14 ème Sommet de la Francophonie à Kinshassa

Création d’une organisation mondiale de l’Environnement

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la francophonie ont clôturé dimanche à Kinshasa, en République démocratique du Congo (Rdc), le quatorzième sommet de la francophonie, qui avait pour thème: «Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la bonne gouvernance». Le sommet a été consacré dans une large mesure à la place de l’Afrique dans les instances de gouvernance internationales.
L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) a adopté une série de résolutions.

Elle s’est engagée à soutenir l’Afrique, afin qu’elle soit plus présente dans les organes de décision comme le Conseil de sécurité de l’Onu. Entre autres positions prises par les chefs d’Etat et de gouvernements de l’organisation internationale de la francophonie(Oif), la mise en oeuvre de «l’indispensable réforme du Conseil de sécurité des Nations unies» afin d’y «donner aux pays africains leur place». Dans leur déclaration finale, les pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) ont été précis: «Nous réitérons notre appui à la poursuite de la réforme de la gouvernance mondiale favorable à l’institution d’un système multilatéral équilibré garantissant une représentation permanente et équitable de l’Afrique au sein des organes de décision».
Il est vrai que des désaccords subsistent au sein de la francophonie sur l’opportunité de demander un ou deux sièges de membre permanent pour le continent, avec droit de veto. Le Canada par exemple s’était opposé à ce que la francophonie revendique un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité. En ce qui concerne le G20, les pays membres de la francophonie ont réitéré leur «appel à la poursuite de l’invitation de deux pays africains au sommet et aux rencontres préparatoires du G20». L’Afrique du Sud, pays anglophone, est actuellement le seul pays africain qui est régulièrement invité pour participer au G20. Au sommet de Montreux en 2010, les membres de la francophonie avaient déjà plaidé pour une plus grande place de l’Afrique dans les instances internationales. La francophonie s’est également engagée «à soutenir l’Afrique dans un partenariat rénové».
Rappelons que le 14e Sommet, le premier en Afrique centrale et dans les pays des Grands Lacs, a été marqué par de nombreux discours dont celui du chef de l’État du pays hôte, Joseph Kabila qui a déclaré que cette journée est une source de vie. «Quelle belle opportunité pour exprimer, ensemble, notre foi aux valeurs d’humanisme, de démocratie et d’égalité, pour consolider nos liens de coopération et de solidarité, affirmer notre unité par-delà notre diversité», a lancé, d’entrée, le chef de l’État congolais. Il a ajouté que c’est une immense joie pour l’Afrique qui accueille, pour la 5ème fois, le Sommet de la Francophonie. C’est depuis 1886, soit plus d’un siècle, a rappelé le président Kabila, que
la langue française est pratiquée ici. «Elle est à côté de nombreuses langues de chez nous, expression de notre diversité, un facteur d’unité et un pont avec le reste de l’humanité», a-til dit.
Pour sa part ,le Président français François Hollande ,la Francophonie doit porter le respect de la démocratie, des droits de l’Homme, du pluralisme et du respect des libertés d’expression, a martelé devant ses pairs à l’ouverture de la conférence du 14ème Sommet de Kinshasa.
Son discours était très attendu après sa dernière sortie à Paris. Le président Hollande a beaucoup insisté sur le respect des droits de l’Homme. Il a précisé, à propos de la situation dans le Nord-Kivu, que les frontières de la Rd. Congo sont intangibles et doivent être respectées. «Je me suis rendu ici pour témoigner le soutien de la France au peuple congolais qui aspire à la paix, à la sécurité et à la démocratie», a dit le président Hollande. «La Francophonie qui nous réunit, au-delà de nos différences, est notre patrie commune», a-t-il renchéri.
Selon lui, «parler français, c’est aussi une façon de penser». Citant le président Senghor qui disait que dans les décombres de la colonisation nous avons ramassé cet outil merveilleux qu’est le français, François Hollande a profité de la tribune pour rendre un vibrant hommage à Abdou Diouf, un fils du Sénégal, qui a su préserver et consolider l’unité au sein de la Francophonie. Pour lui, le Français est une langue africaine car, d’ici 2050, près de 700 millions d’âmes parleront la langue dont plus de 80% d’Africains.
Il a confirmé les propos tenus à Dakar, tendant à faciliter la délivrance des visas pour les étudiants et artistes africains. Sur le thème de la conférence, il rappelé l’idée proposée à la conférence de l’Onu pour la création d’une organisation mondiale de l’Environnement dont le siège sera basé en Afrique.

Abou Achraf

De l’éthique et du provincialisme

La politique sociale est toujours mise à l’épreuve en temps de crise. Le néo-libéralisme conservateur qui a régné ces dernières décades n’est pas étranger à sa régression ,note le Centre Marocain de Conjoncture (CMC) . Au Maroc, la société se bipolarise, à peine pris place dans le balançoire qui amènerait vers la classe moyenne , nous voilà aujourd’hui cloués à ce planché fragilisé par le poids de la dette. Le risque d’une rupture sociale n’est pas à écarter. Certes, l’impact social de la crise a été relativement contenu. Mais les effets en termes de perte d’emplois et d’affaissement de l’offre exportable sont réels. Ce nouveau contexte est favorable à des actions plus vigoureuses, en jetant les bases d’un véritable modèle social, capable de garantir la cohésion sociale et la stabilité.
Les domaines sont plus ou moins délimités à travers la lutte contre la pauvreté, la couverture sociale, les retraites et la réforme de la caisse de compensation qui devait profiter aux classes démunies.
C’est là un processus long et complexe. Sa maîtrise est possible par le dialogue et la concertation entre les parties concernées. Un tel projet est réalisable. D’autant plus qu’il nous concerne individuellement et collectivement. Il contribuera certes à garantir une plus grande sérénité dans les rapports sociaux, à réduire la précarité psychologique et à rassurer l’avenir. La modernisation sociale est à ce prix. D’autant plus que ses retombées positives sur la compétitivité économique et l’attractivité du pays seront importantes .
Durant toute la période des années 90 ,l’Europe avec laquelle nous avons des relations privilégiées n’a pas pu jalonner la crise .Pourtant évoquée en 1995 par Michel Camdessus, alors directeur général du Fonds monétaire international (FMI) ,qui s’efforçait de juguler au plus vite la grave crise financière qui avait éclaté au Mexique. Cette période, a fortement contaminé la doctrine des organisations internationales chargées du développement des économies en gestation. Dérégulation des marchés, faiblesse des filets sociaux de sécurité et remise en cause des services publics ont constitué le crédo d’un modèle sensé accélérer le rythme de croissance. La crise mondiale actuelle a secoué les certitudes et provoqué des remises en cause salutaires. Elle rappelle à la nécessité d’un nouvel ordre social où l’individu ne serait pas victime de l’individualisme, où la solidarité serait garante de la cohésion sociale et où la protection collective éviterait l’émiettement de la société. Aujourd’hui, sous les coups de boutoir d’une mondialisation effrénée, la société se délite.
Frappée par le chômage, des réseaux de soutien qui fonctionnent mal, une précarité grandissante : elle risque l’implosion.
Et la sortie de crise n’est pas uniquement économique. Elle est aussi sociale. C’est-à-dire des réponses nouvelles, courageuses et adaptées. C’est dans ce contexte qu’une véritable prise de conscience pourrait apporter des solutions au projets de la promotion sociale et du recasement d’une jeunesse avide de travail . Le chef du gouvernement a peut être réussi à faire passer le projet Ramed comme assurance maladie, mais l’a-t-il vraiment réussi? Et comment tenter, dans une certaine mesure, préserver les acquis sociaux ? Recomposer une société passe par la prééminence du social qui reste le socle de la croissance.

