Royal Tennis Club d’Agadir

Un fleuron illustre pour un sport de qualité

Le tennis est un ensemble d’exercices plus souvent physiques. Il se pratique sous forme de jeux individuels ou collectifs. Ce sport est devenu un phénoménal depuis son accès à l’universalité dans le temps et dans l’espace. Il se distingue du football par l’état d’esprit que se font ses adeptes et c’est de là est partie cette discipline qui n’est pas tout simplement sportive, mais curative et trouve un bel espace dans la ville d’Agadir, où le club est loyalement dirigé par M. Ahmed Haijoub, qui, brifé à coeur joie par notre magazine, était d’une nature humaine appréciable.

Pendant notre reportage journalistique sur la ville d’Agadir, l’équipe du magazine «Énergie & Mines» a entamé une visite au sein du Royal Tennis Club d’Agadir, où M. Ahmed Haijoub, président de cet établissement sportif, situé en plein centre-ville, nous a reçus dans son bureau pour nous donner quelques aperçus et explications sur cet établissement refait en 1970, dix ans après le tremblement de terre qui a frappé la ville en 1960. Ce club, par miracle n’a pas été touché par le séisme, il faut dire qu’il a toujours existé, mais du côté de la plage, dans un endroit appelé «amogar». Juste après le tremblement, le Haut Commissariat au Plan en avait fait sienne cet ouvrage et finit par le privilégie en le tenant dans la place qu’il occupe aujourd’hui.
Occupant une place de choix dans l’espace et dans le temps gadiri, le Royal Tennis Club a de quoi s’enorgueillir. Il possède 17 terrains sur terre battue et un terrain de mini-foot, ce qui lui a valu un tableau de 180 adhérents.
«Notre club offre aux passionnés de tennis une infrastructure et un équipement meilleurs avec de bonnes conditions, qu’ils soient novices ou confirmées, soit, une école où chaque élève dispose d’un atout pour pratiquer la discipline enseignée. Le tout est encadré par des moniteurs compétents pour initier les débutants, et perfectionner les confirmés. Des cours collectifs. Niveaux confondus, sont aussi dispensés 7 jours sur 7 pour offrir à chacun la possibilité de progresser».
Pour ce qui est de l’équipement, la disponibilité d’un matériel adéquat est adapté à l’âge de chaque adhérant dans le club. Soutenu par son emplacement de proximité, cet établissement offre aux jeunes la possibilité de venir exercer leur sport préféré, et ce, grâce à la volonté de ses dirigeants qui n’épargnent aucun effort et militent sans relâche, pour ne pas permettre aux intrus spéculateurs de mettre la main sur les terrains du club. Conscients qu’ils ne voient que se faire remplir les poches rapidement, faisant fi à toute politique culturelle ou sportive visant la valorisation touristique de la ville.
Et partant, notre interlocuteur n’a pas lésiné sur les recommandations de la Fédération royale marocaine de tennis (FRMT), qui avec son nouveau président, en la personne de M. Fayçal Laaraichi, élu à l’unanimité et succédant à M. Mohamed M’Jid, qui a présidé pendant de très longues années aux destinées de la Fédération, que nous félicitons ici et maintenant pour tout ce qu’il a fait au tennis marocain en le repositionnant sur l’échiquier mondial. Et d’ajouter M. Ahmed Haijoub a mis en exergue le talentueux jeune tennisman Mehdi Mazouz, classé parmi les meilleurs joueurs de sa catégorie. Ce jeune, vainqueur aux tournois de RIAD (Rabat), l’OCC (Casablanca) a terminé finaliste au Tournoi annuel de Marrakech. Nous le félicitons, ainsi que son père qui ne ménage aucun effort pour l’aider à participer à tous les tournois organisés, à son directeur technique Khalid Afif également et à tous ceux qui l’encouragent.

