De l’étain dans le site d’Achmach à Elhajeb

«Le Maroc a une industrie minière bien développée mais la majorité reste sous contrôle de l’État qui met des limites considérables pour freiner le développement de groupes étrangers sur son sol». Le top management du géant australien Kasbah Ressources, spécialisé dans l’étain, peut finalement souffler au Maroc sa première bougie minière. C’est en copulant son accord avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) que le groupe a finalement mis à contribution dans l’exploitation minière au Maroc.
Officialisé en août dernier, l’agrément autorise Kasbah à exploiter le site d’Achmach dans la province d’El Hajeb. Selon les termes du contrat, le permis d’exploitation minière serait attribué pour 5 millions de dollars. De plus, l’ONHYM a droit à une redevance nette de fonderie de 3 %, payable à la fin de la première année de production, prévue en 2013.
« C’est une étape importante dans le développement de Kasbah et l’aboutissement de nombreuses années de travail avec l’ONHYM », a déclaré Wayne Bramwell, P-DG du groupe australien.
Companies and Markets Bramwell a de quoi se réjouir, Achmmach est considéré comme l’un des plus importants gisements d’étain au monde. De même, Kasbah a défini une réserve de minerai de sept millions de tonnes, avec un taux important de 0,8 % d’étain. Si Kasbah a pu dénicher un tel contrat, ce n’est nullement le fruit du hasard. Le secteur minier au Maroc est tellement fermé que les opérateurs privés étrangers se comptent sur les bouts des doigts. Rares sont les groupes étrangers qui ont pu bénéficier facilement d’une cession de permis d’exploration ou d’exploitation au Maroc. Pour Kasbah par exemple, il aura fallu opérer une augmentation de capital de plus de 200 millions de dirhams en octobre 2010, pour financer ce projet sans véritables aides ni incitations de l’Etat. Autre exemple, le canadien Maya Gold & Silver a dû prendre son mal en patience pendant cinq ans, et les investissements coûteux qui vont avec, avant de découvrir un important gisement d’or dans la région d’Amizmiz, non loin de Marrakech. Sans parler des soucis infrastructurels auxquels le géant canadien a été confronté.
Cependant, la majorité de l’industrie reste sous contrôle de l’Etat qui met des efforts considérables pour freiner le développement de groupes étrangers sur son sol, peut-on lire dans le rapport. Les chargés de l’étude se sont aussi attardés sur les contraintes qui existent dans le secteur, à l’instar du régime fiscal, des infrastructures et des ressources humaines qui restent inefficaces. De ce fait, et compte tenu de ses contraintes, le cabinet d’études a positionné le Maroc 37eme sur une liste de cent pays dans son classement sur l’environnement des affaires. Sur le plan continental, le Maroc occupe la dernière position. Par rapport au monopole étatique, les chargés de l’étude ont cité OCP, Residnvest et Managem comme les principaux opérateurs dans le secteur.
Ceci n’empêche pas l’émergence de groupes privés dans l’exploration de l’étain, de l’or, de cuivre, de diamants et autres minerais, mais l’exploitation des différents sites du Royaume reste la chasse gardée de l’Etat. Au vu des prévisions de croissance du secteur, on comprend facilement pourquoi. En effet, et grâce aux phosphates, le secteur minier évoluera à un rythme soutenu avec une moyenne annuelle de 2,74 % les cinq prochaines années. En valeur totale, l’industrie minière devrait atteindre 1,43 milliard de dollars en 2015, soit une augmentation de 18 % par rapport à 2010.

La mine d’argent de Zgounder accordée à Maya Gold

Le gisement argentifère de Zgounder dans l’anti- Atlas au Maroc est encaissé dans une série volcano-sédimentaire protérozoïque, rapportée aux PII et PIII. La minéralisation disséminée est à argent natif mercurifère (2 à 30 % Hg) dominant, sulfosels d’argent (acanthite, pearcéite), arsénopyrite et sulfures de métaux de base. La teneur en arsenic de l’arsénopyrite, ainsi que les températures d’homogénéisation des fluides précoces témoignent de conditions initiales de haute température (plus de 400 °C). Les compositions isotopiques du plomb confirment un âge fini-Protérozoïque et tracent une origine crustale des métaux. Les similitudes avec le gisement argentifère proche d’Imiter sont fortes et amènent à considérer Zgounder comme un autre exemple d’épithermal néoprotérozoïque dans l’Anti-Atlas marocain, qui apparaît ainsi de plus en plus comme une province métallogénique argentifère. C’est l’opportunité qui a fait pic pour que la société canadienne Maya Gold & Silver Incorporation, spécialisée
dans l’exploitation minière, vienne de conclure une joint-venture avec l’Office National marocain des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM). L’accord signé porte sur l’acquisition, à hauteur de 85%, de la mine d’argent Zgounder, située dans les montagnes de Taroudant.
Après évaluation des offres internationales, le choix de l’ONHYM s’est finalement porté sur Maya Incorporation. «Ceci confirme la ferme intention de Maya de se focaliser sur l’exploration et le développement au Royaume du Maroc», a indiqué Noureddine Mokaddem, vice-président et directeur d’exploitation au sein de la compagnie canadienne.
Suite au rapport intitulé: «Le dépôt d’argent Zgounder province de Taroudant, Royaume du Maroc, Juillet 2012» qu’il a été donné un aperçu sur les ressources minérales historiques établies en 2004 à 869,650 t d’argent classement minéralisation 405,4 g / t Ag – (11,3 onces) . L’objectif de Maya est de confirmer et d’élargir les ressources historiques par la surface de systématique et de forage souterrain.
La mine Zgounder représente un investissement attrayant pour une petite société minière prêt à exploiter un gisement de taille moyenne dans un laps de temps relativement court. Avec des installations minières inscrivant l’usinage de cyanuration avec une capacité de 300 t / jour,et une usine de concasseur, d’une capacité de 300 t / h, une station de compression, une centrale électrique et un atelier d’usinage.
La validation préliminaire des valeurs historiques de dosage d’argent a été effectuée sur les carottes de forage et sur les visages de mur Adit. Les concentrations d’argent nouvelles obtenues à partir des noyaux anciens sont similaires aux valeurs de dosage historiques. En outre, les échantillons de copeaux Adit affichent des valeurs qui sont de 2 à 15 x plus élevée que les concentrations historiques. C’est une aubaine pour la taille d’une telle société qui jusqu’ici n’a pas divulgué ses intentions sur la collaboration techniques des Marocains.