Mohamed Mehdi

La croissance entre dette et pluviométrie

Après le passage difficile de l’année en cours, l’économie nationale est appelée à retrouver le chemin de la croissance en 2013. Sur le plan interne, et compte tenu de ce qui se passe en cette année 2012, les performances sectorielles trouveraient certainement de profonds changements. Mais cela va dépendre en premier d’une pluviométrie motrice des activités agricoles, qui restent tributaires des conditions climatiques et de la régularité des précipitations ainsi que de leur répartition sur les principales régions du Royaume. Partant des nouvelles perspectives de la conjoncture au plan international et dans l’hypothèse d’un retour à des conditions climatiques plus favorables, l’économie nationale pourrait retrouver le chemin de la croissance en 2013 avec un taux prévisionnel de 4,1%. Un taux que le gouvernement ne lésine pas sur les possibilités d’en réaliser le chiffre. Il s’y explique par les prévisionnistes qui tablent sur des conditions meilleures, permettant de retrouver les performances des années d’abondance ou du moins de s’en approcher.
Outre la pluviométrie, la reprise attendue reste également liée à la conjoncture internationale avec laquelle l’économie marocaine est étroitement liée. Dans ce contexte, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit en 2013 une croissance mondiale située autour de 4,1%, soit 0,6 point de plus qu’en 2012. En effet les marchés pertinents pour l’économie, constitués pour l’essentiel des principaux pays de la zone euro, marqueront beaucoup de lenteur dans ce mouvement de sortie de crise. Après une contraction de l’activité globale de 0,3%, les perspectives de croissance de la zone euro devraient être contenues en 2013 dans des limites ne dépassant guère 0,9%, en raison du poids de la dette et des contraintes qu’elles imposent au plan budgétaire, analyse le CMC dans son rapport. Cette lenteur de la reprise dans la zone euro aura, explique-t-on, des effets notables au niveau de l’économie marocaine via les principaux canaux de transmission : exportations, investissements internationaux, transferts des Marocains résidant à l’étranger, tourisme…
Alourdissement des charges de production. Sur le volet industriel, les performances prévisionnelles dépendent de plusieurs paramètres : coût de l’énergie, des matières premières et du travail, productivité, etc. Et c’est dans le sens de donner un coup de pouce à l’investissement, dans le secteur minier particulièrement, que le gouvernement est tenu de mettre en oeuvre un code minier réglementant le secteur. Il s’agit en fait d’une charte qui devait prendre en considération les différents opérateurs dans le secteur, sans toutefois exclure les petits acteurs dans le domaine. Parce qu’en faisant fi de la présence des opérateurs artisanaux , pourvoyeurs de moyens matériels modestes aux petits salariés, l’opération serait d’une grande futilité. Elle ne rependrait en définitif qu’aux minuscules intérêts généralement dépendant d’un marché cherchant à faire profit, sans toutefois se mettre à l’évidence que la population locale est dans le besoin d’un travail décent.
Sur chacun de ces paramètres, les hypothèses les plus plausibles permettent d’envisager des changements sensibles pouvant induire des modifications dans les configurations de l’offre. À titre d’exemple, les coûts des facteurs de production devraient, en effet, subir des hausses notables, essentiellement après celles des prix intérieurs des produits pétroliers et le renchérissement des matières premières importées.
Le Centre conclut ses prévisions par une vision contrastée sur l’année 2013. L’inflation, selon lui, pourrait ainsi repartir à la hausse tandis que la consommation des ménages devrait augmenter de 1,2 point, à 3,9% en termes réels. Le volume global de l’investissement, quant à lui, progresserait de 5,9%, ce qui doperait positivement l’apport en devises vers l’économie nationale. Enfin, le CMC table sur un contexte de reprise internationale qui se traduirait par une hausse des exportations marocaines d’environ 6,3%. Évidemment, l’impact sur la balance commerciale dépendra beaucoup de l’évolution des coûts de l’énergie et du comportement d’achat des consommateurs vis-à-vis des biens importés. Quoi qu’il en soit, l’année 2013 semble promettre une certaine reprise, même si celle-ci s’annonce contrariée…

Les défis énergétiques dans l’espace euro-méditerranéen

Esquisse de mesures garantissant l’investissement

L’Assemblée parlementaire méditerranéenne (APM) ayant pris part au colloque international sur « les défis énergétiques dans l’espace euroméditerranéen » qui s’est tenu à Ouarzazate était une fois encore destinée à assurer la coordination entre les principaux acteurs concernés par les projets basés sur les énergies renouvelables, le renforcement des réseaux de transport nationaux et régionaux, ainsi que la promotion des investissements et des cadres juridiques clairs.

