L’age d’or des pôrts au Maroc

Najib CHERFAOUI sur Atlantic Radio pour parler du centenaire des ports de Casablanca et Mohamedia

1913-1962 l’age d’or des pôrts au Maroc, quelques unes des premières inventions scientifiques et techniques au monde, crées et conçues à Casablanca :

– Calcul résistance à la vague
– Tetrapod
– Conteneur
– Radio Phare

Source : http://maritimenews.ma/index.php/videos/video/latest/najib-cherfaoui-sur-atlantic-radio-pour-parler-du-centenaire-des-ports-de-casablanca-et-mohamed

Interview avec M. Mohamed Foutouhi, DG de la RADEES

Les eaux usées traitées, une aubaine pour l’agriculture

La question de la gestion de l’eau et de l’électricité dans la province de Safi acquiert une importance vitale pour la population locale. Il s’agit en fait de faire porter sa dimension régionale à son niveau de croisière pour y parvenir à réaliser l’une des priorités, comme l’assainissement liquide et autres, qui préoccupent en premier l’opinion publique dans la région et aussi la Régie. C’est donc l’une des priorités qui figurent sur le calendrier de travaux à réaliser. Et c’est en faisant foi de cet ensemble de composants d’infrastructure que le directeur général de la RADEES a bien voulu s’ouvrir à notre support et répondre modestement à nos questions.

Énergie & Mines magazine : Avec la nouvelle charte nationale sur l’environnement, comment la RADEES agit-elle dans l’économie d’eau et d’énergie ? Et quels sont les chantiers lancés dans ce cadre ?
Mohamed Foutouhi : Conscients de l’importance cruciale de la question de la gestion
de l’eau et de l’intérêt stratégique de la préservation des ressources actuelles, les services de la RADEES cherchent actuellement des solutions alternatives permettant de pérenniser et diversifier les ressources d’approvisionnement en eau. Pour ce qui concerne le secteur d’assainissement liquide, la RADEES a lancé une étude de faisabilité de la réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles, industrielles, ou à l’arrosage des espaces verts de la ville.
Dans ce sens, la réutilisation des eaux usées traitées par une station d’épuration pourrait représenter une source de diversification pouvant jouer un rôle majeur au vu de l’ampleur des volumes que cette station permettra de traiter (environ 16 millions de m3/an à l’horizon 2045)
La RADEES privilégie le recours à des travaux souterrains avec des profondeurs importantes et des coûts d’investissement par conséquent considérables, plutôt que le recours aux stations de relevage pour plus d’économie d’énergie, et ce pour les zones présentant des points bas.

Quelles sont les retombées de la station d’épuration des eaux usées ?
La protection de l’environnement par l’élimination des rejets directs des eaux usées qui déversent directement sur le littoral, la possibilité du recours à la réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles, industrielles ou pour l’arrosage des espaces verts, la mobilisation de ressources en eau aux fins de réutilisation pour arrosage des espaces verts et en agriculture, contribuant ainsi à l’économie d’eau.

Les principaux axes du schéma directeur ?
L’amélioration des conditions sanitaires de la ville par l’organisation du service de l’assainissement
liquide au sein de la RADEES et la mise en place des moyens humains et matériels nécessaires à son bon fonctionnement, la réhabilitation du réseau et l’élimination des points noirs (total d’environ 22 Km pour la tranche prioritaire), l’extension du réseau dans les quartiers non assainis et les zones en perspective de développement urbain (total d’environ 12Km pour la tranche prioritaire), l’abattement de la pollution du milieu récepteur par l’élimination des sept exutoires qui déversent directement dans la mer et la mise en place d’une station d’épuration en vue d’une réutilisation éventuelle.

Les travaux d’infrastructures programmés par la RADEES : 400 millions DH en première tranche ?
Safi, dont le coût s’élève à environ 400 millions de DH fiancé par la BEI, PNA et la RADEES, cette dernière a programmé dans le cadre de son plan d’investissement les travaux suivants à savoir:
L’exercice 2010 : le renforcement du collecteur Flongeant le boulevard Hassan II, présentant une insuffisance hydraulique, les travaux consistent en un dédoublement du collecteur existant par un collecteur d’un diamètre de 2.800mm sur une longueur d’environ 2km avec 1km de travaux souterrains, pour une enveloppe budgétaire de 58.5 millions Dh/ttc, la réalisation d’un intercepteur qui va drainer les eaux de la zone nord, actuellement non assainie sur un linéaire d’environ 4km pour un budget d’environ 20 millions Dh/ttc et le remplacement du collecteur longeant le boulevard My Youssef, dont l’état est détérioré. Le montant de ce remplacement est d’environ 12.5 millions Dh/ttc.
L’exercice 2011 : les travaux de réalisation de deux stations de relevage avec leurs conduites de refoulement. Aussi les travaux de réalisation de l’intercepteur le long du littoral qui va permettre de supprimer tous les rejets direct de la ville, ainsi que les travaux de remplacement de certains tronçons présentant de faibles pentes, ou de cassures afin de remédier à certains points noirs du réseau.
L’exercice 2012-2013 : les travaux de réalisation de la STEP (primaire); et la tranche de réalisation de l’émissaire marin.

Interviewé par M. Moudarir

Abdellah Bakrim, président du CRT Doukkala-Abda

Une région en passe de devenir une mégapole touristique

Le potentiel économique de la région d’El Jadida ne se distingue nullement par son avancée agricole mais par ses potentialités industrielles et touristiques. Et c’est ça qui la fait généralement aligner sur le secteur primaire ignorant par ce fait ses capacités touristiques. Ces capacités qu’on ne veuille réveiller que durant les courtes saisons estivales d’été. Loin restent ses atouts qui regorgent de sites historiques et pittoresques. Et c’est dans cette optique que M. Abdellah Bakrim nous a livré coeur ouvert son opinion dont ci acte.