A. Najim

Sur la route d’Imouzzer Idaoutanane

Une fresque naturelle qui enchante le visiteur

Voyage dans le temps, dira-t-on. C’est la bourgade d’Aourir qui par son esprit marchand et peu restaurateur marque tout visiteur en quête de faire emplette de produits fruitiers et autres. Il niche à 7 Km au nord d’Agadir, sur la côte Atlantique au pied de montagne. Un paysage qui lui donne un attrait particulier, inspirant par son aspect rustique tous voyageurs allant vers le sud du Maroc. Il est à quelques km du village Taghazout. Cette région est un vrai paradis touristique et écologique avec un circuit très prisé par les nationaux et les étrangers, elle devrait bénéficier d’infrastructures de base à la hauteur de sa réputation. Ses sites naturels devraient être protégés contre toute agression humaine (pollution, construction anarchique) et mis en valeur par une signalisation appropriée. Des aires d’observation devraient être aménagées au bord de la route pour permettre aux visiteurs d’admirer le paysage fantastique de la région

En outre, la cascade à sec dès le mois de mars, gagnerait à être mise en eau toute l’année par la déviation d’une partie de l’eau de la source actuelle ou à l’aide d’un circuit de pompage.
Parler de la région c’est aussi parlé de sa culture du bananier qui est imposante aussi dans la région. Irriguée par une source d’eau rocheuse, la banane reste le fruit idéal de cette région, elle est aussi la principale rentrée d’argent. Une aubaine pour la simplicité de vie de ces petites gens. Pour aller à Immouzzer Idaoutanane, limité au nord, par la province d’Essaouira, au sud par les arrondissements d’Amskroud et d’Aourir, à l’Est par la province de Taroudant et à l’Ouest par l’arrondissement de Tamri .Dans cette contrait on ne peut être desservie que par la seule voie peu praticable, c’est la route provinciale 1001. C’est une route qui ne reflète pas l’image d’un site touristique hors pair dans la région. Elle est caillouteuse et effacée par le pic des érosions. En temps pluvial elle est impraticable et cause l’enclavement aux habitants du contrait. C’est une route à courbatures dangereuses dont l’habitation la qualifie de virages d’(Iroumienne) ou encore plus loin la (Toghda).
Cette agglomération est subdivisée en quatre communes rurales : la commune d’Imouzzer (233 km2 avec 6.351 habitants), la commune de Tiki (263 km2 avec 10.070 habitants), la commune d’Aziar (198 km2 avec 3.803 habitants) et la commune de Taddart (205 km2 avec 5.703 habitants).
La région d’Immouzzer Idaoutanane se distingue aussi par son climat semi-aride et sa pluviométrie moyenne qui varie entre 120 et 400 mm/an. On y enregistre des chutes de neige en haute altitude et parfois des avalanches qui causent des dégâts dans le coin. Avec ses atouts naturels, Imouzzer Idaoutanane, joue un rôle important dans le développement socio-économique local. Les terres agricoles occupent une superficie de 6.631 ha et les forêts 53.952 ha. L’agriculture c’est la principale activité génératrice de revenus dans la région, en dépit des faibles précipitations, ainsi que de la rareté des terres arables : arbres fruitiers, amandiers et oliviers en particulier, occupent une superficie de 3.284 ha, les cultures maraîchères 61 ha, les céréales 2.914 ha, et les autres cultures 105 ha. Sa végétation est riche et variée : Arganier, genévrier, chêne vert, acacia, lavande, thym, doum et plantes médicinales etc… On y dénombre 25 espèces de mammifères : Porc-épic, loutre, genette, hyène, mouflon à manchettes, écureuil de barbarie, 72 espèces d’oiseaux sauvages : aigle de bonelli, aigle royal, percnomptère d’Egypte (vautour de petite taille), faucon pèlerin, merle noir, fauvette de l’Atlas, etc… Et autres espèces de reptiles : cobra, tarente de Mauritanie, caméléon, lézard, vipère…
L’élevage constitue une activité complémentaire dans la région. Le cheptel est essentiellement constitué de caprins, d’ovin et de bovins. La région, qui est aussi connue pour son huile d’olive de grande qualité, compte de nombreux pressoirs traditionnels qui valent bien le détour.
Cette région se distingue aussi par ses sites naturels : la vallée du paradis, Assif El Had, Inzerki, cascade du voile de la mariée, plissement géologique (grotte) et paysage rural entre Imouzzer et Assif El had, route du rucher d’Inzerki (paysage pittoresque de diversité végétale étonnante), grotte Win Timdowin, haut lieu de la spéléologie. C’est une région qui par la force de ses atouts mérite une attention particulière de la part des décideurs publics et privés et de surcroit apportera un plus à la richesse locale.