La nécessité de créer un environnement favorable parmi les pays de l’APM pour appuyer le Plan solaire méditerranéen, en veillant à son efficacité. C’est définir un cadre juridique et législatif mis en relief par le rôle que joue les parlements nationaux pour réglementer des textes nécessaires, y compris ceux liés à des mesures fiscales pour garantir la durabilité des projets et des investissements.
Les participants ont appelé à la nécessité de mettre en place des mécanismes financiers, basés sur le partenariat public-privé, afin de faciliter une approche régionale intégrée et des synergies entre les pays, les opérateurs et les investisseurs. Ils ont précisé que la diversification et la qualité des sources d’énergie sont reconnues comme une nécessité pour assurer le développement durable et le progrès socio-économique. Ils ont également recommandé le soutien de la création d’un centre régional méditerranéen pour la formation et l’information dédiée aux énergies locales à ce processus.
La performance économique du Royaume reste donc déterminante en ce sens,cherchant à faire relever les défis auxquels il est confronté depuis longtemps, sur le plan de la productivité et de l’investissement des entreprises L’intégration d’une technologies novatrices ainsi que des changements organisationnels stratégiques peuvent favoriser son développement durable. La mise au point de technologies novatrices nécessite notamment des investissements dans la recherche fondamentale, le développement et la commercialisation. On entend par changement organisationnel stratégique l’adoption de nouvelles stratégies commerciales et d’outils permettant de rendre les procédés plus efficaces, ce qui contribue à atténuer l’empreinte écologique du secteur privé par la réduction des déchets et l’utilisation plus efficace des matériaux, de l’énergie et du travail. Des approches nouvelles en matière de marketing, de communication et de gestion jouent aussi un rôle clé dans la performance des entreprises.
Le choix de la ville de Ouarzazate reflète l’intérêt particulier qu’accorde le Maroc à la question des énergies renouvelables. Lors de cette rencontre, le plan marocain dans le domaine des énergies renouvelables et la station solaire de Ouarzazate, dont la capacité est estimé à quelque 500 MW, sera érigée à Tamezghitene, à environ 10 km au nord-est de la ville d’ Ouarzazate, et qui entrera en service en l’an 2015.
Lancé par SM Mohammed VI, le 2 novembre 2009, ce grand projet de production d’électricité à partir de l’ énergie solaire, d’un coût estimé à 70 milliards de dirhams a suscité beaucoup d’ intérêt chez des investisseurs au niveau international. Il prévoit la mise en place en 2020 d’une capacité de 2000 mégawatts, soit 38% de la puissance installée à fin 2008 et 14% de la puissance électrique à l’horizon 2020.
Il s’agit du 1er projet pilote de Desertec, projet géant de centrales solaires en Afrique et au Moyen-Orient, qui va démarrer sa production au Maroc en 2015/2016.
Le projet Desertec, qui entre dans le cadre du plan solaire méditerranéen adopté au sein de l’Union pour la Méditerranée (UPM), vise à créer d’ici 40 ans un vaste réseau d’installations éoliennes et solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, censées fournir à terme jusqu’à 15% de la consommation d’électricité de l’Europe.
L’investissement nécessaire est estimé à quelque 400 milliards d’euros. Grâce aux projets lancés à travers le pays, le Maroc pourra tirer profit de sa position stratégique pour assumer le rôle de plate-forme électrique. Dans ce cadre le Maroc a besoin d’une infrastructure du savoir solide pour produire et appliquer des connaissances scientifiques et techniques dans divers domaines, comme la technologie de l’énergie renouvelable (énergie solaire et éolienne par exp). Il sera également essentiel d’investir dans le développement des marchés et la commercialisation de ces technologies pour créer des emplois hautement spécialisés et réduire les émissions de et d’autres polluants atmosphériques et terrestres.
La conférence donc qui s’est tenue récemment à Ouarzazate ,avec la participation des représentants de parlements membres de l’APM, dont l’Algérie, d’ONG internationales et d’experts dans le domaine des énergies renouvelables , a débattu de plusieurs questions, dont « les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique dans la région méditerranéenne », « les enjeux technologiques et industriels », « le rôle des parlements nationaux et régionaux, ainsi que des organisations internationales, en soutien aux initiatives en cours et futures d’où la nécessité d’une approche cohérente .
L’Assemblée parlementaire de la Méditerranée se veut dans cette logique « un espace de rencontre des parlements de la région et d’action commune pour la réalisation des objectifs communs en vue de créer un meilleur environnement politique, socio-économique et culturel et d’améliorer les conditions de vie des populations des Etats membres ».

Forum

En quête d’une vision minière africaine

C’est une question qui a fait trop de bruit sur la question de chercher une vision et une stratégie pour jouir dans le bon sens des retombées de la richesse souterraine en Afrique. C’est une prise de alternative qui a été présentée à l’occasion du deuxième forum minier du Cameroun. Le futur de l’activité minière en Afrique sous le prisme de la croissance et du développement structurel.
Une des grandes leçons du deuxième forum minier du Cameroun achevé le 31 mai 2012 aura été la nécessité pour les pays africains de se mettre ensemble, afin de parvenir à une exploitation pertinente et efficace de son potentiel minier. La proposition a été faite par le Centre africain du développement minier. « Les mines représentent indubitablement une opportunité pour l’Afrique de relancer son processus de développement. Malgré le déclin que nos économies ont connu en 2008, le cours des produits miniers n’ont pas cessé de s’accroitre depuis 2003. Sur la plupart des matières premières, les prix à l’unité ont presque été multipliés par deux à la mesure. Nous devons pouvoir en tirer un maximum de profits », a fait savoir Olivier Maponga, représentant la Commission économique pour l’Afrique. Dans son argumentaire, il a été rejoint par le professeur Magnus Ericsson. Selon cet expert, les minerais dont rengorge le continent ont encore de beaux jours devant eux. « Il y a une réalité économique aujourd’hui, c’est que de plus en plus l’industrie des technologies et de la fabrication a recourt à l’utilisation des métaux par exemple. C’est aussi le cas de l’expansion urbaine ; on construit de plus en plus de maisons, de villes et les nouveaux standards recommandent l’utilisation d’alliage de métaux. Donc du coup, la demande risque de ne pas cesser de sitôt », a-t-il fait savoir. La conjoncture minière en Afrique donne presque raison à cette manière de voir. La forte demande et les cours des produits miniers ont engendré une forte concurrence géopolitique pour l’accès aux ressources – entrainant d’importants investissements en Afrique.
La Chine importe désormais du continent pour 100 milliards de dollars de métaux de base sur l’année. Elle a investi dans des acquisitions, des projets dans de nouveaux sites, des marchés à longs termes et dans
les infrastructures de transformation des minerais. Cela pourrait être bientôt le cas avec le projet d’exploitation de fer de Mbalam, grâce à sa prise de contrôle de l’entreprise Sundance Ressources. Mais au-delà de la vision minière africaine, les objectifs recherchés sont souvent ceux de faire que le maximum de retombées économiques puisse rester dans les pays d’Afrique.