Mines d’Aouli et Mibladène sous emprise artisanale

Les anciennes mines de plomb d’Aouli sont situées à environ 25 km au nord de Midelt, au centre du Maroc. Elles sont situées à la jonction des chaînes du moyen et du haut atlas oriental. Ces mines se trouvent au pied du majestueux Mont Ayachi qui domine la région à 3757 m d’altitude.
La société ‘les mines d’Aouli’ a été créée en 1926, par les Français, suite à la découverte des premiers gisements en 1907. C’est l’âge d’or de la région et des mines.
Les Français renforcent leur présence dans la région afin de veiller sur leurs intérêts : ils développent de nombreuses infrastructures, notamment un vaste complexe hydroélectrique permettant d’alimenter une des premières centrales électriques du Maroc qui alimente les mines et ses alentours, ainsi qu’un chemin de fer.
Après une période difficile, à cause de la crise économique et de la deuxième guerre mondiale, l’exploitation de ces mines reprend de plus belle. Les mines emploient alors, sous l’encadrement des Français, une main d’oeuvre locale et nombreuse.
Un village minier entier est construit juste au-dessus de la mine.
Mais, en 1980, les mines d’Aouli sont obligées de fermer à cause d’une gestion défaillante et de la baisse des cours du plomb. Aujourd’hui, ces friches industrielles en abandon sont particulièrement dépaysantes. Elles confèrent un sentiment de désolation envoûtante. Toutes les installations, l’ancien village des ouvriers ainsi que les habitations des cadres sont encore présents, dans une vallée encaissée au bord de l’Oued Moulouya, mais contrastant aujourd’hui avec un paysage désolant qui fait croire à une cité de morts où la faucille fait bruit à coté de burins creusant le site d’une ancienne mine de plomb exploitée dès 1912. Un minerai qui a forte proportion de cérusite (60%),de galène dans une gangue barytique.

Une autre dimension de marchés qui se positionne
La cérusite (carbonate de plomb) et la galène sont les minerais de plomb. Afin d’exploiter ses mines la société construit en 1928 l’une des premières centrales électriques du Maroc. Cette centrale hydraulique alimente en électricité le village et les mines grâce au barrage de retenue situé au pied du djebel Ayachi.
La société Penaroya exploitait deux mines de plomb: Mibladen et Aouli Le dernier puits de mine ferme en 1980.
On y exploite encore les minéraux pour collectionneurs: vanadinite, wulfénite, malachite, azurite, cérusite, aragonite, calcite… Et c’est une autre dimension de marchés qui se positionne en traficotant avec des destinations à l’étranger. Une autre affaire d’exploitation illicite qui fait usage dans la région de Midelt.

Mine de Akka : de l’or convertie en cuivre

Contrairement aux hydrocarbures, l’Etat ne prétend pas à une participation de 25% dans les sociétés d’exploitation minière.
Dans la prospection minière, même si le sous sol reste la propriété de l’Etat, l’exploration comme l’exploitation (en dehors des phosphates, bien entendu, monopole de l’Etat) sont libres et ouvertes à toute personne morale ou physique, quelle que soit sa nationalité.
Il suffit de demander un permis de recherche qui répond à certaines spécificités comme la durée et l’obligation d’effectuer des travaux. Une fois la faisabilité économique établie, le prospecteur a droit à un permis d’exploitation sous réserves de payer des droits modiques qui vont de 2 000 DH à 7 000 DH. Le permis de recherche est valable pour une période initiale de 3 ans, renouvelable pour 4 ans sur une surface de 16 km2. Le permis d’exploitation a, quant à lui, une durée initiale de 4 ans avec la possibilité d’une prorogation exceptionnelle de 12 ans. Cette extension est accordée si des gisements exploitables sont découverts. Et c’est ce contexte qui fait intervenir plus d’un sur un questionnement relatant la mine d’Akka. Elle est au sud- Est du Royaume , à quelques kilomètres des frontières algériennes, cette mine ne fournit pas assez d’or, ni en poudre ni en roche , pour maintenir son exploitation à des niveaux rentables. Et malgré cette position Managem, la société marocaine leader dans l’exploration minière, a pris une décision stratégique. La mine va être reconvertie.
Mais qu’en est-il depuis que le groupe Managem a souffert dans son projet de développement à Akka Gold Mining?
Au moment du lancement du projet, l’équipe de Managem, appuyée par celle de la maison mère (ONA à l’époque, SNI actuellement), tablait sur une production de 3,5 tonnes de métal jaune par an. L’exploitation a commencé en 2001 suite à un investissement global estimé à 900 millions DH. Akka Gold Mining devait ainsi maintenir un cap de production assez élevé pour assurer un chiffre d’affaires à la hauteur du risque pris.
Or, à partir de 2005, les failles dans les prévisions d’exploitation ont commencé à apparaître. Le mythe naissant de Akka Gold Mining se fissurait. L’impact de la découverte n’a pas été sans conséquence. Le Président directeur général de Managem de l’époque a sauté, remplacé illico presto par un autre de gabarit ancienne ONA.
Le nouveau venu corrige les prévisions de la minière, mais ne peut que respecter les engagements sur contrat pris par son prédécesseur. Des contrats qui obligent Managem à maintenir la mine jusqu’à nos jours. On ne peut écarter dans ce contexte l’investissement que la société compte faire au delà des frontières et ce dans les mines du Gabon, contournant ainsi l’idée selon laquelle sa dernière livraison, depuis le site d’Akka pour l’équivalent de 500 kg d’or, allait prendre fin en 2012.
Pour maintenir, tant bien que mal, l’équilibre financier de la mine, Managem l’a progressivement reconverti au traitement du cuivre. D’ailleurs, la mine tourne actuellement grâce au cuivre. Le seul hic, c’est que ce métal n’est pas extrait sur place. Pour l’instant, c’est le statuquo.
A ce titre il convient de rappeler que du point de vue fiscal, les équipements servant à l’exploration sont exonérés de droits de douane et l’Etat réduit de 50% les impôts des entreprises opérant dans le domaine mais seulement si elles exportent leurs produits miniers directement ou indirectement.

BTP : les granulats à l’appel

LES MATIÈRES premières servant à la fabrication des matériaux de construction dont les sables et graviers sont abondantes. Géographiquement, elles sont bien réparties à la surface du globe. Le territoire national en est bien pourvu. Pourtant, l’accès à ces matières premières devient de plus en plus difficile : l’urbanisation, la sensibilité des riverains, la volonté de protéger l’environnement sont des limites qui s’imposent à leur exploitation, elle-même indispensable à l’aménagement et au développement économique du pays.
La recherche de ressources pour faire face à la demande croissante en granulats et l’exploitation de ces ressources sans porter préjudice à l’environnement posent de plus en plus de problèmes notamment dans les régions actives en matière de construction.
Dans ce contexte la construction de l’habitat et l’aménagement de l’environnement font appel à trois grands secteurs d’activité, qui sont les industries de carrières et matériaux de construction, le bâtiment et les travaux publics. Tous les travaux liés à ces secteurs d’activité utilisent des matières premières sous forme de morceaux de roches, soit naturels (sables et graviers), soit obtenus artificiellement par concassage de roches naturelles : les granulats.
La taille des granulats est comprise entre 0 et 125mm. Leur nature et leur forme varient en fonction des
gisements et des techniques de production. Ils sont destinés à être mise en oeuvre soit directement, sans liant pour les solidariser (ballast des voies de chemin de fer, couche de fondation des routes, remblais…) soit en les solidarisant avec un liant ( ciment pour le béton, bitume pour les enrobés).
Les granulats sont obtenus, soit, en exploitant directement les alluvions détritiques non consolidées (sables et graviers des rivières); soit, en concassant des roches massives (granites, diorites, basaltes, calcaires, quartzites). On distingue trois catégories principales de granulats :
· les granulats d’origine alluvionnaire
· les granulats de roches massives
· et les granulats de recyclage

Les gisements alluvionnaires correspondent en fait à des matériaux non consolidés, généralement déposés pendant l’ère quaternaire par les glaciers, les cours d’eau ou sur les fonds marins peu profonds. Le gisement le plus habituel est celui du lit ou de l’ancien lit d’une rivière. En fonction de la situation du gisement par rapport à la hauteur du cours d’eau ou de la nappe phréatique de l’endroit, l’exploitation aura lieu “à sec” ou “dans l’eau”.

