Concoures national de l’innovation

Prix accordé à l’ENIM pour son nouveau procédé industriel

Un nouveau procédé industriel de fabrication des émaux coloré sans plomb, est le fruit d’un travail de recherche commencé depuis deux ans à l’Ecole Nationale de l’Industrie Minérale en partenariat avec des industriels et des potiers du complexe touristique «Oulja» de Salé. Il s’agit de Yassine Darmane, Saïd KIitane, Abdallah Alaoui.

L’objectif principal de ce travail est l’approvisionnement de l’industrie de poterie d’un produit actuellement totalement importé.
L’importance de ce projet réside dans trois principaux points: la valorisation de produits et matériaux classés dans la catégorie des déchets, l’alimentation de l’industrie artisanale marocaine d’un produit local loin des perturbations du marché international des émaux et le Lancement de nouveaux émaux feldspathiques substituant les émaux plombeux toxiques actuellement sur le marché local.
La première opération à réaliser dans ce projet est la collecte des chutes de granite depuis les unités de fabrication et de polissage du granite. La quantité rejetée en ce produit dépasse largement nos besoins (600t/mois).
Le produit reçu est broyé (broyeur à boulets) à une granulométrie de 1mm (maille de libération). Ensuite le produit calibré subi un traitement minéralurgique en vue de séparer la silice et le feldspath du mica noir (inutile dans ce procédé mais très utile dans d’autres secteurs industriels).
Le produit contenant de la silice, feldspath et un faible pourcentage du mica blanc (composition chimique en pièce jointe) est micronisé en présence de produits fondants (carbonates de sodium, carbonates de calcium, oxyde de zinc), de produit modificateur ( kaolin ) et d’oxydes de fer comme colorant rouges.
Il est important de signaler que nous avons essayé des vingtaines d’oxydes de fer rouges.
Le mélange pulvérisé subi une fusion complète à 1200°C dans un four à gaz. Le principe de cette opération de frittage consiste à permettre par effet de gravité au produit atteignant le point de fusion de se diriger à travers un caniveau vers un bac d’eau d’où la formation d’une phase vitreuse qu’on appel les frittes (particules de 0,5-1cm) suite à ce choc thermique. Les frittes sont broyées en présence d’un suspensif (1%).
Ce dernier permet de maintenir en suspension des mélanges même si les particules des matières inertes sont assez grossières (lors de la préparation de la barbotine par les potiers). Un schéma en photos illustrant les principales étapes de ce procédé est en pièce joint à ce dossier.
Une étude de marché et de stratégie (cijoint) a justifié l’intérêt et l’opportunité d’une telle opération d’industrialisation. En plus une étude financière et technico-économique a montré la rentabilité de cet investissement.
En plus, lors de nos déplacements chez les potiers du complexe touristique «Oulja» nous avons remarqué un intérêt particulier envers les émaux de couleur miel. Les potiers achètent le sac de 25Kg avec 1000 DH tandis qu’on va produire à travers ce projet les 25 Kg seulement avec 380 DH (réactifs, consommation énergétique et charges salariales inclus) avec un coût d’investissement de 2.500.000 DH. Le chiffre d’affaire prévisionnel est aux alentours de 19.000.000 DH.
Des rencontres avec des organismes et des entreprises de financement sont prévus dans les prochains jours. Les discussions vont porter surtout sur l’étude des possibilités de monter une unité de fabrication des frittes et des émaux colorés. Du côté protection du procédé, nous pensons sérieusement
à rédiger un brevet d’invention au niveau même international puisque les granites et la silice granitique n’ont jamais été utilisés dans la fabrication des émaux. Ceci dû apparemment à la présence du Mica qui possède un point de fusion très élevé.

Mine Aïn Tekki

Le plein tournant industriel du sel gemme

L’exploitation des gisements de sel au Maroc se développe à l’abri de toute concurrence régionale, mais nécessite une mise à niveau pour qu’elle puisse être plus attractive de capitaux. Elle manifeste en sorte un certain retard sur les plans exploitation et traitement capables de la mieux desservir.

Apparemment et d’après certaines informations cette mine se développe dans l’ombre de l’ONYM qui doit lui permettre un accroissement multidimensionnel. L’absence de communication dans ce sujet, fait que les estimations en réserves de cette mine et leur capacité en terme de commercialisation relèvent de la spéculation littéraire. On ne peut se permettre de faire diagnostiquer une telle exploitation ni même se faire un schéma sur le profit que génère une telle entreprise.
Depuis début 2010, les exportations ont augmenté de manière significative, c’est dû aux intempéries qui se sont rebattues sur l’Europe que la demande a pris de telles dimensions. Le phénomène est récent.
Et on ne peut plus se résilier à la seule demande locale. Aujourd’hui la commande est de mise du fait du climat. Entre autres le fait des intempéries favorise la commercialisation.
Suite à celles-ci, les pays européens se sont mis à importer du sel en provenance de pays méditerranéens et notamment du Maroc. Généralement, les exportations sont de quelques quintaux de sel par an.
Mais l’année précédente, la quantité a augmenté jusqu’à des milliers de tonnes, ce qui est plutôt exceptionnel. C’est surtout en France et en Allemagne que les exportations ont été remarquables. Face à cette crise, le sel marocain présente des atouts non négligeables, il se chiffre à 60 euros la tonne hors taxe. En France, les prix montent jusqu’à 280 euros la tonne. Même avec les frais de transport, le sel marocain reste compétitif. De plus, il se distingue par sa qualité, il est de classe A, car sa teneur est très élevée par rapport au sel produit en Europe. Une autre qualité non moins importante réside dans sa spécificité sèche.
Exporté en vrac, par sachet de 20 ou 50 kg, le sel provenant des carrières n’est pas raffiné. Il est simplement enrichi d’un produit anti-mottant. Il permet de faciliter le salage des routes. Le sel est transporté par voie maritime pour être ensuite distribué par camion vers les localités européennes.
Le seul exportateur du sel marocain est la Société sel de Mohammedia (SSM), filiale à 100% de l’ONHYM (Office national des hydrocarbures et des mines). C’est du sel gemme, il a connu des records de vente depuis 2006. Plusieurs commandes provenant de nombreux pays d’Europe comme: l’Allemagne, la France, l’Angleterre, l’Italie, la Belgique ont eu acquisition du produit. La mine Aïn Tekki, située à 12 km au sud-est de Mohammedia, est la principale mine de sel au Maroc. Le gisement s’étend sur 80 kilomètres (de Berrechid à Mohammedia).
Son rythme de production annuelle est de l’ordre de 500.000 tonnes par an, destinées au marché local et à l’export. La capacité de production de la mine peut être portée à 1 million de tonnes par an. Ce sel est utilisé principalement pour le déneigement des routes, l’électrolyse et la préparation des
aliments de bétail.
Les pays industrialisés occidentaux utilisent environ 70% de la production totale de sel. Les industries chimiques utilisent le sel (chlorure de sodium) comme matière première pour produire du carbonate de sodium synthétique, et pour produire du chlore et de la soude caustique par électrolyse.

