Gestion macroéconomique et corruption

TOUS les pays offrant des ressources naturelles importantes n’offrent pas nécessairement un cadre attirant pour les investissements directs étrangers pour profiter des possibilités de création de revenu fiscal; non plus, les compagnies minières, en particulier lorsqu’elles sont nationalisées, ne sont pas toujours gérées avec l’efficacité financière et industrielle correcte. Les économies dépendant sur leurs ressources minérales ont plus souvent des problèmes de gouvernement et de corruption que les économies non minières.

De plus, les conséquences négatives d’une mauvaise gestion macro-économique peuvent se faire sentir plus durement dans le cadre d’une économie minière que non minière. La présence d’une mine va gonfler les salaires et maintenir un taux de change élevé ce qui empêchera d’autres secteurs d’être compétitifs internationalement et de participer à la croissance à l’exportation. Le coût d’une mauvaise gestion macro-économique est élevé lorsqu’on considère l’apport fiscal important de la mine et en particulier si on pense que les ressources minières ne sont pas renouvelables.

Impact Socioculturel : les activités minières peuvent avoir un impact négatif sur le mode de vie des habitants, avec des conflits socioculturels au moment du développement de la mine dans des zones rurales ou « sauvages ».

Développement économique : les salaires plus importants des mineurs peuvent provoquer une augmentation des prix locaux — avec le pauvre à la traîne ; et de plus, le pauvre et la population des non mineurs peuvent n’avoir qu’un accès limité aux services fournis par la mine.

Obstacles à la restructuration économique et fermeture de mine : les pertes énormes des mines nationalisées, spécialement le charbon, ont été un obstacle important à la restructuration économique et au redressement surtout dans l’Europe de l’est et l’ex Union Soviétique. La fermeture de mines non rentables a ajouté à la pauvreté spécialement dans les communautés à économie unique et régions minières. Outre les pertes de travail pour la population locale, les services essentiels originalement assurés par la mine — transport, énergie et eau par exemple cessent, avec un effet particulier sur le pauvre et les groupes vulnérables. Les fermetures de mines ont également affecté d’autres pays comme la Zambie, la Bolivie, la Namibie et les Philippines.

Que peuvent faire les pays pour maximiser les bénéfices de la mine pour réduire la pauvreté ? Ils peuvent passer par six étapes pour retirer le bénéfice maximum de la mine en vue de réduire la pauvreté.

-Récolte des données sur l’industrie minière et ses conséquences fiscales, économiques, sociales et environnementales. Ceci comprend la récolte et le classement de données précises pour une industrie minière à l’échelle commerciale et petite ou artisanale. Ces données peuvent comprendre la dimension des mines, leur emplacement, la production, les chiffres d’affaire, les investissements, la main d’oeuvre, les exportations, les importations, les ressources locales en matériel et les résultats financiers. Veuillez noter que l’absence de données géologiques peut freiner les investissements privés dans le secteur minier d’un pays négligeant ainsi l’utilisation de ressources existantes pour le développement économique. De même, les pays doivent surveiller les impacts sociaux et environnementaux dans les communautés et les régions affectées par les mines, et en particulier par la fermeture des mines.

-Établir un système sain de réglementations minières et d’octroi de licences pour les mines importantes. Ceci signifie un accord équitable avec accès facile et dégagement responsable, une politique fiscale saine et l’élimination des mines nationalisées subsidiées (MNS), ou, si elles existent, leur privatisation.

-Garantir des politiques macro-économiques saines de manière que les pays riches en ressources minérales profitent de l’impact que leur développement peut avoir sans bloquer les secteurs non miniers et perdre des opportunités.

-Attirer les investissements du secteur privé et encourager les développements privés par le biais de lois et réglementations appropriées. Les questions de propriété, utilisation des terres et de l’eau, les normes socio-environnementales, et les responsabilités doivent être clairement définies et correctement appliquées et surveillées. Dans un cadre réglementaire fiable, il y a un potentiel important de développements en aval, et d’activités économiques parallèles avec les fournisseurs et raffineurs, en particulier pour les entreprises petites et moyennes, qui à leur tour peuvent créer des possibilités d’emploi pour les non mineurs des zones avoisinantes.

-Insister sur un plan de fermeture de mine le plus tôt possible — de préférence avant le début de l’extraction, en aidant à la création du cadre local de gestion et d’administration et en créant et mettant en application les règlements appropriés et la supervision de la fermeture de la mine.