Les gisements de roches massives correspondent à une multitude de situations géologiques (couches plus ou moins épaisses, filons, épanchements volcaniques, massifs de granite…) et à des localisations géographiques très différentes. La carrière peut être implantée en plaine, sur un plateau, en montagne, au bord d’une falaise…
L’exploitation s’effectue à flanc de coteau ou en puits, en fonction de la situation du niveau géologique utile.
On peut ainsi extraire et produire des granulats avec des roches éruptives, des roches métamorphiques et
des roches sédimentaires consolidées (calcaires…).
Ces derniers causés par les rosions de roches, éruptives ou autres roches massives, en fait naître d’autres, roches sédimentaires, que l’enfouissement et la “cuisson” transforment en roches métamorphiques, le tout pouvant, par fusion, retourner à l’état de magma et faire naître de nouvelles roches éruptives… Dans tous les cas, ce sont toujours les mêmes éléments chimiques, en proportions variables, que la terre transforme, trie ou mélange dans un véritable “cycle des roches”.

Les roches magmatiques ou éruptives
Elles proviennent du refroidissement d’un magma préalablement fondu. Deux cas de figures sont à distinguer bien nettement : les roches volcaniques et les roches plutoniques.
Les roches volcaniques naissent par solidification de coulées de lave ou par l’accumulation de projections issues d’un volcan. La roche la plus fréquente est le basalte, de quantités suffisantes dans le Moyen Atlas. Les magmas qui leur donnent naissance proviennent de zones très profondes de l’écorce terrestre ou du manteau. Leur localisation correspond généralement aux zones fragiles de la tectonique des plaques. Quelques autres variétés : andésite, phonolite, trachyte, dacite, rhyolite…

Les roches plutoniques elles, cristallisent lentement à partir de magmas situés à quelques kilomètres (ou dizaines de kilomètres) de profondeur sous la surface.
Les cristaux qui les constituent sont, le plus souvent, visibles à l’oeil nu. La roche la plus fréquente est le granite. Les magmas qui leur donnent naissance proviennent, pour une grande partie, de la fusion d’anciennes roches, par élévation très forte des températures, dans les soubassements d’une chaîne de montagnes en formation. Les mouvements de soulèvement et l’érosion des terrains situés au-dessus provoquent leur affleurement. Quelques autres variétés : diorite, syénite, gabbro…

Les roches sédimentaires
Ce terme désigne toutes les roches formées à la surface de la Terre (surface des continents et fond des océans), par accumulation de sédiments : matériaux et substances issus de l’érosion de toutes les roches affleurant à la surface.
L’érosion fait naître des morceaux et grains (sables, graviers, grès, conglomérats), des particules fines (argiles) et des substances dissoutes (calcaire, gypse, roches salines).
Ces roches peuvent être meubles (sables, graviers, argiles…) ou consolidées (grès, calcaire…). Le rôle des êtres vivants est prédominant dans l’origine des calcaires. Ceux-ci fixent dans leur carapace le calcaire dissous dans l’eau (coquilles, squelettes, enveloppes microscopiques…). À leur mort, le calcaire s’accumule sur le fond.

Les roches métamorphiques
Celles-ci peuvent provenir de n’importe quelle roche préexistante que les événements tectoniques, dans le contexte des surrections montagneuses, enfouissent à des profondeurs où elles subissent les effets de la pression et de la température qui les font cuire sans les faire fondre. Cette forme de cuisson recombine les éléments chimiques et fait apparaître de nouveaux minéraux. Les grands mouvements de soulèvement, accompagnant la naissance des montagnes, ramènent ces roches vers la surface où elles finissent par affleurer. Les plus connues sont : les schistes, les gneiss, les quartzites, les marbres et les
amphibolites.

Extraction du granulat
La production des granulats nécessite l’extraction et le traitement. L’extraction des granulats s’effectue dans les carrières qui utilisent des techniques différentes selon qu’il s’agit de roches massives ou de granulats alluvionnaires meubles, exploités à sec ou en milieu hydraulique. Le traitement est réalisé dans des installations appropriées généralement situées sur le site de la carrière. Parfois, elles peuvent se situer à un endroit différent du site d’extraction. En général, il existe cinq principales étapes de production :
· décapage des niveaux non exploitables,
· extraction des matériaux,
· transfert sur les lieux de traitement,
· traitement des granulats pour obtenir les produits finis,
· et remise en état du site exploité.
En fin de traitement, on obtient des produits de qualité répondant à des critères bien précis et qui sont fonction de la nature des granulats, de la forme des grains,de la nature des opérations de traitement et de la granulométrie. Des mélanges avec des proportions précises pour chaque composant peuvent être réalisés, en vue d’utilisations bien particulières ou pour économiser les gisements.
Après traitement et classification des granulats, ils sont acheminés vers les aires de stockage, soit sous forme de tas individualisés, soit en trémies ou silos.

Réaménagement des carrières
Le réaménagement des carrières doit s’effectuer progressivement, tout au long des phases d’exploitation, jusqu’à la fermeture du site. Le mode de réaménagement doit être défini par l’étude d’impact et précisé dans l’autorisation d’exploiter avant l’ouverture du site.
Le réaménagement des carrières doit favoriser le développement de faunes et de flores diversifiées.
Dans tous les cas, les projets de remise en état et de réaménagement doivent être élaborés par les producteurs en concertation avec les propriétaires, les communes, les riverains, les associations, les pouvoirs publics…L’ensemble de ces partenaires doit s’entendre pour une gestion économe du “patrimoine carrière”.
En matière de réaménagement, plusieurs solutions peuvent être envisagées qui dépendent du type de carrière (carrière en eau, profonde ou peu profonde, carrière à sec) et de l’environnement du site (urbain, rural).Ainsi on peut réaménager en créant une zone ornithologique, une base de loisirs, un étang de pêche. On peut aussi procéder à des reboisements et à des réaménagements forestiers, et à des remises en état à des fins agricoles.