Energie & Mines

Artisanat

Les affres d’une spéculation de sape

Le secteur de l’artisanat dans la région du Souss-Massa-Drâa joue un rôle important dans le développement de la région. Il occupe une place considérable dans les programmes socio-économiques de la place. Ce qui se traduit par le nombre de coopératives exerçant dans le secteur et réalisant un chiffre d’affaires considérable. Partie du tissu économique national, le secteur occupe une place de choix dans la politique d’industrie touristique et artisanale du Royaume. Ses principales productions sont le cuir, la tapisserie, le bois, la poterie et le fer forgé, totalisant 11.936 unités artisanales et 52.566 employés.

La région du Souss-Massa-Drâa bénéficie d’un savoir-faire particulier dans le domaine de l’artisanat. Aujourd’hui les artisans locaux reflètent toute la culture de leur région dans le produit offert.
Il est fortement admis dans le marché national et international et se procure une place distinguée dans la vitrine artisanale nationale. Toutefois, cette activité requiert une organisation profondément ancrée dans les esprits pour pouvoir se déterminer en tant que telle. Quelques années auparavant, la région souffrait d’un manque d’organisation des producteurs, de l’absence d’une politique commerciale cohérente et de la faiblesse des revenus des artisans, du fait de l’omniprésence des intermédiaires. La spéculation de ces derniers en avait fait rage dernièrement surtout à Agadir. De plus, le développement du secteur se heurte aux différents blocages causés par les conditions d’accès devenues difficiles aux matières premières.
Cependant, il s’impose de mieux structurer ces métiers dits traditionnels et améliorer leur chance de contribution à la création de la richesse régionale. Le Conseil régional pour être au rendez-vous avec le temps, il ne cesse de mobiliser ses moyens et ce depuis 2008 avec un budget de 2 millions de dirhams soutenu d’une part par le département ministériel, Chambres et délégations de l’artisanat.
Parmi les métiers traditionnels parfaitement maîtrisés dans la région, la bijouterie en argenterie à Tiznit, la poterie à Tamegroute et le tapis à Taznakht. C’est le brandissement de la valeur culturelle et le réveil des pratiques ancestrales qui laissent prévoir un plan d’action mesuré en vue d’assurer une production en amont, et des ventes établies sur la valeur ajoutée, stabilisant les revenus locaux. Donc l’année 2008 fut-elle année butoir. Pour doter la Région d’un contrat-programme et d’un plan d’action ambitieux pour la mise à niveau des filières artisanales, le Conseil Régional du Souss-Massa-Drâa et le département de l’Artisanat avaient finalisé, par le biais d’un cabinet de conseil mandaté, le lancement de projets concrets en 2009, permettant de redynamiser les filières concernées.
«L’artisanat marocain constitue l’autre grande dimension d’attrait du Royaume à l’international, dans le cadre d’une dynamique qui évolue pour répondre à la demande d’un public diversifié, chaque fois plus large et plus exigeant», a affirmé récemment à Paris, le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat, M. Anis Birou. «Des séminaires et des présentations sont également au programme, comme la présentation des acteurs de la chaîne de production et d’exportation du produit d’artisanat ou l’animation d’un séminaire sur l’emballage et le conditionnement au service de l’artisanat.
L’artisanat marocain, qui vient d’installer son nouveau label d’image et de qualité, inscrit son évolution dans le cadre d’une stratégie ambitieuse et chiffrée, à savoir le contrat-programme Vision 2015 qui se fixe pour objectifs la création de 117.000 postes
d’emploi, à travers six grandes filières: la décoration, l’architecture, l’ameublement, l’habillement, la bijouterie et les produits de terroir.
L’amélioration des revenues et des conditions de travail des artisans, le décuplement du chiffre d’affaires actuel à l’export, pour atteindre 7 MM de dirhams à l’horizon 2015, la création d’entreprises de référence, structurées, dynamiques dotées de fortes capacités de production motrices pour l’ensemble du secteur figurent également parmi les objectifs de cette Vision, au même titre que l’amélioration des conditions de travail du mono artisan», a-t-il dit.
La Vision 2015, a fait observer, d’autre part, M. Birou, fait partie d’un dispositif offensif de réformes initiées par le gouvernement, indiquant que ces grands chantiers intéressent les infrastructures, l’amélioration de l’environnement familial, professionnel et de santé, l’Initiative nationale pour le développement humain, qui permet de s’attaquer au déficit social, et aux réformes de l’administration publique.

