L’économie verte en question

«L’économie verte» signifie une gestion rationnelle des ressources naturelles, une faible émission de carbone et une forte inclusion de l’élément humain dans le processus de production.

À l’échelle nationale, toutes les stratégies sectorielles (tourisme, agriculture, industrie, etc.) sont dotées de composantes de développement durable», a indiqué Moncef Ziani, membre du Conseil économique, social et environnemental, lors des rencontres du développement durable, organisées par l’Université Mohammed V – Souissi à Rabat sur le thème «Économie verte: quelles opportunités pour le développement durable au Maroc ?» Un cycle de rencontres mensuelles qui s’inscrivent dans le cadre du projet pour l’obtention du label «Université verte», «Green University», initié en partenariat avec le Bureau méditerranéen pour la culture, l’environnement et le développement durable (MIO-ECSDE, Mediterranean Information Office for Environment, Culture and Sustainable Development) en Grèce.

Le premier rendez-vous de ce cycle qui a débuté en février dernier a traité «le Maroc et le Sommet de Rio + 20», la rencontre du mois d’avril a débattu de l’économie «verte», le mois de mai sera réservé à l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Quant à la rencontre de juin, elle abordera la gestion rationnelle des déchets solides et liquides. Au mois de juillet, les participants à la rencontre discuteront de l’application des principes de l’«Université verte» à l’intérieur et à l’extérieur du campus universitaire. «Aujourd’hui, des opportunités s’offrent à l’université en matière de croissance verte, car il existe déjà des conventions entre les instituts de recherche et le secteur privé», a ajouté M. Ziani.

Ce dernier a souligné que l’économie nationale a déjà entamé une émigration vers les métiers verts. «Dans le passé, le métier vert se limitait à celui qui s’occupait de la protection de l’environnement comme par exemple l’agent chargé des stations d’épuration des eaux usées. Mais aujourd’hui, l’éventail des métiers verts s’élargit. Conduire le tramway fait aussi partie des métiers verts». Si certains saluent les progrès réalisés en matière de reconversion vers la croissance verte, il n’en demeure pas moins que d’autres restent sceptiques à ce nouveau mode de production. «L’économie verte est une forme de la crise du système capitaliste ou apporte-t-elle de nouvelles solutions ?», s’est interrogé Mohamed Ftouhi, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation et président du Club marocain pour l’environnement et le développement (CMED). Beaucoup d’interrogations persistent, mais cela n’empêche pas d’avancer des chiffres. À l’horizon 2050, les énergies renouvelables représenteraient quelque 30% des métiers verts, selon des études prospectives. L’université entame également sa mue. «Le projet “Université verte” est une initiative, qui vise l’intégration de la dimension environnement et le développement durable dans les activités de l’enseignement, de la recherche et de l’interaction avec la communauté à travers des forums consacrés à des questions précises comme l’économie verte, l’efficacité énergétique, la gestion rationnelle des déchets solides et liquides, les changements climatiques et l’éducation pour le développement durable. Notre projet vise également à faire du campus universitaire un “espace ami” pour l’environnement, l’utilisation des énergies renouvelables, le recyclage et la revalorisation des déchets, l’usage rationnel des eaux et puis l’expansion des espaces verts au sein du campus universitaire», a souligné M. Ftouhi.

Le projet vise également la promotion du partenariat avec des instances internes et externes oeuvrant dans le même domaine comme notamment l’administration, la société civile et les média. «Le projet “Université verte” s’appuie également sur l’implication de l’ensemble des acteurs universitaires : étudiants (clubs de la citoyenneté environnementale), enseignants chercheurs et le staff administratif (enseignement, recherche, actions concrètes sur le terrain et puis dialogue avec la communauté sur des questions relatives au développement durable aux niveaux local, régional, national et international)», a conclu M. Ftouhi.

Patrimoine culturel
Établi en 1990 à Athènes, le Bureau méditerranéen pour la culture, l’environnement et le développement durable (MIO-ECSDE) est une Fédération d’organisations non gouvernementales (ONG) méditerranéennes pour l’environnement et le développement, agissant comme plate-forme technique et politique pour l’intervention des ONG dans le pourtour méditerranéen. L’objectif principal du MIO-ECSDE est de protéger l’environnement naturel (biodiversité, forêts, côtes, ressources naturelles, climat) et le patrimoine culturel (monuments archéologiques, implantations traditionnelles, diversité culturelle, villes, etc.), ainsi que les domaines d’interaction entre les deux rives de la Méditerranée.