Energie et Mine magazine: Parlez-nous des potentialités touristiques de la région Doukkala/Abda ?
Abdellah Bakrim : La décennie 2010 serait- elle le signe de la régionalisation. Ou un challenge d’avenir stratégique pour le Maroc, d’ailleurs dans le discours Royal du 20 août 2010, S.M. le Roi Mohammed VI avait consacré ses orientations sur le projet d’une régionalisation avancée, un chantier qui mènera le Maroc vers la voie de la modernité. Il s’agit donc d’une dynamique où la région Doukkala-Abda doit s’inscrire en véritable pôle de compétence et moteur de croissance, pour participer au développement du tourisme national en exploitant le génie local et les potentialités touristiques de la région.
La région «Doukkala-Abda» est en passe de devenir une mégapole touristique, véritable carrefour de 3 pôles régionaux (Casablanca, Marrakech et Agadir) avec une façade maritime de 300 Km. «Doukkala-Abda» se positionne dès aujourd’hui comme une région importante dans l’avenir économique du pays, sa contribution au PIB national est d’ailleurs en constante évolution.
La région Doukala-Abda offre de longues plages au sable fin, aux amateurs de stations balnéaires, dont plusieurs portent déjà le label prestigieux «Pavillon bleu», et des stations d’ostréiculture à El Oualidia, pour les amateurs de sports extrêmes, la région est d’une grande richesse, elle abrite en
effet la fameuse 7ème vague du monde dans un site d’une très grande beauté dénommée «ras-lafâa» à Safi et sur lequel de grandes marques comme «quiksilver», ou «billlabon» ont organisé des compétitions mondiales de surf, et des grottes qui feront sans aucun doute le bonheur des amateurs de spéléologie.
La région Doukkala-Abda c’est aussi des monuments portugais datant de plus de cinq siècles, une des plus anciennes mosquées du Royaume, des fauconniers, des manifestations équestres traditionnelles (fantasia), la réserve royale de la gazelle, Sidi Shiker, lac Zima et ses flammons roses, le Mosolée Ouled Ben Zmirou, la Kasbah Hmidouche, la Kasbah de Boulaouane, le musée nationale de la céramique, des Tazotas…
et plusieurs sites uniques offrant des émotions particulières.

Est-ce que la capacité de l’infrastructure hôtelière actuelle peut répondre aux besoins croissants des flux des touristes vers cette région ?
La première chose à faire serait sûrement de renforcer et faire interpeler davantage les associations
des différents métiers du tourisme à savoir l’Association de l’industrie hôtelière de la région, des restaurateurs, des transporteurs touristiques, des guides et des agences de voyages et mettre en place une philosophie de dialogue et de concertation, en vue de se structurer pour défendre au mieux les intérêts de la région.
L’objectif, est de développer toute la région Doukala-Abda, que ce soit en tourisme balnéaire, culturel ou rural, à cet égard, il faut noter que de plus en plus de T.O s’intéressent à la région et ce n’est pas pour rien que «Mazagan Beach resort», l’une des plus belles stations du plan azur, s’y est installée sans oublier le projet CMKD destiné au tourisme interne dans le cadre du plan «Biladi»
La proximité de la région «Doukala-Abda» d’Essaouira et de Marrakech permettrait de développer une stratégie qui faisant bénéficier des millions de touristes, ces perspectives restent toutefois tributaires du désenclavement de la région à savoir la réhabilitation de la liaison routière Safi/Marrakech, en très mauvais état aujourd’hui, et de la programmation d’un aéroport dans la région.

Sachant que toutes ces potentialités exceptionnelles dont regorge la région, comment les autorités locales de la ville perçoivent-eiles la création d’un festival culturel, à l’image de celui de Rabat, Marrakech ou Casablanca, pour attirer plus de touristes nationaux et internationaux ?
En effet, le tourisme est un créneau à la fois rentable sur le plan économique et générateur d’emplois sur le plan social, c’est aussi un levier de développement important par ses effets directs sur les autres activités économiques: restauration, commerce, artisanat, animation, transport…
Il est donc impératif qu’on mette en place une stratégie innovante, réaliste et diversifiée afin qu’on puisse bénéficier de ces retombées sur l’ensemble des secteurs liées au tourisme, d’autant plus que le tourisme a toutes les chances de développements dans la région «Doukala-Abda», vue ses ressources naturelles et son riche potentiel touristique.

Quels sont les facteurs clés qui peuvent booster le tourisme dans la région ?
Pour conclure, la région dispose des atouts et des potentialités nécessaires pour devenir un pôle d’attraction de grande envergure, tant pour les touristes nationaux et étrangers grâce à la beauté de sa mer et ses plages, à la richesse de sa culture et son historie et au dynamisme de ses professionnels sans oublier la courtoisie et l’hospitalité de ses habitants…
Les limites enregistrés dans la décade 2010 :
– peu d’attention au tourisme interne et aux MRE par rapport aux étrangers ;
– attaquer le secteur informel menant une concurrence déloyale contre les hôteliers ;
– on dépend beaucoup du marché traditionnel (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Italie et Belgique), il faut se tourner davantage vers les pays émergents (la Russie, la Pologne et la Chine…) ;
– on n’a pu ouvrir que 2 stations du plan azur (retard d’exécution) ;
– la formation dans les instituts touristique ne répond pas à la qualité voulue alors que le Maroc dans le cadre de son plan principal qui est le plan azur visant une clientèle de luxe habituée aux services aux standards internationaux,
– le tourisme rural est sous-développé dans l’oubli que 50% de la population marocaine est rurale ;
– la stratégie 2010 s’est focalisée sur certaines régions déterminées, ce qui a causé un déséquilibre de développement touristique au niveau du territoire marocain ;
– la stratégie 2010 n’a pas pu inscrire le tourisme durable dans ces priorités au niveau du social, culturel et surtout écologique, et les spécificités de la région doivent être prises en compte, en premier avant la détermination du produit correspondant, (le découpage territorial doit se faire en produit et non en décision administrative).
Les défis de la vision 2020 :
– être réaliste ;
– un développement durable et responsable;
– une qualité au niveau de toute la chainede valeur touristique (la formation de qualité);
– la fidélisation du marché coeur et l’attaquedes marchés émergents ;
– un transport aérien à généraliser dans lesrégions ;
– regrouper les fonds d’investissement pour qu’ils soient plus attractifs, aucune banque à Safi ne connaît le fonds «Renovotel» ;
– le problème de collaboration entre institutions publiques spécialisées et le privé ;
– le tourisme comme outil essentiel de promotion;
– le développement du tourisme interne ;
– un découpage pertinent du territoire en termes de produits ;
– encourager l’investissement touristique en général et hôtelier en particulier ;
– prendre les nouvelles tendances internationales à savoir : 60% des réservations se font via le net.

Est-ce que le département de tutelle, d’un côté, et les tour-opérateurs de l’autre, vous accompagnent dans votre vision pour le développement du secteur dans la région ? Et quelles seraient vos attentes les plus urgentes ?
La baisse des circuits longs, au profit des séjours d’une semaine ,qui pousse le touriste à passer moins de temps sur le territoire marocain d’où la nécessité de la vision 2020 à s’intéresser à l’ensemble des régions du Maroc et non pas seulement Marrakech et Agadir. Les touristes décident tardivement leur voyage (formule last minute avec des prix compétitifs), Même les longs courriers commencent à baisser leurs prix; ce qui augmente le nombre des concurrents du Maroc.
Ainsi, grâce aux low-cost le touriste dispatche ses vacances en plusieurs petits séjours, en fin il ne faut pas perdre de l’oeil les principaux concurrents : la Turquie, la Tunisie et l’Égypte.
Pour la Turquie, la consolidation des rapports entre l’autorité de tutelle et le privé (TO hôteliers. Agents de voyages, associations professionnelles…). En encourageant encore plus le tourisme domestique pour les pays voisins (les pays du Moyen-Orient par exemple).
En ce qui concert l’Égypte : 11 milliards en 2007 à 14 milliards en 2009 (la meilleure performance du pourtour de la Méditerranée, augmentation de presque 30%). Ils ont bien sûr diversifier leur clientèle (Europe de l’est, Moyen-Orient), ils visent une clientèle moyen gamme ce qui leur a été très avantageux en cette période de crise.
La Tunisie : en cette période de crise, ils ont augmenté leur budget de promotion et de communication surtout vis-à-vis de l’Europe (éductour, voyage de presse, road show et workshops). Ils ont aussi investit beaucoup dans la préservation des sites historiques car cela va assurer nécessairement un retour d’investissement alors qu’à Safi il nous faut des fonds pour éviter la chute du château de mer, ils ont aussi intensifié le développement du tourisme, du golf et la mise à niveau des hôtels.