Produits commerciaux
– Le chlore est particulièrement important pour l’industrie chimique. Son plus grand champ d’application est la production du chlorure polyvinylique (PVC). Grâce au chlore, on réalise des produits importants, tels que le phosgène, l’oxyde de propylène, les hydrocarbures chlorés, l’acide chlorhydrique, l’hypochlorite de sodium (eau de javel) etc. En Europe, les étapes de transformation du chlore ont principalement lieu sur les sites de production.
– La lessive de soude est un liquide incolore et visqueux. C’est la forme de soude caustique la plus courante, car facile à utiliser.
Elle est disponible sur le marché des concentrations variant généralement de 30 à 50%. La construction, les papetiers et l’automobile, l’agriculture, l’industrie alimentaire et les fabricants de textile sont les principaux utilisateurs.
– Le carbonate de sodium entre dans la fabrication de produits de grande consommation : le verre, le savon, la lessive, la colle, les adhésifs et est également utilisé dans de nombreux processus chimiques de base.

La saumure.
Les principes chimiques thermodynamiques et cinétiques ne sont pas détaillés ici. L’industrie produit simultanément du chlore et une solution caustique (hydroxyde de sodium) par la décomposition d’une solution de sel dans de l’eau. Il y a également production d’hydrogène. Une unité de production industrielle comporte une série d’opérations. Dans le procédé d’électrolyse, une solution est décomposée par électrolyse par un courant continu. Le plus souvent, en Europe, on utilise pour ce procédé du chlorure de sodium (éventuellement de potassium). Il existe aussi d’autres procédés qui sont mis en oeuvre, tels que l’électrolyse de l’acide chlorhydrique ou du chlorure de sodium fondu, mais ils ne représentent que 3 % environ de la capacité totale de production de chlore en Europe.
Il existe trois procédés de base pour produire du chlore par électrolyse, dans lesquels la nature de la réaction à la cathode dépend du procédé considéré. Ce sont le procédé à électrolyseur à membrane (cellule
de Griesheim, 1885), le procédé à électrolyseur à mercure (cellule Castner-Kellner, 1892) et le procédé à électrolyseur à membrane (1970). Chaque procédé utilise une méthode différente pour que le chlore produit à l’anode reste séparé de la soude caustique et de l’hydrogène produit, directement ou indirectement, à la cathode.

Source/ E et M

Ports de pêche du Maroc

Entre splendeur et erreurs

Grâce à ses ports, le Maroc rayonne, jusqu’en 1962, par des avancées techniques et des innovations majeures. Laboratoire en grandeur nature, le secteur portuaire innove dans les domaines scientifique, législatif et économique. Il traverse une période brillante, un véritable âge d’or, et produit un faisceau d’ouvrages légendaires dont la pièce maîtresse est la dorsale qui s’étend du môle de Tanger (1904) à l’appontement de Dakhla (1959), en passant par la digue à caissons de Larache (1907), les jetées de calibrage de Mehdia (1926), le quai-îlot de Sidi Ifni (1964) et le wharf de Laâyoune (1968).

