Interview avec M. Mohamed Foutouhi, DG de la RADEES

Les eaux usées traitées, une aubaine pour l’agriculture

La question de la gestion de l’eau et de l’électricité dans la province de Safi acquiert une importance vitale pour la population locale. Il s’agit en fait de faire porter sa dimension régionale à son niveau de croisière pour y parvenir à réaliser l’une des priorités, comme l’assainissement liquide et autres, qui préoccupent en premier l’opinion publique dans la région et aussi la Régie. C’est donc l’une des priorités qui figurent sur le calendrier de travaux à réaliser. Et c’est en faisant foi de cet ensemble de composants d’infrastructure que le directeur général de la RADEES a bien voulu s’ouvrir à notre support et répondre modestement à nos questions.

Énergie & Mines magazine : Avec la nouvelle charte nationale sur l’environnement, comment la RADEES agit-elle dans l’économie d’eau et d’énergie ? Et quels sont les chantiers lancés dans ce cadre ?
Mohamed Foutouhi : Conscients de l’importance cruciale de la question de la gestion
de l’eau et de l’intérêt stratégique de la préservation des ressources actuelles, les services de la RADEES cherchent actuellement des solutions alternatives permettant de pérenniser et diversifier les ressources d’approvisionnement en eau. Pour ce qui concerne le secteur d’assainissement liquide, la RADEES a lancé une étude de faisabilité de la réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles, industrielles, ou à l’arrosage des espaces verts de la ville.
Dans ce sens, la réutilisation des eaux usées traitées par une station d’épuration pourrait représenter une source de diversification pouvant jouer un rôle majeur au vu de l’ampleur des volumes que cette station permettra de traiter (environ 16 millions de m3/an à l’horizon 2045)
La RADEES privilégie le recours à des travaux souterrains avec des profondeurs importantes et des coûts d’investissement par conséquent considérables, plutôt que le recours aux stations de relevage pour plus d’économie d’énergie, et ce pour les zones présentant des points bas.

Quelles sont les retombées de la station d’épuration des eaux usées ?
La protection de l’environnement par l’élimination des rejets directs des eaux usées qui déversent directement sur le littoral, la possibilité du recours à la réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles, industrielles ou pour l’arrosage des espaces verts, la mobilisation de ressources en eau aux fins de réutilisation pour arrosage des espaces verts et en agriculture, contribuant ainsi à l’économie d’eau.

Les principaux axes du schéma directeur ?
L’amélioration des conditions sanitaires de la ville par l’organisation du service de l’assainissement
liquide au sein de la RADEES et la mise en place des moyens humains et matériels nécessaires à son bon fonctionnement, la réhabilitation du réseau et l’élimination des points noirs (total d’environ 22 Km pour la tranche prioritaire), l’extension du réseau dans les quartiers non assainis et les zones en perspective de développement urbain (total d’environ 12Km pour la tranche prioritaire), l’abattement de la pollution du milieu récepteur par l’élimination des sept exutoires qui déversent directement dans la mer et la mise en place d’une station d’épuration en vue d’une réutilisation éventuelle.

Les travaux d’infrastructures programmés par la RADEES : 400 millions DH en première tranche ?
Safi, dont le coût s’élève à environ 400 millions de DH fiancé par la BEI, PNA et la RADEES, cette dernière a programmé dans le cadre de son plan d’investissement les travaux suivants à savoir:
L’exercice 2010 : le renforcement du collecteur Flongeant le boulevard Hassan II, présentant une insuffisance hydraulique, les travaux consistent en un dédoublement du collecteur existant par un collecteur d’un diamètre de 2.800mm sur une longueur d’environ 2km avec 1km de travaux souterrains, pour une enveloppe budgétaire de 58.5 millions Dh/ttc, la réalisation d’un intercepteur qui va drainer les eaux de la zone nord, actuellement non assainie sur un linéaire d’environ 4km pour un budget d’environ 20 millions Dh/ttc et le remplacement du collecteur longeant le boulevard My Youssef, dont l’état est détérioré. Le montant de ce remplacement est d’environ 12.5 millions Dh/ttc.
L’exercice 2011 : les travaux de réalisation de deux stations de relevage avec leurs conduites de refoulement. Aussi les travaux de réalisation de l’intercepteur le long du littoral qui va permettre de supprimer tous les rejets direct de la ville, ainsi que les travaux de remplacement de certains tronçons présentant de faibles pentes, ou de cassures afin de remédier à certains points noirs du réseau.
L’exercice 2012-2013 : les travaux de réalisation de la STEP (primaire); et la tranche de réalisation de l’émissaire marin.

Interviewé par M. Moudarir

De l’énergie renouvelable à l’Université Hassan 1er de Settat

Méthodologie en matière du solaire

L’Université Hassan Premier à Settate cherche à se finaliser dans le domaine des énergies renouvelables, en particulier le solaire. Il est admis aujourd’hui qu’un cursus de formation intelligente secoue les ambitions universitaires et permet le développement d’un noyau de professeurs chercheurs d’en prendre conscience du devoir. C’est à propos de ce sujet que nous avions rencontré M. Hamid El Omari, professeur d’enseignement supérieur et directeur du laboratoire des énergies renouvelables dans cette université, dont ci-acte.