-Alléger les risques socioculturels, sanitaires et environnementaux pour la population de la mine par l’information et l’éducation, de même que par des accords avec la compagnie minière pour qu’elle assure des conditions de travail acceptables en aidant à l’établissement d’une infrastructure de communauté, de santé et d’éducation correcte et accessible. La clé à l’allégement de ces risques est l’instauration et la surveillance de normes appropriées. Il est important toutefois de ne pas demander à la compagnie d’investir dans des services qui sont typiquement de la responsabilité du gouvernement tels que par exemple santé et éducation, mais plutôt de trouver un accord de partenariat public / privé qui fait bon usage de la capacité d’investissement de la compagnie sans qu’elle ne prenne le contrôle du rôle de l’Etat.

Rédaction

De nouvelle mesures suscitant la colère des professionnels

LES INVESTISSEMENTS dans les carrières de marbre reculent avec intensité et mettent à la grogne les professionnels qui jugent que la réglementation du secteur est très contraignante. Ils sont inquiets. Quant à l’accès à la matière première qui devient de plus en plus difficile, mettant en péril leur activité. L’ouverture de nouvelles carrières se fait au compte-gouttes et celles qui sont existantes ne peuvent continuer à être exploitées en l’absence d’une signature de cahiers des charges contraignants imposés par la nouvelle réglementation. Il s’agit de la circulaire promulguée par le Premier ministre en juin 2010, M. Abbas Al Fassi en l’occurrence, pour combler le vide juridique qui existait en matière d’exploitation des carrières. Les conditions fixées par la loi 08/01 sont effectivement restées sans effet, faute de texte d’application.

Le texte est venu régir les modalités de gestion de ces sites, mais sans aucune distinction entre les produits extraits. Les blocs de marbre sont logés à la même enseigne que le sable, les granulats et autres matières prélevées dans les carrières, suscitant ainsi la colère des professionnels de ce secteur. D’abord, parce que selon la circulaire, l’ouverture de carrières de marbre est conditionnée par le respect de la loi 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement. Or, comme le soulignent des responsables de l’Association marocaine des marbriers (AMM), la liste des projets qui doivent se soumettre à cette exigence, selon l’article 2 de ladite loi, ne comprend pas le marbre. En effet, le chapitre 3.1 de cet article ne mentionne pas «l’industrie extractive : mines, carrières de sable et gravier, cimenteries, industries de plâtre et transformation du liège», et à aucun moment ce produit n’y est évoqué.

Un investissement de 5 à 10 MDH
Les professionnels se disent d’autant plus pénalisés que leur secteur exploite un matériau écologique. «La pierre qui est à la base de notre métier est un produit naturel non polluant et vivant, qui répond aux nouvelles idées du développement durable, contrairement aux matériaux synthétiques qui s’altèrent avec le temps», précise un responsable de l’association.

Les marbriers contestent ensuite l’obligation pour tout exploitant de se doter d’un pont bascule et de clôturer toute la carrière. Selon l’association, cette disposition entraîne une dépense supplémentaire de près d’un million de DH, sachant que l’investissement global dans une carrière de marbre de taille moyenne varie entre 5 et 10 MDH.

Toutes ces contraintes incitent les exploitants actuels à ne plus renouveler leurs contrats conformément au nouveau cahier des charges et n’encourage pas les investisseurs à s’intéresser au secteur. Résultat, et si on se fie aux déclarations de cette organisation, «à peine 4 ou 5 sites ont ouvert depuis la promulgation de cette circulaire».

Pour poursuivre leurs activités, plusieurs professionnels recourent au marché étranger pour s’approvisionner en matière première, «alors qu’il existe une multitude de sites qui regorgent de blocs de marbre riches en quantité, en qualité et en diversité», signale-t-on du côté de cette association.

D’autres sont en train d’entamer carrément une reconversion dans l’importation du produit fini. «Plutôt que de produire avec toutes les charges que cela suppose en matière d’emplois et de tracasseries administratives, je préfère introduire le marbre prêt à l’usage et le commercialiser localement à moindre frais», confie un marbrier de Casablanca. Cette option est d’autant plus alléchante que la matière première et le produit fini sont frappés du même droit de douane.