Abou Driss

M. Gourichi, président de la C.E.D à la Chambre de pêche Agadir

La pêche halieutique aux aguets des professionnels dans la région

La valorisation du secteur de la pêche dans la région d’Agadir va bientôt se réaliser par la création du «Parc Haliopolis». C’est un projet de portée rigoriste qui va permettre au tissu industriel de se développer et contribuer à l’élévation du potentiel de transformation à quelque 500.000 tonnes. Ce méga-projet s’étend sur 150 ha dans la commune de Drarga et prévoit la création de plus de 20.000 emplois avec un coût global d’investissement de 6,6 milliards de DH. C’est une manne qui permettra l’élargissement du champ d’action dans le domaine de la pêche et c’est dans cet esprit que nous sommes entretenus avec M. Gourichi,président de la Commission d’étude et développement à la Chambre de pêche d’Agadir, dont acte.

Énergie & Mines : Comment appréciez-vous la situation du secteur de la pêche à Agadir ?

M.Gourichi : Le secteur de la pêche connaît plusieurs problèmes très délicats depuis 10 ans, et on sait qu’au dépend des efforts du ministère de tutelle pour organiser ce métier, les professionnels n’aident pas dans ce sens, et chacun agit pour soi, à l’image de l’épuisement des stocks A et B, sans suivre une exploitation raisonnable et scientifique, qui sauvegarderait les réserves halieutiques.
Je rappelle que Feu SM Hassan II avait demandé que ce métier soit organisé, et plusieurs acquis ont été concédés, parmi lesquels la création de la Chambres de pêche, l’unification des ports, et la création de l’ONP comme interlocuteur unique avec les professionnels. Et moi en tant que président de la commission «Etude et développement», je demande directement à monsieur le ministre de venir voir de près les défaillances du secteur et réfléchir aux solutions. Concrètement plusieurs coûts alourdissent notre champ d’action, parmi
ces charges le prix excessif du gasoil qui n’est plus subventionné, les taxes, le prix des équipements, les charges sociales, l’activité informelle et le marché-noir qui représente 60% des ventes à cause des prix pratiqués dans les halls.

Quelles sont les solutions à suggérer ?

Déjà il faut revoir la tarification du gasoil, je rappelle que dans les années 90 on ne payait pas la TIC, et il faut garder le prix
de la tonne du gasoil à 3000 DH maximum, même si le prix du baril atteint les 80 ou 100 dollars. Le deuxième point concerne le prélèvement de 15% de taxe à la source plus les autres taxes, ces taxes sont injustes et ne prennent pas en compte le cas des bateaux qui dépensent plusieurs milliers de DH sans rapporter de poisson, la solution consiste à les remplacer et appliquer un abattement sur le CA de 40% par exemple, les 60% restante seront taxées. Et il faut aussi avoir une dérogation de la loi de Finances sur les activités relevées du secteur, avec une prorogation d’échéance de paiement.

Quelle situation vit le port d’Agadir ?

Il faut investir dans le port de pêche d’Agadir surtout dans ses infrastructures, et également assainir la situation des entreprises en faillite et qui ont laissé leur bateau et équipements sur les quais, encombrant ainsi l’espace disponible. La capacité d’accueil actuelle dépasse largement nos besoins, mais il faut faire évacuer les bateaux de haute pêche qui ne sont plus en activité.
Le port de pêche d’Agadir est très important pour les gens qui y travaillent pour subvenir à leur besoin famillial, et sa situation stratégique au milieu d’Agadir est un facteur qui joue dans sa faveur contre tout projet de marina ou autre.

Et les subventions pour relancer le secteur ?