L’ENIM DANS LE TEMPS

40 ans de Rayonnement

Depuis sa création en 1972, l’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale n’a cessé d’évoluer pour répondre aux besoins du marché national en ingénieurs polyvalents de haute qualité, aptes à exercer leurs fonctions dans un environnement marqué par la mondialisation.
Initialement, la mission principale de l’ENIM a été de former des ingénieurs pour le secteur minier et l’industrie minérale. Ainsi entre 1975 et 1983, 447 ingénieurs ont été formés dans les domaines de la Géologie, des Mines et traitement des Minerais et 61 ingénieurs dans le domaine de la métallurgie comme le montre la figure 1. Cette dernière spécialité a été créée en 1977 pour accompagner les efforts du pays dans le domaine de la sidérurgie et du développement de l’Industrie métallurgique lancée à l’époque. La majeure partie des ingénieurs formés entre 1972 et 1983 ont effectivement fait carrière dans les secteurs ayant trait à la mine, l’industrie minérale et métallurgique (OCP, ONA, ONCF, ONAREP, ONHYM dite aussi à l’époque BRPM, et le Ministère de l’Energie et des Mines…). Le cursus de formation de ces ingénieurs a été étalé sur 4 ans répartis en deux cycles En 1983, l’ENIM a vu la création de deux nouveaux départements, à savoir l’Electromécanique et le Génie Chimique Energétique, afin de répondre aux besoins nationaux dans ces domaines. En effet au début des années 80, l’industrie nationale, de même que le secteur minier, a connu un développement et modernisation dans les outils de production nécessitant l’intervention d’un nouveau profil d’ingénieur : Electromécanique. Et aussi la création du département Génie Chimique Energétique.
A la même période Le département Métallurgie a été transformé en Génie des matériaux, le département Géologie en Sciences de la Terre et les départements Exploitation des Mines et Valorisation des minerais ont été fusionnés en un seul département : Département Mines, assurant une formation polyvalente en Génie
Minier.
La 1ère promotion d’ingénieurs d’Etat comportant 71 ingénieurs est sortie en 1986. Le cursus de formation a été étalé sur six ans après le baccalauréat. Pendant la dernières année, une ouverture sur le monde industriel et de recherche technologique est assurée par l’intermédiaire de cours à caractère pratique traitant de problèmes concrets industriels, et par l’introduction de modules abordant les derniers développements technologiques dans les domaines intéressant le développement industriels du pays.
Les spécialités offertes à l’ENIM, se présentent comme suit : Les sciences de la terre : le caractère polyvalent de cette formation permet à l’ingénieur ENIM d’intervenir efficacement notamment en géologie minière, en géologie pétrostructurale, en hydrogéologie et en géotechnique
-le Génie Minier : réunissant les aspects exploitation des Mines proprement dite et la traitement des minerais.
– les sciences des matériaux : orientée sur la transformation des matières minérales en métaux, la fabrication d’alliages et matériaux non métalliques, la mise en forme des matériaux, la protection contre la corrosion des matériaux et l’entretien des installations industrielles.
-le génie chimique énergétique : assure une formation solide en génie des procédés tout en intégrant une ouverture sur l’énergétique industrielle.
-l’électromécanique : assure une formation d’ingénieur généraliste possédant de très solides bases en mécanique et en électricité.
Les spécialités existantes à l’ENIM ont conduit l’établissement à se structurer en six départements d’enseignements généraux et recherche :

Le département des enseignements généraux et techniques
Le département sciences de la terre
Le département Mines
Le département Sciences des Matériaux
Le département Génie Chimique
Le département Electromécanique

En 1990, une réforme des études a eu lieu pour s’adapter à la suppression des cycles des années préparatoires dans les écoles d’ingénieurs et la création des centres de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) à l’échelle nationale. Ainsi la formation à l’école est passée de six à trois ans, et les programmes de certaines spécialités ont été revus et adaptés à ce nouveau système aux nouveaux besoins : le département Génie Chimique Energétique a été transformé en Génie des Procédés Industriels, avec une ouverture sur l’industrie de transformation d’une manière générale et la création en son sein de deux options de formation : Procédés et Energie.
En 1990 le département informatique a vu le jour, malgré les réticences d’un certain nombre de partenaires de l’école. Mais vu le retard d’informatisation enregistré aujourd’hui par l’économie et la société marocaine, d’une manière générale, il est clair que l’ENIM a bien su anticiper les choses. Et ce département a bien contribué et contribue encore aux efforts d’informatisation et du développement de l’utilisation des technologies de l’information dans l’industrie nationale.
En 1996 a été initiée une autre réforme des études visant à créer de nouvelles spécialités et à former des ingénieurs polyvalents et pluridisciplinaires pouvant répondre aux nouvelles exigences du marché du travail. Suite à cette réforme, initiée en 1996 et complétée en 1999, une douzaine d’options ont été créées dans les six départements de l’école couvrant pratiquement toutes les disciplines de l’ingénieur. Certaines de ces options sont nouvelles (Maintenance Industrielle, Systèmes de Production, Matériaux et Contrôle Qualité) d’autres ont été restructurées (Génie Géologique, Aménagement, Exploitation et Protection du Sol et Sous-Sol, Ingénierie des Procédés etc..).
Dans le cadre de la nouvelle architecture pédagogique nationale (Système LMD), 11 filières présentées par l’ENIM ont été accréditées par Commission Nationale d’Accréditation de l’Enseignement Supérieur (CNACES) :

• Génie Informatique
• Systèmes de Production
• Electromécanique avec 2 options Electromécanique et Maintenance Industrielle
• Génie Energétique
• Ingénierie des Procédés
• Management Industriel
• Environnement et Sécurité Industriels
• Matériaux et Contrôle Qualité
• Mines avec l’option Aménagement, Exploitation et Protection du Sol et sous Sol
• Génie Hydro-Géotechnique
• Génie Mécanique et Développement

Dans le cadre des mesures d’accompagnement à la stratégie énergétique nationale, notamment dans le domaine des énergies renouvelables et suite aux différentes discussions et réunions avec les responsables de l’ENIM, le Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement a décidé (lettre du 31/05/2010) de procéder à une orientation complémentaire dans la formation du cycle d’ingénieur d’Etat au sein de l’ENIM.
Ainsi, dès la rentrée universitaire 2010-2011, une nouvelle option intitulé « Energies Renouvelable » a été mise en place pour les élèves ingénieurs les plus méritants des filières Electromécanique.
Un projet de création d’une filière Energies renouvelables et développement durable, retraçant les différents modules suivant un cahier de charges bien défini a été élaboré à cet effet et remis au Ministère. Des travaux sont en cours pour affiner les programmes et présenter la filière pour accréditation auprès de la Commission Nationale d’Accréditation de l’Enseignement Supérieur Durant les 40 dernières années, l’ENIM a formés prés de 4000 ingénieurs qui opèrent dans tous les domaines d’activité économique et qui occupent des postes de responsabilité de choix. L’ENIM d’aujourd’hui c’est 12 Filières et Options.