Les conséquences sont déjà visibles. L’approvisionnement du marché local dépend de plus en plus de l’étranger. Alors que les importations représentaient à peine 30% de la consommation du pays en marbre au début des années 2000, la tendance s’est pratiquement inversée. Aujourd’hui, la production nationale répond seulement à 40% des besoins d’un marché évalué à 800 000 tonnes par an, contre 60% pour le marbre importé. Et pour ne rien arranger, les exportations de ce produit ont nettement reculé, passant de 70 000 tonnes en 2008 à 40 000 tonnes en 2010. Et les professionnels s’attendent à une baisse plus accentuée dans les années à venir, bien que le marbre marocain rencontre un franc succès sur les marchés étrangers. Pourtant, les producteurs de ce matériau de construction sont convaincus que si le problème de l’accès à la matière première est réglé, le secteur pourra contribuer considérablement à la hausse des exportations du pays. On estime ainsi le potentiel de ventes à l’étranger à 4 millions de tonnes par an, ce qui représentera 5 milliards de DH de chiffres d’affaires en devises. Ces prévisions optimistes se basent essentiellement sur la forte demande exprimée à l’échelle internationale pour la variété du marbre marocain. On rappelle à ce propos que la Turquie exporte 10 millions de tonnes par an, l’Egypte 6 millions et la Tunisie 1 million.

Il y a une centaine de carrières pour l’extraction de blocs de marbre au Maroc. Les variétés les plus connues viennent de Sefrou, Oued Zem, Tiflet et Khénifra. La région de Sefrou, précisément à Tazouta, fournit le travertin, un type de marbre souvent de couleur beige très utilisé dans le domaine de la construction. Une autre variété non moins célèbre est le gris de Tiflet, extrait des carrières situées dans les environs de cette petite ville. Elle est très utilisée dans les façades et les intérieurs de maisons ainsi que dans les bâtiments administratifs et commerciaux. A Bejaâd, les producteurs de marbre fournissent au marché le jaune portant le nom de cette bourgade de la province de Oued Zem. Les carrières de Khénifra permettent, elles, d’approvisionner le marché en marbre différent dont la couleur est noire et grise. A Erfoud, on extrait tous types de marbre fossilisé dont la variété dite Onyx, et dans les environs de Taroudant, on produit un marbre de couleur rouge et gris.

Source FMC

Industrie minière et développement humain

L’industrie minière est une industrie unique de par l’impact complexe qu’elle peut avoir sur le développement économique local, sur l’environnement, sur les profils socioculturels souvent typiques des vastes zones minières d’un pays ou d’une région particulière.

Ce chapitre aborde les quatre aspects de la pauvreté -opportunité économique, possibilités, sécurité et transfert de pouvoir-dans le contexte de deux formes différentes de mines : d’abord mines à grande échelle et puis mines à échelle réduite ou artisanale. Les deux présentent un contexte très différent d’opportunités et de risques associés à l’exploitation des ressources naturelles sur les différents niveaux de pauvreté. Suivant le problème soulevé – par exemple l’eau, l’environnement, la santé, les transports, le développement du secteur privé et la gestion macroéconomique, nous suggérons de consulter les chapitres spécialisés de l’ouvrage de référence.

Qui doit utiliser ce chapitre ?
Ce chapitre est conçu comme une aide aux législateurs des pays où la mine a la possibilité d’influencer sensiblement les profils de pauvreté régionaux et nationaux — soit en aidant à réduire le niveau de pauvreté, soit, si elle n’est pas correctement gérée, en créant des risques auxquels les pauvres seraient particulièrement exposés. La liste de ces pays figure en annexe 1 à ce chapitre. Le secteur minier d’un pays aura une influence sur la stratégie de réduction de la pauvreté si une ou plusieurs des situations suivantes se présentent : La contribution du secteur minier dans l’ensemble de l’économie du pays est suffisamment importante pour justifier une attention spéciale : Car elle peut assurer au gouvernement des ressources budgétaires pour les programmes de réduction de la pauvreté et a la possibilité d’agir comme un catalyseur puissant dans le développement du secteur privé de la région. Car par la suite d’une restructuration de la mine ou d’une fermeture, les conséquences sociales et environnementales doivent être mitigées sous risque de frapper sensiblement le pauvre ou d’augmenter les profils régionaux de pauvreté.

Dans ce contexte, « Important » signifie que la part approximative du secteur minier est une des suivantes :

-10 % du revenu fiscal ;
-15-25 % des revenus
à l’exportation
-3-5 % du produit national brut (PNB) ou
-10-15 % de la main- d’oeuvre

Un pays n’a pas encore d’industrie minière ; toutefois, le développement de ses ressources naturelles semble être la seule option, ou une option clé, pour son développement. Un exemple est le Mali qui en 1990 n’avait pas de mine en exploitation ; dix ans plus tard, il y en a deux avec une troisième en cours de développement, et l’exportation de minerais est devenue l’article d’exportation le plus important, ce qui contribue sensiblement au revenu fiscal et aux résultats économiques du Mali. Les indices d’une telle situation doivent être les données géologiques qui devraient démontrer la possibilité pour un secteur minier de tenir un rôle important dans l’économie du pays.