Propos recueillis par M.Moudarir

Interview avec M. Hamid Benazouz, DG de l’ONSSA

La salubrité alimentaire est notre devoir

Le contrôle des produits alimentaires destinés à la consommation passe pratiquement par la mise en équation d’un service chargé d’assurer la sécurité sanitaire des aliments. Il se concrétise par son action dans le circuit et les échanges commerciaux y compris les produits de la pêche. C’est donc par l’autorité de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), relevant du ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, que la compétitivité des produits agricoles et maritimes rentre en jeu.
Considérant sa mission dans la protection du consommateur, nous avons estimé prendre acte avec son directeur général M. Hamid Benazouz.

Énergie et Mines: Qu’elles sont au juste les prérogatives de cet établissement ?
L’ONSSA comme vous l’avez précisé est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière.
Il est placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime et exerce, pour le compte de l’État, les attributions relatives à la protection de la santé du consommateur et à la préservation de la santé des animaux et des végétaux.
A cet effet, l’Office exerce conformément à la législation et à la réglementation en vigueur les missions suivantes : assurer la surveillance et la protection sanitaire du patrimoine végétal et animal au niveau national et aux frontières, assurer la sécurité sanitaire des produits alimentaires depuis les matières premières jusqu’au consommateur final, y compris les produits de la pêche et les aliments pour animaux, homologuer et contrôler les intrants agricoles (semences, pesticides, engrais) et les médicaments vétérinaires et appliquer les législations et réglementations relatives à la police sanitaire vétérinaire et phytosanitaire.
Créé suite à une restructuration du département de l’Agriculture, l’ONSSA se veut un dispositif institutionnel qui vise à asseoir un système efficace et efficient de contrôle des produits alimentaires dans notre pays.
Sa création est venue pour concrétiser une des orientations stratégiques du Plan «Maroc Vert», visant l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des produits agricoles et agroalimentaires. Par ailleurs, l’ONSSA est l’autorité nationale chargée de négociations en matière sanitaire et phytosanitaire pour faciliter les échanges commerciaux des animaux, végétaux, produits animaux et végétaux et aliments pour animaux et des relations techniques avec les organisations internationales spécialisées : l’Organisation mondiale de la santé, Le Codex Alimentarius, la convention internationale de la santé végétale. A cet effet, les missions dévolues aux anciennes directions (Direction de l’élevage-Services-vétérinaires et Direction de la protection des végétaux des contrôles techniques et de la répression des fraudes) en matière sanitaire et phytosanitaire qui sont transférées à l’ONSSA.

La direction régionale de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a récemment organisé à Casablanca un séminaire pour information et sensibilisation placé sous le thème «La sécurité sanitaire des produits alimentaires : responsabilité de tous». Et également à Oujda, une rencontre similaire portant sur «La sécurité sanitaire des produits alimentaires, une responsabilité de tous». Et respectivement à Tanger sur «La sécurité sanitaire des produits alimentaires : les principes, les droits et les obligations». Est-ce là une campagne de vulgariser les différentes tâches que compte entreprendre l’ONSSA, ou tout simplement une sortie scientifique d’information générale?
Effectivement, nous avons organisé un séminaire national et 17 séminaires régionaux sur le thème «La sécurité sanitaire des produits alimentaires : une responsabilité de tous» : loi n° 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires: principes; droits et obligations et ce durant les mois de juin et juillet 2010. Ces rencontres avaient pour objectif de présenter les missions de l’ONSSA et d’informer les opérateurs économiques, les structures administratives concernées et les associations de consommateurs sur les nouvelles dispositions introduites par la loi 28.07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires et les modalités de son application.
L’ONSSA a pour charge la garantie, la salubrité et la sécurité sanitaire des produits animaux ou d’origine animale et des aliments pour animaux.

Quelles sont les mesures soufflées par les pouvoirs publics à l’initiation de votre programme?
Les mesures prises par les pouvoirs publics en faveur de notre programme concernent les ressources financières, les moyens humains et le volet réglementaire.
D’abord, une enveloppe budgétaire de l’ordre de 598 millions de dirhams nous a été allouée pour l’exercice 2010 dont 294 sont réservés au budget de fonctionnement alors que les 298 millions restants sont alloués au budget d’investissement. Ce budget est réservé à la réalisation des programmes suivants: le domaine de services vétérinaires, le domaine des contrôles et de la protection des végétaux, la mise à niveau des laboratoires, le soutien des missions et mise à niveau des services. Ensuite, un capital humain de 2243 employés dont 293 médecins vétérinaires, 289 ingénieurs, 53 administrateurs et assimilés 927 agents de maitrise et 658 agents d’appui, a été attribué à notre Office.
Enfin, il y a eu la promulgation de la loi n°28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires qui est venue consolider l’arsenal juridique relatif au contrôle des produits alimentaires. Cette loi cadre qui institue les principes et concepts de base de la sécurité sanitaire des produits alimentaires, tels que la responsabilisation des producteurs et industriels, l’obligation d’agrément sanitaire des industries alimentaires, l’enregistrement des élevages, l’identification du cheptel, la traçabilité, l’auto-contrôle, les guides de bonnes pratiques d’hygiène et le rappel des produits
non conformes.
Ces dispositions couvrent toutes les étapes de la production, manipulation, traitement, transformation, conditionnement, emballage, transport, entreposage, distribution, mise en vente ou exportation de ces produits.

Et quels sont les moyens de coercition mis à la disposition de votre département pour contrecarrer les abus de personnes physiques transgressant la loi?
Conformément à la réglementation en vigueur et notamment la loi 28-07 relative à la sécurité sanitaire des produits alimentaires, les agents habilités, relevant de l’ONSSA sont chargés de la recherche et de la constatation des infractions aux dispositions de la loi 28-07 et des textes pris pour son application.
Les agents habilités de l’ONSSA procèdent aux investigations d’usage pour s’assurer de la salubrité des aliments et leur conformité. A l’issue de ces investigations, ils prennent les dispositions qui s’imposent conformément à la réglementation en vigueur. Ils procèdent à la saisie de produits reconnus dangereux ou non conformes.
Dans le cas de constatation d’infractions, des procès verbaux sont dressés, instruits et transmis à la justice De même, les dispositions de la loi prévoient l’octroi d’autorisation ou d’agrément sanitaire pour les établissements et les entreprises du secteur alimentaire qui répondent aux normes sanitaires requises. Une fois ces établissements et entreprises ne peuvent assurer la production d’aliments sains, l’ONSSA procède à la suspension de l’autorisation ou de l’agrément de l’entreprise ou de l’établissement concerné jusqu’à sa mise à niveau, le cas échéant, il procède au retrait de son autorisation ou agrément.