Dans les années 90, les professionnels ont adopté une convention de gel d’investissement, ce qui a limité l’octroi d’autorisations pour la construction de bateaux nouveaux.
Mais cette convention n’est plus respectée et le programme Ibhar – subvention et mise à niveau les pêcheurs – a été gelé. Nos voisins espagnols accordent une aide aux pêcheurs de 70% pour la mise à niveau, plus des taux bancaires minimales. Et je réitère mon souhait à M. le ministre de la Pêche pour qu’une réunion de travail avec les professionnels puisse faire éclaircir les idées.

Propos recueillis par
M. Moudarir

Utilisation pacifique de l’énergie nucléaire

Le dessalement de l’eau fait appel

Les trois-quarts de la surface de notre planète sont recouverts d’eau mais d’eau salée malheureusement. Il n’empêche que ces réservoirs inépuisables que sont les océans font rêver: et s’il était possible de transformer cette eau salée en eau douce ?

Cela résoudrait en effet toutes les difficultés de pénurie d’eau que connaissent beaucoup de pays, car nombre d’entre eux ont un accès aux océans, quand ils ne disposent pas d’un littoral maritime conséquent.
En fait, dessaler l’eau de mer de manière à la rendre consommable, c’est possible. On dispose même aujourd’hui de nombreux systèmes dont beaucoup ont atteint le stade industriel. Les deux procédés les plus couramment utilisés sont la distillation et l’osmose inverse. Leur principe est simple.
La distillation consiste à évaporer l’eau de mer, soit en utilisant la chaleur des rayons solaires, soit en la chauffant dans une chaudière. Seules les molécules d’eau s’échappent, laissant en dépôt les sels dissous et toutes les autres substances contenues dans l’eau de mer. Il suffit alors de condenser la vapeur d’eau ainsi obtenue pour obtenir une eau douce consommable.
L’osmose inverse nécessite quant à elle de traiter au préalable l’eau de mer en la filtrant et en la désinfectant afin de la débarrasser des éléments en suspension et des micro-organismes qu’elle contient. Le procédé consiste ensuite à appliquer à cette eau salée une pression suffisante pour la faire passer à travers une membrane semiperméable : seules les molécules d’eau traversent la membrane, fournissant ainsi une eau douce potable.
Ce rapport souligne l’importance du problème de pénurie d’eau que rencontreront plusieurs régions du monde dans les années à venir. Le dessalement de l’eau de mer peut être une solution attrayante pour subvenir aux besoins en eau des deux tiers environ de la population mondiale.
Les diverses techniques de dessalement sont ainsi décrites succinctement. Dans ce contexte, le dessalement par les réacteurs nucléaires apparaît comme une solution très compétitive, par rapport aux systèmes à base d’énergies fossiles non seulement pour la production simultanée d’électricité et d’eau potable, mais également pour la minimisation de l’émission des gaz à effet de serre.
L’inconvénient majeur de ces systèmes est qu’ils sont très coûteux. Les installations sont peu rentables, les quantités d’énergie nécessaires au chauffage ou à la compression de l’eau sont trop élevées, et les volumes d’eau produits trop faibles En effet pour transformer un kg d’eau liquide en 1 kg d’eau vapeur à la même température il faut environ 2250 kilojoules (si le changement d’état se fait à 100°C). L’utilisation de cette technique de production d’eau potable reste donc encore très marginale. Seuls certains pays ne disposant que de très faibles ressources en eau mais suffisamment riches, comme le Koweït et l’Arabie Saoudite, utilisent le dessalement de l’eau de mer pour produire l’eau douce destinée à la consommation humaine. Quoi qu’il en soit, cette question, dont l’enjeu est de taille, a déjà fait l’objet de nombreuses recherches qui se poursuivent.
Des évaporateurs dits «multiples effets» ont ainsi été développés qui visaient à limiter la dépense énergétique des systèmes précédents en utilisant la chaleur produite lors de la condensation de la vapeur d’eau pour évaporer l’eau de mer. Mais, techniquement très complexes, ces systèmes nécessitaient la présence d’un personnel très qualifié. Une amélioration vient cependant de leur être apportée qui permet de réduire encore les pertes énergétiques tout en gagnant en simplicité. Peu coûteux, modulable, très simples à installer et à entretenir, et capables de produire, à un moindre coût énergétique, de 20 à 30 litres d’eau douce à partir de 100 litres d’eau de mer, ces nouveaux systèmes devraient plaire aux pays les plus intéressés par le dessalement que sont nombre de pays en voie de développement. La délégation marocaine à la 1ère Conférence arabe qui s’est déroulée dernièrement à Hammamet(Tunis) sur l’utilisation de l’énergie nucléaire, a appelé à renforcer davantage la coopération scientifique aux niveaux régional et international
en matière d’utilisation pacifique de l’énergie atomique notamment en ce qui concerne la génération de l’électricité. La délégation marocaine a souligné, dans une communication présentée à la conférence, que l’échange d’expériences et d’expertises dans ce domaine, en coordination avec les organisations internationales telle que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), permettra de trouver une vision scientifique efficace pour la réalisation de projets communs en matière de génération d’électricité grâce à l’énergie nucléaire.
Elle a également mis l’accent sur le dessalement de l’eau de mer par l’utilisation de l’énergie nucléaire. Une possibilité qui pourrait profiter à une économie orientée sur le travail de la terre en particulier l’agriculture qui en souffre de la rareté de l’eau.
Cette manifestation, organisée par l’Agence arabe de l’énergie atomique (AAEA), en collaboration avec le Conseil ministériel de l’électricité relevant du secrétariat général de la Ligue des Etats arabes et de l’AIEA n’est que le prélude à plusieurs rencontres dans le domaine, surtout entre experts, pour parvenir à une application sûre et concrète.