Platine

Le drame de Marikana en Afrique du Sud

Les événements tragiques de Marikana en Afrique du Sud ne sont malheureusement que l’expression d’une frustration longtemps couvée. En fait, derrière les milliards de chiffre d’affaires des entreprises minières se cache une réalité tout autre. Des milliers de mineurs estiment travailler dans des conditions particulièrement difficiles en plus de se sentir exclus du partage d’une manne mal répartie. Et de nombreuses analyses leur donnent plutôt raison.
Pour Martin Hahn, spécialiste du secteur minier à l’Organisation internationale du travail (OIT), «davantage d’efforts pourraient être déployés pour mieux appliquer les réglementations minières existantes en particulier lorsqu’il s’agit de la sécurité et de la santé des mineurs», a-t-il affirmé après les affrontements malheureux de Marikana.
M. Hahn précise en outre que « les mineurs comme ceux de cette région – une zone où les opérations se déroulent à la fois à ciel ouvert et en sous-sol – sont souvent exposés à une multitude de dangers: éboulements, poussière, bruits intensifs, fumées et températures élevées, entre autres. De nombreux mineurs souffrent aussi de maladies comme la silicose et la tuberculose.
Pour ce qui est des rémunérations, les salaires sont souvent élevés pour les travailleurs hautement qualifiés comme les ingénieurs et les cadres, mais ils peuvent être très faibles pour les mineurs qui apprennent leur métier sur le tas et ont un niveau d’instruction formellement limité. »
Marikana est assise sur du platine et l’industrie sud-africaine de ce métal est la plus importante du monde. En 2011, elle a rapporté un revenu total de 13,3 milliards $US au pays et il pourrait augmenter de 15, 8% au cours des cinq prochaines années.
Lonmin, qui exploite la mine de Marikana, a enregistré des revenus de 1,9 milliard $US en 2011, en hausse de 25, 7% et dont la plus grande partie proviendrait des puits de Marikana. Paradoxalement, ou comme d’habitude diront certains, la majorité des profits de Lonmin passe dans les poches des actionnaires et les travailleurs de fond ne touchent en tout et pour tout que 480$US mensuels.
C’est une situation qui se retrouve malheureusement dans tous les champs d’exploitation minière en Afrique. Dans un marché où les actionnaires réclament un retour sur investissement rapide, les emplois sont généralement volatiles et les changements de site nombreux. D’où la précarité observée dans l’exploitation de métaux comme l’or.

Responsabilité sociale des multinationales
Il y a quelques années, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) avait déjà porté l’attention sur la situation au Mali dans un rapport dévastateur qui titrait, « Troisième producteur d’or du monde, le Mali ne ramasse que des poussières ».
Paul Nsapu, Secrétaire général de la FIDH, déclarait à ce sujet : « L’exploitation de l’or est un secteur uniquement destiné à l’exportation qui crée peu d’emploi et n’irrigue pas l’ensemble de l’économie. En outre, les politiques de responsabilité sociale des entreprises multinationales présentes au Mali sont souvent insuffisantes voire inadaptées, et les entreprises ne respectent pas toujours la législation nationale en matière de droit du travail ». Isabelle Gourmelon, chargée de mission de la FIDH, explique simplement que « l’État, à la fois percepteur, actionnaire minoritaire, et régulateur public, est rongé par la corruption et n’a pas les moyens de contrôler les acteurs privés et de s’assurer que leurs activités contribuent à la réalisation des droits de l’Homme au Mali . On est peut-être loin des pires situations des tout premiers temps de l’exploitation minière, mais la main-d’oeuvre demeure corvéable à souhait.

A.Safaa

Refonte du Code Minier

Principaux enjeu

Le Magazine Energie & Mines décortique pour l’opinion publique la nouvelle mouture du projet de loi 21-09 relative aux mines (examiné par le Conseil de gouvernement le 11/11/2010 et le Conseil des ministres le 1/04/2011) et qui a connu des débats houleux à la commission parlementaire en charge des secteurs productifs à cause des nouvelles dispositions introduites qui mettent fin à tout les espoirs des petites et moyennes entreprises ainsi que tous les artisans miniers marocains au profit des grandes entreprises et multinationales.
Nous rappelons ici qu’une stratégie pour la modernisation du secteur minier hors phosphates est menée par le ministère de tutelle, et à ce jour, les professionnels du secteur n’ont aucune visibilité sur les résultats et recommandations de cette étude pour pouvoir se prononcer sur un projet de loi censé être la conséquence de cette stratégie.
On notera l’introduction de la notion d’autorisation d’exploration (Article 1) qui permet à un demandeur d’obtenir un ou plusieurs permis sur une superficie allant de 100 à 600 km2 (Article 28). Alors que sur la loi actuelle, le permis ne dépasse pas 16 km2.
Par ailleurs le taux de la caution à définir reste inaccessible pour les PME (Article 36). Aussi seule le titulaire de l’autorisation d’exploration a le droit d’obtenir les permis de recherche (Article 37). les dépenses minimales difficiles à justifier pour les petits artisans (Article 41).

Voici quelques remarques relevées sur les articles de ce projet de loi
Article 8 : Les titres miniers, attribués en vertu des dispositions de la présente loi, ne dispensent pas leurs titulaires de l’obligation de disposer des autorisations exigées par d’autres textes législatifs ou réglementaires en vigueur, applicables aux actes, travaux et activités autorisés par les titres miniers.
Difficultés rencontrées liées à l’occupation temporaire des terrains (forestiers ou privés) parfois insurmontables et contraignent le permissionnaire à arrêter son activité.

Article 13 : Les autorisations d’exploration, les permis de recherche et les licences d’exploitation de mine à petite échelle s’acquièrent à la priorité de la demande, sauf disposition contraire prévue par la présente loi.
La priorité de la demande systématique pose un problème lié aux moyens techniques et financiers dont doit disposer le demandeur (parfois il ne dispose d’aucun de ces moyens).

Article 14 : Les titres miniers s’étendent à tous les produits de mines pouvant exister en surface ou à toute profondeur et dans- tout le périmètre couvert par le titre minier concerné.
Les situations des permis existants définis selon des catégories et dans certains cas des chevauchements.

Article 37: La demande de permis de recherche ne peut porter sur des terrains couverts par des autorisations d’exploration, des permis de recherche ou des licences d’exploitation de mines.
Les superficies accordées pour des licences d’explorations sont très étendues, ce qui réduira considérablement les chances pour le dépôt de demandes de permis de recherche pour les PME. Surtout que les zones minières potentielles du pays sont limitées.