Rédaction/Université verte

de la question des déchets au Maroc

Face à une industrie inefficace, qui ne transforme en produits finis que 25% des matières premières qu’elle utilise, émettant 75% de déchets au terme de sa production, il faut agir! Le Pr Jamal Chaouki, professeur titulaire à l’Ecole polytechnique de Montréal au Canada, a donné une conférence à l’Université internationale de Casablanca sur «Les déchets : comment régler un problème environnemental et faire beaucoup d’argent»…

Chaque année, 3,6 gigatonnes (milliards de tonnes) de déchets industriels sont produits dans le monde. Seulement 7% de ces déchets sont recyclés et le reste est enfoui, impliquant beaucoup de transport, explique le professeur Jamal Chaouki, directeur du Centre de recherche en ingénierie de procédés – Bioraffinage (CRIP) de l’Ecole polytechnique de Montréal.

Ce spécialiste donne une précision qui provoque le tournis : «le transport annuel des déchets dans les pays développés fait 10.000 fois la distance Terre-Mars»!

Ces énormes quantités de déchets générant un transport faramineux sont le fruit «d’une industrie qui n’est absolument pas efficace», reprend le professeur Chaouki, également membre de l’Académie du Génie du Canada et de l’Ordre des Ingénieurs du Québec.

Sur la base d’un schéma, Jamal Chaouki explique que seules «25% des matières premières utilisées par l’industrie aboutissent à des produits finis, les 75% restants sont des déchets auxquels viendront s’ajouter les produits finis à la fin de leur cycle de vie». Se pose alors un réel problème de gestion de ces déchets. Et pour le professeur Chaouki, la seule solution, c’est de les traiter sur place.

Mais parmi les trois méthodes existantes actuellement : le traitement thermique, le traitement chimique et le traitement biologique, le détenteur principal de la chaire CRSNG-Total sur le développement de nouveaux procédés à hautes pressions et températures, préconise le traitement thermique.

De quoi s’agit-il ? Le traitement thermique peut se faire suivant trois procédés : «combustion ou co-combustion», «gazéification» et «pyrolyse».

Combustion, gazéification…
La combustion nécessite l’utilisation de l’oxygène pour brûler les déchets qui génèrent au terme du processus du CO2 et du H2O (eau). Elle devient co-combustion quand le charbon est mis à contribution pour brûler d’autres déchets, triés, granulés, densifiés et pulvérisés en amont, tient à préciser Jamal Chaouki.

La gazéification, elle, consiste à convertir des matières carbonées ou organiques en un gaz de synthèse qui «peut être converti en carburant avec le procédé du Fischer Tropsch», dixit le professeur Jamal Chaouki.

Un projet avec l’OCP
Par ailleurs, Jamal Chaouki a dit travailler avec l’Office chérifien des phosphates (OCP) pour le recyclage du souffre utilisé pour s’attaquer aux roches, selon le processus de gazéification. Le projet est en cours de conception. Sa réalisation permettra à l’OCP de faire d’énormes économies et de préserver aussi l’environnement.

En effet, l’OCP importe 500 millions de tonnes de souffre chaque année et la tonne se vend entre 900 et plus de 1.000 dollars… De quoi réaliser de vraies économies!

Mieux, si le projet de recyclage du soufre voit le jour, il évitera à l’OCP de déverser en mer le phosphogypse -précipité solide de sulfate de calcium hydraté- qui peut dégager du radon, un gaz radioactif cancérigène et potentiellement responsable de mutations.

…Et la pyrolyse
Quant au troisième traitement thermique des déchets prôné par le professeur Chaouki, il s’agit de la pyrolyse. C’est «une réaction chimique de décomposition d’un corps organique sous l’action de la chaleur et sans autres réactifs». Ce procédé permet d’obtenir du gaz, de l’huile, ou du charbon…

Après la présentation de ces différents procédés développés par le professeur Chaouki avec la société canadienne Ecolomondo Inc., ce dernier a néanmoins tenu à souligner que le meilleur moyen de gérer les déchets, «c’est de réduire la consommation à la source, puis de recycler». En la matière, il y a encore beaucoup à faire au Maroc.

Jamal Chaouki a fait quelques révélations qui bousculent les idées reçues sur le solaire et les sacs en papier prônés comme alternative aux sacs en plastique. «Méfiez-vous des panneaux qui transforment l’énergie solaire en électricité. Total a fait des essais sérieux sur leur durée de vie. Elle n’est que de 5 ans au lieu de 15 ou 20 ans que soutiennent les fabricants». En plus, et sans donner de chiffres, il soutient que «la fabrication d’un panneau solaire nécessite plus d’énergie que le panneau, lui-même, en produit durant toute sa vie». Les promoteurs du Plan solaire marocain apprécieront…

Le professeur Chaouki explique aussi que «le sac en plastique (tant décrié pour sa nuisance ) endommage moins l’environnement que le sac en papier, si on analyse leur cycle de vie, selon la “théorie du berceau au tombeau».