Les découvertes dans les semi-conducteurs appliqués à l’énergie solaire (matériaux pour la technologie
des composants photovoltaïques) ont été approuvées par les instances internationales, notamment en Australie, en Allemagne, au Japon, aux U.S.A. et autres…, il s’agit de cellules photovoltaïques qui transforment les rayons solaires en courant continu, dont le rendement est nettement amélioré avec la mise en oeuvre d’une nouvelle méthodologie de mesure.
Cette découverte permet de réduire la réflexion de la lumière sur les plaques solaires tout en diminuant leurs résistances de contact et un gain sur la matière première, ceci lui a valu une large reconnaissance internationale. C’est par une combinaison gagnante de l’oxyde de titane et d’autres constituants physico-chimiques que le pari est gagné. D’autres recherches sont en cours, notamment pour produire de l’hydrogène à partir de l’électrolyse de l’eau en utilisant l’énergie solaire, qui est sans aucun risque pour l’utilisateur. L’hydrogène, vecteur énergétique incontournable dans un proche futur, représente une solution alternative, à court et moyen termes, afin de réduire la facture énergétique des énergies fossiles dont dépend fortement notre économie. A ce propos, nous rappelons que la combustion de l’hydrogène n’émet pas de CO2; soit quelle demeure à l’état zéro pollution. Dans ce contexte-là, où la recherche scientifique est préoccupante, hommage est rendu de notre part au Professeur Hamid El Omari pour ses travaux au sein du C.N.R.S. (centre national de recherche scientifique) à Lyon, en sa qualité d’ingénieur-chercheur. Plusieurs de ses participations sur le domaine des énergies renouvelables témoignent de l’apport qu’il a fait à la science. Ce n’est que par amour à la patrie qu’il a bien regagner son pays natal le Maroc, et ce, pour homologuer ses recherches et servir par son savoir-faire les futurs lauréats. Comme disait J. Amadou : «des Docteurs qui cherchent on en trouve et ceux qui trouvent on en cherche».
Pour cela, le ministère de l’enseignement Supérieur, a fait doter l’Université Hassan Premier, d’un budget, mis à contribution pour la recherche scientifique accrédité au laboratoire pour une durée de quatre années. Espoir est donc de voir se concrétiser une telle ambition sur le terrain, permettant aux recherches leur finalité, dans un climat sain et sans ambages. Le laboratoire des énergies renouvelables de la FSTS, s’appuyant récemment sur des thèses de développement sous la responsabilité du Pr.
Hamid El Omari, est intitulé : «Energies Renouvelables, Optimisation et Mécanique» (EROM), avec la participation des professeurs Adil Rezki, Hafsa El Omari, Boujemâa Danouj, Mostapha Bouzi, Abdelilah Alhamany, El Hassan Boutyour, Nabila Fiddi, Ahmed Naddami, Abdellatif Hasnaoui, Youssef Lagmich, Jamal Benhra et Driss Al Moutawakil, tous portés par l’espoir de voir réussir une telle mission, ponctuée par la mise en état d’une oeuvre permettant l’ascension d’une telle spécialité.

Fiche technique
La Faculté des Sciences et Techniques de Settat (FSTS) est un établissement universitaire public à caractère scientifique et technique, faisant partie de l’Université Hassan Premier, sa mission est la formation dans les domaines scientifiques, techniques, la formation continue des cadres techniques des industries environnantes, la recherche appliquée et prestations des services pour le développement de l’économie régionale et nationale. Destinée à s’intégrer dans le pôle technologique et industriel de la région de Chaouia-Ouardigha, en tant que pépinière de techniciens et de cadres supérieurs liant la transmission entre le technicien supérieur et l’ingénieur concepteur. Dotée d’un laboratoire crée en 2005 dont les axes de recherche sont articulés autour des applications sur les énergies renouvelables, l’enseignement et la recherche scientifique, dispensés par d’éminents professeurs-chercheurs qui encadrent des futurs experts.
Afin de réussir sa mission de formation, offrant à ses étudiants un programme semestriel et modulaire, liant les aspects scientifiques et techniques fondamentaux avec de nouvelles orientations technologiques et professionnelles, disposant d’un corps enseignant qualifié et d’un parc de matériel scientifique d’enseignement et de recherche couvrant plusieurs domaines tels que le génie mécanique, le génie électrique, l’informatique, la chimie, la physique, la biologie, la géologie et la communication. Conçue pour donner un nouveau élan à l’enseignement supérieur avec un programme d’urgence assurant l’instruction, la formation et le savoir-faire aux jeunes Marocains imbus de savoir universitaire, sous la surveillance d’enseignants qualifiés.

A.B

Baisse de l’électricité de 7 à 17% attendue

Plus d’un million de foyers en bénéficieront

Fin d’une injustice. Les abonnés pourront payer ce qu’ils auront effectivement consommé. Un vieux dahir relatif à la tarification électrique instituait un système de facturation arbitraire.

Les clients avaient donc le choix entre deux formules d’abonnement à basse tension. La première formule, dite avec forfait, obligeait les clients à souscrire une consommation forfaitaire. A la fin de l’année, si leur consommation est inférieure au forfait en question, ils payent le minimum non atteint (MNA).
L’écart était facturé à un tarif réduit de 30%. Cette situation poussait les usagers à surconsommer l’électricité pour épuiser leur forfait.
Quant à la seconde formule, elle consistait à souscrire un abonnement à l’électricité, mais sans forfait. Dans ce cas, le client payait une facture majorée de 20% du prix de l’électricité.
Pendant plus d’un demi-siècle, ce double régime de tarification générait une injustice pour les clients qui étaient astreints à une consommation minimale. Ce système est devenu anachronique par rapport aux réalités actuelles du secteur de l’énergie.
En effet, le gouvernement veut favoriser l’efficacité énergétique et les économies en termes de consommation de l’électricité, en l’occurrence. De plus, l’existence d’un dahir instituant une consommation minimale d’électricité est contradictoire avec les dispositions de la loi relative à la liberté des prix et à la concurrence. En effet, l’existence d’un double régime de tarification est contraire à l’égalité entre clients.
Les cahiers des charges de l’Office national d’électricité (ONE), des régies autonomes d’eau et d’électricité et des gestionnaires délégués, instituant une consommation minimale, deviendront donc caducs. Par conséquent, les clients, qui étaient liés à leur fournisseur d’électricité par un contrat avec une consommation minimale, basculeront tous vers la tarification à usage domestique. Ainsi, 1,33 million de foyers verront leur facture d’électricité baisser de 7 à 17% puisqu’ils payeront ce qu’ils auront consommé. Le projet de loi devra être ensuite voté par la deuxième Chambre. La baisse des factures d’électricité n’interviendra qu’en 2011 car la loi n’entrera en vigueur que trois mois après sa publication au Bulletin officiel.

Energies et Mines

Plan énergie

Volonté pour une complémentarité énergétique

Le Maroc a depuis longtemps subi les contraintes d’une facture énergétique pour donner condescendance à ses besoins. Aujourd’hui, le vent de l’espérance souffle du côté des énergies renouvelables et confie un espoir centré sur le développement économique.