Carrières : harmonisation entreprises / voisinage

Les conflits entre politiques différentes où entre intérêts locaux et intérêt général peuvent naître et pourront faire appel à l’intervention de l’Etat. Or celui ci ne peut jouer son rôle d’arbitre que s’il dispose de procédures et d’instruments lui permettant de passer outre aux oppositions compréhensibles et contradictoires des acteurs. Concernant les carrières des granulats, la négociation locale (entre propriétaires de terrain, exploitants) peut aboutir au consensus tout en assurant des relations harmonieuses entre la société exploitante et son voisinage. Cependant des désaccords et des situations de blocage nécessiteront l’arbitrage de l’État. Et pour ce faire, la gestion des carrières doit disposer d’un cadre juridique applicable et qui tient compte des exigences internationales et de développement durable.
Dans ce sens, afin d’assurer l’exploitation des ressources en matériaux de carrière dans les meilleures conditions au regard de l’environnement, la loi relative aux carrières introduit la création des schémas régionaux des carrières ; Ce schéma prend en compte l’intérêt économique national, les ressources et les besoins en granulats de la région et des régions voisines, la protection des paysages, des sites et des milieux naturels sensibles, la nécessité d’une gestion équilibrée de l’espace, tout en favorisant une utilisation économe des matières premières. Il fixe des objectifs à atteindre en matière de remise en état et de réaménagement des sites.
Par ailleurs, des schémas directeurs dépassant le cadre régional peuvent également être établis. On peut prévoit l’élaboration et la mise en oeuvre d’un schéma interrégional ou national d’approvisionnement en granulats. Son objectif est d’assurer la continuité des approvisionnements, tout en respectant les impératifs de protection de l’environnement depuis le lieu d’extraction jusqu’aux centres de consommation, en intégrant la problématique des transports. Le schéma interrégional ou national doit donc définir le juste équilibre permettant d’organiser à long terme une gestion rationnelle et économe des ressources en granulats.
L’intervention de l’État vise à ce que l’exploitation des ressources en granulats puisse correspondre aux besoins de l’économie, au potentiel géologique du pays et aux impératifs de la protection de l’environnement.
Elle s’attache à tempérer, lorsque cela est nécessaire, le caractère purement local des procédures relatives au foncier et de la négociation entre entreprises et riverains. Ses moyens vont de l’intermédiation à la planification de l’exploitation des ressources, de la négociation à la mise en oeuvre de procédures juridiques spécifiques, comme l’instauration de “projets d’intérêt général”.

Contraintes d’exploitation
Rappelons que les granulats, produits en très grandes quantités, sont des matériaux dont le prix d’achat double tous les 50 km à cause des frais de transport, en particulier quand ils sont acheminés par camions, ce qui est une obligation pour l’approvisionnement de nombreux chantiers.
Les réserves de granulats sont quasiment illimitées, mais beaucoup d’entre elles restent inexploitables pour des raisons diverses (inaccessibles, intégrées à des zones urbaines, sites classés ou protégés, exploitation trop coûteuse, sensibilité environnementale).
Trouver, exploiter et restituer à l’environnement des carrières de granulats apparaît comme une nécessité de notre société qui exige à la fois la qualité de vie et la commodité des transports. Pour répondre aux besoins du pays, il faudrait :
· connaître les matériaux, leur origine géologique, leur répartition géographique,
· préserver l’accès aux réserves exploitables,
· utiliser au mieux les matériaux,
· comprendre les impératifs économiques,
· exploiter les carrières avec des techniques modernes et appropriées,
· résoudre l’ensemble des problèmes dans un environnement de qualité.
C’est pour accentuer une vision plus compétitive que le ministère du Transport et de l’Equipement, vient d’examiner la situation actuelle des carrières et les différentes mesures à mettre en oeuvre pour réglementer le secteur. Occasion de souligner la nécessitéde simplifier les règles et les procédures d’obtention des autorisations d’ouverture de carrières afin de stimuler l’investissement dans ce secteur, le but étant de répondre aux besoins croissants du marché national des matériaux de construction conformément aux dispositions des lois en vigueur, indique un communiqué du ministère.
Pour ce qui est de la lutte contre l’exploitation illégale des carrières privées de sable, le contrôle sera renforcé notamment au niveau des exploiteurs de ces carrières, ajoute la même source.
Dans le cadre de la préservation de l’environnement et la lutte contre la surexploitation des dunes côtières et des plages, plusieurs études ont été élaborées par le ministère, portant sur la réserve nationale de matériaux de construction en général, et le plateau de sable et de la fragmentation, en particulier, souligne le communiqué, relevant qu’une commission sera chargée de mettre en place une nouvelle perception de l’organisation des appels d’offres relatifs à l’exploitation des carrières de sables.
Par ailleurs, ajoute la même source, le ministère de l’Equipement et des Transports oeuvre, en partenariat avec les autres secteurs et professionnels concernés, pour finaliser la dernière version du projet de loi relatif à l’exploitation des carrières.
Aziz Rabbah avait affirmé lors d’une intervention au cours de l’émission «45 minutes», diffusée récemment par la première chaîne de la télévision nationale, que la législation en cours de préparation vise à organiser l’exploitation des carrières de sable s’inscrit dans une démarche de protection de l’environnement, de promotion de la compétitivité et de contrôle des revenus du secteur, dans un cadre de transparence et de lutte contre le pillage des ressources naturelles.
«Il était nécessaire d’entrer dans une phase de réglementation (du secteur), eu égard aux retombées écologiques, financières et économiques de l’exploitation anarchique du sable», a-t-il dit expliquant que dans les carrières réglementées, les surfaces exploitables doivent être respectées et réhabilitées à la fin de la période d’exploitation, chose qui demeure impossible à réaliser dans une situation de pillage et d’anarchie.
Les résultats d’une telle situation sont catastrophiques pour l’environnement, notamment au niveau de salinité des eaux dans plusieurs régions, outre la dégradation des plages, ce qui constitue une perte pour la société, les citoyens et les entreprises, avait noté Rabbah.
Soulignant que les volumes exploités dépassent largement ce qui est déclaré, selon des statistiques établies par son département (55,5% des sables prélevés non déclarées, soit une perte en revenu de plus de 11 millions de mètres cubes pour les communes), le ministre avait précisé que la nouvelle législation, qui remplacera le Dahir de 1914, sera avantageuse pour les citoyens comme pour les entreprises.