Le Maroc est-il appelé à devenir pays pollueur ?

Après le maigre accord de Doha et les échecs des sommets de Copenhague et Durban, les négociations sont tournées vers 2015 en espérant un accord groupant au moins 90% de pays.a

Mais de grands pays pollueurs connus (USA, Canada, Japon, Russie…) ont esquivé en 2010 à 2012 et évité la signature du renouvellement des accords ou amélioration des directives et recommandations espérées par l’opinion mondiale suite aux études alarmantes sur le climat mondial et la sonnette d’alarme lancée par des experts et savants chargés de l’évaluation de la situation actuelle et des projections d’avenir sur le développement de la pollution et ses conséquences sur le réchauffement climatique de la planète.

La lutte contre le réchauffement climatique a piétiné et certains grands pays pollueurs ont déjà fait savoir qu’ils ne signeront pas le prochain traité de lutte contre le réchauffement planétaire prévisible, et ce en dépit des mises en garde et avertissements lancés par l’ONU et la communauté internationale depuis 2008. Les négociations de la conférence internationale de Doha fin 2012 ont abouti à la prolongation du Protocole de Kyoto I jusqu’à 2020.

Cependant et alors que le Maroc aspirait à devenir un modèle en matière de conversion progressive vers les énergies renouvelables propres avec un objectif espéré de 42% en 2020, le ministère de l’Energie marocain a donné son aval à des compagnies étrangères en vue de préparer l’exploitation des sables et schistes bitumineux en mines à ciel ouvert (Tarfaya).

Officiellement, l’Office marocain des hydrocarbures et des mines (ONYHM) a autorisé en avril 5 compagnies internationales à commencer les forages d’exploration qui permettront d’évaluer plus précisément les réserves du Maroc en gaz de schiste ou résidus pétroliers.

Le Maroc dispose de réserves importantes de schistes, soit environ 50 milliards de barils des réserves en schistes et le pays va progressivement rejoindre ainsi le club du Top 10 des pays les plus pollueurs de la planète s’il persiste dans une politique de développement de stations de traitement-raffinage des sables bitumineux.

Mi-avril, une pétition a été lancée par des ONG et des associations écologiques et les initiateurs du sit-in du 21 avril sur la place du Parlement à Rabat (plus de 1600 participants) contre les autorisations d’exploration ou d’exploitation du gaz et de l’huile de schiste attribuées aux compagnies étrangères, ont enregistré en première semaine un peu plus de 600 signatures afin d’infléchir la décision du gouvernement.

A noter que l’Afrique représentait fin 2012, seulement 2% de la pollution atmosphérique mondiale, et le Maroc fut classé jusqu’en 2009 en 59ème position mais passera rapidement à un nouveau classement alarmant vers le groupe des 10 à 15 premiers grands pollueurs de la planète.

Rédaction

La centrale thérmo-solaire de Ouarzazate fait le compte

Le Maroc a officiellement lancé les travaux de construction de son parc solaire de Ouarzazate, point de départ d’un ambitieux programme qui doit permettre au Royaume de s’imposer comme une place forte en matière de production d’énergies renouvelables à l’horizon 2020.

La Centrale thermo-solaire, première phase du projet de parc solaire à Ouarzazate, «est la plus grande du genre au monde», a déclaré le directeur général de l’Agence marocaine de l’énergie solaire (Masen), Mustapha Bakkoury, lors de la cérémonie officielle présidée par S.M Mohammed VI.

Sa construction vient «conforter la volonté (…) d’optimiser l’exploitation des ressources naturelles de notre pays, de préserver son environnement» et de «pérenniser son développement», a-t-il ajouté.

D’un coût de 7 milliards de dirhams (environ 650 millions dollars), cette première centrale, dont la construction a été confiée à un consortium majoritairement saoudien, entrera en fonction d’ici fin 2015 et disposera d’une capacité de production de 160 mégawatts.

Une seconde phase, pour laquelle un appel d’offres est en cours. Elle permettra du coup de porter la capacité du parc de Ouarzazate à 500 MW, soit l’équivalent de l’alimentation en électricité d’une ville d’un million et demi d’habitants.

A l’horizon 2020, le Maroc, dépourvu d’importantes réserves en hydrocarbures, prévoit la construction de cinq parcs solaires au total, pour une capacité de production estimée à 2000 MW.

Ce plan, couplé à un développement comparable dans l’éolien, permettra au Royaume de couvrir 42% de ses besoins grâce aux énergies renouvelables.

A lui seul, le coût du programme de développement de l’énergie solaire a été estimé à près de neuf milliards de dollars.