Le Plan solaire marocain, opportunités et défis est bien le thème d’un ensemble de rencontres et débats qui s’animent autour de l’aubaine énergétique.
C’est dans la mouvance de l’indépendance énergétique du pays et la diminution de la facture pétrolière que se mobilise cette dynamique.
Elle est le catalyseur de lutte aussi contre le réchauffement climatique. C’est ce qui pousse le Maroc à s’imprégner du Plan Énergie, présenté au lendemain des Assises tenues en mars 2009 à Rabat sur l’énergie renouvelée. Ce qui confirme son engagement à optimiser son potentiel énergétique, particulièrement dans les domaines de l’éolien et le solaire.
Ceci dit que notre indépendance pourrait à moyen terme se réaliser au mitan de l’échéance 2015 comme seconde source d’énergie après le charbon. Passerelle aussi pour l’an 2020 qu’on se fixe comme date idoine… Dix ans donc nous séparent de cette date pour concrétiser une économie substantielle de l’énergie de 12% en manque aujourd’hui pour notre pays.
Le Maroc, l’un des pays les plus riches en ressources d’énergies renouvelables (ER), notamment grâce à un taux d’ensoleillement et une vitesse de vent très favorable, jouit d’une capacité qui se caractérise par sa proximité du centre de forte demande d’énergie, qui est le continent européen.
A cet avantage de proximité, s’ajoute l’évidence que les composantes des technologies pour la mobilisation d’énergies renouvelables sont, pour la plus part, relativement simples et leur production est transférable.
Le Plan solaire marocain, qui dénote d’une «volonté politique courageuse et volontariste», place le Royaume dans une position de «précurseur» en la matière et qui pourrait devenir à terme un «Centre d’excellence de la grande puissance d’électricité solaire».
La mise en oeuvre de ce Plan nécessite la mobilisation de toutes les potentialités politiques, sociales, industrielles, financières, scientifiques et ce, dans un cadre harmonieux, concerté et complémentaire de tous les intervenants.
De même, la réalisation de ce Plan est de nature à augmenter considérablement la production de l’énergie solaire dans le sud de la Méditerranée et, partant, d’engendrer une baisse très significative des coûts de production. Elle contribuerait également à générer des emplois, à réaliser les objectifs de développement durable et de la préservation de l’environnement et à concrétiser la complémentarité Nord-Sud.
Rappelons que plusieurs initiatives ont été prises dans ce sens pour apporter leur appui scientifique et cognitif au bénéfice de cette énergie renouvelée. C’est l’émergence, entre autres de l’Université Mohammed V, la Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN) et la Coopération technique allemande (GTZ), qui se sont lancés dans l’élaboration d’une réflexion sur les dimensions nationales et les impacts régionaux et internationaux du Plan solaire marocain. Et apporter leur complémentarité scientifique au Plan solaire marocain et les initiatives internationales (DESERTEC), ainsi que les technologies et le potentiel de la participation de l’industrie marocaine à ce Plan.

M.M.O

Démocratie

Folletage du modèle politique arabe

Nous vivons aujourd’hui dans un monde en profondes mutations, par rapport à celui connu juste après l’indépendance, dans lequel a été formée l’actuelle classe politique marocaine qui continue à s’inspirer des vieux paradigmes. Le Monde arabe avant le 14 janvier n’est plus le même.
L’anomie politique provoquée par la propension révolutionnaire est dans le sang, et s’imbibe dans l’ensemble de la population arabe. Les remous sociaux que connaît le Monde arabe sont en une partie des luttes pour la reconnaissance. Le sentiment d’honneur bafoué, l’atteinte à la dignité ainsi que le mépris et le déni de la considération restent des mobiles pour n’importe quel soulèvement.
Le rejet des revendications peut créer des conflits sociaux qui se transforment en quelque sorte par des conflits d’intérêts. La transformation d’un pâtir en agir reste un élément majeur pour décrire les motifs des groupes qui furent qualifiés par certains politologues de «groupes à faibles ressources». Ce genre de groupe se caractérise moins par la précarité économique que le peu de moyens cognitifs, relationnels ou sociaux, dont ils pouvaient disposer pour faire entendre publiquement leurs voix. L’effet des réseaux sociaux a provoqué non seulement un dépassement de l’identité nationale chez les éléments de cette catégorie de groupe, mais une identification ou une sorte de recognition.
L’emballement de ce vent de fronde dans le Monde arabe a élucidé que dans toutes les sociétés arabes le talon d’Achille est exactement le même. L’absence de la démocratie et la démagogie populiste, en se basant sur des discours politiques salmigondis et incompréhensibles, ont créé des mécanismes de déni et dénégation du citoyen, surtout la jeunesse.
Les contestations dans le Monde arabe montrent que le mal est général et que tous les pays sont concernés. La nécessité d’en faire un diagnostic, pour chercher les causes de cette maladie, est inéluctable. La jeunesse présentement vit avec la vitesse de la célérité électronique, et exprime par ce biais son mécontentement et son irritation vis-à-vis de l’absence d’une réelle démocratie. Le népotisme et la corruption restent les points d’orgue des revendications et se sont, d’ailleurs, les slogans scandés dans les deux lieux symboles des deux manifestations tunisienne et égyptienne. Les événements de la Tunisie, de l’Égypte et maintenant la Libye donnent leçon à tous, pourvu que le reste des pays arabes en tire conclusion et commence à engager des refontes dans la voie de la démocratie et des réformes politiques en profondeur.
Un pouvoir d’élite sans engagement social est un pouvoir bâti sur le sable, en tout cas c’est ce qu’on peut tirer aujourd’hui de ce tsunami politique qui rase à coup de fouets l’ensemble des pays arabes. Il s’agit en fait de s’inspirer de la nouvelle donne et engager un travail rigoureux sur la recherche d’issues à la crise, et animer sur cette base un débat public national mobilisateur de la société civile. Les partis politiques marocains ont dévoyé le pouvoir que la société leur avait confié. La désaffection des citoyens,surtout la jeunesse, pour la scène politique se traduit aujourd’hui par un redéploiement de leur activité dans la société civile. Dés lors, un rapport de confiance (pouvoir – défiance, société civile) s’est installé et la nécessité d’articuler entre les deux reste indispensable pour faire régner l’assurance. La politique de colmatage qui se contente de repeindre, de rapiécer et renoncer n’est que pusillanimité politique.
La théorie polyarchique, propre aux démocraties, système où les ressources politiques fortement dispersées, avec un équilibre entre les pouvoirs et la théorie des contrepoids reste, dans un premier temps, un élément majeur pour structurer d’une manière rationnelle la chose politique marocaine. La vie politique dans ce cas se présente comme un lieu où il y a libre concurrence sans clientélisme et sans partialité. L’aspiration démocratique s’est manifestée depuis toujours, sous forme de pouvoir de défiance des organisations qui rejettent l’état de fait, imposé par une élite qui se concentre sur le pouvoir économique et politique. C’est pourquoi, la réussite du modèle polyarchique est inhérente à la réussite du pluralisme social. La révolte dans les pays arabes a montré que tout gouvernement qui ne travaille pas sur la base sociale du pays, ne fait que pédaler dans la boue.
A l’aune, les réformes politiques s’imposent pour trouver le point d’équilibre entre l’inéluctable et l’impondérable, dans l’objectif de favoriser un consensus politique qui préserve la cohésion sociale d’une société fortement en hybride.