Un communiqué relevant du département de la Pêche maritime met en garde le public des résultats obtenus dernièrement par l’Institut national de recherche halieutique (INRH), dans la zone conchyllcole de Sidi R’bat, relevant de la région d’Agadir, et à Essaouira dans la zone Chouik Oum Toyor, divulguant que les coquillages dans ces régions dénotent la présence de biotoxines marines. D’après vous, où se situe le mal et qu’elles sont les préconisations à entreprendre pour mieux contenir la consommation de ces coquillages portant danger pour la santé des consommateurs?
Et quelles sont les mesures entreprises par les autorités publiques ?

La salubrité et la qualité des coquillages sont liées d’une part au milieu marin dans lequel ils sont produits et/ou élevés, et d’autre part aux conditions d’hygiène, de manipulation, d’entreposage et de transports de ces produits depuis la récolte jusqu’à la consommation.
La surveillance du milieu marin est assurée par l’Institut national de recherche halieutique (INRH) et le contrôle de la salubrité des coquillages est assuré par les services vétérinaires de l’ONSSA depuis la production jusqu’à la consommation.
L’INRH entreprend les études portant sur les paramètres microbiologiques, chimiques et phytoplanctoniques (sources de biotoxines) et seules les zones classées salubres sont ouvertes à l’exploitation.
Après son classement, la zone de production fait l’objet d’une surveillance sanitaire régulière destinée à vérifier la pérennité des caractéristiques ayant permis son classement et dépister d’éventuels épisodes de contamination.
Le contrôle de la salubrité des coquillages est soldé par la délivrance d’un certificat sanitaire vétérinaire attestant la salubrité des coquillages pour la consommation humaine. Seuls les produits conditionnés et portant une étiquète de salubrité sont autorisés à la commercialisation.
Lorsque les résultats de la surveillance sanitaire révèlent une contamination, il est procédé à la fermeture de la zone contaminée et à la publication d’un communiqué de presse qui informe le public de la fermeture de la zone et l’interdiction de la récolte et de la commercialisation de tous les coquillages bivalves issus de la zone contaminée, et ce jusqu’à l’épuration totale du milieu marin de la zone. Ledit communiqué recommande aux consommateurs de ne s’approvisionner qu’en produits conditionnés, portant les étiquettes sanitaires d’identification et commercialisés dans les points de vente autorisés (marchés officiels) et avertit le consommateur du danger sur la santé humaine de la consommation des coquillages colportés ou vendus en vrac.
Raison pour laquelle l’ONSSA diffuse sur son site web, toute alerte concernant l’exploitation et la consommation des coquillages provenant de la zone contaminée.

La plupart des industriels exportateurs des produits de la mer préconisent l’allégement des procédures, et l’automatisation des circuits administratifs, pour mieux atteindre les marchés extérieurs et être plus compétitifs. Comment l’ONSSA pourra répondre à ces attentes ?
Les actions menées par l’ONSSA pour répondre à ces attentes ont consisté en la mise en place des mesures suivantes: l’émission du certificat sanitaire vétérinaire à l’export, à partir de mars 2008 par les services vétérinaires des lieux d’origine du produit. Ceci a permis de simplifier pour les exportateurs les démarches d’obtention du certificat puisqu’auparavant ce certificat sanitaire était délivré par les services vétérinaires des directions du contrôle et de la qualité aux postes frontières, en se basant sur le certificat sanitaire d’origine délivré par le service vétérinaire du lieu d’origine du produit, l’allégement du système de certification au profit des produits fabriqués dans des établissements disposant de système d’auto-contrôle basé sur les principes HACCP et jugé efficace par les services vétérinaires. Comme ces établissements assurent eux-mêmes les prélèvements des échantillons et réalisent les analyses au sein de leurs laboratoires internes, le contrôle vétérinaire se base donc sur ces résultats des auto-contrôles pour la délivrance des certificats sanitaires.
Ainsi, les industriels qui mettent en place des systèmes d’auto-contrôle performants se voient réduire considérablement les délais entre la production du produit et son exportation en évitant les délais d’attente et d’obtention des résultats des laboratoires externes, la mise à la disposition des opérateurs d’une permanence des services vétérinaires hors des horaires de travail et pendant les week-ends et jours fériés, et ce pour la certification des produits destinés à l’exportation et à l’importation, l’adoption par nos services vétérinaires du système de certification électronique des pays de l’Union européenne. Ce système permet le suivi des produits certifiés lors de leur cheminement vers le poste d’entrer dans le pays de l’Union européenne. Ceci permet la préparation du contrôle des produits concernés à destination et permet également de régler les anomalies qui peuvent bloquer ou refouler les produits, et l’entrée en vigueur de plans de contrôle par catégorie de produits. Ces plans de contrôle vont permettre à partir l’année 2011 de passer d’un contrôle produits à un contrôle du process de production. Ceci va permettre la responsabilisation des professionnels pour la production et la mise sur le marché de produits sains et salubres.

Un dernier mot M. le Directeur.
Pour terminer, je voudrais juste rappeler que la question de la sécurité sanitaire des aliments est une question qui ne concerne pas seulement les pouvoirs publics mais aussi les professionnels et les consommateurs.
Nous avons dès le démarrage de nos activités été conscients de l’implication de tous ces acteurs dans la mise à niveau de notre système national de sécurité sanitaire et nous en avons fait des partenaires privilégiés.
Le secteur de la pêche et de la transformation des produits de la pêche au Maroc est l’un des secteurs où les professionnels ont enregistré des avancées remarquables pour mettre leurs unités au diapason des normes nationales et internationales en matière de sécurité sanitaire.

Propos recueillis
par Énergie et Mines

M.Karim El Ghamarti, PDG des Frigorifiques Bouzargtoun

Quota pour pêcheurs en vue d’éviter l’épuisement du poisson

Créée par M.Bouzargtoun en 1970, figure emblématique dans la transformation du poisson la société Frigorifiques Bouzargtoun se particularise comme entreprise pionnière dans le secteur du poisson au Maroc et unique de son genre en Afrique. Reprise par M. K.El Ghamarti en 1980, un professionnel qui compte pour la destinée de l’entreprise, n’épargnant aucun effort pour s’affirmer persévérant et homme de terrain. Accumulant plusieurs années d’ expériences à l’étranger, particulièrement en Hollande, il a dans son actif la gestion de l’usine, qui n’est pas des moindres, à commencer par un effectif de 800 personnes. Le produit «Green Table» commercialisé au Maroc et à l’ étranger, répondant aux normes internationales préconisées par Bruxelles, capitale européenne abritant le siège sanitaire de l’ U.E, témoigne de l’efficacité et de l’assiduité dans la gestion de l’entreprise. Entretien.