M. Mohamed Abdullah Abunayyan, président du conseil d’administration d’Acwa Power le groupe saoudien lauréat du premier appel d’offres, présent à la cérémonie, a jugé que ce projet inaugural constituait «une preuve supplémentaire de la capacité du Maroc et de l’Arabie Saoudite à relever des défis technologiques d’envergure dans le domaine des énergies renouvelables».

S’agissant de l’appel d’offres pour la réalisation de la seconde phase du parc de Ouarzazate, l’ensemble des dossiers de candidatures devait avoir été déposé à mi-avril. Le lauréat sera connu «dans un an ou un an et demi», avait indiqué Mustapha Bakkoury.

Premier partenaire économique du Maroc, la France a publiquement marqué son intérêt pour la construction de cette seconde phase. Paris a remporté en début d’année un contrat dans l’éolien, le Groupe GDF Suez annonçant qu’il allait bâtir et gérer à Tarfaya (sud-ouest) le plus grand parc d’Afrique, en partenariat avec la société locale Nareva Holding. D’un coût d’environ un demi-milliard d’euros et d’une puissance de 300 mégawatts, il s’agit du plus grand projet jamais entrepris par GDF Suez dans l’éolien. Son entrée en service est prévue fin 2014.

E.M/Agence

Déchets :

les entreprises étrangères font commandes

Dix mille personnes fouillent les poubelles et les décharges au Maroc. Une pratique du pauvre qui pourrait changer avec le Programme national des déchets ménagers et assimilés (PNDM) de 3,85 milliards d’euros qui ambitionne de porter à 20% la proportion des déchets recyclés en 2015 et assurer des services de collectes à 90% de la population des villes en 2020. Un secteur prometteur et les entreprises étrangères sont de la partie. Un état des lieux d’Oxford Business Group.

Un pouvoir d’achat accru, des modes de consommation qui évoluent et de meilleurs rendements dans le secteur industriel, de même qu’une croissance démographique rapide, sont autant des retombées de la croissance économique soutenue dont a bénéficié le Maroc ces dernières années, mais la pollution et les déchets sont aussi des conséquences de cette croissance. L’étendue de ces problèmes a amené le gouvernement à se mettre à l’oeuvre pour réduire les externalités négatives en matière d’environnement, qui résultent du développement économique. Le traitement des déchets en particulier est devenu un défi important, en partie parce que le Maroc pâtit de systèmes de gestion des déchets sous-développés. Il est courant de jeter ses détritus n’importe où et on trouve des décharges illégales dans les zones urbaines.

Avec pour objectif de porter la proportion des déchets recyclés à 20 % en 2015, le gouvernement a lancé en 2007 un programme sur 15 ans, intitulé Programme national des déchets ménagers et assimilés (PNDM), qui vise à améliorer la collecte des déchets solides via le développement des services de collecte pour 90 % de la population des villes d’ici à 2015, puis 100% en 2020. Le programme, d’un montant de 40 milliards de dirhams (3,58 milliards d’euros), a reçu l’appui de la Banque mondiale, sous la forme d’une enveloppe de 200 millions d’euros en février 2011.

Le français Pizzorno déjà très actif Ce programme comporte un point crucial : il dépend, en grande partie, de la participation accrue du secteur privé. À la fin 2011, 32 % des ordures ménagères étaient transportées vers des sites contrôlés gérés par le secteur privé, en hausse par rapport à 2008, où la proportion n’était que de 10 %. Ce chiffre devait s’établir à 62 % à la fin 2012, avec cinq nouveaux centres de gestion des déchets prévus à Casablanca, à Beni Mellal, à Ifrane, à Khouribga et à Safi. En octobre 2012, les entreprises privées se chargeaient de collecter 76 % des déchets solides, contre 44 % en 2008. On estime que les habitants des villes produisent 0,76 kilo de déchets par jour et par personne.

Le groupe français Pizzorno, qui opère au Maroc via sa filiale Segedema, est l’une des entreprises internationales présentes dans ce secteur; il emploie environ 3000 personnes. L’entreprise est présente à la décharge d’Oum Azza, à Rabat, où près de 700.000 tonnes sont traitées chaque année. En 2007, Segedema a signé un contrat pour gérer le site de 100 hectares sur 20 ans.

En plus de ses activités actuelles, qui consistent principalement en la collecte de déchets dans les pôles urbains et le traitement des déchets, l’entreprise française a l’intention de commencer le recyclage et l’exportation de 400 000 tonnes de déchets par an. Ces opérations seront effectuées au centre de recyclage à l’entrée de la décharge d’Oum Azza, où des employés du centre non-régulé d’Akreuch de Rabat ont été recrutés.