Par Dr Cherkaoui Roudani

Agence urbaine d’El Jadida

Pour la maîtrise du savoir-faire

L’Agence urbaine des provinces d’El Jadida et de Sidi Bennour est appelée aujourd’hui à multiplier les efforts. Cela va dans la concrétisation sur le terrain des moyens consentis dans la stratégie nationale relative à l’urbanisme et au logement social surtout.

C’est dans cet esprit que la province d’El Jadia doit conjuguer les différents aspects et répondre à un certain équilibre qui lui permettront sérieusement l’accès au développement humain dans la région. Qu’il s’agisse de lutter contre l’habitat insalubre, ou tout simplement répondre aux impératifs de l’heure, plus particulièrement l’aspect touristique. Il est également question de l’impérative veille sur l’environnement urbain et la maîtrise de son espace. La bonne gouvernance en est la question de socle, surtout en matière d’urbanisation tout en respectant les normes dans le cadre des lois en vigueur afin d’éviter l’éclatement de problèmes liés à la dégradation de l’habitat.
L’action de l’Agence urbaine d’El Jadida, notamment en matière d’établissement de documents d’urbanisme, de gestion urbaine et puis son intervention dans les programmes relatifs à l’habitat social, reste de grande portée.
C’est de par la pratique d’une certaine éthique urbanistique, répondant aux exigences et aux voeux des habitants, que l’Agence est appelée désormais à fournir et à maîtriser son savoir-faire.
Mettant à côté la focalisation sur le simple rendement et s’attaquer au profit individuel et mercantile. Donc faire de son rôle un acte plus répondant à la mise à niveau d’une carte urbaine modernisante de par l’établissement des études de restructuration.
On n’oublie pas que la mise en oeuvre de la stratégie de développement urbain (SDU), du projet du schéma régional d’aménagement du territoire de Doukkala-Abda (SRAT) et du projet de mise en valeur de l’espace touristique du bi-pôle El Jadida-Azemmour. ont eu des retombées positives sur le secteur de l’habitat sachant que 3.600 dossiers ont été instruits au cours de l’année 2010, dont 70% ont reçu un avis favorable.
Le guichet unique a, quant lui, traité 1.640 dossiers dont 83 % ont obtenu l’autorisation de construire. Tous ces projets instruits favorablement vont drainer un investissement potentiel de plus de 4,5 milliards de dirhams. C’est une action positive si on se fie aux dires des responsables dans la province. Sur un total donc de 2.982 dossiers instruits, 2.060 ont reçu un avis favorable, soit 60 %, avec un montant global d’investissement qui s’élève à 3,9 milliards de dirhams et la mobilisation d’une superficie de 1.393 hectares. Ce sont là des projets porteurs, mais qu’ils sortent de la léthargie des cumuls administratifs feutrés dans des enjeux obscures.
Concernant la province de Sidi Bennour, sur un total de 635 dossiers instruits, 471 ont eu un avis favorable, soit 74 %, avec un montant global d’investissement qui s’élève à 531 millions de dirhams et la mobilisation d’une superficie de 132 hectares.
Tout cela n’a pas été de bonne facture, il faut dire que des infractions aux normes ont été constatées, soit 152 infractions relevées dont la majorité est localisée sur le territoire de la commune urbaine de la ville d’El Jadida, soit 40,8 %, suivie de la commune rurale de Moulay Abdellah avec 34%.
Ce manque de respect à la loi, quand elle est contournée, ne peut servir que de malveillants exercices de contrôle, qui souvent se concrétisent sur le terrain par l’installation de désordre. Ce qui rend,à long terme, difficile son éradication.
Rappelons en effet qu’une convention est venue entretenir le ministère du tutelle, la wilaya pour la région de Doukkala-Abda, le conseil provincial, la province d’El Jadida et l’inspection régionale de l’aménagement du territoire pour la mise à niveau et l’engagement du processus de développement intégré dans six communes rurales relevant de la province d’El Jadida, en l’occurrence Ouled Frej, Bouleouane, Kouassem, Sidi Hsain Ben Abderhmane, Chaibat, Khmiss Mitouh.

L’environnement à l’aune de la charte verte

ON NE PEUT épiloguer aujourd’hui sur la question environnementale sans évoquer le Conseil national de l’environnement (CNE). Depuis sa création en 1980 et sa restructuration en 1995, le CNE est présenté comme un forum de discussions et d’échanges sur l’environnement et le développement durable. Celui-ci ne s’est réuni que sept fois (1995, 1996, 2000, 2002 et 2007, 2009, 2011) durant toute son activité. Donc, quel bilan peut-on tirer de son existence? Il faut dire qu’il s’est perfectionné dans la multiplication des recommandations qu’il ne cesse d’en proposer sans les atténuer. Comme par exemple la mise en place d’une Haute commission de l’environnement et du développement durable et aussi d’un programme d’éducation environnementale. Autres propositions, c’est encore le renforcement des observatoires régionaux de l’environnement, auxquels s’ajoute la création d’une police de l’environnement et de tribunaux spécialisés. On s’est trop fixé sur la création de services supplémentaires, mais pour l’heure on continue à lorgner de manière triviale le devenir obscurcissant de l’écologie du pays.
De l’avis de certains experts dans le domaine, les discussions qui devaient en principe être centrées sur la charte et intégrées dans une future loi-cadre, continuent à déferler sur les mécanismes d’ordre opérationnel, dont on n’est pas là encore. Cette dernière ne peut activement se mettre en oeuvre que via un système efficace de protection durable de l’environnement (SPDE). Celui-ci se propose ainsi comme forme de suggestions un calendrier précis, pour les rendre concrètes et opérationnelles soit : 2015, 2020 et 2030. Une mise à niveau qui ne peut se réaliser sans le respect de l’échéancier 2015.
Pour lutter contre la détérioration de notre environnement et sa dégradation, qui coûte annuellement pour notre pays quelque 13 milliards de dirhams, soit 3,7% du Produit intérieur brut (PIB), un dispositif juridique est certainement nécessaire. En effet, il existe bien des lois de protection de l’environnement, mais celles-ci trouvent des difficultés à se traduire sur le terrain, faute d’arrêtés ou de décrets d’application. Concernant l’application de la loi, on constate qu’il n’est pas nécessaire de créer des tribunaux spécialisés dans l’environnement, mais seulement de recycler et former des juges dans le domaine. Et surtout éviter à l’État des charges supplémentaires de trésorerie qui ne pourraient être efficaces.
Autre condition pour réussir le SPDE, c’est le renforcement du contrôle. Mais pour le moment, les ressources humaines manquent et il n’existe qu’un très petit nombre d’inspecteurs assermentés, et qui ne peuvent intervenir efficacement. Sans parler de l’absence de coordination entre les différents départements ministériels dans ce domaine. Les mécanismes de contrôle ne sont pas encore définis. La loi cadre sur l’environnement stipule le principe pollueur-payeur, qui est repris dans le projet de la charte sous forme d’obligations et de devoirs, mais le mécanisme de son application ne peut se réaliser dans la réalité. C’est une expérience certes française qui ne peut s’accommoder avec la réalité marocaine. Autre frein qui peut entraver la mise en oeuvre de la charte est le manque de synergies entre les différents programmes nationaux: (Plan Azur, Maroc Vert, Halieutis pour la pêche maritime, Plan solaire, Programme national d’assainissement liquide, Programme national de gestion des déchets ménagers et assimilés, etc.). Un tas de programmes, tambour faisant, ne répondant à aucun critère de développement intégré et alourdissent par leur enchevêtrement la cadence d’opérationnalité. Lorsque ces projets seront mis en oeuvre, il faut penser aux structures permanentes chargées de leur évaluation. Est-ce le secrétariat d’État à l’Environnement ou le Conseil national de l’environnement (CNE) ? Qui en a efficacement la charge de veille ? Si ce rôle revient en fait au CNE, on est en droit de se poser la question sur sa véritable fonction dans cette dynamique; puisqu’il se réunit de manière irrégulière. Comme il est question aussi de s’interroger sur la charte «verte» dans le cadre de la régionalisation et son application, l’hétérogénéité à ce stade fait défaut. On ne peut donc pas se soustraire à la seule administration publique et laisser le devoir de la société civile à côté. C’est le devoir des opérateurs économiques qui compte en premier lieu.