Énergie et Mines: Vos sources d’approvisionnement ?
80% de la matière brute est importée des pays nordiques et sud américains, car l’apport de pêche est insuffisant au Maroc. Le poisson est transformé dans notre usine selon les normes internationales sous formes de filetage ou autre avant d’être commercialisé.

Les causes principales de la diminution des ressources halieutiques.
En Hollande, il n’ y a pas d’arrêt biologique. Par contre, un quota est imposé aux pêcheurs, strictement respecté et considéré comme une affaire nationale. Et de ce fait, les ressources marines sont régénérées.
Au Maroc, malgré les dispositions prises par les responsables, un contrôle plus strict est nécessaire (arrêt biologique, quota, mailles des filets…).

Les problèmes rencontrés dans cette activité ?
Malgré une main-d’oeuvre qualifiée au sujet de l’entretien des machines, dans certains cas je me retrouve dans l’obligation de faire appel à une compétence étrangère pour redémarrer la chaîne de fabrication, et je me demande s’il ne faut pas revenir à la case départ pour travailler d’une façon artisanale qui, malheureusement alourdit la tâche des ouvriers. Ajoutant à cela une paperasse administrative volumineuse et contraignante dont nous demandons un allégement à sa plus simple expression.

Et la consommation du poisson
Notre produit congelé «Green Table» est largement écoulé dans le marché local. Parfois la demande dépasse l’offre, ceci est dû au prix exorbitant affiché pour le poisson frais et qui n’est pas à la portée du consommateur. Notons que nos produits sont diversifiés pour ne citer que quelques espèces (crevettes décortiquées, rondelles de calamar, filet de sole…).

Sur le plan logistique et compétitivité.
Le fret aérien n’est pas du tout compétitif par rapport à nos concurrents. C’est la raison pour laquelle j’ai abandonné le poisson frais par avion-cargo. Par contre le transport maritime ou terrestre reste la solution idéale.
Le transport par camion coûterait 3 dirhams par kilo à destination de l’Europe centrale pour le même trajet, certaines compagnies aériennes exigent 20 à 25 dh/kg pour le fret aérien.
Je reviens à l’approvisionnement pour signaler que je suis connecté à un système informatisé relié à la criée de certains pays de la C.E.E. Et j’achète directement à partir de mon P.C. Mon choix est porté sur
ce système, car l’offre, la demande, et le calibrage sont réglés comme une montre suisse.

Et pour conclure
Avec ses richesses marines et moyennant un respect écologique, le Maroc pourrait être plus compétitif dans le développement socio-économique. Quant aux énergies renouvelables, notre pays a une longueur
d’avance et demeure un bon élève. Avec des ressources éoliennes, et solaires, il est en mesure d’être autonome dans les années à venir et ne plus dépendre des pays exportateurs de pétrole.

Entretien réalisé
par Allam Berrada

M. Gourichi, président de la C.E.D à la Chambre de pêche Agadir

La pêche halieutique aux aguets des professionnels dans la région

La valorisation du secteur de la pêche dans la région d’Agadir va bientôt se réaliser par la création du «Parc Haliopolis». C’est un projet de portée rigoriste qui va permettre au tissu industriel de se développer et contribuer à l’élévation du potentiel de transformation à quelque 500.000 tonnes. Ce méga-projet s’étend sur 150 ha dans la commune de Drarga et prévoit la création de plus de 20.000 emplois avec un coût global d’investissement de 6,6 milliards de DH. C’est une manne qui permettra l’élargissement du champ d’action dans le domaine de la pêche et c’est dans cet esprit que nous sommes entretenus avec M. Gourichi,président de la Commission d’étude et développement à la Chambre de pêche d’Agadir, dont acte.

Énergie & Mines : Comment appréciez-vous la situation du secteur de la pêche à Agadir ?

M.Gourichi : Le secteur de la pêche connaît plusieurs problèmes très délicats depuis 10 ans, et on sait qu’au dépend des efforts du ministère de tutelle pour organiser ce métier, les professionnels n’aident pas dans ce sens, et chacun agit pour soi, à l’image de l’épuisement des stocks A et B, sans suivre une exploitation raisonnable et scientifique, qui sauvegarderait les réserves halieutiques.
Je rappelle que Feu SM Hassan II avait demandé que ce métier soit organisé, et plusieurs acquis ont été concédés, parmi lesquels la création de la Chambres de pêche, l’unification des ports, et la création de l’ONP comme interlocuteur unique avec les professionnels. Et moi en tant que président de la commission «Etude et développement», je demande directement à monsieur le ministre de venir voir de près les défaillances du secteur et réfléchir aux solutions. Concrètement plusieurs coûts alourdissent notre champ d’action, parmi
ces charges le prix excessif du gasoil qui n’est plus subventionné, les taxes, le prix des équipements, les charges sociales, l’activité informelle et le marché-noir qui représente 60% des ventes à cause des prix pratiqués dans les halls.

Quelles sont les solutions à suggérer ?

Déjà il faut revoir la tarification du gasoil, je rappelle que dans les années 90 on ne payait pas la TIC, et il faut garder le prix
de la tonne du gasoil à 3000 DH maximum, même si le prix du baril atteint les 80 ou 100 dollars. Le deuxième point concerne le prélèvement de 15% de taxe à la source plus les autres taxes, ces taxes sont injustes et ne prennent pas en compte le cas des bateaux qui dépensent plusieurs milliers de DH sans rapporter de poisson, la solution consiste à les remplacer et appliquer un abattement sur le CA de 40% par exemple, les 60% restante seront taxées. Et il faut aussi avoir une dérogation de la loi de Finances sur les activités relevées du secteur, avec une prorogation d’échéance de paiement.

Quelle situation vit le port d’Agadir ?

Il faut investir dans le port de pêche d’Agadir surtout dans ses infrastructures, et également assainir la situation des entreprises en faillite et qui ont laissé leur bateau et équipements sur les quais, encombrant ainsi l’espace disponible. La capacité d’accueil actuelle dépasse largement nos besoins, mais il faut faire évacuer les bateaux de haute pêche qui ne sont plus en activité.
Le port de pêche d’Agadir est très important pour les gens qui y travaillent pour subvenir à leur besoin famillial, et sa situation stratégique au milieu d’Agadir est un facteur qui joue dans sa faveur contre tout projet de marina ou autre.

Et les subventions pour relancer le secteur ?