En effet, l’un des principaux piliers du PNDM est la régulation de tous les centres de traitement des ordures du pays et la réhabilitation d’environ 300 décharges informelles d’ici à 2015. À ce jour, 21 décharges informelles ont été réhabilitées et 64 sont en cours de réhabilitation.

En plus des ordures ménagères, la décharge d’Oum Azza traite aussi les déchets industriels non-dangereux. Cependant, pour atteindre les objectifs du PNDM et accompagner l’augmentation de l’activité industrielle, les déchets industriels devront être traités en-dehors d’Oum Azza.

Des intervenants étrangers font leur entrée Les intervenants étrangers sont en train de faire leur entrée sur ce marché pour tirer profit de l’augmentation de la demande. En novembre dernier, l’entreprise française Elec-Recyclage, spécialisée dans le recyclage des déchets industriels, s’est établie dans la zone franche de Tanger (TFZ ou ‘Tangier free zone’). Le Français Elec-Recyclage, qui est déjà implanté en Tunisie et aux États-Unis, a investi 35 millions de dirhams (3,13 millions d’euros) dans son usine marocaine à TFZ. L’usine, qui s’étend sur 7000 mètres carré, traitera plusieurs types de déchets industriels, comme les déchets de bois, électroniques, métalliques, et plastiques. Elle collectera ces déchets auprès des industriels, à la fois dans l’enceinte de la TFZ et dans tout le pays, puis elle exportera les produits recyclés. En 2012, l’entreprise a traité plus de 15 000 tonnes de déchets dans le monde.

« Lorsque vous analysez la typologie des déchets au Maroc, 80 % d’entre eux sont organiques, et donc pour ceux-là, on peut faire appel à des technologies comme les digesteurs, qui génèrent de l’énergie et produisent des engrais organiques à partir de ces matériaux », a expliqué Ahmed Baroudi, le directeur général de la Société d’investissements énergétiques, à OBG. « Cela peut contribuer à diminuer de coûteuses importations d’énergie, qui peuvent être remplacées par la réutilisation des déchets de matériaux organiques. » Bien que ce soit un secteur économique comme les autres, le traitement des déchets est toujours fortement sous-exploité au Maroc. Il est toujours largement effectué de manière informelle, et on estime que 10 000 personnes fouillent les poubelles et les décharges à la recherche de produits recyclables. Dans un contexte où le pays cherche à réguler davantage ces activités, beaucoup d’opportunités devraient se présenter aux investisseurs, permettant par la suite au secteur de se développer et encourager une croissance industrielle et démographique plus durable.

Coentreprise OCP – Dupont

La gageur partenariale

L’OFFICE chérifien des phosphates (OCP) et le groupe DuPont Sustainable Solutions (DSS) ont procédé, récemment, à la création de leur coentreprise nommée «DuPont OCP Operations Consulting». Cette joint-venture vient associer la forte présence régionale de l’OCP à l’expertise confirmée de DSS afin d’améliorer la performance des entreprises marocaines et africaines en matière de sécurité et de développement durable.

Cette coentreprise combinera l’expertise mondialement confirmée de DuPont sustainable solutions (DSS) et l’expérience industrielle d’envergure dont jouit le groupe OCP. Détenue à parts égales (50%), cette joint-venture consiste à fournir des services de conseil et de formation dans les domaines de la sécurité industrielle, de la productivité, de l’efficacité énergétique, ainsi que la gestion environnementale. «Dupont OCP- Opérations Consulting» vient ainsi assurer à l’OCP et à l’ensemble du tissu industriel du Royaume un niveau de classe mondiale en matière de sécurité, de performance et de développement durable. Cet objectif reste à la fois réalisable et réaliste. Il faut dire que la forte présence régionale de l’OCP et sa stratégie de développement ne peuvent donner qu’un partenariat réussi.

«Conformément à notre vision stratégique, ce partage de savoir-faire nous permettra de combiner les points forts de nos deux groupes pour offrir au marché une gamme élargie de solutions en matière de sécurité, de performance et de développement durable. Il permettra à DSS de mieux répondre aux besoins locaux en déployant une offre de conseil et de formation adaptée au secteur industriel marocain et régional», souligne James Weignant, président de DSS. De son côté, Amar Drissi, directeur exécutif en charge du pôle industriel du groupe OCP, soutient que «cette joint-venture permettra à l’OCP d’améliorer de manière significative ses performances en matière de sécurité et de durabilité. En outre, l’ambition de l’OCP englobe l’objectif de faire progresser l’industrie locale et de développer une main-d’oeuvre plus qualifiée au Maroc».