Energie & mines

Le Centre régional d’investissement à El Jadida

Un passage de pointe pour les porteurs de projets

La région Doukkala-Abda vit aujourd’hui au rythme des grandes mutations en lançant des chantiers de modernisation créant ainsi une véritable dynamique de croissance économique. Forte par sa position géographique et ses atouts économiques, cette région a enregistré durant l’année 2010 une montée en puissance de projets d’investissement.

C’est une région qui s’inscrit dans plusieurs stratégies et programmes gouvernementaux notamment: «Plan Azur», «Plan Biladi», «Plan Emergence», «Programme des autoroutes»,«Plan Maroc Vert», «Maroc Numérique 2013», «Vision énergétique 2020», «Plan Halieutis», «Artisanat 2015», «Rawaj», «Moussanada», etc. Elle est désormais un incontestable pôle d’attraction qui a pour ambition de devenir compétitif, de dimensions
nationale et internationale.
Selon le dernier bilan du Centre régional d’investissement de la région Doukkala-Abda, 85 projets sont depuis 2010 à l’étude par la commission régionale d’investissement pour un montant d’investissement de 55 461,73 MDH. Par la mise en place de ces projets, on table aujourd’hui sur la création de 3999 postes d’emploi, et la transformation de cette région en une plate-forme industrielle importante répondant
au besoin de l’économie marocaine et une destination touristique de premier choix.
Comme secteur d’activité important, l’industrie accapare 34% des projets d’investissement et draine la moitié des capitaux investis. Le nombre d’entreprises dans l’agroalimentaire occupe une position avancée de près de onze sur les treize existants. Il est aussi suivi du secteur des services divers avec 26% des projets ayant reçu l’avis favorable. Les secteurs du BTP et du tourisme occupent eux la troisième place avec 15% chacun.
Quant aux réalisations du guichet d’aide à la création d’entreprises, on enregistre la mise en action de 1217 entreprises dans la région en 2010. Du côté juridique, les SARL accaparent 52% des entités créées et individuelles en constituent 47%. Les entreprises nouvellement créées vont drainer près de 10 704,903 millions DH et permettront la création de 5857 postes d’emploi dans la région Doukkala-Abda.
Par ailleurs, les deux représentations de l’OMPIC au sein du Centre régional d’investissement à Safi et à El Jadida ont accordé 1012 certificats négatifs, contre 1010 en 2009. L’intention de création des sociétés à responsabilité limitée (Sarl) constitue 67% contre 22% pour les personnes physiques. Les autres entités juridiques constituent 11%. Par secteur d’activité, les certificats négatifs accordés dans le secteur du bâtiment et travaux publics constituent 38%, ceux des services 26% et ceux du commerce 24%. Signalant que le CRI n’est pas un passage obligatoire pour les créateurs d’entreprises et pour les porteurs de projets d’investissement, de ce fait les résultats présentés ne reflètent pas la dynamique réelle que connaît la région.
Durant l’année 2010, plusieurs groupes de renommée nationale et internationale ont décidé de s’implanter dans la région Doukkala-Abda. L’entreprise sud-coréenne Daewoo Engineering Construction CO s’est engagée à investir 13 milliards de DH pour le compte de la JLEC. Ce groupe est chargé de l’adjonction de deux nouvelles unités de production électrique d’une puissance de 700 MW au niveau de la centrale thermique JLEC à Jorf Lasfar. Ce projet va générer 4.000 emplois directs à moyen terme. En outre, la société turque Tekfen entreprend la réalisation de deux usines de fertilisants à Jorf Lasfar pour le compte de l’OCP, sur la base d’un contrat de 170 millions de dollars. Il prévoit la création de 2.000 emplois.
Il y a lieu de rappeler que la première tranche du parc industriel de Jorf Lasfar lancé par Sa Majesté le Roi est déjà livrée, et elle s’étend sur une superficie de 260 Ha. Ce Parc est le premier du genre au Maroc avec 500 ha destinés aux industries de 1ère catégorie (les industries lourdes comme la métallurgie, la chimie-parachimie et la logistique industrielle). Il abritera également des services supports à l’industrie de (maintenance, bureaux d’études, centres d’affaire, etc.).
D’autres projets d’ampleur ont été également lancés par le Souverain dans la région, à savoir le développement d’un pôle urbain avec une zone de services soit 40.000m² de plancher au niveau de la ville d’El Jadida initié par la CGI sur l’ancien site de l’aérodrome. Les projets de qualification et de recyclage des espaces et des tissus urbains au niveau de Safi, El Jadida, Sidi Bennour et Youssoufia sont à l’ordre du jour. La valorisation de la cité portugaise d’El Jadida et la réhabilitation de l’ancienne médina d’Azemmour par Al Omrane sont en cours d’exécution. L’amélioration de l’offre touristique et de services attractifs au centre urbain, à la fois dans la ville de Safi et celle d’El Jadida par la reconversion de leur deux ports respectifs en ports de plaisance. Auxquels on fait intégrer la mise à niveau des infrastructures de la commune de Oualidia, dont les travaux ont été lancés au cours de l’année 2010.