Article 59 : Le titulaire d’une licence d’exploitation de mines est tenu de borner le périmètre de son titre minier à la première réquisition de l’administration ; à défaut, celle-ci y procédera aux frais du titulaire. Dans le cas de licences limitrophes de mines, le bornage s’effectue aux frais communs des titulaires ou amodiataires des-dites licences.
Les propriétaires du sol ne doivent pas s’opposer aux opérations de bornage moyennant réparation des éventuels préjudices.
Aucune réelle mesure concrète n’est prise pour garantir cette opération. Le permissionnaire reste seul confronté aux propriétaires du sol.

Article 62 : L’exploitation de mine à petite échelle concerne toute exploitation minière fondée sur l’existence préalable d’un gisement et menée selon des procédés manuels et/ou semi-mécanisés.
Elle est subordonnée à l’obtention de la licence d’exploitation de mine à petite échelle.
Il faut redéfinir le statut de la «petite mine» et reprendre le programme national du développement de la petite mine lancé il y a des années mais sans aucune réelle concrétisation sur le terrain.

Article 69 : Les titulaires des licences d’exploitation de mine à petite échelle peuvent être dispensés de produire l’étude d’impact et le plan d’abandon, visés à l’article 73 cidessous, eu égard à la faible importance des travaux d’exploitation et de leur impact sur l’environnement.
Sauf que l’exigence de l’étude d’impact sur l’environnement est faite par d’autres départements (Département de l’environnement, Communes, Autorités locales) conformément à d’autres lois sur l’environnement. Comment le Département des mines pourra garantir cette dispense de présenter une EIE pour la petite mine ?

Article 72: Lorsque le périmètre d’une licence d’exploitation de mine à petite échelle est couvert totalement par celui d’un permis de recherche, le titulaire du permis de recherche peut être autorisé par l’administration à s’affranchir des droits du titulaire de la licence d’exploitation de mine à petite échelle, en cas de découverte d’un nouveau gisement à l’intérieur du périmètre de cette licence, moyennant le paiement d’une indemnité au titulaire de la licence d’exploitation de mine à petite échelle, fixée, à défaut d’entente amiable, par le tribunal compétent.
Après règlement de ladite indemnité, il est procédé à la révocation de la licence d’exploitation de mine à petite échelle.
Situation qui donnera lieu à des litiges, d’où la nécessité d’éclaircir les dispositions de cet article.

Article 74: Le permissionnaire est tenu d’entreprendre ses activités de recherche et/ou d’exploitation en se conformant aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, en matière de santé, d’hygiène, de sécurité et de protection de l’environnement, ainsi qu’à celles applicables aux domaines techniques.
A cette fin, il :
1. élabore une étude d’impact sur l’environnementconformément à la législation et à la réglementation en vigueur ;
2. prend toutes les mesures nécessaires en vue de protéger l’environnement et respecter les engagements pris dans l’étude d’impact ;
3. prévoit les mesures nécessaires à l’élaboration du plan d’abandon adapté à l’évolution des travaux et précises les mesures qui seront prises durant les travaux de recherche et d’exploitation pour permettre la mise en application adéquate dudit plan ;
4. prend les mesures immédiates nécessaires à la protection des vies humaines et de l’environnement, en cas d’incidents du fait de son activité;
5. prend les mesures nécessaires pour assurer la conservation du ou des gisement(s) couvert(s) par son titre minier;
6. contracte des polices d’assurance pour couvrir sa responsabilité civile contre les risques d’atteintes aux biens d’autrui et aux tiers, du fait de son activité.
Les modalités de mise en oeuvre des obligations susvisées sont fixées par voie réglementaire. L’activité de recherche et d’exploration devrait être dispensée de l’étude d’impact sur l’environnement car généralement ce sont des études géologiques, géophysiques,
géochimiques, échantillonnage …
Les procédures et les délais liés au dépôt, d’examen et d’acceptabilité environnementale sont tellement très lents.
Les permissionnaires (PME) peinent à trouver des compagnies pour contracter des assurances. Ces dernières sont très réticentes et considèrent que cette activité minière est à risque.

Article 80: A défaut d’accord avec le propriétaire du sol, le permissionnaire est autorisé par l’administration à occuper temporairement le terrain situé à l’intérieur du périmètre concerné et, en cas de besoin, à l’extérieur de celui-ci et nécessaire à l’activité minière du permissionnaire.
Toutefois, sont de plein droit exclus du périmètre d’occupation, les terrains visés aux articles 77 et 78 ci-dessus.
Cette autorisation est accordée après avis du représentant de l’administration et des autorités administratives locales du ressort, qui procèdent à la reconnaissance des lieux contradictoirement avec le propriétaire présumé du terrain et le permissionnaire.
L’occupation temporaire du terrain est tributaire du paiement préalable au propriétaire du terrain d’une indemnité annuelle fixée par le tribunal compétent. La décision du tribunal est exécutoire nonobstant toute voie de recours.
Les modalités d’attribution de l’autorisation d’occupation temporaire de terrain sont fixées par voie réglementaire.
En cas d’accord entre le propriétaire du sol et le permissionnaire, l’indemnité due au titre de l’occupation temporaire des terrains est fixée d’un commun accord.

Article 82: Lorsque le propriétaire présumé du terrain ne produit pas l’acte de propriété ou si l’acte produit ne s’avère pas régulier, l’occupation temporaire peut avoir lieu avant même que le litige ne soit tranché par les tribunaux et dès que le permissionnaire aura consigné au secrétariat-greffe du tribunal, au nom du propriétaire présumé désigné dans l’autorisation visée à l’article 81 ci-dessus, le montant de la première indemnité annuelle fixé par le tribunal.
Dans ce cas, des avis affichés par les soins des autorités administratives locales du ressort font connaître le terrain occupé, le nom du propriétaire présumé et le montant de l’indemnité. Si dans le délai d’un an courant à compter de la date de la publication de l’avis susvisé, aucune opposition n’est survenue, l’indemnité est versée par le greffier au propriétaire présumé. Au cas où le véritable propriétaire produit l’acte de propriété au cours de ce délai, l’indemnité consignée lui est payée.
En cas d’opposition, l’indemnité demeure consignée jusqu’à ce qu’une décision judiciaire ait déterminé le véritable bénéficiaire de cette indemnité.
Dans la réalité il est difficile d’appliquer les dispositions de ces articles. L’administration est souvent incapable de les faire respecter par les riverains et / ou propriétaires des terrains.

Fiche technique de la province du Katanga

Plus de 50% du PIB du pays

En 1966 le gouvernement congolais nationalisa l’Union Minière du Haut Katanga sous le nom de Gécamines. En 1971, le Katanga prit le nom de Shaba (cuivre en swahli). Située au sud-est de la RDC et entièrement dans l’hémisphère australe.