Un pays a des noyaux de mines à échelle réduite, avec une population essentiellement itinérante. Si ces noyaux constituent ensemble une population de 50 000 individus ou plus, un gouvernement pourrait envisager de consolider ces efforts car les conséquences sociales et environnementales de même que les conflits culturels et politiques pourraient être explosifs.

Le marbre, une carrière à haute tension

UN SILENCE total entoure le secteur du marbre. Pourtant, beaucoup d’observateurs constatent, sans prendre la peine de fouiner, que les marbriers se font une fortune en peu de temps. C’est l’Etat qui perd des sommes d’argent astronomiques tant sur l’exploitation que sur l’importation des matériaux de travail sur cette roche noble.

Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines, ou marbrures (Veines et coloris sont dus à des inclusions d’oxydes métalliques, le plus souvent.).

Certains types de marbres portent des noms particuliers, par exemple le cipolinou la griotte. Le mot vient du latin «marmor», d’où l’adjectif marmoréen, «de marbre». La sensation de froid que l’on a en touchant du marbre, bien qu’étant à la température ambiante, est uà sa forte effusivité thermique. Il se prête bien à la taille et est très utilisé en construction, en décoration ou en sculpture. On peut s’en servir pour la salle de bains, mais n’est pas recommandé comme surface de travail pour la cuisine. Le marbre est très poreux (voir les minéraux qui le composent) ce qui, en contact avec certaines substances alimentaires, provoque sa détérioration.

L’utilisation du marbre comme matériel décoratif a été vue pour la première fois dans la construction intérieure des églises, en Occident.

En Afrique du Nord, on sait qu’il a servi, dès le milieu du deuxième siècle av. J. -C, à la construction et la décoration d’un sanctuaire monumental commandité par le roi numide Micipsa (148 à 118 av. J. -C.). Le marbre est aussi massivement utilisé pour la fabrication du dentifrice.

Il va de soi que lorsque toute cette richesse va à la caisse personnelle et dans les comptes des membres de la famille, les caisses de la Trésorerie générale ne peuvent que souffrir de ce manque à gagner.

D’abord, jouir d’un agrément ou une autorisation d’exploitation d’une marbrière représente un privilège. Car il n’est pas donné à tout le monde d’extraire le marbre et de le commercialiser. Son traitement après extraction nécessite également du matériel et des frais. Cependant, le secteur ne manque pas de magouilles qui sont à l’origine de richesses inimaginables alors que c’est l’Etat qui devait tirer profit de ces gisements naturels. Selon des observateurs proches du domaine, la majorité écrasante des bénéficiaires de l’exploitation marbrière ne respecte aucune norme. Sur les blocs extraits, c’est le 1/10 qui est déclaré. Les quotas d’extractions ne sont non plus nullement respectés. C’est ce qui fait qu’une carrière qui devrait vivre un certain temps, voit son âge atteint par la morosité dans la mesure où les marbriers forcent la vitesse et la cadence des extractions.

Ce qui porte atteinte aussi à l’environnement du fait que les couches de sédimentation reçoivent des chocs successifs à l’explosif, pourtant interdit, mais utilisé en petites quantités et en cachette dans certaines carrières. Si ces marbriers ne déclarent qu’une partie misérable des blocs extraits, où va le reste ? Les autres blocs sont écoulés au noir, sans facture ni trace bancaire.

Ceux qui les achètent les écoulent à leur tour au noir à des artisans ou à de petites unités de marbrerie qui procèdent au découpage et polissage des plaquettes avec un matériel acheté au noir aussi. Un spécialiste en matière de disques et de lames diamantées servant à découper le marbre a constaté que les prix des outils ont chuté de 100%. La cause en est une petite mafia qui s’est constituée, profitant des nombreuses failles du secteur de la marbrerie, depuis l’extraction jusqu’à la pose, pour importer frauduleusement disques et lames tous diamètres confondus pour les écouler, au noir aussi.

Exemple: un disque diamanté de 350 mm de diamètre, répondant aux normes européennes, importé en bonne et due forme avec taxes douanières et T.V.A coûte normalement 2.000 DH. Le marché noir propose cet outil de travail à moins de 1.000 DH. Ce sont ceux-là mêmes qui se procurent des plaquettes de marbre au noir qui achètent les outils aussi en contrebande. La plupart des plaquettes découpées sont utilisées à petites échelles dans les cuisines, les salles de bain ou les escaliers. Ainsi, le circuit du noir passe inaperçu alors que les sommes d’argent récoltées sont énormes et échappent à tout contrôle.