Les projets liés à la transformation du gypse seront consolidés par l’implantation d’une unité de traitement à Sidi Tiji, dans la province de Safi, pour un montant d’investissement de 50 millions de dirhams, générant 50 postes d’emploi. En matière d’habitat, la société Pro Habita a lancé l’opération Souissi pour la construction de logements sociaux à Bir Jdid à (250.000 DH). Pour sa part Al Omrane a investi un montant de 180 millions DH pour l’aménagement du lotissement «Hay El Mohammadi» sur l’ancien aérodrome de la ville de Safi.
Sur le plan touristique, le Groupe Accor entreprend la réalisation de la première tranche d’une série de 20 hôtels à travers le territoire à l’entrée de la ville d’El Jadida, pour un montant d’investissement de 40 millions de dirhams. Le tourisme dans la ville de Safi connaîtra aussi un nouvel élan grâce à la réhabilitation de l’ancienne médina, par la construction d’un hôtel 5 étoiles à Sidi Bouzid et la délocalisation de l’activité minérale du port vers un nouveau au sud de la ville.
L’ancien port sera transformé en port de plaisance et de tourisme de croisière.
De son côté, le plan énergétique englobe le projet de la centrale thermique de production de l’énergie électrique à base de charbon blanc, d’une capacité de 1320 MW qui viendra renforcer l’offre énergétique au niveau de la région. Cette mégastructure sera située à Jorf Lihoudi, à 2 km au sud de la ville de Safi et non loin des installations de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP). Elle sera desservie par le nouveau port minéralier, qui répondra à ses besoins en termes d’importation de charbon, mais qui sera aussi une nouvelle plate-forme à l’export pour l’OCP.
Il convient de rappeler que le déploiement du Plan Maroc Vert dans la région Doukkala-Abda s’est décliné par la mise en oeuvre du Plan agricole régional (PAR) qui vise à développer 96 projets susceptibles de générer une enveloppe d’investissements évaluée à 10,5 milliards de dirhams pour la période 2009-2020. D’ailleurs, le potentiel agricole de Doukkala-Abda, concerne une superficie évaluée à 1.234.400 ha et scindé en quatre unités territoriales agricoles (UTA) distinctes, qui sont réparties elles-mêmes en filières prioritaires.
Un autre grand projet d’envergure figure au niveau d’El Jadida, il s’agit du futur parc d’expositions lancé lors de la 3ème édition du Salon du cheval par Sa Majesté le Roi, qui va impulser fortement les activités liées à la filière équine dans la région. Cet important parc multifonctions sera réalisé pour un investissement global de 390 millions de dirhams, et abritera entre autres le Salon du cheval d’El Jadida.
Ce projet sera mis en oeuvre en 24 mois sur une surface de plus de 46 Ha, dont 20.000 m² dédiés aux expositions.
Sur le plan formation, l’université Chouaib Doukkali entreprend de construire une école d’ingénieurs sur Al Ader à El Haouzia. En matière d’infrastructure, il est judicieux de rappeler que les études pour la réalisation de la nouvelle autoroute reliant El Jadida à Safi ont été lancées. Les travaux commenceront en fin 2011 et s’achèveront à l’horizon 2015.
Sur un autre registre, le programme national Moukawalati a permis la concrétisation de 26 projets durant l’année 2010, ce qui porte le cumul des projets démarrés depuis la mise en place du programme en 2006 à 119.
Dans le cadre du réseau pour la modernisation des entreprises, le CRI, l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME), et l’agence allemande de coopération technique (GTZ) ont mis en place un programme d’accompagnement dédié aux femmes chefs d’entreprises baptisé «Entre elles en régions», avec pour objectif le renforcement des capacités managériales des femmes entrepreneurs.
Le CRI a sélectionné deux groupes de huit femmes chacun qui bénéficient de ce programme, un à Safi et l’autre à El Jadida.
Après une phase de diagnostic des besoins, les bénéficiaires ont suivi depuis le mois d’octobre 2009 à juillet 2010 un cycle de formation groupé et structuré en 5 modules et des séances de coaching individuel d’ordre managérial et commercial.
Par ailleurs et sous l’impulsion des pouvoirs publics, une commission composée de plusieurs partenaires à Safi dont le CRI, encadre 39 jeunes diplômés sans emploi, porteurs de 8 projets pilotes. Ils ont bénéficié d’un accompagnement personnalisé. Les objectifs assignés à cette commission sont d’encadrer ces projets dans le cadre des activités génératrices de revenu de l’INDH, de résoudre les difficultés administratives y afférentes, et de faciliter l’accès aux locaux professionnels.
D’autres jeunes se sont inspirés de cette expérience et requièrent d’intégrer ce programme. Un audit de suivi du système de management du CRI au niveau de ses différentes structures (implantées à Safi, El Jadida, Sidi Bennour et Youssoufia) a été réalisé par le bureau Veritas et concerne la reconduction de la certification du système de management de la qualité CRI selon la norme ISO 9001 version 2008.

Synthèse Energies et Mines

Cité portugaise

Appel pour la sauvegarde du patrimoine

La Cité portugaise, noyau historique d’El Jadida, est en cours de réhabilitation avec Al Omrane comme maître d’ouvrage. Le monument, devenu patrimoine de l’Unesco depuis juin 2004, s’étend sur une superficie de 5.7 ha.