M.M

M. Abdelouahhab El Jabri, directeur du C.R .I Souss-Massa-Draâ

Actions pour privilégier la diversification économique

Le Centre régional des investissements constitue le relai par lequel se transmet la capitalisation sous forme d’investissements. Dans le cas du centre d’Agadir, ses actions se perpétuent autour d’un ensemble de secteurs qui forment le tissu industriel et logistique de la ville. C’est ce qui nous souffle l’idée de prendre attache avec M. El Jabri en sa qualité de directeur régional du CRI et débattre avec lui le climat d’investissements dans la région.

Énergie & Mines : Quel est le rôle et la dimension du C.R.I – SMD en tant qu’acteur dans le développement du tissu économique de la région ?

M. Abdelouahhab El Jabri : Le Centre régional d’investissement (CRI), acteur privilégié dans l’acte d’investir, a consenti de grands efforts durant les années de son existence à la facilitation et la promotion de l’investissement. Sa contribution aux différents programmes, mise en oeuvre au profit de la région, a eu un impact des plus positifs sur le volume des investissements sur les plans quantitatifs et qualitatifs : il constitue l’administration territoriale interlocutrice privilégiée pour les investisseurs qu’il accueille, informe, conseille et oriente dans leurs choix d’investissements, aussi, il représente l’interlocuteur unique auprès des créateurs d’entreprises qu’il accompagne dans toutes les formalités administratives, fiscales et sociales, liées à l’acte de création, ainsi que l’accompagnement des investisseurs nationaux et étrangers dans les différentes démarches administratives jusqu’à concrétisation de leurs projets, il oeuvre pour le maintien, la consolidation et le développement de l’investissement existant en plus de sa participation à la mise en place d’un climat d’investissement concurrentiel et à l’adoption de mesures de nature à accroître la compétitivité et la diversification de l’économie de la région.

La question de l’eau est primordiale dans la réussite agricole. Qu’en est-il de la nappe phréatique dans le périmètre irrigué du Souss-Massa-Draâ?

La problématique de l’eau reste au coeur du débat au niveau de la région du Souss- Massa-Drâa. En effet, le phénomène de la rareté des ressources en eau reste un point critique qui conditionne le développement des piliers de croissance économique dans notre région face à des besoins grandissants chaque année.
Le stress hydrique dont souffre la région affecte aussi bien les débits des cours d’eau et les apports aux barrages, que l’accélération des rabattements des niveaux des nappes d’eau souterraine qui présentent déjà des indices de contamination par les nitrates, principalement dans les zones des périmètres irrigués (Chtouka). Face à cette situation, le secteur de l’irrigation, dans le
bassin de Souss-Massa-Draâ, prévoit le recours au dessalement de l’eau de mer, afin de soulager la pression sur la nappe surexploitée pour un volume annuel de 70 Mm3/ an d’eau de mer dessalée pour l’irrigation des périmètres de Chtouka (soit 200 000
m3/j). Il est donc certain que l’utilisation de ressources non conventionnelles deviendrait un impératif incontournable. Au côté du dessalement de l’eau de mer, d’autres alternatives sont mises en oeuvre, notamment : la réutilisation des eaux usées épurées, l’exploitation de gisements d’économie d’eau (généralisation de l’utilisation de l’irrigation en goutte-à-goutte, conversion de 30.000 ha à l’horizon 2012 dont 10.000 ha déjà convertis), utilisation de nouvelles techniques de production (arrêt de l’extension des périmètres irrigués, programmation des irrigations, utilisation des stations agro-météorologiques, serres de nouvelle génération…).