Il va de soi que lorsque toute cette richesse va à la caisse personnelle et dans les comptes des membres de la famille, les caisses de la Trésorerie générale ne peuvent que souffrir de ce manque à gagner. Le Maroc regorge de gisements de marbre. Du Nord au Sud, différentes couleurs de marbre se présentent: Volubilis, Luxus, Agadir, Bejâad, dans les provinces sahariennes, Tiflet, Khénifra, Zayan, Taza, Al Hoceïma, Azilal, Taroudant, Smâala, Timahdit, Azrou, Azemmour…

M.A

Impact fiscal et revenu en devises étrangères

Une industrie minière commerciale peut représenter une source importante de revenu en devises pour un gouvernement de même que de recette fiscale. Lorsqu’elles sont bien gérées, les rentrées en devises et les taxes produites par la mine peuvent être utilisées par les gouvernements pour la croissance économique générale et comme source de financement pour supporter les budgets nationaux dans le secteur social et des programmes de réduction de la pauvreté. L’impact fiscal important de la mine se retrouve dans des pays tels que le Chili, le Mexique, Botswana, le Ghana, l’Afrique.

La mine à échelle réduite fournit de l’emploi à environ 13 millions de travailleurs et à leur famille de par le monde, en particulier dans des pays tels que la Bolivie, le Brésil, Burkina Faso, la Chine, la Colombie, le Congo, le Ghana, l’Équateur, l’Inde, l’Indonésie, Madagascar, la Tanzanie et la Thaïlande. L’industrie minière commerciale assure de l’emploi et de la formation aux travailleurs et peut représenter une source importante de services sociaux aux populations lointaines. Toute forme d’industrie minière peut être accompagnée d’une croissance de l’activité de petites et microentreprises, qui assurent les fournitures et services aux compagnies minières, aux mineurs et à leur famille créant ainsi des revenus supplémentaires importants.

Pierres des fées

Nom donné par défaut à des roches sédimentaires trouvées dans une ancienne carrière de phosphate: Youssoufia au nord de Marrakech.

Composition:
Si (silicium) 43,4% soit SiO2 (dioxyde de silicium) 93% Traces de phosphate, phosphore 0,27% (peut-etre causées par l’enduit blanc présent sur la pierre, trouvée dans les phosphates) densité: 2,6

Les pierres des fées sont proches du silex. Les pierres des fées du Maroc seraient de l’Yprésien (étage le plus ancien de l’EOCENE durant l’Ere Tertiaire) 55 – 49 millions d’années.

Les pierres des fées ont des formes courbes, bombées laissant libre cours à l’imaginaire, on peut y voir des enlacements, des personnages, des madones…

Mes pierres de fées sont nettoyées manuellement pour enlever le phosphate qui les couvre, pas de bains dans des produits corrosifs afin de préserver la pigmentation naturelle (couleur «rouille» ou parfois rose résultant de l’oxydation).

En lithothérapie:
Pour les femmes qui ne se reconnaissent pas dans les stéréotypes sociaux et qui pourraient se sentir dévalorisées, blessées. Permettrait de reprendre contact avec la féminité intérieure, de redonner confiance en soi. Chance, porte bonheur, protection, fécondité (abondance).

Zeïda:

Quelle réhabilitation?

L’activité minière a été de longue date l’un des piliers fondamentaux de l’économie marocaine, et le secteur des métaux a connu lui aussi un développement substantiel depuis 1919 jusqu’en 1982. Dans ce cadre la production marocaine en matière de plomb avait dépassé en 1980 les 170.000 t de concentré, représentant 3,5 % de la production mondiale.

Les mines de la Haute Moulouya (districts Aouli – Mibladen – Zeïda) ont largement contribué à la production nationale en matière de plomb extrait dans cette région. Aujourd’hui dans l’abandon.

Situé sur les berges de l’oued Moulouya, le district minier de Zeïda , d’une superficie de plus de 600 km2, a été de 1972 à 1985 le siège d’une exploitation intense à ciel ouvert de minerai de plomb.

La mine de Zeïda, qui fait naître dans son giron une densité humaine cantonnée dans un faubourg où transitent humains et de marchandises venant de régions de Khénifra et de Meknes .C’est une agglomération regroupant une densité humaine importante, et qui fait pendant de la mine située dans une vaste plaine de 1300 m d’altitude.