La forteresse construite sous une étoile à quatre branches, un joyau lancé du côté des bastions de Saint Antoine et de Saint Sébastien.
L’objectif est le traitement des remparts et l’aménagement d’un parcours de promenade à la place Ahfir, aux abords de l’édifice.
Les remparts sont toutefois très imposants, d’une hauteur et d’une épaisseur de 10 mètres, dont la moitié est construite sur la mer.
Le programme de la première tranche prévoit également l’aménagement du bâti dégradé concernant près de 2.500 habitants.
La Cité dans sa globalité compte près de 4.000 résidents. En plus du replâtrage de la muraille dégradée, menaçant des logements mitoyens, il est prévu la plantation d’espaces verts et l’éclairage extra murus.
Ces travaux d’urgence de la première tranche, estimés à quelque 21 millions DH seront achevés en 2012. En attendant, des études d’urbanisme et d’architecture se poursuivent. Il en ressort que les remparts et les habitations connaissent un état vétuste généralisé.
Selon une étude, le phénomène de dégradation de toute la Cité se trouve accéléré par une forte densification. Plus de 60% du bâti est en mauvais état, dont 5% menaçant ruine. Les prospections lancées en vue d’une évaluation de recasement éventuel des habitants restent précaires. En effet la présence de câbles traversant les ruelles rendent le paysage désolant, est-il sérieusement observé par l’étude? Le lieu souffre aussi du manque de verdure et les places existantes ne sont pas aménagées.
Pire encore, des friches se sont transformées en dépotoirs. Devant une situation aussi alarmante les responsables locaux ont dressé un plan de sauvegarde à caractère urgent. L’étude préconise d’aménager des structures d’animation au niveau des quatre bastions de la Cité portugaise (Cafés, restaurants) et de mettre en valeur la Citerne. L’aménagement de l’église de l’Assomption comme espace culturel polyvalent
fait également partie des objectifs.
Le plan de sauvegarde concernera aussi en plus de la requalification des espaces urbains, les bâtiments à valeur architecturale. La sauvegarde du chemin de ronde est également devenue urgente et la Cité devra devenir exclusivement piétonne, dit un membre d’une association locale.
La Cité portugaise est le premier site d’El Jadida qui attire les visiteurs. Des investisseurs, majoritairement étrangers, transforment actuellement des bâtiments en maisons d’hôtes.

La Coopérative agricole marocaine des Doukkala :
AGREGATEUR

Le Plan Maroc Vert est venu à point nommé pour le recentrage du secteur agricole en tant que moteur de l’économie marocaine. Ceci permettra sans aucun doute le développement de toutes les filières agricoles et particulièrement la céréaliculture en ce moment même où la souveraineté alimentaire est devenue une priorité. Entre autres instruments de développement, l’agrégation est toute indiquée pour tirer vers le haut la céréaliculture marocaine. C’est ainsi que la CAMD, forte d’une expérience de plus d’un demi siècle dans le domaine a lancé cette année un programme d’agrégation sur 1500 hectares dans le périmètre irrigué des Doukkala-Abda au profit de 180 agriculteurs.
Ce programme régi par une convention tripartite : ADA-DR DOUKKALA ABDA-CAMD, est matérialisé sur le terrain par un contrat entre la CAMD et les agriculteurs agrégés, définissant les droits et obligations de chaque partie.

La CAMD est chargée de :
• l’administration du programme : logistique, financement, etc.
• l’approvisionnement des agrégés en intrants : semences, engrais, produits phytosanitaires
• l’achat et la valorisation des récoltes
Les agrégés sont chargés de :
• la préparation du terrain
• l’utilisation des intrants fournis par l’agrégateur
• la bonne conduite de la culture
• la vente des récoltes à l’agrégateur

Conformément au Plan Maroc Vert, l’objectif essentiel de cette opération est de relever les rendements en blé à plus de 50 qx/ha L’approche volontariste adoptée par la CAMD concerne toutes les catégories d’agriculteurs : de 2 ha à plus de 75 ha en blé. Elle vise de porter les superficies de 1500 ha en 2010-2011 à plus de 10 000 ha et les rendements de 50qx/ ha à plus de 70 qx/ ha au-delà de 2015.

El Mostafa Lekhiar

Abdellah Bakrim, président du CRT Doukkala-Abda

Une région en passe de devenir une mégapole touristique

Le potentiel économique de la région d’El Jadida ne se distingue nullement par son avancée agricole mais par ses potentialités industrielles et touristiques. Et c’est ça qui la fait généralement aligner sur le secteur primaire ignorant par ce fait ses capacités touristiques. Ces capacités qu’on ne veuille réveiller que durant les courtes saisons estivales d’été. Loin restent ses atouts qui regorgent de sites historiques et pittoresques. Et c’est dans cette optique que M. Abdellah Bakrim nous a livré coeur ouvert son opinion dont ci acte.

Energie et Mine magazine: Parlez-nous des potentialités touristiques de la région Doukkala/Abda ?
Abdellah Bakrim : La décennie 2010 serait- elle le signe de la régionalisation. Ou un challenge d’avenir stratégique pour le Maroc, d’ailleurs dans le discours Royal du 20 août 2010, S.M. le Roi Mohammed VI avait consacré ses orientations sur le projet d’une régionalisation avancée, un chantier qui mènera le Maroc vers la voie de la modernité. Il s’agit donc d’une dynamique où la région Doukkala-Abda doit s’inscrire en véritable pôle de compétence et moteur de croissance, pour participer au développement du tourisme national en exploitant le génie local et les potentialités touristiques de la région.
La région «Doukkala-Abda» est en passe de devenir une mégapole touristique, véritable carrefour de 3 pôles régionaux (Casablanca, Marrakech et Agadir) avec une façade maritime de 300 Km. «Doukkala-Abda» se positionne dès aujourd’hui comme une région importante dans l’avenir économique du pays, sa contribution au PIB national est d’ailleurs en constante évolution.
La région Doukala-Abda offre de longues plages au sable fin, aux amateurs de stations balnéaires, dont plusieurs portent déjà le label prestigieux «Pavillon bleu», et des stations d’ostréiculture à El Oualidia, pour les amateurs de sports extrêmes, la région est d’une grande richesse, elle abrite en
effet la fameuse 7ème vague du monde dans un site d’une très grande beauté dénommée «ras-lafâa» à Safi et sur lequel de grandes marques comme «quiksilver», ou «billlabon» ont organisé des compétitions mondiales de surf, et des grottes qui feront sans aucun doute le bonheur des amateurs de spéléologie.
La région Doukkala-Abda c’est aussi des monuments portugais datant de plus de cinq siècles, une des plus anciennes mosquées du Royaume, des fauconniers, des manifestations équestres traditionnelles (fantasia), la réserve royale de la gazelle, Sidi Shiker, lac Zima et ses flammons roses, le Mosolée Ouled Ben Zmirou, la Kasbah Hmidouche, la Kasbah de Boulaouane, le musée nationale de la céramique, des Tazotas…
et plusieurs sites uniques offrant des émotions particulières.