Le port de pêche de Casablanca, construit en 1936, est une pure merveille architecturale et fonctionnelle. Le port de pêche de Safi, rénové en 1948, correspond aux mêmes normes d’excellence, ainsi que le port de Fédala (Mohammédia).
La conception réussie du port de pêche de Casablanca est due essentiellement à une compréhension approfondie de la chaîne des métiers et à une maîtrise parfaite des contraintes d’exploitation.
Le principe de base consiste à définir clairement et simplement les objectifs. Dans notre cas, il s’agit de structurer la réception des produits destinés à la consommation locale, à l’alimentation des usines
de conserve et à l’exportation, dans les meilleures conditions d’hygiène et de préservation. On a de plus prévu un aquarium pour exposer les poissons et les crustacés de nos côtes, et aussi pour permettre leur dégustation.
Pour comprendre la nature de la difficulté, il faut savoir que l’aménagement d’un port de pêche dépend de la nature du poisson débarqué, de son emballage et des circonstances de sa réexpédition.
Dans les ports de l’Europe du Nord, par exemple, qui sont spécialisés dans la pêche du hareng, les agencements sont extrêmement rudimentaires, surtout s’il s’agit de poisson débarqué, après salaison à bord, comme c’est le cas dans la plupart des ports allemands et hollandais.
A l’inverse, dans le cas des ports du Maroc, on met en vente du poisson frais, pour l’écouler le plus rapidement possible, de façon qu’il parvienne en bon état de fraîcheur aux consommateurs.
Il est donc essentiel de pouvoir disposer, pour l’étalage du poisson avant sa vente, de surfaces dégagées situées à proximité immédiates des quais. Il faut aussi que les magasins des mareyeurs soient très rapprochés de la halle de vente et que ces magasins soient directement desservis par une chaussée carrossable et, éventuellement, par des voies ferrées.
Les escales doivent être facilitées en mettant à la disposition des bateaux les approvisionnements
indispensables à leur activité : combustible, eau, glace, rogue, des magasins pour entreposer le matériel et les filets, ainsi que des cales de halage et des ateliers de réparation.
Entre le bord du quai et la halle, on prévoit en général une largeur variant de 3 à 7 m, sur laquelle on dépose les caisses de poisson, manutentionnées au moyen de grues légères, bien que le déchargement
par les moyens du bord soit le plus communément employé. La halle de vente doit être séparée par un passage des magasins de mareyeurs, ceux-ci disposant à l’étage de bureaux et d’entrepôts pour les caisses
vides.
Ainsi conçus, les ports de pêche du Maroc sont, en ce temps là, les plus performants au monde.
L’ingénierie halieutique et portuaire marocaine est alors au sommet de son art.
Cependant, à partir de 1960, en raison de l’ignorance des choses de la mer et de l’absence totale de culture portuaire, ceux qui président aux destinées des ports du Maroc commettent une série d’erreurs à répétitions, non seulement scientifiques et techniques mais aussi de gestion.
Mais il y a plus grave : à force de commettre des erreurs, ils finissent par s’y habituer jusqu’à l’abrutissement, c’est-à-dire au point d’en faire un critère de normalité. Il s’ensuit alors un analphabétisme portuaire, source d’innombrables fautes dans la construction des ports de pêche, notamment de 1980 à 2009. La plus stupéfiante est commise au port d’Asilah, la plus insensée au port de Sables d’Or (Rabat), la plus répétée au port de Chmaâla (2007), la plus «baignoire» au port de Sidi Hsaïne, la plus tragique au port de Martil (Tétouan), la plus médicale au port de Larache, pour ne citer que celles là, car la liste est longue : Boujdour, Dakhla, Sidi Ifni…
Pour comprendre la nature de l’handicap, nous exhibons l’exemple de Cap Bojador.
En 1976, on décide d’y établir un port de pêche. La construction de la digue principale en enrochements commence en 1978 et s’achève en 1982. Mais les sables submergent aussitôt le plan d’eau, rendant les
bassins inutilisables. Le même phénomène s’est produit à Saïdia, Tan Tan, Tarfaya…
Mais ne retenant pas la leçon de l’Histoire, on entreprend un port similaire, à moins d’un mille au Sud.
Parallèlement à ce premier égarement, il y a une erreur de nature primaire. En effet, par ignorance des choses de la mer, on a voulu faire de cette place le premier port sardinier de la planète. Mais on a oublié que des vents de terre (Sud-Est) soufflent en permanence au moins dix mois sur douze. Ces vents fertilisent et régénèrent les eaux côtières. De plus, le plateau sous-marin de Boujdour se compose d’une immense étendue de sables, exceptionnellement large (140 km) et peu profonde (moins de 100 m). Il constitue, en raison de ces trois facteurs, le dernier retranchement biologique où une multitude d’animaux marins vivent et se reproduisent. Au lieu donc de faire de ce plateau providentiel une superbe réserve marine unique au monde, on a décidé de manière aveugle d’initier une exploitation intensive qui aurait conduit fatalement à l’épuisement de nos ressources.
Mais l’écosystème de Boujdour va donner une magnifique et émouvante leçon de résilience : espace vivant, il se protège en bloquant par les sables ou par des éboulements de falaise tous les travaux portuaires qui mettent en péril sa propre survie.
Pour ce qui est des erreurs portuaires, c’est une question de pédagogie et de méthode.
En clair, on commencera par changer de comportement en reconnaissant les défaillances humaines, ensuite il faudra identifier les fautes, et enfin accepter de rattraper le retard en travaillant à la sauvegarde de nos richesses, avec l’idée essentielle de laisser des marges de manoeuvres aux générations futures.
Par rapport à ce dernier point, il convient d’associer l’Université, je pense en particulier aux fructueux et brillants chantiers de recherche ouverts depuis l’année 2006 par la prestigieuse faculté des Sciences Hassan II de Casablanca dans le cadre du Master «Gestion et Valorisation des Ressources Marines» dirigé par le Professeur Ouadia Tazi.
En ce qui concerne l’organisation actuelle des ports de pêche, l’initiative vient de l’Union Européenne.
En 2004, elle a demandé la mise en conformité de cette filière avec les standards des
pays du Nord.
En réponse, la gestion intégrale des ports de pêche est transférée à l’Office National des Pêches (ONP). Dans le sillage du programme Halieutis, cette disposition est reconduite de façon plus engagée par la convention du 29 septembre 2009 qui confère implicitement à l’ONP le statut d’autorité portuaire pour une durée de 15 ans à compter du 1er janvier 2010.
Pour ce qui est de l’avenir de notre patrimoine halieutique, il faut arrêter de se nourrir de slogans stériles: la piste du repos biologique a atteint ses limites. Il est urgent et impératif de gérer plus durablement la flore et la faune par des mesures complémentaires.
Il convient donc, dès à présent, de maintenir un équilibre forcément fragile entre les prises et le renouvellement naturel des stocks halieutiques. En particulier, on prendra bien soin de réduire ou de supprimer la production de farine de poisson source d’un gaspillage inadmissible et intolérable de protéines bien précieuses.
Par ailleurs, l’implantation de vastes réserves en plein océan augmentera la biomasse et favorisera l’attraction des espèces, leur croissance et leur reproduction ; l’immersion d’une longue suite de récifs artificiels et naturels diminueront les chalutages sauvages.
Enfin, on oublie trop souvent que 90% des prises planétaires proviennent de 10% de la surface des océans. De plus, malgré l’usage intensif de techniques de plus en plus performantes, les captures mondiales de poissons stagnent depuis trente ans autour du mur des cent millions de tonnes.
La pêche marocaine n’échappera pas à ce type de mur halieutique, soit 1 million de tonnes.
Mais, en cultivant la mer, le Maroc pourra augmenter et développer durablement, c’est-à-dire de manière contrôlée, ses ressources marines, en générant de la valeur et des milliers d’emplois.
Nous y croyons fermement, c’est une chance, et aussi l’un des défis majeurs que notre pays aura à relever au cours du XXIème siècle, car l’aquaculture sera à la pêche ce que l’élevage est à la chasse.

(*)Ingénieur des ponts et chaussées

Exploitation minière

L’eau de roches est-elle vraiment menacée

L’eau est essentielle à la vie sur notre planète. C’est aussi un préalable a tout développement durable qui doit s’assurer que les cours d’eaux ne soient pas contaminés. L’exploitation minière affecte tout parcours ou bassins d’eau douce par son utilisation dans le traitement du minerai et par la pollution que dégénèrent des décharges effluents des mines.

De plus en plus de mines menaces les sources d’eau sur laquelle nous dépendons tous. L’eau a été surnommée « l’eau la victime de l’exploitation minière ». Le prix que nous payons tous les jours pour l’extraction de minéraux est extrêmement élevé. L’extraction, naturellement, consomme beaucoup d’eau et peut polluer très sérieusement des cours d’eaux.
Il y a eu une amélioration des opérations d’extraction ces dernières années, les risques pour L’environnement reste bien présent. Des impacts négatifs sont causés par plusieurs causes comme la sédimentation à cause de routes mal construites et contamination de l’eau durant la construction d’une mine. La pollution de l’eau causée par l’exploitation minière peut prendre des décennies même des siècles avant de se dépolluer après la fermeture de la mine. Ces impacts dépendent d’une variété de facteurs comme la sensibilité du terrain, la composition des minéraux extraits, le type de technologie employé, les habiletés, la connaissance et l’engagement environnemental de la communauté et la capacité de gérer et contrôler les règlements environnementaux. Un des problèmes de l’exploitation minière est que la technologie grandissante permet aux mines d’extraire des minéraux plus que jamais. Donc, les déchets miniers se sont multipliés. Avec l’avancement des technologies on s’attend à encore plus de déchets soient produits dans l’avenir.
Le minerai peut contenir de l’or, du cuivre ou d’autres substances minérales comme le charbon. L’extraction dans des fosses ouvertes implique la fouille avec beaucoup de roches superflues (roches qui ne contiennent aucun minerai comme énuméré ci-dessus). Pour extraire le minerai on va d’abord écraser la roche pour ensuite la traiter avec des produits chimiques qui va extraire le produit final.
Dans plusieurs régions (du centre et de l’est du pays) , où certaines mines furent fermées intempestivement par les sociétés opérantes , laissant aux petits artisans le soin de faire emplette des résidus. Non réglementés ces derniers sont en permanence exposés aux accidents souvent mortels. Dans ce cas, les entreprises qui ont opéré sur les sites préalablement, prennent leur part de responsabilité. Il faut dire que la mise à niveau des terrains exploités, soit par leur fermeture ou leur mise à niveau, restent à leur charge. Les autorités publiques dans ce cas doivent intervenir pour assurer la sécurité dans les sites exploités. Notons que qu’une quantité d’or extraite par tonne de matière superflue est moins importante, mais les déchets rejetés mise en contacte avec un cours d’eau peut le contaminer d’oxydant. Environ 3 tonnes de minerai sont nécessaires pour produire assez d’or pour un anneau de mariage moyen. Mais à ce rythme, combien de bactérie affecte les courants d’eau ? C’est un dilemme.