Dans les années 90, les professionnels ont adopté une convention de gel d’investissement, ce qui a limité l’octroi d’autorisations pour la construction de bateaux nouveaux.
Mais cette convention n’est plus respectée et le programme Ibhar – subvention et mise à niveau les pêcheurs – a été gelé. Nos voisins espagnols accordent une aide aux pêcheurs de 70% pour la mise à niveau, plus des taux bancaires minimales. Et je réitère mon souhait à M. le ministre de la Pêche pour qu’une réunion de travail avec les professionnels puisse faire éclaircir les idées.

Propos recueillis par
M. Moudarir

M. Abdelouahhab El Jabri, directeur du C.R .I Souss-Massa-Draâ

Actions pour privilégier la diversification économique

Le Centre régional des investissements constitue le relai par lequel se transmet la capitalisation sous forme d’investissements. Dans le cas du centre d’Agadir, ses actions se perpétuent autour d’un ensemble de secteurs qui forment le tissu industriel et logistique de la ville. C’est ce qui nous souffle l’idée de prendre attache avec M. El Jabri en sa qualité de directeur régional du CRI et débattre avec lui le climat d’investissements dans la région.

Énergie & Mines : Quel est le rôle et la dimension du C.R.I – SMD en tant qu’acteur dans le développement du tissu économique de la région ?

M. Abdelouahhab El Jabri : Le Centre régional d’investissement (CRI), acteur privilégié dans l’acte d’investir, a consenti de grands efforts durant les années de son existence à la facilitation et la promotion de l’investissement. Sa contribution aux différents programmes, mise en oeuvre au profit de la région, a eu un impact des plus positifs sur le volume des investissements sur les plans quantitatifs et qualitatifs : il constitue l’administration territoriale interlocutrice privilégiée pour les investisseurs qu’il accueille, informe, conseille et oriente dans leurs choix d’investissements, aussi, il représente l’interlocuteur unique auprès des créateurs d’entreprises qu’il accompagne dans toutes les formalités administratives, fiscales et sociales, liées à l’acte de création, ainsi que l’accompagnement des investisseurs nationaux et étrangers dans les différentes démarches administratives jusqu’à concrétisation de leurs projets, il oeuvre pour le maintien, la consolidation et le développement de l’investissement existant en plus de sa participation à la mise en place d’un climat d’investissement concurrentiel et à l’adoption de mesures de nature à accroître la compétitivité et la diversification de l’économie de la région.

La question de l’eau est primordiale dans la réussite agricole. Qu’en est-il de la nappe phréatique dans le périmètre irrigué du Souss-Massa-Draâ?

La problématique de l’eau reste au coeur du débat au niveau de la région du Souss- Massa-Drâa. En effet, le phénomène de la rareté des ressources en eau reste un point critique qui conditionne le développement des piliers de croissance économique dans notre région face à des besoins grandissants chaque année.
Le stress hydrique dont souffre la région affecte aussi bien les débits des cours d’eau et les apports aux barrages, que l’accélération des rabattements des niveaux des nappes d’eau souterraine qui présentent déjà des indices de contamination par les nitrates, principalement dans les zones des périmètres irrigués (Chtouka). Face à cette situation, le secteur de l’irrigation, dans le
bassin de Souss-Massa-Draâ, prévoit le recours au dessalement de l’eau de mer, afin de soulager la pression sur la nappe surexploitée pour un volume annuel de 70 Mm3/ an d’eau de mer dessalée pour l’irrigation des périmètres de Chtouka (soit 200 000
m3/j). Il est donc certain que l’utilisation de ressources non conventionnelles deviendrait un impératif incontournable. Au côté du dessalement de l’eau de mer, d’autres alternatives sont mises en oeuvre, notamment : la réutilisation des eaux usées épurées, l’exploitation de gisements d’économie d’eau (généralisation de l’utilisation de l’irrigation en goutte-à-goutte, conversion de 30.000 ha à l’horizon 2012 dont 10.000 ha déjà convertis), utilisation de nouvelles techniques de production (arrêt de l’extension des périmètres irrigués, programmation des irrigations, utilisation des stations agro-météorologiques, serres de nouvelle génération…).

Votre opinion sur l’avenir socio-économique de la région Souss-Massa-Drâa ?

Le Souss-Massa-Drâa est une région riche de potentialités économiques importantes, et ses atouts naturels sont diversifiés. En effet, et en dehors de ses piliers de croissance, qui sont le tourisme, l’agriculture et la pêche, d’autres secteurs d’activité se développent au niveau de la région, notamment : la logistique, le transport et les domaines innovants tels que l’Agrotech, les TIC et l’offshoring. La région a récemment connu le lancement de Haliopolis, premier parc halieutique du Royaume qui placera la ville d’Agadir au coude-à-coude avec de grande région mondiale abritant des pôles de compétitivité. Également, la région Souss-Massa-Draâ a été choisie pour abriter l’un des six agropoles du Royaume et ce, dans le cadre des initiatives mises en avant au niveau du Plan Maroc Vert.

Interviewe réalisée par
M. Moudarir et A.N.

Entretien avec M. Said Dor, président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services à Agadir

Plaidoyer pour de nouvelles zones industrielles

Parler de la Chambre de commerce et d’industrie d’Agadir, c’est couvrir un ensemble d’activités et de perspectives sur le chemin d’une grande mutation que connaît la région. L’interpellation de son président M.Said Dor, animé d’une vision prospective, a été concis dans ses interventions mais d’une réflexion incontournable dans la gestion d’une institution qui a du pain sur la planche. Entretien.

Energie et Mines : Quel rôle joue la Chambres de commerce dans la région d’Agadir?
M. Said Dor : Comme vous savez, les Chambres de commerce jouent un rôle primordial dans les régions où elles s’activent, et leurs objectifs ne se limitent pas à la représentation des secteurs professionnels,
mais aussi à l’animation économique, la promotion des investissements et des exportations, et l’encadrement des ressortissants marocains à l’étranger. Pour les trois secteurs, nous représentons six provinces, qui constituent les grosses parties du Souss-Massa-Draâ, en superficie, population, et en PIB généré.

Quelles sont les principales contraintes qui entravent le bon fonctionnement de votre institution ? Et quelle politique adoptiez-vous contre l’étroitesse de l’assiette foncière ?
Malgré plusieurs contraintes de gestion, la Chambre de commerce d’Agadir, en tant qu’institution constitutionnelle, s’est inscrite dans une dynamique citoyenne, pour être présente dans tous les volets de la vie économique de la région, en tant que représentant légal des différentes filières, et en tant que partenaire avec une force de proposition.
Concernant le problème de gestion de l’espace, nous constatons un manque de terrains disponibles pour satisfaire toutes les demandes des investisseurs. Nous travaillons avec des établissements comme A Omrane, pour essayer de trouver des montages adéquats à l’établissement de nouvelles zones industrielles, et je rappelle pour l’histoire que les premières zones industrielles, celles de Tasila et de Aît Melloul ont été préalablement initiées par la Chambre de commerce, puis gérer par Al Omrane après le co-financement des établissements publics. Cette expérience a, hélas..! généré quelques cas d’échec avec des terrains non valorisés, et qui sont restés bloquer sous l’effet de la spéculation.
Mais nous travaillons actuellement sur le projet de la zone industrielle de Sidi Bibi dans la province de Chtouka Ait Baha, et le parc Haliopolis dans la zone de Drarga.
Nous faisons tout en concertations, pour verrouiller et ficeler tous les aspects techniques des cahiers des charges pour barrer la route aux spéculateurs afin d’arriver au compromis avec les aménageurs dans la détermination du prix des terrains, qui reste un facteur essentiel dans les décisions des industriels pour investir. Aussi nous agissons sur la phase de la gestion de la zone industrielle, avec tout ce que cela peut poser comme problème de logistique, de pollution et perturbation des flux, si les précautions et les principes du zoning ne seraient pas mis en place dès le début.