La province du Katanga occupe la deuxième position parmi les provinces du pays par sa superficie (la plus grande province étant la province orientale). Carrefour important, elle est limitée par quatre provinces : le Sud-Kivu au nordest, le Maniema au nord et les deux Kasaî au nord-ouest. Le Katanga partage avec trois pays la frontière de la RDC : l’Angola au sud-ouest, la Zambie au sud et au sud-est et la Tanzanie à l’est.
C’est une province qui a deux saisons et deux types de climats y règnent. Une partie de cette région connaît un climat tropical humide avec une saison sèche et froide qui dure deux à cinq mois selon la région et l’autre partie un climat tempéré. Elle abrite la plus haute chute d’Afrique, celle de la Lofoï,
qui tombe d’une pente de 384 mètres de hauteur au saut de Kaloba en jaillissant du plateau des Kundelungu, sur la route Élisabethville-Sampwe. Tout aussi belles sont les chutes de la Lufira, qui produit de l’électricité alimentant Likasi, et celles de la Kilubi et de la Kakule près de Lubudi.
Le sous-sol recèle en grande quantité et à fleur de terre, cuivre, étain, fer, charbon, cobalt, manganèse, zinc, radium, or, diamant… Les gisements de minerais sont dus à des accidents géologiques, le cuivre se concentrant dans une fosse du sud et centre du Katanga, tandis que l’or et l’étain sont localisés plus au sud et dans le nord de la Rhodésie (Zambie actuelle).

Production de minerais
Le boom de la production de minerais a permis au Katanga de se reconstruire. Parviendra-t-il à relancer les autres filières et à financer les chantiers indispensables à son développement ? Le secteur minier, dont les principales ressources sont le cuivre et le cobalt, abondants dans le sud de la province, n’a pas vraiment souffert de ces aléas. La crise de 2008 n’est plus qu’un mauvais souvenir. La production de cuivre approche de 500 000 t en 2011. Dans le sillage du boom minier, nombre d’autres secteurs ont vu leurs activités s’envoler, en particulier le transport aérien et routier, très actif dans l’hinterland minier, les banques, le commerce d’import-export et de détail, la fourniture de produits pétroliers, les télécommunications, l’hôtellerie, ainsi que les industries et services de sous-traitance du secteur minier. Le BTP également, avec les chantiers immobiliers et routiers, ainsi que le développement des sites miniers.
En revanche, bien que la deuxième province du pays en termes de superficie (après la Province-Orientale) dispose de vastes terres fertiles et de nombreux cours d’eau, le secteur rural reste marginal. Ainsi, malgré une hausse de la production de maïs, sa principale culture, le Katanga doit importer de Zambie un tiers de sa consommation.
L’élevage bovin de ranching, fleuron du Haut-Lomami, n’a pas retrouvé ses niveaux de production des années 1980 et, dans le nord-est de la province, les éleveurs qui ont souffert des conflits des années 1998 à 2002 tentent timidement de relancer l’activité. Quant à la pêche, elle est loin de réaliser tout son potentiel. Enfin, l’industrie de transformation ne pèse pas lourd, guère plus que le tourisme, encore quasi inexistant, alors que le Katanga dispose de très nombreux atouts en la matière.

Fragilité structurelle
La province s’enorgueillit de fournir une grande part des recettes de l’État et «plus de 50% du produit intérieur brut du pays», selon Moïse Katumbi Chapwe, son gouverneur.(voir profil). Cependant, fortement dominée par les mines, l’économie provinciale est très dépendante de l’extérieur. D’où sa fragilité structurelle. Aussi les autorités provinciales cherchent-elles à en diversifier les bases, notamment en renforçant le secteur agropastoral, dans la perspective de l’après-mines Reste que, dans les années à venir, l’expansion des activités, en particulier celles des industries extractives, risque d’être freinée par le manque d’énergie, dont le déficit pourrait atteindre 2500 MWh d’ici à 2016 et par le mauvais fonctionnement du rail, géré par la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). Les compagnies
minières sont sollicitées pour financer la réhabilitation des centrales hydroélectriques, de la voie ferrée et du matériel roulant de la SNCC ainsi que le transport de l’électricité, mais cela ne suffit pas. Les financements des infrastructures indispensables traînent, notamment celui de nouvelles centrales, comme celle de Busanga (sur la Luabala, près de Kolwezi, dans le cadre du partenariat sino-congolais), et celui de la remise sur rails de la SNCC, dans le cadre du projet de transport multimodal (PTM), qui exige d’importants investissements.
Parmi les autres défis à relever pour la province, la pollution liée à l’activité minière, l’exode rural et l’explosion urbaine, ainsi que le développement humain. Comment répondre aux besoins en santé, en éducation, en services de base (eau potable, assainissement, électricité…) d’une population de 10 millions d’habitants – qui classe le Katanga immédiatement après la villeprovince de Kinshasa -, alors que le budget provincial est amputé d’une partie de ses ressources ?

Les bonnes réflexions
Du côté des populations, les sujets de préoccupation ne manquent pas. Certains considèrent que le secteur minier n’a pas eu les retombées attendues en termes d’emplois et de réalisations sociales. D’autres n’ont toujours pas digéré ce qu’ils qualifient de dépeçage de la Générale des carrières et des mines (Gécamines), née en 1966 de la nationalisation de l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK). Faute de moyens pour relancer l’exploitation et moderniser son outil de production, la Gécamines a dû nouer des partenariats avec des compagnies étrangères. Transformé fin 2010 en société commerciale, l’ex fleuron minier va-t-il gagner son pari de redevenir un opérateur à part entière ?
En attendant la prochaine bataille, celle des élections provinciales, prévues en janvier 2013,les bonnes réflexions se feront autour du comment relancer une économie de développement loin des convoitises électorales. Et c’est à Moïse Katumbi Chapwe que sont braqués les regards pour venir relever le défit une fois encore.