La coentreprise «Dupont OCP Opérations Consulting» relève à cet effet d’un partenariat gagnant-gagnant, les deux géants pourront désormais rehausser les standards de sécurité dans la région et d’acter ainsi les engagements de l’OCP en matière de compétitivité industrielle, tout en veillant à ce que son écosystème industriel devienne plus respectueux de l’environnement.

L’annonce de la création de cette joint-venture entre l’OCP et DSS s’est faite en marge du symposium international sur l’innovation et la technologie dans l’industrie des phosphates (Symphos 2013) que l’OCP a organisé à Agadir, du 6 au 10 mai, sur le thème «Promouvoir l’innovation et la technologie pour un développement durable». Cet événement majeur pour les professionnels de cette industrie a regroupé les plus grands acteurs internationaux du secteur des phosphates.

Des industriels, des fabricants, des fournisseurs d’équipements et des chercheurs qui se sont réunis à cette occasion pour partager leurs expériences, découvrir les innovations les plus récentes et envisager collectivement l’avenir de l’industrie phosphatière.

M.O

HCP :

baisse de l’indice de confiance des ménages

Le Haut-Commissariat au Plan vient de publier les résultats de son enquête auprès des ménages sur l’évolution de l’ICM au premier trimestre de 2013.

Selon les données de l’enquête, l’Indice de Confiance des Ménages a enregistré une baisse de 2,6 points par rapport au quatrième trimestre de 2012 et de 7,1 points comparé au même trimestre de l’année précédente.

L’opinion des ménages sur l’évolution du niveau de vie au Maroc a reculé aussi bien par rapport au trimestre précédent qu’au premier trimestre 2012.

Concernant les perspectives d’évolution du niveau de vie au cours des 12 prochains mois, les perceptions des ménages ont connu une détérioration de 3,9 points par rapport au trimestre précédent et de 16,3 points par rapport à la même période de 2012.

Les ménages sont plus pessimistes concernant le futur du chômage dans le pays. 72,4% de ménages anticipent une hausse du nombre de chômeurs pour les 12 mois à venir contre 10,7% qui prévoient plutôt une baisse.

Le solde de cet indicateur s’établit ainsi à son niveau le plus bas depuis le début de l’enquête, enregistrant une baisse de 3,6 points par rapport au trimestre précédent et de 17,6 points par rapport à la même période en 2012.

La perception des ménages de leur situation financière actuelle et de ses évolutions passée et future s’est détériorée au premier trimestre 2013. Pour 57% des ménages, leurs revenus couvrent leurs dépenses, alors que 36,4% d’entre eux s’endettent ou puisent dans leurs épargnes. Seuls 6,6% des ménages déclarent pouvoir épargner une partie de leur revenu.

Le solde de l’indicateur relatif à la situation financière actuelle des ménages s’établit ainsi à un niveau négatif de -29,8 points, en baisse de 4,4 points par rapport au même trimestre de 2012 et de 0,4 point par rapport au trimestre précédent.

L’enquête fournit également des données sur les perceptions des ménages relatives à d’autres aspects, notamment la capacité à épargner. Sur ce point, les ménages sont de plus en plus pessimistes au premier trimestre 2013. 83,5% pensent ne pas pouvoir épargner au cours des 12 prochains mois contre 82,2% un trimestre auparavant et 81,3% un an auparavant.

Concernant les prix des produits alimentaires, près de 92,2% des ménages pensent qu’ils ont augmenté dans le passé et plus de 78,0% pensent qu’ils continueront à augmenter dans le futur.

L’unique hausse enregistrée est celle concernant l’achat des biens. Plus de 50,5% des ménages marocains considèrent que le moment n’est pas opportun pour faire des achats de biens durables alors que 22,1% pensent le contraire. Le solde relatif à cet indicateur s’établit à -28,3 points, soit une amélioration d’un point par rapport au trimestre précédent et de 4,2 points par rapport à la même période de 2012.

Phosphate hub, une opportunité

LE SITE INDUSTRIEL intégré d’envergure du Groupe OCP, Safi Phosphate Hub (SPH), dont les travaux de réalisation ont été lancés par SM le Roi, représente une «opportunité importante» et un «vrai projet stratégique», a souligné le P-dg du Groupe, Mustapha Terrab.

Il s’agit de développer, en profitant du nouveau port de Safi qui sera construit, une nouvelle plateforme industrielle équivalente à celle de Jorf Lsfar, a précisé M. Terrab.

Il a relevé que Safi Phosphate Hub sera un véritable second axe phosphatier qui sera développé sur une superficie de 1.300 ha et qui sera alimenté en termes de production non seulement par les bassins miniers de Gantour (Khouribga) mais aussi par le bassin de Meskala (Essaouira), puisque Safi se situe à mi-chemin entre les deux bassins.