Types de pollution de l’eau
Il y a quatre types d’impacts provenant de l’exploitation minière qui affectent la qualité de l’eau. A savoir: le drainage rocheux acide (DRA) qui est un processus naturel où l’acide sulfurique est produit lorsque le sulfure dans les roches est exposé à l’air et l’eau. Le drainage minier acide (DMA) est pratiquement le même processus mais amplifié. Quand de grandes quantités de roches contenant du sulfure sont creusées dans des fosses ouvertes, les roches réagissent avec l’eau et l’oxygène ce qui crée l’acide sulfurique. Lorsque l’eau atteint un certain niveau d’acidité, un type naturel de bactérie Thiobacillus ferroxidans peut aider le processus d’oxydation et d’acidification filtrant plus de métaux dans les déchets.
L’acide filtrera tant que la roche sera exposée à l’air et l’eau jusqu’à temps que le sulfure soit entièrement filtré dans la roche.
C’est le cas du courant d’eau traversant les mines d’Ahaouli. Ce processus peut durer des centaines même des milliers d’années.
L’acide se déplace hors des sites des mines grâce à l’eau de pluie ou le drainage et s’infiltre dans des cours d’eaux comme les rivières, lacs et eau souterraine. Le DMA dégrade sérieusement la qualité de l’eau, détruit la vie aquatique et rend l’eau pratiquement inutilisable.
La contamination par les métaux est causée par l’arsenic, le cobalt, le cuivre, le cadmium, le plomb, l’argent et le zinc contenu dans la roche exposée dans des mines souterraines lorsqu’elles sont en contact avec l’eau. Les métaux sont filtrés et l’eau qui se déplace en aval nettoie le dessus des roches. Les métaux peuvent devenir stables lorsque le taux de pH est neutre.
Par contre, le processus de filtration est accéléré lorsque le taux de pH est bas comme lors du drainage minier acide (DMA).
D’autre type de pollution arrive quand les agents chimiques (comme le cyanure ou l’acide sulfurique est utilisés pour séparer le minéral du minerai ) se déversent ou se filtrent dans des étendues d’eau voisine. Ces produits chimiques peuvent être très toxiques pour la faune et la flore.

Source/E & M

Énergie maritime

L’hydrolienne mise à contribution mais…

Nous commençons à prendre conscience qu’il faut trouver des énergies inépuisables pour remplacer le pétrole couramment utilisé. Le milieu marin est particulièrement exigeant et agressif (corrosion due au sel, organismes encroûtant, etc. Le terrestre a donc eu la priorité, mais il ne peut plus répondre à tous nos besoins.

Une hydrolienne est une turbine sous-marine (ou subaquatique, ou posée sur l’eau et à demi-immergée) qui utilise l’énergie cinétique des courants marins ou de cours d’eau, comme une éolienne utilise l’énergie cinétique de l’air. La turbine de l’hydrolienne permet la transformation de l’énergie hydraulique en énergie mécanique, qui est alors transformée en énergie électrique par un alternateur.
Encore plus strictement que pour une éolienne, l’incompressibilité du fluide impose que le produit de la vitesse V par la section S de la veine de fluide qui traversera ou a traversé le disque soit constant. Devant le disque de l’hydrolienne, le fluide est ralenti et la veine s’élargit. Au niveau de l’hydrolienne, le changement de section est négligeable et donc (paradoxalement) la vitesse du fluide est constante. Après le disque, le fluide est encore ralenti et la veine s’élargit encore. Un modèle élémentaire de fonctionnement des hélices permet d’évaluer la fraction de la puissance cinétique récupérable au moyen d’un disque perpendiculaire à un fluide en mouvement. C’est la limite de Betz, égale à 16/27 = 59 %. Cette limite peut être dépassée si le courant de fluide est forcé dans une veine de section variable au lieu de circuler librement autour de l’hélice.
Par rapport à une éolienne, les hydroliennes tirent profit de la masse volumique de l’eau, 832 fois plus élevée que celle de l’air (environ 1,23 kg·m-3 à 15 °C). Malgré une vitesse de fluide en général plus faible, la puissance récupérable par unité de surface d’hélice est beaucoup plus grande pour une hydrolienne que pour une éolienne. L’hydrolienne bénéficie donc des énormes efforts techniques qui ont déjà été faits dans le développement de l’éolien, mais a moins fait l’objet de recherches. Le développement des nouveaux matériaux (composites, béton composite, alliage métallique, etc.) apporte des propriétés nouvelles qui favorisent la conquête du milieu marin. Les hydroliennes sont beaucoup plus petites que les éoliennes pour une même puissance, cela étant dû à la masse volumique de l’eau, environ 800 fois supérieure à celle de l’air. Les courants marins sont prévisibles (notamment en consultant les éphémérides), on peut donc estimer avec précision la production d’électricité. Les potentiels des courants marins sont très importants, 3 GW (soit environ 2 réacteurs nucléaires de type EPR) peuvent être installés à proximité des côtes. L’hydrolienne utilise une énergie renouvelable (le courant marin) et elle ne pollue pas, en termes de déchets issus de combustion tels que CO2 ou de déchets radioactifs. De nouveaux modèles d’hydroliennes semi-immergés peuvent être adaptés aux rivières, même modeste, sans avoir les impacts écologiques des turbines classiques dont les pêcheurs craignent qu’elles aient des impacts sousestimés sur les poissons. Ces hydroliennes produisent moins d’électricité que les turbines classiques, mais pourraient être beaucoup plus légères, et demander bien moins d’investissement. Malgré tout, les hydroliennes présentent des inconvénients, elles créent des zones de turbulences qui modifient la sédimentation et le courant, avec de possibles effets sur la flore et la faune juste en aval de leur positionnement.
Ces aspects sont analysés par les études d’impacts. Des poissons ou mammifères marins peuvent heurter les hélices. Ces dernières peuvent néanmoins tourner très lentement (cela dépend de la résistance opposée par l’alternateur et donc du modèle d’hydrolienne). Dans les eaux turbides, du fait de la présence de sable en suspension, l’érosion des pales d’hélice ou des pièces mobiles par le sable est très forte.
Ainsi l’entretien doit être très fréquent, mais il est plus difficile qu’à l’air libre puisqu’on ne peut pas l’ouvrir sans que l’eau ne pénètre à l’intérieur et n’endommage tous les systèmes (mécanique et électrique). Pour cette raison, certaines hydroliennes ont une structure émergeant de l’eau, qui peut être gênante pour la navigation. Des systèmes à ballast pourraient permettre de faire monter ou descendre les unités de production.
Pour éviter le développement des algues et organismes encroûtant sur l’hydrolienne, il faut utiliser un antifouling. Cet antifouling doit être refait régulièrement, ce qui induit un coût d’entretien important (intervention en mer), qui coûte très cher à l’entretien et à l’installation.
Les impacts potentiels de ces capteurs sont encore mal connus, et préoccupent notamment les pêcheurs qui travaillent dans les zones d’intérêt ; selon certaines hypothèses, les turbines créeraient des zones de turbulence, empêchant les dépôts de sédiment et donc le développement de la flore, et créant ainsi à long terme une zone morte. Ces turbulences pourraient aussi remettre en suspension plus de nutriments et favoriser le plancton qui nourrit certains poissons. Les hydroliennes pourraient aussi perturber quelques animaux marins qui, trop curieux, se seraient trop approchés.

