu près le double de la moyenne nationale urbaine.
Les principaux secteurs industriels sont, en dehors des gisements de phosphates, les gisements de gypse qui offrent le meilleur potentiel de développement, avec des réserves dépassant 5 milliards de tonnes pour la seule région de Safi. D’autant plus que ceux-ci ont l’avantage d’être situés près du port et du complexe industriel de la ville.
– industrie des conserveries est le secteur de l’agroalimentaire essentiellement représenté par l’industrie de la conserve. Les usines actuellement en activité dans la province sont au nombre de 19 unités, qui trainent en moyenne 1000 tonnes/jour et emploient une main d’oeuvre évaluée à environ 11.000 ouvriers dont 750 permanents et 10.250 saisonniers. Parmi les usines, une unité opère dans le secteur de la congélation, elle est située en dehors du port. La capacité de stockage pourra s’étendre jusqu’à 1000 tonnes de poisson.
Aujourd’hui, trois unités industrielles opèrent dans le secteur des sous-produits (farine de poisson ou Guano). La production annuelle, connaît depuis quelques années déjà des périodes de vaches maigres, en raison des pénuries relevées au niveau de la matière première.
Les ateliers exerçant dans l’emballage et l’exportation du poisson frais sont au nombre de cinq unités. Actuellement, ces ateliers opèrent à faible régime du fait que leur activité est conditionnée par la disponibilité des produits poissonniers. La maind’oeuvre employée par ces unités est de 70 ouvriers dont 28 sont quasi-permanents.
La province de Safi compte actuellement une seule usine de salaison (anchois).
Sa capacité peut atteindre 12 tonnes/jour. Cette unité n’est pas agréée et fonctionne à mi-temps.
Nombreux sont les obstacles au développement de l’industrie qui constituent un handicap majeur, d’investissement, et compromettent quelque peu l’avenir industriel dans la région. La situation de la production industrielle s’est établie en 1995 à 6,846 millions de DH contre 5,857 millions de DH en 1994, soit une progression de 17%. Cette croissance est due à la dynamique qu’a connu le secteur agroalimentaire (+2%), les industries chimiques et parachimiques (+16%), le secteur textile et cuir (+18%) et le secteur des industries mécaniques et métallurgiques (+115%).
Le secteur agroalimentaire occupe la deuxième position avec 14,3% de la production totale, le nombre d’établissements du secteur est de 57 dont 19 unités de conserves de poissons, légumes et fruits soit 70% de l’ensemble de la production.
Le secteur des industries mécaniques et métallurgiques vient en dernière position avec 0,3% de la production et emploie seulement 206 personnes. L’effectif total employé dans l’industrie est de 14.241, (7741 permanents et 6500 saisonniers).
En ce qui concerne la création de richesse, la province de Safi se situe en troisième position à l’échelle nationale et la première dans la région de Tensift. Le secteur de la pêche, a toujours été une activité majeure à Safi, étroitement liée à l’activité portuaire. Ses produits sont essentiellement la sardine, le maquereau, les thonidés et l’anchois. La population maritime active compte plus de 12.000 marins répartis suivant le genre de navigation pratiquée par la pêche à la palangre avec 2.021 marins, la pêche au chalut avec 1.540 marins, la pêche à la senne avec 3.012 marins, la pêche hauturière avec 830 marins et la pêche au trémail avec 3.792 marins dont la flotte de pêche immatriculée à la Délégation des Affaires Maritimes de Safi (DAM) se compose de 112 sardiniers, 91 chalutiers, 213 palangriers et 1264 canots de pêche. Le déplacement des bancs de sardines vers le sud, phénomène qui a causé la fermeture des pêcheries à Casablanca à Mohammédia et qui atteindrait aujourd’hui Safi, est l’hypothèse la plus souvent avancée pour tenter d’expliquer cette diminution imposée par la dégradation du milieu marin qu’aurait entraîné le déversement dans l’océan des rejets municipaux et industriels.
Le port de Safi est implanté au fond d’une baie dominée par de hautes falaises offrant un abri sûr aux navires contre les vents. Sa situation géographique privilégiée lui offre une vocation industrielle et minéralière, lui permettant d’occuper le deuxième rang après Jorf Lasfar en ce qui concerne l’exportation des produits dérivés des phosphates. Il bénéficie d’une zone maritime poissonneuse, d’un hinterland riche en minerais de phosphates, gypse, barytine, manganèse, etc…, d’un complexe chimique et d’une forte implantation d’industries de conserves. Le trafic maritime moyen réalisé par le port de Safi se situe aux alentours de 4 millions de tonnes de marchandises, toutes catégories confondues. Les principales marchandises importées et déchargées au port de Safi sont le soufre en vrac, les céréales, l’ammoniac, la potasse en vrac, l’urée en sac, les sulfates de potasse, l’amonitrate, les sulfates d’ammoniac et le papier Kraft.
Une infrastructure qui se caractérise par la jetée principale de 1817 ml, la jetée transversale de 400 ml d’une longueur totale desquais 2390 ml, une cale de Halage 6450 m2 et un chantier naval de 11600 m2.
Ce dernier comprend 7 ateliers de réparations navales sur une superficie de 11.600 m2, employant une main d’oeuvre de l’ordre de 98 employés. Leurs activités ne s’arrêtent pas uniquement à la construction et la réparation des bateaux en bois mais elle s’est diversifiée dernièrement par la création d’un chantier naval spécialisé dans la construction des bateaux en acier.
Les marchandises transitant par le port sont destinées à l’exportation dont l’acide phosphorique, les phosphates en vrac, le TSP en vrac et en sac, le MAP en vrac, l’urée en sac, le gypse concassé et en ruche, la barytine en vrac et en B.B., le manganèse en vrac et conditionné, le caroube et le plâtre.
D’autre part l’artisanat est considéré incontestablement comme l’un des paramètres vitaux du développement économique et social de la ville. Il occupe le troisième rang après l’industrie et la pêche. Englobant environ 32.600 artisans à travers toute la province. La poterie représente l’activité artisanale la plus importante et constitue un patrimoine culturel et touristique pour la ville. Elle emploie près de 2000 personnes de façon permanente et un grand nombre de saisonniers.
Toutefois, le développement touristique fait partie des priorités de la ville, et un important projet d’aménagement touristique vise, entre autres, l’aménagement de la plage de Safi, du front de mer de son centre-ville et de la falaise Sidi Bouzid, ainsi que la mise en valeur des nombreux monuments et vestiges qui témoignent de son glorieux et mouvementé passé. Cependant,la compromission de la pollution du milieu marin et de tout le littoral de Safii, causé par les rejets massifs des eaux usées municipales et industrielles, entrave toute action allant dans le sens d’un véritable développement touristique, en vue de le transformer en tourisme de séjour au lieu de passage.
Il est possible de développer le tourisme de croisière dont il faudrait aménager les structures d’accueil par la mise au point d’un quai de débarquement réservé exclusivement aux bateaux de croisière et de plaisance. Il serait souhaitable que cette structure d’accueil soit à l’abri des poussières occasionnées par l’activité commerciale du port (Phosphates et minerais). Il convient de signaler que l’existence de sites spéléologiques et archéologiques (entre le cap Beddouza et Oualidia) permettrait le développement d’un tourisme écologique.
La chasse constitue également un attrait de la région, fort giboyeuse. Parmi le gibier rencontré, on peut citer le lièvre, la caille, le bécassine, la grue et cendrée. En plus de ce potentiel, il y a lieu de signaler la réserve royale de la gazelle de Sidi Chiker, etc. Les paramètres spatiaux déterminants dans le développement de la ville sont le relief accidenté marqué par de fortes pentes, la présence d’oueds et la nature du sol particulièrement rocheuse dans les parties nord et sud de la ville, à l’ouest la limite est définie par la mer et le rayonnement autour de l’ancienne Médina.