Rédaction/agence

Ce que le Maroc produit à part les phosphates

Le Maroc n’est pas encore un pays pétrolier, mais son sous-sol est assez bien doté en ressources minérales autres, ce qui lui confère une place privilégiée dans le domaine. Selon l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), en charge des activités minières au Maroc, peu réticent en matière de communication nous livre ses derniers chiffres remontant à 2010. Pour cet organisme le Royaume produit 28,3 millions de tonnes de minerais par an pour une contre-valeur de 40,1 milliards de DH, ce qui représente 6% du PIB. Nous rappelant également que le secteur emploie près de 34 500 personnes. On s’en doute bien. Estimons que seuls les phosphates représentent près de 90%, qu’il s’agisse des tonnages ou des recettes générées. Mais d’autres minerais sont aussi extraits. Ainsi, si le Maroc a extrait (hors valorisation) un peu plus de 26,6 millions de tonnes de phosphates, il a aussi produit et exporté d’autres minerais comme le fer (44 700 tonnes), du plomb (46 000 tonnes), du cuivre (53 400 tonnes), du zinc (87 400 tonnes)…
Pour ce qui est des produits miniers transformés, outre l’acide phosphorique et les engrais, il y a aussi de l’argent (243 tonnes) et de l’or (650 kg contre 1,3 tonne en 2006). Le Maroc produit également du nickel (317 tonnes).
Globalement, la production minière, hors valorisation, semble stagner. Si l’on considère les chiffres arrêtés à 2010. En effet, la recherche minière au Maroc, qui date du début du XXe siècle, est aussi aléatoire que la recherche pétrolière. Et il faut compter entre 7 et 10 ans pour mettre au jour un gisement et évaluer de manière sûre ses réserves avant de commencer son exploitation.

Uranium
En plus des 77 concessions du patrimoine minier existantes, on totalise 563 permis d’exploitation et 3 647 permis de recherche. Les explorateurs comme les exploitants sont de diverses nationalités et de diverses tailles car la recherche minière peut aussi bien se faire par des multinationales que par des personnes physiques. En effet, ce sont les marocains Managem et Akka gold mining (AGM) qui exploitent l’or, tout comme le zinc et le cuivre. Chez les étrangers, on trouve à côté de l’australien Kasbah Resources, qui exploite un site d’étain, l’allemand Okosys et l’espagnol Tolsa qui produisent de la bentonite, mais aussi le malaisien Tamara Mining qui extrait du fer.
Globalement, chaque année, ce sont entre 4 et 5 milliards de DH qui sont investis entre exploration et production. En 2011, l’ONHYM a dépensé, de son côté, 60 MDH pour prospecter et promouvoir le Maroc en
tant que destination de choix pour l’exploration minière. Le programme d’exploration continue et l’office recourt à de nouvelles technologies comme la télédétection hyperspectrale, la géophysique aéroportée et la géochimie sol pour enrichir le plan national de cartographie géologique (PNG) afin de convaincre les investisseurs de venir au pays.
C’est grâce à cela que des gisements de métaux précieux notamment d’or, ont été découverts tels que ceux de Lourim (province de Tiznit), Had Imawn et Tafrent (du côté de Ouarzazate), Jbel Malek et Azougar n’tilili (province de Tan Tan). D’autres zones sont en cours d’exploration ou de reconnaissance poussée. Il en est ainsi de la province d’Aousserd pour le fer, entre autres métaux.
Outre l’intérêt pour les métaux précieux mais également pour les métaux de base (plomb, zinc et cuivre) comme à Jbilet et Guemassa, l’office insiste aussi sur l’exploration des provinces du Sud qui a commencé depuis 2009 pour la recherche de l’uranium.
Des indices intéressants (on parle bien d’indices) ont été mis au jour à Agracha et Matallah dans la province d’Aousserd. Les sondages effectués sont si encourageants qu’on parle de réserves potentielles de plusieurs millions de tonnes.
Aujourd’hui, l’ONHYM s’est désengagé de l’exploitation ou du partenariat dans la production.
L’Etat a choisi de faire de son démembrement un outil de recherche préliminaire dans des domaines où aucun opérateur ne peut investir. Il faut en effet lui prouver d’abord l’intérêt qu’il a à venir dans une région ou une autre. De plus, l’Etat s’engage à encourager les éventuels investisseurs, en prenant à sa charge entre 50% et 70% des infrastructures d’installation comme les routes, notamment, et même le raccordement à l’eau et à l’électricité

Prospection minière : Un domaine ouvert aux personnes morales ou physiques
Contrairement aux hydrocarbures, l’Etat ne prétend pas à une participation de 25% dans les sociétés d’exploitation minière. Dans la prospection minière, même si le sous-sol reste la propriété de l’Etat, l’exploration comme l’exploitation (en dehors des phosphates, bien entendu, monopole de l’Etat) sont libres et ouvertes à toute personne morale ou physique, quelle que soit sa nationalité.
Il suffit de demander un permis de recherche qui répond à certaines spécificités comme la durée et l’obligation d’effectuer des travaux. Une fois la faisabilité économique établie, le prospecteur a droit à un permis d’exploitation sous réserves de payer des droits modiques qui vont de 2 000 DH à 7 000 DH. Le permis de recherche est valable pour une période initiale de 3 ans, renouvelable pour 4 ans sur une surface de 16 km2. Le permis d’exploitation a, quant à lui, une durée initiale de 4 ans avec la possibilité d’une prorogation exceptionnelle de 12 ans. Cette extension est accordée si des gisements exploitables sont découverts.
Du point de vue fiscal, les équipements servant à l’exploration sont exonérés de droits de douane et l’Etat réduit de 50% les impôts des entreprises opérant dans le domaine mais seulement si elles exportent leurs produits miniers directement ou indirectement.

De la destruction morphologique des plages

Le littoral du Maroc présente une longueur de 3500km et constitue la zone de concentration des activités économiques et sociales. Il joue un rôle déterminant dans le développement
économique et social du pays. Toutefois, à cause des interventions de l’homme et des changements climatiques qui en découlent, les côtes subissent des dégâts irréversibles sur le plan environnemental, Les conséquences potentielles de ces phénomènes peuvent être considérables et se traduiront par l’instabilité du littoral, la disparition progressive des écosystèmes et par le lègue aux générations futures d’un héritage environnemental détérioré et non porteur de richesses et d’emplois.
La vulnérabilité du littoral est due à l’urbanisation anarchique et à l’exploitation inappropriée des sables de dunes et des plages. La régression des plages est une des conséquences des aménagements perturbateurs du transit littoral des matériaux tels que les barrages qui sont à l’origine de la réduction de l’alimentation des plages en sable.
Les prélèvements de sable sur les plages et les dunes ont modifié nettement la morphologie du rivage.
Les besoins croissants en sable pour la construction ont poussé le développement d’une extraction incontrôlée et sauvage de ce matériau. Ces actions destructives sont à l’origine de la disparition de plages et l’avancée des mers par rapport au continent et qui se traduisent d’ores et déjà par la création de lagunes et de crevasses artificielles.
Donc en dehors de toute analyse, il convient de relever que le sable reste une matière particulière, tant elle peut être considérée, au regard des choix de politique économiques de promotion du BTP et du tourisme, comme la matière motrice du développement du Maroc.
La question de la pérennité de cette ressource se pose avec d’autant plus d’acuité que les littoraux marocains sont littéralement ravagés au mépris de toutes les lois et de toutes les circulaires. Il est en effet regrettable que les autorités locales, notamment les communes, ferment leurs yeux sur le manque de respect par les adjudicataires de lots d’exploitations de sable littoral. Soumissionnant pour exploiter quelques dizaines de milliers de mètres cube, ils procèdent, en toute impunité, à l’exploitation de plusieurs centaines de milliers de mètres cube, mettant à mal le cordon dunaire en littoral, pourtant essentiel pour la préservation des zones situées en arrière-pays et protégeant les exploitations agricoles de la salinisation.