Source / E & M

A coeur ouvert avec M. Hassan Sentissi, président de la FENIP

Répondre aux exigences de nos marchés

Créée en novembre 1996, la FENIP succède à la «FICOMA» constituée en 1948. Elle s’est fixée comme principale priorité de mettre en place des mesures propres à développer le secteur des industries de valorisation des produits de la pêche au Maroc et fournir aux opérateurs toute l’assistance nécessaire pour promouvoir l’activité et la compétitivité de leurs entreprises. Au cours de l’exercice 2009, le secteur des industries de transformation des produits de la pêche a réalisé un chiffre d’affaires à l’exportation d’environ 1 milliard 600 millions de dollars sur tous les continents.
Consciente de la nécessité d’explorer de nouveaux marchés en vue de diversifier les marchés à l’export, la FENIP programme chaque année la participation à des salons professionnels internationaux et organise des missions exploratoires au profit de ses entreprises membres.

En tant que professionnel et en sa qualité de président de la FENIP, M. Hassan Sentissi, s’est penché à bras le corps sur les problèmes de la filière pêche pour souligner les difficultés récurrentes des industriels, les difficultés liées à l’insuffisance et à l’irrégularité de l’approvisionnement des unités de traitement et le manque de dialogue avec le ministre de tutelle pour trouver les solutions adéquates.
«Les professionnels ont fondé beaucoup d’espoir sur l’année 2009», a-t-il précisé, «avec l’établissement des plans d’aménagement des différentes pêcheries, les efforts déployés par le département des pêches maritimes pour la modernisation de la flotte de pêche côtière et le lancement de la nouvelle stratégie de développement du secteur, baptisée Plan Halieutis.
Dans l’esprit des industriels, ces chantiers auraient, sans aucun doute, des répercussions positives pour le développement du secteur. Aussi a-t-il rappelé «que pour ce faire, il est indispensable que le contratprogramme avec le gouvernement, tant réclamé par la Fédération depuis 2003, soit établi en vue de relancer l’investissement par des mesures incitatives. Les opérateurs pour leur part, ne ménagent aucun effort pour faire certifier leurs unités de production et veiller à l’amélioration constante de la qualité de leurs produits et réclament au plus vite la certification MSC (Marine Stewardship Council) des pêcheries des petits pélagiques, pour répondre aux exigences de nos marchés à l’export et particulièrement le marché européen…»
Appuyant la nouvelle stratégie du secteur, M. Sentissi a précisé que «les professionnels de tous bords ne peuvent que s’inscrire positivement dans toute démarche visant le développement du secteur». Il considère
cette stratégie comme une véritable feuille de route à partir de laquelle, les professionnels entameront des négociations avec le département de la Pêche pour déterminer les conditions dans lesquelles une mise
en oeuvre serait optimale. Il a, néanmoins, nuancé ses propos en signalant que cette stratégie n’a pas ciblé tous les segments de la filière, ce qui la rend incomplète et sans aucune incitation foncière et économique, à l’instar de ce qui a été accordé aux autres secteurs industriels.
«La nouvelle stratégie de la pêche a été élaborée en concertation avec les professionnels du secteur, dans la mesure où lorsque le bureau d’étude maroco-français chargé par le ministère de tutelle d’élaborer
cette stratégie nous a rencontrés, lors de la phase «diagnostic et état des lieux», sans pour autant nous consulter quant à leurs conclusions», affirme M. Sentissi.
«Aussi, la stratégie, en elle-même, fait une déclinaison d’une série d’objectifs très importants pour le développement du secteur halieutique, dont notamment tripler son volume d’affaires et augmenter sensiblement la consommation du poisson par les Marocains. Je ne vous cacherai rien en vous disant que je ne peux qu’être d’accord avec ces objectifs», affirme M. Sentissi.
Cependant, c’est la manière avec laquelle le ministère de tutelle compte les atteindre qui ne convient pas aux opérateurs de tout bord.
A ce stade, et d’après le président de la FENIP, la mise en oeuvre de la stratégie n’est pas encore clairement définie. Elle ne le sera que si elle est conçue conjointement entre l’administration et tous les opérateurs du secteur. Il tient toutefois à souligner que, d’ailleurs le ministre lui-même soutient que cette stratégie, qui n’est pas un texte sacré, peut être remodelée, cette importante déclaration laisse la porte ouverte au dialogue.
«Il convient de noter que notre industrie a été éjectée du Pacte national pour l’émergence industrielle, dans l’attente du «Plan Halieutis» dont la mise en oeuvre n’a pas encore été concrétisée à ce jour».
Par ailleurs, martèle M. Sentissi, les industriels de transformation des produits de la mer se posent souvent la question de savoir s’ils dépendent du ministère de l’Industrie ou de celui l’Agriculture et de la Pêche et pour preuve, ils ne sont membres d’aucune Chambre des pêches maritimes mais, relèvent plutôt des Chambres de commerce et de l’industrie et sont noyés dans la diversité des activités industrielles et commerciales.
«Ce qui nous permet davantage de nous interroger sur cette incompréhensible appartenance, c’est le fait que nous soyons exclus du Conseil économique et social, le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime a tout simplement oublié notre existence et ce, malgré que notre secteur représente 15% des exportations du pays».
Aussi, et afin de clarifier les idées et baliser le chenal dans lequel les professionnels s’engageront, la FENIP envisage de faire une halte de réflexion et de concertation, en réunissant opérateurs de la pêche et industriels.
De même, il a rappelé que les accords de pêche ont toujours fait l’objet de concertation préalable avec les professionnels, le prochain accord avec l’Union européenne devra, à son tour, tenir compte de l’avis des opérateurs concernés. Il devra prendre en compte, entre autres, la question de la règle d’origine qui pose problème à nos exportations sur le marché européen dès qu’il s’agit d’une matière première importée (exemple de l’anchois), l’obligation du dé-Abdellah Najim barquement dans les ports marocains par les bateaux de pêche communautaires doit être maintenue, etc.
«Par ailleurs, il se plait de rappeler que notre secteur s’est fixé des objectifs et a besoin de moyens pour pouvoir les atteindre.
Nous citons, à titre d’illustration, l’exportation d’une partie de nos produits à l’état brut. Nous avons décidé qu’à l’horizon 2015, toute la matière première sera transformée et valorisée au Maroc. Bien plus,
nous souhaitons attirer la matière première de certains pays africains, pour la transformer chez nous avant son exportation», a fait savoir M.Sentissi.
Aussi, il considère que les industriels doivent avoir la maîtrise sur la matière première dès qu’elle est déchargée dans nos ports, le ministère de tutelle n’étant plus concerné par sa destination dès lors qu’elle a été soumise à son contrôle au débarquement.
Interrogé sur le salon Halieutis prévu à Agadir en janvier 2011, M. Sentissi a préféré garder le silence.