M. Terrab a ajouté que le site actuel de l’OCP à Safi sera réhabilité et reconverti en une grande technopole de phosphate qui générera de l’emploi et de l’activité et qui drainera, sous une forme de zone industrielle nouvelle, un nombre important de sous-traitants et de partenaires du groupe.

Il a fait observer que Safi Phosphate Hub s’intègre à la stratégie de l’OCP qui consiste non seulement à doubler la capacité minière du groupe à l’horizon 2020, mais également à tripler sa capacité chimique, notamment celle de production d’engrais.

Doté d’une enveloppe budgétaire de l’ordre de 30 milliards de dirhams, Safi Phosphate Hub accueillera progressivement l’ensemble des activités du complexe actuel du Groupe OCP à Safi avec l’opportunité de développer les capacités de production et de créer de nouvelles lignes de produits spécifiques et innovants.

Symphos 2013

OCP : leadership mondial dans l’industrie du phosphate

L’OCP persiste et signe. C’est presque une seconde nature que l’Office s’approprie le rapprochant de tous les opérateurs en action dans son environnement et le positionne comme acteur incontournable dans l’industrie des phosphates dans le monde. Après le grand succès de la première édition 2011, qui a réuni, au Maroc, plus de 800 professionnels venus de 32 pays, ce symposium s’est imposé comme la référence dans le calendrier international du monde des phosphates.

SYMPHOS 2013,( Symposium International sur l’Innovation et la Technologie dans l’Industrie des Phosphates) a été au rendez-vous cette année dans la capitale du Souss Agadir du 6 au 10 mai 2013 sous le thème «Promouvoir l’innovation et la technologie pour un développement durable».

Cet événement, dédié aux innovations technologiques d’avenir dans le secteur des phosphates, d’envergure mondiale, a été marqué par la présence de plusieurs acteurs internationaux, opérant dans l’industrie des phosphates. Industriels, fabricants, fournisseurs d’équipements et chercheurs tous réunis pour partager simultanément leurs expériences et découvrir les innovations les plus récentes dans le domaine. Plus de 1100 experts et chercheurs internationaux de renom étaient présents.

C’est une opportunité qui permet de partager et s’imprégner des résultats de recherches et savoir-faire réalisés dans le domaine compte tenu de l’ampleur des débats. Élabores par un comité technique international de haut niveau et piloté par OCP, ce comité a oeuvré à enrichir et diversifier le contenu scientifique et technique en lien avec des thématiques pertinentes. C’est autour de neuf cours techniques, seize conférences plénières, 145 communications orales et 10 ateliers thématiques animés par des experts venus de plusieurs courants et différentes disciplines que Symphos 2013 s’est distingué, loin de toute aliénation pédagogique et restante en rapport avec l’industrie des phosphates.

C’est dans presque 100 stands d’exposition et 3000 rendez-vous de travail (B to B) et de rencontres que le programme de cet événement de premier plan, situé au coeur des enjeux de développement technique et industriel les plus récents du secteur, que s’est accrue l’idée et l’opportunité scientifique d’une telle rencontre. Des animations au bénéfice de différents programmes techniques de la rencontre, entre autre la question de la sécurité alimentaire dans le monde. Et comment en faire face à la hausse de la demande alimentaire. Un domaine où OCP s’est évertué en prenant part à l’amélioration du produit agricole et comment préserver les gisements phosphatiers par une exploitation performante
et durable intégrant sécurité et environnement.

En organisant la deuxième édition du SYMPHOS, OCP confirme sa position de première entreprise industrielle du Maroc, et un des leaders mondiaux de l’industrie des phosphates. Acteur de premier plan dans la production d’engrais phosphatés, son statut de promoteur dans l’appropriation de nouvelles idées de progrès lui confèrent résolument son engagement dans l’exploration de de l’innovation technique et industrielle au service du développement durable.

Après 90 années d’existence, OCP est aujourd’hui le leader mondial de l’industrie du phosphate.

Transformant de plus importantes ressources phosphatière en divers produits innovants destinés à de nombreux usages de par le monde.

Travaillant en partenariat avec d’autres acteurs de l’industrie des engrais, OCP développe des solutions novatrices pour relever le défi de provisionner une population mondiale toujours croissante.

Envisager l’avenir de l’industrie des phosphates c’est mettre en évidence le changement des procédés qui peuvent enfreindre l’offre actuelle et future des matières premières, des produits intermédiaires et finis du phosphate. C’est là où la question d’organiser un symposium devient pertinent en butoir enrichir le réseau des participants avec plus de 1000 producteurs, consommateurs, traders, analystes de marché, ingénieurs et experts techniques.