Exploitations sauvages
Par ailleurs, les chantiers et projets de développement nationaux requièrent des quantités importantes
et croissantes de ce matériau. Pour parler chiffres, le Maroc du bâtiment a besoin de plus de 20 millions de m3 de sable annuellement et ce besoin croitra encore plus avec les nouveaux programmes sociaux lancés depuis 2010. Ceci donne une idée précise des volumes de ce matériau qui risquent d’être prélevés en partie de nos plages. Les projections des besoins de sable s’échelonnent, à l’horizon de 2015 à environ 30 millions de mètres cube, alors même qu’ils atteignent, aujourd’hui les 20 millions de mètres cube.
Selon les chiffres officiels, qui datent de 2009, l’offre de sable légale s’élève à environ 11 millions de m3. Les alternatives existent comme le sable de concassage et de dragage qui demeurent en effet des substitutifs. Le premier est extrait soit de roches massives concassées, soit de zones alluvionnaires (grands oueds). 1 380 carrières ont été recensées, mais seulement une centaine est réellement opérationnelle.
Quant au dragage, il consiste à prélever des matériaux du fond de la mer ou des embouchures de rivières sur des gisements avérés et autorisés. Dans les deux cas, le sable est traité pour répondre aux normes de qualité en vigueur. Ceci contraste avec le manque de traçabilité de la filière « sable des dunes ». Il s’agit d’un argument de poids dans un contexte du développement urbain en cours de notre pays et qui exige une mise à niveau intégrale des professionnels BTP, notamment avec le choix de matériaux de qualité.
Hassan Jaï, président de l’Association des Professionnels du Sable, rappelle par ailleurs, qu’au-delà, du soulagement que cela représente pour les zones littorales, le sable de concassage et de dragage « représente une ressource « disponible, techniquement bonne et abordable». En effet, l’équilibre économique des professionnels du sable a pu être préservé malgré la concurrence déloyale des exploitants du sable dunaire, qui par ailleurs, sous-déclarent leurs prélèvements et ne contribuent pas au titre de la T.V.A.
Egalement, très peu de ses carrières pesent leurs chargement et délivrent une facture à leurs clients malgès la circulaire de Juin dernier et le code de la route qui les y obligent.
Les caractéristiques techniques sont reconnues par les professionnels (Le sable de concassage bénéficie, à ce titre de propriétés de granulométrie optimale, autour de 0/5 mm, permettant la conception d’un béton de qualité et le mélange avec le sable de dragage permet d’obtenir un sable plus propre et un béton plus maniable).
Malgré des prix marché identiques (entre 150 et 220 DH le m3), les capacités de production du sable de dragage et de concassage sont encore loin d’atteindre celles du secteur informel. Pourtant, les industriels n’attendent que le signal pour investir et ainsi augmenter leur capacité de production. Ils sont soutenus, dans leurs efforts, par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement.
Enfin, le Ministère de l’équipement travaille ces jours ci avec l’ensemble des exploitants de carrières (granulats, sables, marbres, argile….) pour l’adoption de la circulaire de la loi 08-01 qui permettrait à celle-ci d’être effective et qui induira une réglementation de l’exploitation des carrières et donnera aux autorités les moyens de contrôle et aux exploitants les moyens de se distinguer.
Rimal, société établie depuis 1997, au sein du groupe Drapor, dans la production de sable de qualité à travers la mise en place d’un processus de production normé et méthodique.
Le respect plein et entier des préconisations des études d’impact environnemental présentés auprès des commissions provinciales des carrières, bien avant une démarche officialisée de certification marquait
un engagement ferme envers des pratiques responsables.
La matérialisation en étant la certification Iso 14001 en 2007, renouvelée en 2010, pour ses sites de
Azemmour et de Mehdia.
Elle est la seule à opérer actuellement dans le sable de dragage, Rimal, filiale de Drapor privatisée en 2007. Rimal produit 1 million de m3 de sable par an et pourrait produire 4 millions de m3 rapidement si d’autres autorisations étaient octroyés et la concurrence loyale avec les sables de dunes assurée, selon Hassan Jai, président du directoire. Conformément à la convention d’investissement passée avec l’Etat, en juillet 2008, cette société a investi 300 MDH dans les infrastructures, et s’est engagé dans une démarche exemplaire, avec une meilleure maîtrise des processus de production, et une optimisation des flux des camions et des matières. La société dispose aujourd’hui de 3 plateformes : Azemmour, Mehdia et Larache.