Région d’Oued Eddahab-Lagouira
Valorisation des produits de la mer
La région d’Oued Eddahab-Lagouira est devenue aujourd’hui un pôle d’attraction stratégiquement incontestable, avec le drainage d’investisseurs convaincus d’opérer dans plusieurs secteurs prometteurs. Ceci a eu un impact sur le développement de secteurs productifs agissant sur le tissu économique de la région.
La pêche maritime reste le secteur le plus ciblé parmi quelque 59 projets totalisant ainsi un montant d’investissement de l’ordre de 1,467 milliard de dirhams, approuvés par la commission régionale d’investissement de Oued Eddahab-Lagouira au titre du premier semestre de l’année 2010.
La ville de Dakhla abrite aujourd’hui 88 unités de transformation et de congélation des produits de la mer concrétisant les efforts multiplies consentis par des projets répondant aux exigences et aux normes internationales en matière de la valorisation des produits de la mer. Dans le cadre d’une politique gouvernementale d’encouragement aux investissements et à la préservation des ressources halieutiques, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime a élaboré des projets réglementés sur des cahiers des charges, définissant les conditions d’accès à la pêcherie des petits pélagiques en Atlantique sud, et ce, conformément au plan de développement de cette pêcherie.
L’industrie de traitement et de conditionnement des produits de la pêche a connu un important développement au cours des dernières années, en raison notamment de la disponibilité de la matière première répondant aux potentialités offertes par des marchés porteurs.
L’essor socio-économique et la dynamique que connaît la région de Oued Eddahab-Lagouira dénotent la stratégie d’un développement harmonieux avec l’ensemble des régions du Royaume.

Abdellah Najim

Plan solaire Maroc

De l’électricité verte pour la France

Le forum de l’Union pour la Méditerranée, tenu à Marseille entre institutions financières et investisseurs du secteur privé de la région, imprime un nouveau dynamisme à cet ensemble. Ce rendez-vous aux allures de foire à «projets bancables» a fait la part belle aux différentes propositions marocaines soumises à l’appréciation de potentiels investisseurs des deux rives de la Méditerranée dont la plus en vue est le projet du Plan solaire Maroc (PSM).

A ce jour, le Royaume a présenté à l’Union pour la Méditerranée (UPM) 36 projets dont 20 de production. Une forte délégation d’institutionnels et d’hommes d’affaires marocains a fait le déplacement à Marseille. A cette occasion, un accord de création d’une unité de production électrique (solaire et/ou éolienne) a été signé entre l’ONE et l’Etat français. Cet accord permettra à la France de récupérer les électrons verts du Maroc, donc d’un pays de la rive sud de la Méditerranée, pour réduire ses émissions
de gaz à effet de serre, conformément au titre de l’article 9 du paquet énergie-climat européen. De toute évidence, ce rapprochement participe à rendre bancables les projets capitalistiques retenus dans le cadre des accords de l’UPM. Ces derniers prévoient de faire appel aux concessionnels multilatéraux (Banque mondiale, Banque européenne d’investissement) et bilatéraux (AFD, KFW) pour réduire le coût d’investissement ou encore recourir aux crédits carbone.
Par ailleurs, techniquement, l’existence de l’interconnexion électrique avec l’Espagne facilitera les échanges entre le Maroc et l’Europe de manière générale. De plus, du point de vue réglementaire, la loi marocaine permet l’exportation des électrons verts.
D’ailleurs, un projet pilote pour tester la faisabilité économique et juridique de leur exportation vers l’Europe est en cours d’expérimentation. Sur un plan industriel, la création d’un parc dédié, notamment le Kyoto Parc de Nador, pour accueillir les investissements en énergie propre, procède de la volonté des pouvoirs publics de donner de la consistance au Plan solaire national.
De toute évidence, les plates-formes à même de favoriser les échanges dans les énergies, notamment l’électricité, entre les rives nord et sud de la Méditerranée se multiplient chaque jour davantage. La plus en vue est sans conteste le réseau sousmarin Transgreen, censé acheminer vers l’Europe l’électricité qui sera produite par l’énergie solaire du Sahara. Ce projet vise à créer un large consortium d’entreprises pour répondre à l’objectif fixé par ce plan. Il s’agit de créer des capacités additionnelles de production d’électricité, essentiellement solaires, dans les pays méditerranéens pour une puissance totale de 20 gigawatts d’ici 2020 dont 5 seraient destinées à alimenter l’Europe. A ce titre le projet Transgreen, initié par la France et présenté à la réunion des ministres de l’Energie des 43 pays de l’Union le 25 mai dernier au Caire (Egypte), est pertinent. A noter que Transgreen fait également écho au projet Desertec. S’inscrivant également dans la philosophie global du plan solaire méditerranéen, le but de ce projet est de créer d’ici 2050 un vaste réseau d’installations de production d’énergie renouvelable. L’objectif de l’Union européenne est entre autres de répondre à 15% de la demande de consommation d’électricité en Europe mais aussi aux besoins croissants des populations du Maghreb et du Moyen-Orient en énergie et en eau (usines de désalinisation fonctionnant à l’énergie solaire).
En rejoignant le projet Transgreen le Maroc est sur la voie de devenir exportateur d’électricité vers l’Europe, conformément à ses ambitions dans le cadre du plan solaire. Cette adhésion, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre du plan solaire méditerranéen, permettra à l’Office national d’électricité (ONE) de «réduire sa dépendance énergétique et mettre le cap sur l’exportation.
Sous le titre «Le Maroc, futur vendeur d’électricité à l’Europe. Ceci dit que l’ensoleillement des centrales solaires du pays offrent un rendement de 20 à 30 % supérieur à celles installées en Espagne. Une production bon marché revendue aux opérateurs, en moyenne 40 centimes en Europe, contre 7 à 10 centimes au Maroc.
Imposé par le ministre français de l’Energie, Jean-Louis Borloo, celui-ci prévoit que les électrons verts importés comptent dans les objectifs d’énergies renouvelables en Europe. Pour ce qui est de la transposition, en cours de négociation, elle pourrait se traduire par des tarifs européens de rachat solaire à l’importation».
Fort d’un littoral très exposé au vent, le Maroc prévoit l’installation de 2.000 mégawatts de capacités éoliennes d’ici à 2020. Et profitant d’un taux d’ensoleillement 30 % supérieur à celui de l’Espagne, il prévoit le même développement dans le solaire. «A l’achèvement de ces programmes, la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique globale installée atteindra 42 %», a soutenu Mme Amina Benkhadra, ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, à l’occasion de la signature
d’accords de coopération de l’ONE avec le gestionnaire de transport français RTE et Transgreen, l’initiative de réseaux méditerranéens.
Le plan solaire méditerranéen est l’un des chantiers prioritaires de l’Union pour la Méditerranée (UPM), qui connaît «un coup d’accélérateur tout à fait inattendu au Maroc, en passe de devenir un nouvel eldorado pour la jeune industrie de l’électricité solaire».
Grâce au développement massif de l’éolien et du solaire, le Maroc, qui importe actuellement 18 % de son électricité d’Espagne, se voit déjà exporter ses électrons verts vers l’Europe d’ici 2020.