La région, à climat aride froid, de nature montagnarde (précipitations moyennes annuelles de 300 mm), est caractérisée par de fortes pluies pendant les mois d’avril et de mai. L’oued Moulouya, qui traverse Zeïda, est caractérisé par un débit moyen annuel de 5,5 m3/s, et draine des terrains de pente faible (0,7%) .

Comme toute industrie extractive, l’exploitation des ressources minérales (extraction et valorisation) dans la région de Zeïda, a probablement généré à tous les stades un certain nombre d’impacts environnementaux et a porté atteinte aux différents éléments de l’environnement par ses effets directs et indirects.

Pour un développement des ressources minières
En effet, la protection de l’environnement n’était pas une préoccupation prioritaire au cours de l’activité de la mine, et même après l’arrêt du centre minier, le district minier a été abandonné sans être réhabilité. D’ailleurs, dans le code minier marocain, il n’y a pas de dispositions obligeant tout titulaire d’actes miniers de prendre des mesures nécessaires pour parer aux conséquences pouvant découler de son activité.

La contamination des eaux de surface, des sédiments, des sols et des plantes par l’activité minière passée ne surprend presque personne dans le voisinage du centre minier d’Aouli, abandonné et laissé à l’état tel qu’il a été en activité continue aujourd’hui à occuper une main d’oeuvre d’esprit artisanal.

L’incidence donc du centre minier abandonné de Zeïda sur l’environnement a porté, d’une part, sur le diagnostic de l’état actuel de l’environnement réalisé à proximité du district minier de Zeïda, abandonné sans réhabilitation dans la Haute Moulouya. La contamination des eaux de surface, des sédiments et des résidus miniers par les éléments traces métalliques laisse paraître dans des échantillons d’eau et de sédiments prélevés le long de l’oued Moulouya des degrés élevés de pollution par Pb et As avec des valeurs maximales respectives de 5547 g/t et 192,2 g/t pour les résidus miniers, 2277,4 mg/kg et 34,01 mg/kg pour les sédiments, et 130 ?g/l et 199,6 ?g/l pour les eaux de surface.

Les concentrations dans les eaux dépassent largement dans certaines stations les normes de potabilité (norme de l’OMS, norme marocaine), alors que dans les sédiments, les teneurs en Pb dépassent celle considérée comme naturelle, et les teneurs en As dépassent la moyenne mondiale des sédiments des rivières. Les résultats montrent la dégradation de l’environnement au voisinage du centre minier abandonné. Les résidus de traitement constituent dans ce sens la principale source de pollution et les sédiments constituent une réserve potentielle de polluants.

Les ouvrages immobiliers en quête de carrières

UNE CARRIÈRE est un endroit d’où sont extraits des matériaux de construction: pierres, sable ou différents minéraux non métalliques ou carbonifères. Le chantier se fait à ciel ouvert, soit «à flanc de coteau» ou «en fosse» jusqu’à une centaine de mètres de profondeur parfois.

Les carrières peuvent être souterraines ou sous-marines. Elles exploitent des roches meubles (éboulis, alluvionnaires) ou massives (roches consolidées sédimentaires(calcaires et grès), éruptis, oumétamorphique (granites,porphyres, gneiiss, amphibolites, quartzites,schistes,basaltes…)

Le terme «carrière» désigne également une installation industrielle complète comprenant: un lieu d’extraction et les machines servant à traiter la roche extraite (le matériau en «tout-venant», c’est-à-dire non trié), des hangars, des ateliers où sont coupés et taillés les blocs de roches. La distinction entre mine et carrière tient à la nature du matériau extrait (stratégique ou précieux pour la mine, de moindre valeur pour la carrière). Le mot vient du bas latin quadrus, «carré» (sous-entendu: quadrus lapis, «pierre carrée» pour la pierre de taille).

L’homme a commencé à creuser le sol avec des outils rudimentaires, en bois, corne ou os pour les sols meubles, en silex, pour les roches. Pour façonner les roches tendres, il a donc eu recours à des outils de roches dures. Mais pour façonner les roches dures, il a du attendre l’avènement des métaux, des abrasifs puissants comme le diamant, puis celui des explosifs .