Synthèse Energie et Mines

Safi – El Jadida

Une région à l’aune de son développement

Afin de résoudre le problème lié à la proximité et au développement durable, entre autres économique et social des grandes villes, l’Etat a, au début des années quatre-vingt, subdivisé l’espace urbain en plusieurs provinces et depuis en seize régions. C’est dans le souci d’une coordination administrative, assurée par la wilaya, que le découpage a manifesté une politique de régions restée limitée aux seuls motifs de représentations électorales, loin de toute vision de développement économique et humain. Structure qui touche aujourd’hui au terme de son expérience, laissant à une autre forme de gouvernance le soin de se lancer, en se collant à la nouvelle donne politique et sociale que connaît le Maroc nouveau. C’est dans cet esprit que notre enquête, peu sommaire sur les deux provinces de Safi et El Jadida, compte tenu aussi des chevauchements qu’elles allaient connaître dans l’avenir. Soit, c’est la région de Casablanca – Settat qui est appelée absorber El Jadida et celle de Marrakech – Safi qui en fera avec cette dernière. A cet égard, nous nous sommes rétrécis à ne pas dépasser le cadre actuel des deux provinces, et attendre que la nouvelle donne soit réalisée. Mais en se faisant, nous vous livrons dans l’état actuel des choses quelques aspects tendant à l’amélioration socio-économique des deux provinces sus-citées.