Quelles sont à votre avis les solutions adéquates pour booster et réanimer les zones de commerce désertée par les clients ? Et qu’est-ce que peut apporter le programme Rawaj comme solution ?
Le programme Rawj peut seulement aider certains commerçants à moderniser leurs équipements et être mieux lotis dans l’exercice de leurs métiers. Ça ne va pas résoudre les problèmes des zones de commerce, comme Talborjt, qui souffrent actuellement du manque d’attractivité et d’animation commerciale. Cependant nous sommes en train de lancer une étude sérieuse avec la région, et avec nos amis des Iles Canaries, par l’intermédiaire d’une aide de l’Union européenne, qui va porter sur le commerce régional de manière à en avoir une cartographie. Et je voudrais signaler que nous avons demandé de mettre en exergue le commerce dans le cadre de la nouvelle étude sur la stratégie de développement économique de la région, qui sera effectuée par le bureau de conseil McKenzi, puisque cette activité représente à elle seule pas moins du tiers du produit local de la région.
Aussi avec l’installation des grandes surfaces, qui est un phénomène nouveau dans le commerce, il ne faudra surtout pas oublier ou ignorer les petits commerces, ou les souks de villages qui représentent un
lieu d’échange économique, culturel, religieux et politique pour les populations de ces zones rurales. Il faut créer une nouvelle dynamique pour ces souks, et leur donner la vraie valeur et place qu’ils méritent avec les ingrédients modernes, et les faire sortir de leur léthargie.

Comment voyez-vous l’opportunité de l’ouverture de l’autoroute Marrakech-Agadir ?
La mise en service de l’autoroute nous interpelle tous, c’est un grand projet réalisé grâce aux Directives royales, et s’inscrit dans les grands chantiers du gouvernement de SM le Roi. Il constitue réellement un levier de développement social et économique de toute la région. Il est donc indispensable de se pencher tous autour des défis qui nous attendent pour tirer la région vers la place qu’elle mérite, celle d’un hub économique et touristique.

Le Conseil de gouvernement vient d’adopter les nouveaux textes de loi réglementant les Chambres de commerce, comment jugez-vous cette opportunité?
C’est une bonne nouvelle dans la sorte où ces nouveaux dispositifs repositionnent le rôle des Chambres de commerce pour mieux assurer leurs missions.
Les Chambres de commerce sont à la veille d’une révolution, et j’espère que cette loi soit adoptée et appliquée, et que les industriels, les commerçant et les prestataires de services puissent participer à ces institutions, pour que cette réforme trouve traduction dans l’exercice de la fonction de l’élu représentant son secteur.

Entretien Réalisé par
Mohamed Moudarir

Mission des Iles Canaries à Agadir
Dans le cadre de la mise en oeuvre du projet de coopération transfrontalière liant la région du Souss-Massa-Drâa à la région des Iles Canaries, une mission de présentation des programmes de coopération, validés par l’UE, a eu lieu le 21 avril 2010 à Agadir, sous la présidence des MM le wali sur la région d’Agadir Massa-Draâ, le vice-président du Gouvernement des Iles Canaries, et le président de la région du Souss-Massa-Drâa.
La Délégation du commerce et d’industrie a été associée au programme ADECOT pour la dynamisation du secteur du commerce des loisirs et du tourisme, introduisant dans sa globalité les termes de l’étude du concept du schéma directeur de développement des secteurs de commerce, avec des orientations sur les secteurs du tourisme et loisirs, compte tenu de la particularité de la Région d’Agadir.

Session ordinaire de la CCIS à Taroudant
La Chambre de commerce, d’industrie et des services d’Agadir a tenu, jeudi 24 juin à Taroudant, une session ordinaire. L’ordre du jour portait sur les retombées socio-économiques de l’autoroute Marrakech-Agadir.
Le président de la Chambre de commerce, M. Said Dor, avait souligné à l’occasion l’importance de l’autoroute pour le développement des secteurs de l’agriculture, de la pêche et du tourisme, mais aussi le désenclavement de la région sur le plan socio-économique, et l’encouragement des investissements étrangers et nationaux. Par ailleurs, le gouverneur de Taroudant, M. Abdellah Bendhiba, a insisté sur le rôle que représentent les moyens de communication pour la dynamique commerciale des villes. Il a noté le besoin de développer encore les infrastructures sur tous les plans notamment la transformation du tronçon de la route liant l’échangeur de l’autoroute au niveau d’Ameskroude et Taroudant en une voie rapide, vu l’importance que représente la province de Taroudant sur le plan agricole et touristique. De son côté, le président du Conseil communal de Taroudant, M. Mustapha Almoutawakil, a signalé qu’il ne faut pas négliger les autres pôles urbains comme Taroudant, Tiznit, Sidi Ifni, Zagoura, et de relever les potentialités économiques de toutes les régions aux alentours de l’autoroute, pour avoir un tissu socio-économique homogène.

M. Abderrahim Bahri, chef du service équipement à l’ORMVASM

El Guerdane à la merci de la pénurie d’eau

Le ton prend de volume et la question de l’eau risque de rendre préjudiciable son utilisation de manière irrationnelle. C’est du moins ce que pensent les agriculteurs dans la région d’El Gardane qui se déferlant d’une sécheresse alerte, pensent abandonner leurs exploitations agricoles. C’est ce que M. Bahri, chef de service à l’Office régional de mise en valeur agricole du Souss-Massa -Draâ, d’évoquer dans l’entretien suivant.

Énergie & Mines: Est-ce que l’expérience d’irrigation des 10 mille/ ha dans la région d’El Guerdane est amenée à s’étendre sur d’autres régions du Souss- Massa-Draâ ?

M. A. Bahri : El Guerdane est un projet pilote d’irrigation et d’aménagement hydroagricole, c’est la première expérience de partenariat public-privé entamée par le gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture, mais ça va servir d’exemple pour lancer d’autres projets semblables à l’échelle nationale, dans les périmètres irrigués gérés par les ORMVA, comme c’est le cas dans les régions de Tadla, Loukous, Gharb, Lhaouz et Malouia, où chaque région a ses spécificités. Et par rapport à ces périmètres, les délégataires vont seulement installer et exploiter les équipements.