M.Mehdi

Moïse Katumbi Chapwe, l’homme prodige du Katanga

Moïse Katumbi Chapwe, né le 28 décembre 1964 aux environs du lac Moero au sein de l’ethnie Bemba ,d’une mère congolaise et d’un père juif séfarade, Nissim Soriano, qui avait fui entre les deux guerres mondiales l’île de Rhodes ,alors contrôlée par l’Italie fasciste, pour s’établir au Katanga. Son fils Moïse Katumbi qui allait devenir gouverneur de Katanga, avait fait ses études primaires au lycée Kiwele de Lubumbashi et secondaires à la mission de Kapolowe, pour y obtenir un diplôme d’Etat, option «Pédagogie». Il devient ensuite gérant des établissements de son frère aîné, Raphael Katebe Katoto, un homme d’affaires actif dans la politique qui n’allait pas être pris comme référence pour Moïse.
Membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti dont l’initiateur est le chef de l’État Joseph Cabila Kabange, Moïse Katumbi a été élu en janvier 2007 gouverneur de la province du Katanga, par une majorité écrasante de 94 voix sur 102, après avoir travaillé à l’Assemblée nationale de la République du Congo et à l’Assemblée provinciale du Katanga. En tant que gouverneur, Moïse Katumbi s’est distingué par son opposition à l’expulsion des creuseurs artisanaux qui travaillent sur les terres allouées à des compagnies minières.« Parmi les 100.000 creuseurs artisanaux se retrouvent des intellectuels au chômage, des enfants en mal d’école, mais aussi de nombreux militaires démobilisés. Ces derniers, s’ils étaient privés de leur gagne-pain, pourraient être tentés par l’aventurisme ou par le banditisme pur et simple». Rapporte le journal congolais «La conscience».C’est ce mobile qui l’a poussé à prendre une telle mesure. Il tente depuis à favoriser l’agriculture, qui témoigne d’un retard structurel, et faire promouvoir une autosuffisance alimentaire de sa province en imposant l´école publique gratuite, noyau de développement de toute politique sociale. Il ne cesse dans ce sens de lutter contre les détournements des fonds et la dilapidation des deniers publics.
En tant qu’homme d’affaires, ayant prospéré dans les pêcheries et le transport, il s’y connaît dans le monde des transactions commerciales. Et pas des moindres. Le sport aussi l’intéresse .Il s’est même illustré comme président du club de football Mazembe à Lubumbashi. Club avec lequel il a remporté deux fois consécutives la Ligue des champions Africaine (2009, 2010) et atteint la finale de la Coupe du Monde des Clubs à Abu Dhabi en 2010. C’est l’un des rares présidents de clubs de foot dans le monde qui paie un salaire de près des 50.000 dollars US à ses joueurs. Et cela ne l’a pas empêché d’exercer ses talents dans le domaine de la politique .Ils furent remarqués lors de ses soutiens financiers alloués à Joseph Cabila lors de la campagne électorale 2006. Des gestes qui lui témoignent de sa capacité de gestionnaire et d’opérateur fin politique.
Gouverneur alors, Moïse Katumbi se concentra au premier sur des activités d’ordre social, et fourni notamment l’option de soutien aux cantines populaires à Lubumbashi, mises au service des démunis de la ville. Généreux, il distribue de l’argent aux nécessiteux, sans oublier de faire asphalter plusieurs routes, encourageant de même les agriculteurs ,en mettant à leur disposition une mécanisation agricole apte de leur apporter un plus en leur faisant distribuer des tracteurs pour y parvenir à améliorer le rendement de leurs terres.
Magnanime, le gouverneur du Katanga, élégant dans ses parures, s’en prend à bras le corps à des investisseurs étrangers, en particulier les nord-américains, les persuadant de l’intérêt qu’il y a à venir prendre pied au Katanga. C’est un visionnaire qui sait à qui s’en prendre pour développer sa région. Et c’est avec la réinstauration de la démocratie dans le pays que les affaires ont commencé à reprendre. Entre autres les nouveaux codes miniers qui a libéralisé le secteur minier et qui est aujourd’hui en vigueur dans cette province. C’est ce qui fut remarqué par des investisseurs investissant dans le minier dans cette région du monde.
Désormais, le secteur privé est le plus important au Katanga. Les sociétés Gécamines et Sodimico l’ont couronné par la signature d’accords avec des exploitants miniers qui opèrent sur différents sites en concessions au Katanga. Aujourd’hui la personne de Moïse Katumbi jouit d’une grande popularité auprès des agriculteurs comme celle des artisans creuseurs et des cadres de l’industrie minière. Il est partout et rien ne lui échappe ; il sanctionne, explique, distribue, achète de ses propres deniers des livres d’enseignement des techniques d’agriculture qu’il fait distribuer dans les écoles de la province. A peine élu, il utilise les redevances minières pour équiper des centres de santé et acheter des ambulances, jusqu’à ce que Kinshasa le rappelle à l’ordre pour qu’il renvoie à la gourmande capitale les recettes de la province du cuivre… Sa réputation dépasse les frontières du Katanga, elle s’étend jusqu’au Kivu, au Kasaï et même jusqu’à Kisangani .Et le film de Thierry Michel (Katanga Business), dont il est l’une des figures marquantes, lui donne une envolée jusqu’au Maroc .Une dimension qui risque de lui donner une aura internationale.
Cette notoriété pourrait être dangereuse pour cet homme qui, lors des élections 2006, a été le champion national des voix de préférence, mais qui a aussi échappé à de mystérieux accidents, dont celui où le train d’atterrissage de son avion s’est retrouvé bloqué à l’atterrissage à l’aéroport de Kinshasa…
Revenu au Katanga, après un long exil, Moïse Katumbi crée la société MCK (Mining Company Katanga) qui participe à la privatisation de la Gecamines en obtenant trois gisements miniers importants, à Kinsevere, Tshifufia et Nambulwa, au nord-est de Lubumbashi. Le modèle de partenariat est un classique du genre : la Gecamines garde 20 % des parts, et MCK en obtient 80%. Le gouverneur entend par ces mesures de redynamiser tous les secteurs de l’économie par celui de la mineraie. Cela est possible par la volonté politique. Et cette volonté, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe ne cesse de la manifester par des actes concrets.
M.Moudarir

Défenseur improntu de cause sociales
Moïse Katumbi avait pris position pour les ouvriers en oeuvre dans les mines existantes dans sa province contre l’expulsion catégorique des creuseurs artisanaux qui travaillent sur les terres allouées à des compagnies minières. Ce qui lui en avait fait les louanges de ces derniers : «Parmi les 100.000 creuseurs artisanaux se retrouvent des intellectuels au chômage, des enfants en mal d’école, mais aussi de nombreux militaires démobilisés. Ces derniers, s’ils étaient privés de leur gagne-pain, pourraient être tentés par l’aventurisme ou par le banditisme pur et simple » .

Exploitation minière

L’informel fait emplette

Au Maroc, où l’exploitation de nombreuses ressources minières a donné naissance à des formes d’urbanisation originales, la gestion de l’environnement urbain pose de grands problèmes aux décideurs locaux. Les agglomérations minières sont, en effet, les premières victimes du processus de dégradation de l’environnement à cause des rejets solides, liquides et gazeux de la mine.