Est-ce que la capacité de l’infrastructure hôtelière actuelle peut répondre aux besoins croissants des flux des touristes vers cette région ?
La première chose à faire serait sûrement de renforcer et faire interpeler davantage les associations
des différents métiers du tourisme à savoir l’Association de l’industrie hôtelière de la région, des restaurateurs, des transporteurs touristiques, des guides et des agences de voyages et mettre en place une philosophie de dialogue et de concertation, en vue de se structurer pour défendre au mieux les intérêts de la région.
L’objectif, est de développer toute la région Doukala-Abda, que ce soit en tourisme balnéaire, culturel ou rural, à cet égard, il faut noter que de plus en plus de T.O s’intéressent à la région et ce n’est pas pour rien que «Mazagan Beach resort», l’une des plus belles stations du plan azur, s’y est installée sans oublier le projet CMKD destiné au tourisme interne dans le cadre du plan «Biladi»
La proximité de la région «Doukala-Abda» d’Essaouira et de Marrakech permettrait de développer une stratégie qui faisant bénéficier des millions de touristes, ces perspectives restent toutefois tributaires du désenclavement de la région à savoir la réhabilitation de la liaison routière Safi/Marrakech, en très mauvais état aujourd’hui, et de la programmation d’un aéroport dans la région.

Sachant que toutes ces potentialités exceptionnelles dont regorge la région, comment les autorités locales de la ville perçoivent-eiles la création d’un festival culturel, à l’image de celui de Rabat, Marrakech ou Casablanca, pour attirer plus de touristes nationaux et internationaux ?
En effet, le tourisme est un créneau à la fois rentable sur le plan économique et générateur d’emplois sur le plan social, c’est aussi un levier de développement important par ses effets directs sur les autres activités économiques: restauration, commerce, artisanat, animation, transport…
Il est donc impératif qu’on mette en place une stratégie innovante, réaliste et diversifiée afin qu’on puisse bénéficier de ces retombées sur l’ensemble des secteurs liées au tourisme, d’autant plus que le tourisme a toutes les chances de développements dans la région «Doukala-Abda», vue ses ressources naturelles et son riche potentiel touristique.

Quels sont les facteurs clés qui peuvent booster le tourisme dans la région ?
Pour conclure, la région dispose des atouts et des potentialités nécessaires pour devenir un pôle d’attraction de grande envergure, tant pour les touristes nationaux et étrangers grâce à la beauté de sa mer et ses plages, à la richesse de sa culture et son historie et au dynamisme de ses professionnels sans oublier la courtoisie et l’hospitalité de ses habitants…
Les limites enregistrés dans la décade 2010 :
– peu d’attention au tourisme interne et aux MRE par rapport aux étrangers ;
– attaquer le secteur informel menant une concurrence déloyale contre les hôteliers ;
– on dépend beaucoup du marché traditionnel (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Italie et Belgique), il faut se tourner davantage vers les pays émergents (la Russie, la Pologne et la Chine…) ;
– on n’a pu ouvrir que 2 stations du plan azur (retard d’exécution) ;
– la formation dans les instituts touristique ne répond pas à la qualité voulue alors que le Maroc dans le cadre de son plan principal qui est le plan azur visant une clientèle de luxe habituée aux services aux standards internationaux,
– le tourisme rural est sous-développé dans l’oubli que 50% de la population marocaine est rurale ;
– la stratégie 2010 s’est focalisée sur certaines régions déterminées, ce qui a causé un déséquilibre de développement touristique au niveau du territoire marocain ;
– la stratégie 2010 n’a pas pu inscrire le tourisme durable dans ces priorités au niveau du social, culturel et surtout écologique, et les spécificités de la région doivent être prises en compte, en premier avant la détermination du produit correspondant, (le découpage territorial doit se faire en produit et non en décision administrative).
Les défis de la vision 2020 :
– être réaliste ;
– un développement durable et responsable;
– une qualité au niveau de toute la chainede valeur touristique (la formation de qualité);
– la fidélisation du marché coeur et l’attaquedes marchés émergents ;
– un transport aérien à généraliser dans lesrégions ;
– regrouper les fonds d’investissement pour qu’ils soient plus attractifs, aucune banque à Safi ne connaît le fonds «Renovotel» ;
– le problème de collaboration entre institutions publiques spécialisées et le privé ;
– le tourisme comme outil essentiel de promotion;
– le développement du tourisme interne ;
– un découpage pertinent du territoire en termes de produits ;
– encourager l’investissement touristique en général et hôtelier en particulier ;
– prendre les nouvelles tendances internationales à savoir : 60% des réservations se font via le net.

Est-ce que le département de tutelle, d’un côté, et les tour-opérateurs de l’autre, vous accompagnent dans votre vision pour le développement du secteur dans la région ? Et quelles seraient vos attentes les plus urgentes ?
La baisse des circuits longs, au profit des séjours d’une semaine ,qui pousse le touriste à passer moins de temps sur le territoire marocain d’où la nécessité de la vision 2020 à s’intéresser à l’ensemble des régions du Maroc et non pas seulement Marrakech et Agadir. Les touristes décident tardivement leur voyage (formule last minute avec des prix compétitifs), Même les longs courriers commencent à baisser leurs prix; ce qui augmente le nombre des concurrents du Maroc.
Ainsi, grâce aux low-cost le touriste dispatche ses vacances en plusieurs petits séjours, en fin il ne faut pas perdre de l’oeil les principaux concurrents : la Turquie, la Tunisie et l’Égypte.
Pour la Turquie, la consolidation des rapports entre l’autorité de tutelle et le privé (TO hôteliers. Agents de voyages, associations professionnelles…). En encourageant encore plus le tourisme domestique pour les pays voisins (les pays du Moyen-Orient par exemple).
En ce qui concert l’Égypte : 11 milliards en 2007 à 14 milliards en 2009 (la meilleure performance du pourtour de la Méditerranée, augmentation de presque 30%). Ils ont bien sûr diversifier leur clientèle (Europe de l’est, Moyen-Orient), ils visent une clientèle moyen gamme ce qui leur a été très avantageux en cette période de crise.
La Tunisie : en cette période de crise, ils ont augmenté leur budget de promotion et de communication surtout vis-à-vis de l’Europe (éductour, voyage de presse, road show et workshops). Ils ont aussi investit beaucoup dans la préservation des sites historiques car cela va assurer nécessairement un retour d’investissement alors qu’à Safi il nous faut des fonds pour éviter la chute du château de mer, ils ont aussi intensifié le développement du tourisme, du golf et la mise à niveau des hôtels.

Propos recueillis par M.Moudarir