Les premières exploitations se sont faites naturellement, il y a plus de 5000 ans, par ramassage des pierres à la surface du sol. Des pierres prélevées à l’état brut sont utilisée dans la construction des mur en pierres sèche, Les cailloux arrondis des rivières sont un matériau de choix mais sont difficile à mettre en oeuvre sans mortier, on les cimente donc au moyen de mortiers d’argile, prélevée sur place quand cela est possible. La recherche de pierres de plus en plus en profondeur conduit à l’établissement des carrières à ciel ouvert ou souterraines. Ainsi au néolithique déjà, dans les minières néolithiques du silex de Spiennes (Hainaut),des hommes contemporains des dolmens creusent des puits et des galeries pour se procurer le silexde la craie plus facile à mettre en oeuvre que les cailloux roulés inclus dans les limons .

Dans le monde antique, s’impose progressivement la nécessité de trouver des pierres les plus aptes à leur destination. Le travail d’extraction et de débitage des pierres se fait en plusieurs étapes: après le travail de «dé-couverture» des bancs de pierre propre à produire les pierres, dures ou tendres, compatibles avec leur destination, démarre le travail d’extraction lui-même. Afin de détacher les blocs que l’on pourra façonner, le carrier fait dans des cas très rares, appel à des strates et fissures naturelles, plus souvent il doit creuser des rainures, au pic, délimitant le volume et la forme des pierres telles qu’elle devront être réalisée .

D’après Eugène Viollet-le-Duc, les Romains sont les plus intelligents explorateurs de carrières qui aient jamais existé. «Les constructions de pierre qu’ils ont laissées sont élevées toujours avec les meilleurs matériaux que l’on pouvait se procurer dans le voisinage de leurs monuments. Il n’existe pas d’édifice romain dont les pierres soient de médiocre qualité; lorsque celles-ci faisaient absolument défaut dans un rayon étendu, ils employaient le caillou ou la brique, plutôt que de mettre en oeuvre de la pierre à bâtir d’une qualité inférieure; et si l’on veut avoir de bonnes pierres de taille dans une contrée où les Romains ont élevé des monuments, il ne s’agit que de rechercher les carrières romaines».

Les outils du carriers romains consistaient en pics, coins,leviers pour l’extraction, scies pour le débitage des blocs, ciseaux et marteaux, masses ou maillets. La Rome antique, le Moyen Age, la Renaissance, jusqu’au XIXe siècle font un usage massif de la pierre naturelle dans des architectures prestigieuses.

Aux techniques traditionnelles d’abattage, par saignée au pic, au coin, à la masse réalisées à bras d’homme, succède le travail mécanique et «aveugle» des machines : la frappe mécanique du marteau- piqueur, la scie à chaîne (haveuse), la perforatrice rotative (de la tarière au rotary), le marteau perforateur, le jet d’eau sous pression voir le laser de puissance .

La pierre cesse d’occuper la place prépondérante multiséculaire qu’elle a occupé dans la construction avec l’invention du béton (la pierre artificielle), plus facile à mettre en oeuvre.Les pierres de construction (ardoises, pierres taillées dites dimensionnelles, pierres tombales et ornementales) ne représentent qu’une infime, mais lucrative part de la production de roches. Au Maroc si l’on considère l’ensemble des roches abattues, les carrières dépassent en tonnage la production des mines. On extrait chaque année plus de 200 millions de tonnes de matière minérale rocheuse (en excluant les alluvions, moraines et autres emprunts de terrain meuble, qui représentent encore davantage) – la pierre à ciment et gypses , les granulats de béton, routes, ballast, les blocs pour enrochement (digues à lamer, ravaux portuaires etc .

M.Moudarir

Comment développer un secteur minier

Lors de la création d’une section sur l’industrie minière pour un Rapport sur la stratégie de réduction de la pauvreté (RSRP), le législateur doit concentrer son attention sur: récolte des données importantes pour comprendre l’impact actuel et potentiel, les risques, les opportunités de ce secteur dans son pays et discuter les résultats et identifier les priorités d’interventions dans le processus de consultation. Suivant la société civile du pays, ceci comprend les organisations environnementales non-gouvernementales (ONG), les syndicats, les associations industrielles, et autres parties impliquées. Dans la plupart des cas, il serait très utile que ce processus soit dirigé par le ministère des Mines ou le département des Mines. En général, ces départements ont acquis une expérience de cette industrie et seront prêts à participer à l’établissement d’une politique de réduction de la pauvreté.

Presque toujours une coopération constructive peut se créer entre le secteur privé des mines à grande ou petite échelle de manière que les données et l’expérience disponibles puissent être utilisés pour créer des possibilités réalistes de développement d’un secteur minier dynamique.