Si on ajoute les problèmes environnementaux « ordinaires » qu’on rencontre dans toutes les villes marocaines (assainissements solide et liquide, habitat insalubre, pollution atmosphérique, pollution des réserves d’eau, etc..), ces villes et agglomérations minières sont doublement victimes et fragilisées par la dégradation de l’environnement, d’autant plus que la population ouvrière est plus exposé à ces nuisances. Ainsi, donc à la ségrégation socio spatiale qui caractérise les villes minières d’une manière générale, s’ajoute l’inégalité des habitants devant le risque environnemental.
À travers l’exemple des agglomérations phosphatières marocaines nous montrerons l’ampleur de ces dégâts et injustices socio spatiales, mais encore, nous nous interrogerons sur l’efficience des stratégies mises en oeuvre par les acteurs locaux (le Conseil Communal, la Compagnie minière, les ONG…) afin de limiter ces nuisances et d’assurer un « développement durable » aux habitants de ces concentrations minières urbaines.
Il est incontestablement permis, par le truchement de la précarité de l’habitation qu’abrite les endroits miniers, de ne pas relever l’existence d’ une main d’oeuvre corviable agissant pour le profit d’exploitants de mines dits artisanaux. L’industrie minière a été un vecteur de mutations économiques et de changements socio-spatiaux dans de nombreux pays producteurs du Tiers Monde , malgré son rôle multiplicateur de dépendance technologique et financière vis à vis des pays capitalistes développés. En effet, en continuant à jouer le rôle de simple fournisseur de produits pour des pays économiquement avancés, l’échange inégal qui prévalait entre la métropole et la colonie continue aujourd’hui de fonctionner en changeant de visage à l’heure de la mondialisation.
Ces actions constituent le coeur de la réforme appelée aujourd’hui à prendre cours de réalisation. D’autant plus qu’elles ont un double objectif, car en structurant les petites exploitations on combat automatiquement des exploitations illicites. C’est un dossier épineux auquel le ministère de l’Energie et des Mines doit s’attaquer. Surtout dans le cas du charbon de la région de Jerada, de la vanadinite de la région de Mibladen et du plomb et zinc de la célèbre zone de Touissit. Mais tout le challenge est de mettre en place des actions pour éradiquer le phénomène, sans pour autant ignorer les familles qui vivent de ce business même s’il est illicite. Par ailleurs, la problématique liée à l’après-mine fait aussi ravage et encourage l’informel dans ce domaine. Nombreux sont ceux qui bâtissent tout un business sur la base de matières premières récupérées sur des mines «illégales». L’illégalité de ses mines vient du fait que leurs exploitants initiaux n’ont pas respecté les exigences légales de fermeture de mines ou des carrières une fois l’exploitation achevée. Ce qui laisse libre cours aux opportunistes. Le ministère compte -il sérieusement se pencher sur les mines actuellement fermées comme Jerada, Zaida, Touissit,… ? Pour analyser leur impact sur l’environnement et envisager leur réhabilitation, la question est aussi de faire impliquer les autorités locales dans cette oeuvre.
Mais il n’y a pas que l’informel qui handicape ce secteur, d’autres contraintes existent. Il s’agit notamment du problème de moyens.
Le financement dont dispose aujourd’hui, par exemple, l’un des principaux acteurs du secteur, qui n’est autre que l’Onhym, est jugé insuffisant qu’il s’agisse de l’enveloppe concernant la mise en place de l’infrastructure géologique ou la réalisation de travaux de recherche et de promotion. D’ailleurs l’Office n’a pas manqué l’occasion de le préciser dans son rapport sur les réalisations de la décennie publié en 2008. Le blocage au niveau de l’investissement réside dans le fait que les résultats des recherches et forages ne sont pas toujours concluants et restent très incertains. Un nouveau code
minier est désormais impératif.
Les professionnels s’accordent aussi à dire que le secteur minier manque aujourd’hui de coordination entre ses différents opérateurs. En effet, on trouve d’un côté le pôle public représenté par l’Onhym comme opérateur public indépendant, l’autorité de tutelle qui agit soit directement à travers le département de l’Energie et des Mines ou indirectement à travers des organismes comme le Fonds de formation professionnelle inter-entreprises minières ou encore la Centrale d’achat et de développement de la région du Tafilalet et de Figuig. Et de l’autre côté les entreprises et les opérateurs privés qui agissent via la Fédération de l’industrie minérale (FDIM) et enfin les opérateurs individuels. Il est temps que le gouvernement planche dans le cadre de la réforme sur la nécessité de créer des synergies et harmoniser les actions pour faire en sorte que la chaîne de production du secteur atteigne le niveau le plus optimal possible surtout si l’on veut conquérir des parts de marché à l’international.
Du côté de la filiale de l’ONA, Managem, celle-ci a nettement redressé sa situation financière en 2009 après l’important déficit qu’elle a subi en 2008. Incontestablement, le chiffre d’affaires consolidé de la société a enregistré une hausse de 6%, contre une baisse de 5,4% en 2008, pour s’établir à 2,2 milliards de dirhams. Le repli de 41% du chiffre d’affaires du cobalt suite à la baisse des cours de cette matière sur le marché international a été compensé par la hausse des volumes vendus en cuivre, fluorine et argent, ainsi que l’amélioration de la parité dollar/dirham. Les autres agrégats financiers ont aussi connu de nettes améliorations. En effet, le résultat d’exploitation consolidé de la société a atteint 81,5 millions de dirhams en 2009, contre un déficit de 286 millions de dirhams en 2008. Cela a été possible grâce notamment à une politique rigoureuse au niveau des charges. La société a conséquemment réduit ses charges d’exploitation et d’investissement. Ainsi, le résultat net part du groupe est passé d’une perte de 589 millions à un bénéfice de 22,7 millions de dirhams. Managem n’a pas seulement amélioré sa situation financière, elle a aussi procédé à d’importantes découvertes minières en 2009, et ce, malgré la réduction des investissements. En effet, à travers ses différentes filiales, la société a découvert une réserve additionnelle de 432 tonnes d’argent dans la mine d’Imiter, plus de 551.000 tonnes additionnelles de fluorine ont été mises en évidence, 2,67 millions de tonnes supplémentaires de cuivre ont été découvertes à Akka, 45.600 tonnes de cobalt et 79.000 tonnes de cuivre s’ajoutent aux réserves disponibles dans la République démocratique du Congo. Et la suite viendra.

M.Moudarir