C’est en fait un programme riche, alliant sessions plénières, conférences, sessions orales spécifiques, ateliers pratiques, expositions et réunions B-to-B couvrant les différents domaines du secteur géologie et méthodes d’extraction des phosphates, qui a retenu les participants à ce symposium. Et ce par les techniques multiples d’enrichissement et manutention du phosphate, stockage fusion du soufre, fabrication d’acide sulfurique, fabrication et traitement d’acide phosphorique, fabrication des engrais et des matériaux phosphatés, l’Environnement et le développement durable, gestion et utilisation des sous-produits de l’industrie des phosphates (boues, phosphogypse), hygiène et sécurité, gestion industrielle, prévention de la corrosion et ingénierie des matériaux, etc. Un nombre excessif de procédés d’utilisation du phosphate a été exposé à travers débats et informations aux seuils de stands d’exposants venus prendre part à cette manifestation que OCP en fait sienne depuis déjà trois ans.

M.Moudarir

Stratégie innovatrice des valeurs

CETTE MANIFESTATION d’envergure mondiale se veut un espace de réflexion scientifique et d’échange de savoir-faire technique autour de thématiques relatives au secteur des phosphates dont le principal fil conducteur a été l’innovation sous toutes ses formes. Présent sur les cinq continents et disposant d’une des plus importantes réserves de phosphate au monde, OCP est incontestablement un des leaders mondiaux sur le marché du phosphate et de ses produits dérivés. Avec plus de 90 ans d’expérience dans l’industrie minière et plus de 45 ans d’expertise en chimie, OCP a acquis un savoir-faire qui lui permet de proposer l’une des plus larges gammes de roche pour divers usages. Premier exportateur de phosphate brut et d’acide phosphorique dans le monde et l’un des principaux exportateurs d’engrais phosphatés, OCP joue un rôle central dans ses régions d’implantation et emploie directement plus de 20.000 personnes.

Selon les chiffres de la Food and agriculture organisation (FAO), il y aura 8 milliards d’humains d’ici 2020 et 9,4 milliards en 2050. Rien que dans les pays en voie de développement, la population pourrait atteindre 8,2 milliards de personnes. Autant de bouches à nourrir. Par ailleurs, la moitié des terres potentiellement cultivables sont actuellement en cultures annuelles ou permanentes. 2 milliards d’hectares ont été dégradés et la dégradation ne s’arrêta pas. En cause, plusieurs processus, dont les plus importants sont en relation directe avec la gestion humaine des terres. D’où la grande menace qui pèse sur la sécurité alimentaire mondiale. Il fallait inventer une solution. Les phosphates et leurs dérivés, principalement le phosphore sont ainsi apparus comme les moyens les plus appropriés pour résoudre cette épineuse question. Parce qu’il contient du phosphore, le phosphate est un élément essentiel de cellules vivantes de l’homme. Egalement pour les plantes, le phosphore est le moteur de l’énergie produite par photosynthèse. Il renforce leurs racines quand il est utilisé en quantité adéquate. Le phosphore sert également l’industrie pharmaceutique comme il est utilisé pour la fabrication de plusieurs produits entrant dans l’usage quotidien des humains. Toutefois, compte tenu du risque de plus en plus grand d’insécurité alimentaire, c’est en tant que fertilisant que le phosphate acquiert sa qualité de matière stratégique. C’est pourquoi Mostafa Terrab, directeur général du Groupe OCP et ses collaborateurs ont complètement transformé cet office pour en faire un acteur majeur dans le monde.

Il s’agit en effet de préparer les conditions qui permettront à l’humanité d’éviter la crise alimentaire qui sévit déjà sous d’autres cieux. Fertiliser la terre c’est donc augmenter son rendement,et concevoir que ce processus ne doit pas générer un effet inverse, c’est-à-dire détériorer cette terre nourricière. Le symposium en a fait part des technologies propres et des moyens de protéger la terre qui nourrira les humains. Sur un autre registre, OCP tient à son leadership dans cette activité. Or, point de leadership sans une stratégie qui intègre parfaitement la variable innovation dans la création de valeur. La recherche développement est aujourd’hui une direction à part entière. Sa fonction est stratégique. Elle doit oeuvrer pour «la valorisation des comportements innovateurs par la promotion de l’innovation en menant des actions d’encouragement à travers l’adoption d’un système de reconnaissance de la contribution des innovateurs dans l’entreprise, la consolidation du capital technologique et la protection des savoirs et savoir-faire du groupe, moyennant une stratégie de propriété industrielle appropriée». Vaste programme qui permettra au groupe marocain d’être à la pointe d’un secteur sur lequel compte toute l’humanité.

M.Moudarir