L’industrie minière peut aider à réduire la pauvreté de diverses manières, essentiellement par la génération de revenu et par la création d’opportunités de développement d’industries latérales ou secondaires :

Développement de l’économie locale
On peut dire que les grandes mines investissent beaucoup dans le développement de l’économie locale en assurant la formation, des services publics tels que l’éducation et les services de santé et des biens publics tels que l’eau propre, transports, énergie et infrastructure. Dans les pays avec larges ressources en charbon, tels que l’Afrique du sud, la Chine, et l’Inde, le charbon est une source d’énergie importante qui contribue au développement économique. Dans les pays aux hivers rigoureux tels que la Russie, Ukraine, Mongolie et Kazakhstan, le charbon est essentiel au chauffage.

Conséquences négatives possibles sur le pauvre
La mine, de même que la fermeture d’une mine lorsqu’elle n’est plus viable, peut également créer la pauvreté et affecter dans le mauvais sens les conditions de vie du pauvre et des autres groupes vulnérables. Des dommages à l’environnement sont possibles par la petite et la grande exploitation minière. La pollution et la restriction de l’eau, la gestion de la fermeture, le bruit, la poussière, et la perturbation du paysage sont des questions qui peuvent affecter la santé et la vie du pauvre et des groupes vulnérables qui sont peu mobiles et sans moyen de combattre les impacts négatifs.

Les conditions de vie très souvent dures des mineurs dans les petites et les grandes mines, en parallèle avec un manque d’information et d’éducation sur la prévention peuvent contribuer à une prolifération du sida et autres maladies contagieuses parmi les mineurs et leur famille. De même, les accidents du travail et les risques de maladies — cancer du poumon par exemple — réduit l’espérance de vie du mineur et souvent met les familles dans des situations précaires.

Mauvaise conjoncture pour les cimentiers

Les prémices du ralentissement du secteur cimentier ressenti depuis 2009 se sont confirmées en 2012 puis accentuées en 2013, suite au repli des mises en chantier. Les secteurs de l’immobilier et du bâtiment et travaux publics (BTP), qui évoluent sur une courbe descendante depuis le début de 2009, semblent s’installer dans la crise.

C’est ce qui ressort des statistiques concernant la consommation du ciment, principal baromètre de ces secteurs, pour le compte du premier semestre de l’exercice en cours, et qui font état d’une régression de l’ordre de 12,6%. A l’origine de cette contre-performance, le recul des grands chantiers d’infrastructures et des projets immobiliers. Un recul auquel seules deux régions sur les seize répertoriées ont pu échapper, à savoir Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra et Doukkala-Abda qui ont enregistré des augmentations de la consommation respectivement de 18,3 et 9,4% par rapport à la même période de 2012.

D’un autre côté, ce sont les régions de Guelmim-Smara et Tadla-Azilal qui ont été les plus touchées par les fortes baisses avec respectivement -48 et -26,2%. En ce qui concerne le Grand Casablanca, région qui s’accapare la part du lion de la consommation nationale de ce matériau, et détient le record des ventes avec 1,229 million de tonnes au premier semestre 2013, a enregistré un recul de 15,5%. En effet, le chiffre d’affaires des cimentiers étant étroitement lié au marché de l’immobilier et du BTP, a été impacté par la stagnation de l’activité. En outre, ce qui complique de plus en plus la tâche pour les acteurs de ce secteur, c’est que cette année la période «sèche», qui connaît les plus importantes mises en chantier, très attendue par les promoteurs, coïncide avec le mois du Ramadan et les fêtes religieuses, ce qui ne manquera pas d’accentuer la tendance baissière de l’activité.

Après avoir enregistré une croissance à deux chiffres entre 2006 et 2008, le secteur du ciment affiche un tassement depuis 2009. La consommation nationale de ciment évolue, en effet, selon un taux de croissance annuelle moyen de 10,8% depuis 2006 pour s’établir à 14 MT en 2008. En revanche, à compter de 2009, la demande a affiché des signes de ralentissement. Cette situation s’est accentuée en 2012 suite au repli des mises en chantiers qui coïncidait avec la montée en régime du nouvel entrant, à savoir Ciment de l’Atlas. Outre l’arrivée d’un nouveau concurrent, les cimentiers et l’ensemble des acteurs du secteur ont subi les répercussions de la décision de l’Etat d’opter pour des coupes drastiques dans les budgets d’investissement de la majorité des ministères, mais aussi du durcissement des conditions d’octroi des autorisations de construction et de la lutte contre le logement informel.

L’institution depuis janvier 2013 de taxes sur le sable et sur le rond à béton, venues en sus de l’augmentation de la taxe spéciale sur le ciment appliquée par la loi de Finances 2012, devrait avoir un rôle important sur le ralentissement des ventes de ciment.