Gestion macroéconomique et corruption

TOUS les pays offrant des ressources naturelles importantes n’offrent pas nécessairement un cadre attirant pour les investissements directs étrangers pour profiter des possibilités de création de revenu fiscal; non plus, les compagnies minières, en particulier lorsqu’elles sont nationalisées, ne sont pas toujours gérées avec l’efficacité financière et industrielle correcte. Les économies dépendant sur leurs ressources minérales ont plus souvent des problèmes de gouvernement et de corruption que les économies non minières.

De plus, les conséquences négatives d’une mauvaise gestion macro-économique peuvent se faire sentir plus durement dans le cadre d’une économie minière que non minière. La présence d’une mine va gonfler les salaires et maintenir un taux de change élevé ce qui empêchera d’autres secteurs d’être compétitifs internationalement et de participer à la croissance à l’exportation. Le coût d’une mauvaise gestion macro-économique est élevé lorsqu’on considère l’apport fiscal important de la mine et en particulier si on pense que les ressources minières ne sont pas renouvelables.

Impact Socioculturel : les activités minières peuvent avoir un impact négatif sur le mode de vie des habitants, avec des conflits socioculturels au moment du développement de la mine dans des zones rurales ou « sauvages ».

Développement économique : les salaires plus importants des mineurs peuvent provoquer une augmentation des prix locaux — avec le pauvre à la traîne ; et de plus, le pauvre et la population des non mineurs peuvent n’avoir qu’un accès limité aux services fournis par la mine.

Obstacles à la restructuration économique et fermeture de mine : les pertes énormes des mines nationalisées, spécialement le charbon, ont été un obstacle important à la restructuration économique et au redressement surtout dans l’Europe de l’est et l’ex Union Soviétique. La fermeture de mines non rentables a ajouté à la pauvreté spécialement dans les communautés à économie unique et régions minières. Outre les pertes de travail pour la population locale, les services essentiels originalement assurés par la mine — transport, énergie et eau par exemple cessent, avec un effet particulier sur le pauvre et les groupes vulnérables. Les fermetures de mines ont également affecté d’autres pays comme la Zambie, la Bolivie, la Namibie et les Philippines.

Que peuvent faire les pays pour maximiser les bénéfices de la mine pour réduire la pauvreté ? Ils peuvent passer par six étapes pour retirer le bénéfice maximum de la mine en vue de réduire la pauvreté.

-Récolte des données sur l’industrie minière et ses conséquences fiscales, économiques, sociales et environnementales. Ceci comprend la récolte et le classement de données précises pour une industrie minière à l’échelle commerciale et petite ou artisanale. Ces données peuvent comprendre la dimension des mines, leur emplacement, la production, les chiffres d’affaire, les investissements, la main d’oeuvre, les exportations, les importations, les ressources locales en matériel et les résultats financiers. Veuillez noter que l’absence de données géologiques peut freiner les investissements privés dans le secteur minier d’un pays négligeant ainsi l’utilisation de ressources existantes pour le développement économique. De même, les pays doivent surveiller les impacts sociaux et environnementaux dans les communautés et les régions affectées par les mines, et en particulier par la fermeture des mines.

-Établir un système sain de réglementations minières et d’octroi de licences pour les mines importantes. Ceci signifie un accord équitable avec accès facile et dégagement responsable, une politique fiscale saine et l’élimination des mines nationalisées subsidiées (MNS), ou, si elles existent, leur privatisation.

-Garantir des politiques macro-économiques saines de manière que les pays riches en ressources minérales profitent de l’impact que leur développement peut avoir sans bloquer les secteurs non miniers et perdre des opportunités.

-Attirer les investissements du secteur privé et encourager les développements privés par le biais de lois et réglementations appropriées. Les questions de propriété, utilisation des terres et de l’eau, les normes socio-environnementales, et les responsabilités doivent être clairement définies et correctement appliquées et surveillées. Dans un cadre réglementaire fiable, il y a un potentiel important de développements en aval, et d’activités économiques parallèles avec les fournisseurs et raffineurs, en particulier pour les entreprises petites et moyennes, qui à leur tour peuvent créer des possibilités d’emploi pour les non mineurs des zones avoisinantes.

-Insister sur un plan de fermeture de mine le plus tôt possible — de préférence avant le début de l’extraction, en aidant à la création du cadre local de gestion et d’administration et en créant et mettant en application les règlements appropriés et la supervision de la fermeture de la mine.

-Alléger les risques socioculturels, sanitaires et environnementaux pour la population de la mine par l’information et l’éducation, de même que par des accords avec la compagnie minière pour qu’elle assure des conditions de travail acceptables en aidant à l’établissement d’une infrastructure de communauté, de santé et d’éducation correcte et accessible. La clé à l’allégement de ces risques est l’instauration et la surveillance de normes appropriées. Il est important toutefois de ne pas demander à la compagnie d’investir dans des services qui sont typiquement de la responsabilité du gouvernement tels que par exemple santé et éducation, mais plutôt de trouver un accord de partenariat public / privé qui fait bon usage de la capacité d’investissement de la compagnie sans qu’elle ne prenne le contrôle du rôle de l’Etat.

Rédaction