A.S

Loi de Finances 2011, au-delà des chiffres

Le projet de loi de Finances 2011 table sur un taux de croissance de 5%, un taux d’inflation de moins de 2% et un déficit budgétaire de 3,5 %, a fait savoir le ministre de l’Economie et des Finances, M. Salaheddine Mezouar. «Nous prévoyons un taux de croissance de 5 % soit une amélioration de 1 point par rapport à 2010 dans le cadre d’une maîtrise totale du niveau d’inflation à moins de 2 % et du déficit budgétaire qui va être ramené à 3,5 %», a-t-il souligné.
Mais en toute facture, si on se réfère à certaines études auxquelles se livrent certaines agences comme Transparency Maroc, par exemple, il y a de quoi faire asseoir des analyses qui échappent à la maîtrise des techniques fiscales. Tenant à certaines mesures, que le peu d’informations fournies, ne peuvent permettre à un Parlement, mal outillé en technique de contrôle, de réagir positivement. Et aussi, un public mal informé ne pourra juger de la pertinence des choix et orientations de son gouvernement.
A ce stade, rapporte Transparency, le Maroc occupe la 69e place sur les 94 pays classés en 2010, et par comparaison à 2008, il aura perdu 10 places. Encore un mauvais score, diront certains !
Mais au-delà de ce constat, quelle est la portée de ce déficit d’information ?. L’étude met également en exergue le peu d’efficacité de l’institution supérieure de contrôle qui dispose d’une faible marge de manoeuvre et d’indépendance.
C’est ce qui fait dire hypothétiquement que le projet de loi de Finances 2011 est un projet «volontariste». Une multitude de dispositions orientées vers la concrétisation des stratégies nationales le qualifient ainsi, mais rien ne filtre sur l’allègement de la TVA. Celle-ci, pesant de tout son poids sur le pouvoir d’achat des citoyens, risque de faire alourdir le rythme et la cadence commerciale. Ceci dit que l’informel, qui jusqu’ici joue le paravent, permet au détriment des entreprises opérant légalement de faire écouler des marchandises non taxées, et si rien n’est fait pour alléger ce fardeau, l’informel va aller en s’accentuant. Et le mobile de le faire disparaître risque de perdurer.
Les encouragements préconisés, dans le but de le légaliser, restent ainsi tributaires de la participation de tous les pouvoirs publics, pour que sa transformation en personnalité physique puisse réussir. Idem pour l’évasion fiscale qui s’opère alternativement et qui coûte à la Trésorerie d’énormes sommes d’argent en manque à gagner. Au-delà des tendances relatives à la flexibilité des entreprises pour qu’elles puissent agir en matière d’investissement et de prospection des marchés nationaux et internationaux, le soutien du projet aux capitaux orientés vers les marchés extérieurs, surtout africains, est devenu rituel tout en restant muet. Abstraction faite du secteur du textile, des télécoms et certaines banques en quête de pied à terre ailleurs. Dans ce sens on ne voit pas d’autres secteurs qualifiés à suivre. En dépit du contexte économique mondial, le projet de loi de Finances 2011 vise aussi à faire consacrer des mesures de soutien à l’export et à l’investissement en dehors des frontières nationales.
Le soutien du taux de croissance lui, ne peut se réaliser sans la dynamisation des réformes sectorielles et l’équilibres macroéconomique. D’où l’appel à une véritable rationalité et à l’efficience de la dépense publique et de l’optimisation des recettes publiques, avec davantage de transparence dans la gestion et le pilotage des deniers publics, ainsi que d’une meilleure coordination avec les autres politiques publiques.
Ce sont là des mesures qui attendent toujours la mise en place de réformes, comme celle de la comptabilité publique qui retracerait l’intégralité des opérations de l’Etat et faciliterait le contrôle des finances publiques, grâce à la production d’une information comptable et financière fiable. On s’attend également à une véritable optimisation du système de gestion intégrée de la dépense (GID) Celle-ci peut offrir des accès simples aux différents actes de la gestion de la dépense, et le cas échéant simplifier les circuits et procédures d’exécution de cette dernière . Réduire les coûts et les délais de traitement des actes de la dépense contribueraient donc à restituer en temps réel les informations relatives au rythme d’exécution de la loi de Finances. Avec une réelle volonté d’ouverture sur le Parlement, la Cour des comptes et même les citoyens qui pourraient y avoir accès, elle pourrait mieux nous aider à comprendre, au-delà des chiffres, les ressorts de la politique budgétaire.

Energies et Mines

Énergies renouvelables

Les Japonais intéressent le Maroc

Réunissant les principaux acteurs marocains et japonais dans le domaine des énergies renouvelables, la coopération entre le Japon et le Maroc dans les domaines de l’énergie solaire et les nouvelles technologies en la matière se poursuit activement. Les deux pays sont confrontés aux mêmes défis environnementaux et partagent la même vision quant aux enjeux climatiques et environnementaux, convaincus de la prise en compte de ces enjeux dans toute stratégie de développement.