Le solaire à l’heure de la diversification énergétique

En peu d’années, plusieurs mégaprojets dédiés à la diversification des ressources énergétiques en donnant
la part belle aux énergies renouvelables ont vu le jour, faisant que le Royaume devance, en la matière, nombre de pays arabes et africains dont certains citent et sollicitent l’expérience marocaine en tant que l’une des rares expériences abouties au niveau de la région. Stratégie nationale de promotion des énergies renouvelables d’ici à 2020, Programme intégré d’énergie éolienne (PEI), Plan solaire marocain, autant d’initiatives volontaristes développées durant les dernières années avec pour ambition affichée de positionner le Maroc en tant que pays leader en matière de promotion des énergies renouvelables et futur hub mondial d’énergie solaire.
Il faut dire que le Maroc a les moyens de ses ambitions : stratégie énergétique bien articulée dotée d’objectifs chiffrés et d’un dispositif institutionnel et réglementaire important, potentiel solaire et éolien des plus prometteurs au niveau de la région, investissements conséquents en ressources humaines, en formation et en logistique, partenariats solides, et, par-dessus tout, un ferme engagement exprimé au plus haut niveau pour la promotion des énergies renouvelables. Point d’orgue de cette stratégie énergétique résolument «verte», le plan solaire marocain, lancé fin 2009 par S.M. le Roi Mohammed VI et confié à l’Agence marocaine de l’énergie solaire (MASEN), s’assigne un objectif de taille : permettre au Maroc, à l’horizon 2020, de produire localement 42% de ses besoins énergétiques à partir des énergies renouvelables, moyennant cinq centrales solaires qui s’installeront dans des sites à fort taux d’ensoleillement, à savoir Ouarzazate, Aïn Bni Mathar, Foum Al Oued, Boujdour et Sebkhat Tah.
Le processus de réalisation de la centrale thermosolaire d’Ouarzazate, la première de cette série de projets, a enregistré, en effet, beaucoup d’avancées. Ainsi, à plus de deux ans de la date butoir de mise en service (2015), les études, expertises et benchmarks nécessaires ont été réalisés, les partenariats noués et, récemment, le consortium saoudien Acwa Power International a remporté l’appel d’offres pour la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de cette centrale d’une capacité de 160 mégawatts. Ce mégaprojet, érigé sur une superficie de 3 000 ha, qui permettra, d’ici à 2015, la production de 500 MW sur un total de 2 000 MW visés par le plan solaire marocain à l’horizon 2020, a également l’intérêt de contribuer au développement d’un tissu industriel marocain dédié aux centrales solaires et de promouvoir la recherche et la formation s’y rapportant en vue de faire décoller le secteur. La centrale d’Ouarzazate servira, en effet, de locomotive aux autres stations solaires prévues par le plan solaire marocain, les initiateurs de ce projet ayant fait le choix judicieux de faire bénéficier les quatre autres sites programmés des avancées technologiques opérées dans le secteur, de manière à crédibilise l’ensemble du plan et à préparer le terrain à la réussite des étapes suivantes.
Après la politique des barrages, qui a fait ses preuves depuis les années 60 du siècle passé en matière de lutte contre la pénurie d’eau, le stress hydrique et les effets de la sécheresse, celle des parcs solaires, couplée au Programme intégré d’énergie éolienne, va, aujourd’hui, permettre à notre pays de développer une alternative économique, durable, innovante et saine aux énergies pétrolières aux lourdes factures financières et écologiques.
Ce projet abritera une plateforme de R&D qui pourra occuper 200 ha et qui aura pour rôle de travailler sur des problématiques liées notamment au stockage d’énergie, à l’intégration d’énergie produite pour le réseau électrique, à la durée de vie des matériaux dans le milieu d’évolution du projet et à l’exploitation des performances des centrales.
Ce premier projet, qui s’inscrit dans le cadre du plan solaire national, sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (MASEN) et l’opérateur privé qui sera chargé de la conception, la réalisation et l’exploitation de la centrale pendant 25 années, à travers la création d’une société de projet basée au Maroc et dont le capital sera détenu à hauteur de 25% par le MASEN.
Les financements de ce projet sont concessionnels avec des conditions assez attractives pour le Maroc d’autant qu’il a été imposé aux développeurs une intégration industrielle d’au moins 30% dans le cas de ce premier projet. Le site d’Ouarzazate, d’une superficie globale d’environ 33 km², soit 3 300 ha, est situé à 7 km au nord-est d’Ouarzazate, sur la route P32.
Une piste aménagée de 4 km au nord de la route nationale P32 mène directement au site.
Ce site se trouve à proximité du barrage Mansour Eddahbi (4 km) dont la capacité de stockage est de 439 hm3. Les ressources en eau de ce barrage confèrent à ce site un avantage en terme de rendement, et ce, en permettant l’optimisation du circuit de refroidissement du cycle par l’adoption d’une solution mixte voie humide-voie sèche. L’énergie produite par la centrale pourra être évacuée sur le poste 225/60 KV d’Ouarzazate qui se trouve à proximité de la centrale. Le site d’Ouarzazate dispose d’un accès à un réseau d’alimentation en gaz naturel.
À cette occasion, le président du directoire de la Moroccan Agency For Solar Energy (MASEN), Mustapha Bakkoury, a prononcé une allocution devant le Souverain dans laquelle il a présenté l’état d’avancement du plan solaire marocain, les étapes clés du processus de développement de la première centrale du complexe solaire d’Ouarzazate et les perspectives d’avenir.
M. Bakkoury a, ainsi, indiqué que la réalisation de cette première centrale, d’un coût de 7 milliards de dirhams, est l’expression concrète de la priorité majeure qu’accorde S.M. le Roi au développement des énergies renouvelables, comme moyen optimal permettant au Royaume de répondre aux défis de la sécurité d’approvisionnement en énergies, de la préservation de l’environnement et du développement durable.
Il s’agit d’une étape importante dans la mise en oeuvre des grands projets d’énergies renouvelables, initiés dans le cadre de la stratégie énergétique du Maroc qui fait du développement de ce type d’énergie et de l’efficacité énergétique une priorité nationale, a-t-il précisé.
Par la suite, S.M. le Roi a présidé la signature de neuf conventions relatives au financement, à la réalisation et à l’exploitation de la première centrale du complexe solaire d’Ouarzazate. Le président du directoire de MASEN a, à cette occasion, remis à Sa Majesté le Roi un ouvrage intitulé «l’Atlas solaire du Maroc».
Cette cérémonie s’est déroulée en présence notamment du chef du gouvernement, des présidents des deux chambres du Parlement, de conseillers de S.M. le Roi, de membres du gouvernement et des représentants des États et institutions internationales ayant apporté leurs contributions au financement de ce grand projet.
Le complexe solaire d’Ouarzazate est «une étape importante pour le succès du Plan solaire méditerranéen», a affirmé le vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Philippe de Fontaine Vive, à l’occasion de la signature, lundi à Marrakech, des documents relatifs au financement, à la construction et à l’exploitation de la première centrale de ce Complexe solaire, sous la présidence de SM le Roi Mohammed VI.
«Ce projet représente un signal fort pour un avenir plus vert sur le plan du développement technologique, économique et énergétique ainsi qu’en matière d’emploi+, a indiqué M. Fontaine Vive.
«En tant que chef de file des institutions financières européennes participant à ce projet, la BEI est fière de pouvoir apporter son financement, mais aussi l’expertise technique qu’elle a acquise dans toute l’Europe et pour toutes les sources d’énergie renouvelables», a-t-il ajouté. Pour sa part, l’ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne au Maroc, Eneko Landaburu, a indiqué que l’UE et le Maroc partagent des possibilités et des contraintes similaires dans le domaine de l’énergie, d’où «l’importance de favoriser l’intégration progressive de nos marchés énergétiques respectifs ainsi que le développement concomitant des énergies renouvelables».
«Aujourd’hui, grâce à l’aide non remboursable de sa Facilité d’investissement pour le voisinage et au prêt de la BEI, l’UE soutient avec force le premier projet emblématique du Plan solaire marocain», a-t-il dit.
De son côté, Norbert Kloppenburg, membre du directoire de Banque allemande de Développement (KFW) a affirmé que la réalisation de cette centrale électrique solaire permettra la diffusion au Maroc d’une technologie à faible intensité de carbone et respectueuse du climat, ajoutant que ce projet contribuera aussi à la réduction de l’indépendance du Maroc à l’égard des importations d’énergie.
«Avec cette centrale, nous franchissons un grand pas vers la concrétisation de l’ambitieux projet consistant à doter bon nombre des pays d’Afrique du Nord de sources d’énergie renouvelables», at-il déclaré.
Le complexe solaire d’Ouarzazate, le premier mis en ?oeuvre en Afrique du Nord, bénéficie d’un important soutien européen de 345 millions d’euros, soit plus de la moitié du coût total du projet.

Rédaction/Agence