Dans combien de temps estimez-vous, reprendre l’expérience à El Guerdane, pour avoir une vision claire sur le succès de P.P.P ?

Les exécutions des travaux ont commencé en 2007, et la mise à niveau en eau a démarré depuis une année, mais les essais ont commencé dès le début, à cause de la pénurie d’eau et le déficit de la nappe phréatique dans la région d’El Guerdan, il y a eu des arrachages continus, et l’abandon même des exploitations agricoles, donc le projet est venu à temps pour sauver la situation. Pendant le premier mois d’irrigation, les plantes ont commencé à pousser et prendre vigueur, les agriculteurs ont été pleinement satisfaits.

Est-ce que les prix appliqués sont raisonnables ?

La société délégataire Amensouss est liée par un contrat avec le ministère de l’Agriculture, stipulant plusieurs clauses concernant la construction, le fonctionnement, le financement, la vente et tarification de l’eau avec des règles bien définies. Et à chaque début de la compagne d’irrigation, ont, peut être, amené à réviser le prix suivant l’indice de vie calculé par le Haut Commissariat au Plan.

les agriculteurs de la région Chtouka Ait Baha abusent des ressources phréatiques par leur mauvaise gestion d’irrigation, causant l’épuisement des eaux dans la région El Guerdane. Est-ce que les agences des bassins, ou les ORMVA, n’ont pas de pouvoir d’orienter et exiger une bonne gestion en apprivoisant des cultures en goutte-à-goutte ?

Il ne faut pas oublier que la région connait des périodes de sécheresses continues et structurelles, ce qui impactait les réserves des nappes, et aussi du fait de l’activité agricole. Le Conseil supérieur de l’eau a compris, suivant le schéma directeur du bassin du Souss-Massa, à prendre des décisions très sévères, à savoir la limitation d’extension ou de nouveaux espaces irrigués, l’interdiction de creuser des puits, suivant la loi de l’eau 10/95. On a d’ailleurs initier un contrat nappe avec la région et les agriculteurs, sous forme de mesures afin de la préserver . Il faut noter que le barrage Ibn Tachfine a connu plusieurs années de sécheresse, ce barrage domine 18 mille/ha de terrains de type de culture maraichère sous serres destinée à l’export. Actuellement deux études sont lancées, l’une par l’ORMVASM et l’autre par l’Agence du bassin, pour un projet de dessalement des eaux de mer, afin de subvenir aux besoins de la région.

Existe-t-il des moyens financiers pour aider les agriculteurs à changer les techniques d’irrigation ?

L’État marocain à mis en place des mécanismes pour subventionner les projets de reconversion des cultures traditionnelles gravitaires en systèmes modernes comme la goutte-à-goutte, afin d’économiser et valoriser le m3 d’eau. Mais il faut aussi l’accompagnement et la sensibilisation des agriculteurs pour qu’ils s’inscrivent à cette stratégie.

Propos recueillis par
M. Moudarir

M. Omar Mounir, président de l’ADIZIA

L’agro-industrie en manque d’ardeur foncière

L’Association de gestion de la zone industrielle Ait Melloul milite en faveur de l’agro-industrie et son devenir dans la région. C’est une question qui se pose sur le plan sectoriel qui comprend la transformation des fruits et légumes. Et pour se faire, une incessante demande en territoire qui entrave toute disponibilité d’exploitation agricole, c’est donc la défaillance de l’assiette foncière qui en fait défaut.

Énergie & Mines : Tout développement économique passe forcément par l’industrie. Où se positionne aujourd’hui la zone industrielle Aît Melloul et, que sont les problèmes dont vit-elle ?

M. Omar Mounir: La zone industrielle d’Aît- Melloul est la plus grande zone en superficie dans la région, mais aussi, sur le plan des secteurs qu’elle coiffe, à savoir l’agroindustrie qui occupe une place primordiale et essentielle, elle comprend la transformation des fruits et légumes pour l’export après conditionnement et classification, le conditionnement, la conservation et congélation du poisson, et des services autour comme l’agro-fourniture pour alimenter toute l’activité agricole ou para-agricole. La situation géographique de la Z.I est à l’intérieur de la région de production agricole, et aussi proche du port de pêche d’Agadir, ainsi, tout le flux de la production passe par cette zone pour être ensuite acheminé vers le port d’Agadir ou par la route vers Tanger, ou pour les autres villes du Maroc. Je vous informe que nous sommes en train de finaliser la construction du nouveau siège de
l’association de gestion de la ZI Aît-Meloul, où on va installer toutes les administrations et les services dont aura besoin l’investisseur : douane, CRI, CNSS, etc.

La région a connu dernièrement une forte expansion, sur le plan humain et aussi industriel. Est-ce que l’assiette foncière vous permet de réaliser une extension ? Aussi, quelles sont les difficultés pour la procuration du terrain destiné à l’industrie ?

Les lots de terrain n’étaient pas bien répartis par métier, le zonning n’a pas été considéré à l’époque par l’aménageur, et on vit actuellement avec tout ce que cela peut engendrer comme pollution et gaspillage des ressources.
Ensuite la zone a été créée dans un vide juridique, c’est seulement sous l’initiative des Chambres de commerce que des lots ont été vendus à 50 DH le m² sans l’obligation d’un cahier des charges restrictif, et actuellement ces lots sont non valorisés et subissent une spéculation dans leur prix qui peut atteindre jusqu’à 3000 DH le m². Cette situation de blocage nous pousse à consulter les autorités au niveau de la province et de la commune pour trouver des solutions à ces lots de terrain, parce qu’on reçoit beaucoup de demande d’investissement dans la Z.I. et on est limité par les eaux et forêts et d’autres agglomérations, donc pas possibilité d’extension.

Les terrains agricoles sont en majorité sous autorité de la direction des eaux et forets. Est-ce que cette dernière vous suit dans la mise à niveau pour permettre à l’agriculture d’être au rendez-vous avec le développement humain et social dans la région ?

Pour les terrains des eaux et forets, ils existent des contraintes sociales pour les gens qui y vivent, il y a les terrains collectifs, les terrains de la Sodea et Sogeta, et cette situation doit être résolue par les hautes autorités politiques.
On subi ces dernières années une concurrence rude de la part des pays du pourtour méditerranéen, les Européens sont tous subventionnés, il nous faut aussi une aide de l’État dans les facteurs clés, à savoir, l’eau, les équipements de production, le transport et logistique, la recherche et formation, et des taux préférentiels avec des facilités.
Le secteur agricole est le premier pourvoyeur d’emplois dans la région de SMD,il assure 90% du besoin local. D’ici 10 ans les cartes seront redistribuées, et il faut se préparer pour pouvoir continuer à créer de la richesse pour le développement de cette région.

Interviewe réalisée par
Abou Achraf