A bâton rompu avec M. Lahsen Azizi, D.G de Watt-Elec

Fluctuations à moyenne tension.

Le Watt-Elec, une entreprise qui se fait au courant des travaux électriques, à choisi sa dimension. C’est une entreprise qui se lance dans la fabrication du matériel électrique et qui par son dynamisme se fait une place dans la cour des grands. C’est avec le crédit d’un personnel qualifié et compétant, et à leur tête M. Lahsen Azizi que l’entreprise mérite qu’on parle d’elle. Entretien

Parlez-nous de votre expérience avec la société Watt-Elec ?
J’ai débuté avec une petite équipe en contractant un crédit jeune promoteur, et j’ai commencé par des petits travaux d’installations électriques. Puis avec le sérieux, l’ambition et la qualité de nos prestations nous avons acquis une image dans le marché et la confiance de nos clients, ce qui nous a permis de décrocher des projets plus importants, au fur et à mesure que la société s’accroît. Nous avons même pu encourager des collaborateurs à se lancer pour leur propre compte dans le même créneaux.

Qu’en est-il des ressources humaines de la société ?
L’élément humain dans notre activité constitue la pierre angulaire de notre activité. La société compte actuellement plus de 120 personnes, formés d’ingénieurs, de cadres et techniciens spécialisés dans toutes les branches, à savoir la basse tension, moyenne tension, les groupes de secours électrogène et l’automatisme. Nous assurons aussi, en partenariat avec l’OFPPT, la formation de jeunes techniciens aux métiers de l’électricité.

Comment se distingue Watt-Elec par rapport aux autres installateurs ?
Depuis quelques années, nous avons pu diversifier notre champs d’actions vers les métiers d’ingénierie courant faible, à savoir le câblage téléphonique et informatique, la détection d’incendie, la télé-distribution, la sonorisation, la vidéo-surveillance et le contrôle d’accès. Et c’est grâce aux compétences locales formées et encadrées sur les normes marocaines et étrangères que nous avions pu délivrer un service à la hauteur des cahiers des charges de nos clients.

Quels sont vos champs d’interventions et vos projets en cours?
Plus de 60% de notre chiffre d’affaire est réalisé avec l’hôtellerie, le reste est répartie entre le résidentiel et l’industriel. Actuellement nous sommes sur de grands chantiers comme le cas des hôtels Sofitel Rabat, Kenzi Menara Palace Marrakech, Solazur Tanger, Casablanca Plaza. Et aussi dans plusieurs projets résidentiels notamment à Marrakech, Dar Bouaza, Tanger et Mohammadia.

La récession que connaît le secteur de l’immobilier a-t-il touché votre activité ?
La crise mondiale n’a pas affecté notre activité. Certes, le secteur touristique connait un ralentissement, mais la reprise ne tardera pas à se déclencher, que seules les sociétés qui ont continué à exercer avec le même rythme et cadence pourront répondre aux exigences rigoureuses des maîtres d’ouvrages.

Quelles sont vos attentes des pouvoirs publics ?
Nous aimons avoir une garantie de paiement, et avoir un sérieux accompagnement des banques… Cotés marchés et appels d’offres, il faut réduire les cautions et les garanties qui sont trop élevées, voire même les annulées pour les sociétés sérieuses qui ont un solide cahier de références.

Quels sont vos prochains plans de développement ?
Nous allons lancer prochainement une unité industrielle de fabrication de matériels électriques pour répondre aux besoins spécifiques des clients, être indépendant des fluctuations des prix du marché international, avoir un stock de sécurité pour satisfaire les demandes en matériels pour nos projets, mais aussi pour répondre aux besoins du marché local qui ne cesse de s’élargir et s’agrandir.