Conscient des effets néfastes des changements climatiques sur son patrimoine naturel et par conséquent
sur son plan de développement, le Maroc a lancé depuis un certain temps la mise au point d’une Charte de l’environnement. Plaçant le développement durable au rang de valeur fondamentale pour la société marocaine, notamment à travers la promotion des énergies renouvelables, le Maroc a lancé un programme de grande envergure de 2000 MW de production électrique à partir de l’énergie solaire d’ici 2020. C’est une priorité majeure de la stratégie énergétique du Royaume lui permettant de répondre aux défis de la sécurité de son approvisionnement, et limiter sa dépendance à des produits, souvent chers et moyennement propres.
Du côté japonais M. Toshinori Yanaga a noté que le Maroc, l’un des pays les plus prometteurs du continent africain, est considéré comme un pays carrefour entre l’Europe et l’Afrique. Et d’ajouter que le processus de modernisation des infrastructures au Maroc dans les domaines du tourisme, de l’agriculture, de l’industrie et de l’environnement, ainsi que son potentiel exceptionnel en matière d’énergie solaire, justifient l’intérêt porter par le Japon à ce secteur, notamment à travers des projets d’envergures.
C’est au terme d’un appel d’offres lancé cet été, que l’Etat japonais a désigné les entreprises et organismes qui devront développer un dispositif futuriste. Objectif: développer une haute gamme de capteurs solaires en vue de placer vers 2030 un engin en orbite géostationnaire (à 36.000 kilomètres de la Terre), équipé de nombreux panneaux solaires. Ces éléments photovoltaïques, à l’instar de ceux employés au sol, convertiront l’énergie des rayons du soleil en électricité, avec une capacité annuelle cinq à dix fois supérieure à aire identique.
Ce courant électrique sera à son tour transformé en flux énergétique transmis par faisceau laser ou micro-ondes jusqu’à la Terre où il sera capté par une gigantesque antenne parabolique dédiée, et retransformé en électricité. A ce stade le Japon est conduit par l’intérêt de commercialiser sa technique d’exploitation d’énergie propre et inépuisable. « La lumière du soleil abonde dans l’espace », rappellent les experts japonais. Ce gigantesque défi scientifique et industriel conduit par l’Agence spatiale japonaise (Jaxa) semble tout droit sorti de la science-fiction, mais le Japon planche dessus depuis 1998. Quelque 130 chercheurs, dispersés en une douzaine de groupes de travail, participent au projet, un nombre qui devrait croître. Regroupant dix-sept sociétés dont les groupes d’électronique Mitsubishi Electric, NEC, Fujitsu et Sharp ainsi que divers autres industriels.
Plusieurs étapes sont prévues avant l’entrée en exploitation d’un tel système à partir des années 2030, selon les plans actuels.
Une telle technique ne pourrait se réaliser dans l’immédiat au Maroc, nous sommes loin de station orbitale pour produire de l’énergie mais, coopération scientifique oblige, nous souhaitons en tirer profit de l’avancée scientifique dans ce domaine.
Former le souhait de voir le Japon et le Maroc coopérer dans la lutte contre le changement climatique , surtout dans le domaine des énergies renouvelables et la production de l’énergie solaire en particulier, la rencontre organisée récemment par le ministère japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI) conjointement avec l’organisme japonais New Energy and Industrial Technology Development Organization (NEDO) en collaboration avec l’Agence marocaine de l’énergie solaire(MASEN), visait l’élaboration de projets communs sur les énergies d’avenir, notamment l’énergie solaire et les nouvelles technologies en la matière. C’est une occasion d’enrichir les expériences mutuelles et identifier les opportunités de développement des partenariats entre le Maroc et le Japon dans le domaine de l’énergie solaire à travers l’échange et le dialogue à l’émergence de solutions énergétiques innovantes et durables.

Abou Safaa

Complexe énergétique solaire de Ourzazate

Un moyen optimum pour notre indépendance énergétique

Suite à la séance de travail qu’a présidée S.M. le Roi dernièrement et au cours de laquelle il a donné Ses Hautes instructions aux parties concernées pour s’en tenir strictement au calendrier de réalisation du Plan solaire marocain et de ne ménager aucun effort pour que ce défi, que s’est lancé le Maroc comme aussi pour tous les grands projets qui sont menés, se matérialise au bénéfice de son développement et du bien-être de sa population.

S.M. le Roi a présidé récemment, au site du complexe énergétique solaire de Ouarzazate, la cérémonie de signature des conventions parachevant le cadre institutionnel de réalisation du projet intégré d’énergie électrique solaire, confiée à l’Agence «Moroccan Agency for Solar Energy» (MASEN) et qui s’inscrit dans les importantes stratégies énergétique et environnementale du Royaume.
La réalisation d’ici 2020 des deux programmes solaire et éolien de 2000 MW chacun traduit l’expression concrète de la priorité majeure que Sa Majesté accorde au développement des énergies renouvelables comme moyen optimal permettant au Maroc de répondre aux défis de la sécurité d’approvisionnement, de la préservation de l’environnement et du développement durable.
Ces projets ne sont pas limitatifs car les programmes de production d’électricité à partir de sources renouvelables sont largement ouverts à l’initiative privée nationale et internationale, comme le stipule la nouvelle loi 13-09 relative aux énergies renouvelables promulguée en février 2010.
Ainsi depuis le lancement de ce nouveau projet en novembre 2009, de nombreuses actions ont été réalisées notamment dans la mise en place d’un cadre législatif et institutionnel approprié. Mme Benkhadra a précisé à cette occasion que la protection des ressources est une donnée essentielle pour le développement harmonieux de la région. Celle-ci est d’ailleurs illustrée par les actions entreprises pour optimiser l’utilisation des ressources hydriques nécessaires pour le développement économique et social de la région.
Pour sa part M. Mustapha Bakkoury, président du directoire de la MASEN a, dans une allocution similaire, présenté l’état d’avancement du Plan solaire marocain de 2000 MW et les actions réalisées particulièrement pour la première centrale de 500 MW d’Ouarzazate, ainsi que les perspectives de développement du projet global.
En effet, le développement du complexe solaire d’Ouarzazate qui sera réalisé sur une superficie de 2500 hectares, située à près de 10km au nord-est de Ouarzazate et à environ 4 km au nord du barrage Mansour Eddahbi, a franchi d’importantes étapes. 200 entreprises ont participé à l’étude des configurations technologiques, pour élaborer les schémas institutionnel et de financement. Dix-neuf groupes internationaux ont été pré-qualifiés pour la réalisation de la centrale de Ouarzazate.
En outre, la cohérence de la vision de notre pays relative aux énergies renouvelables, a favorisé l’adhésion de grandes institutions financières qui ont marqué un intérêt de principe pour le financement du projet à des conditions préférentielles.

Synthèse / E & M