Votre opinion sur l’avenir socio-économique de la région Souss-Massa-Drâa ?

Le Souss-Massa-Drâa est une région riche de potentialités économiques importantes, et ses atouts naturels sont diversifiés. En effet, et en dehors de ses piliers de croissance, qui sont le tourisme, l’agriculture et la pêche, d’autres secteurs d’activité se développent au niveau de la région, notamment : la logistique, le transport et les domaines innovants tels que l’Agrotech, les TIC et l’offshoring. La région a récemment connu le lancement de Haliopolis, premier parc halieutique du Royaume qui placera la ville d’Agadir au coude-à-coude avec de grande région mondiale abritant des pôles de compétitivité. Également, la région Souss-Massa-Draâ a été choisie pour abriter l’un des six agropoles du Royaume et ce, dans le cadre des initiatives mises en avant au niveau du Plan Maroc Vert.

Interviewe réalisée par
M. Moudarir et A.N.

Entretien avec M. Said Dor, président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services à Agadir

Plaidoyer pour de nouvelles zones industrielles

Parler de la Chambre de commerce et d’industrie d’Agadir, c’est couvrir un ensemble d’activités et de perspectives sur le chemin d’une grande mutation que connaît la région. L’interpellation de son président M.Said Dor, animé d’une vision prospective, a été concis dans ses interventions mais d’une réflexion incontournable dans la gestion d’une institution qui a du pain sur la planche. Entretien.

Energie et Mines : Quel rôle joue la Chambres de commerce dans la région d’Agadir?
M. Said Dor : Comme vous savez, les Chambres de commerce jouent un rôle primordial dans les régions où elles s’activent, et leurs objectifs ne se limitent pas à la représentation des secteurs professionnels,
mais aussi à l’animation économique, la promotion des investissements et des exportations, et l’encadrement des ressortissants marocains à l’étranger. Pour les trois secteurs, nous représentons six provinces, qui constituent les grosses parties du Souss-Massa-Draâ, en superficie, population, et en PIB généré.

Quelles sont les principales contraintes qui entravent le bon fonctionnement de votre institution ? Et quelle politique adoptiez-vous contre l’étroitesse de l’assiette foncière ?
Malgré plusieurs contraintes de gestion, la Chambre de commerce d’Agadir, en tant qu’institution constitutionnelle, s’est inscrite dans une dynamique citoyenne, pour être présente dans tous les volets de la vie économique de la région, en tant que représentant légal des différentes filières, et en tant que partenaire avec une force de proposition.
Concernant le problème de gestion de l’espace, nous constatons un manque de terrains disponibles pour satisfaire toutes les demandes des investisseurs. Nous travaillons avec des établissements comme A Omrane, pour essayer de trouver des montages adéquats à l’établissement de nouvelles zones industrielles, et je rappelle pour l’histoire que les premières zones industrielles, celles de Tasila et de Aît Melloul ont été préalablement initiées par la Chambre de commerce, puis gérer par Al Omrane après le co-financement des établissements publics. Cette expérience a, hélas..! généré quelques cas d’échec avec des terrains non valorisés, et qui sont restés bloquer sous l’effet de la spéculation.
Mais nous travaillons actuellement sur le projet de la zone industrielle de Sidi Bibi dans la province de Chtouka Ait Baha, et le parc Haliopolis dans la zone de Drarga.
Nous faisons tout en concertations, pour verrouiller et ficeler tous les aspects techniques des cahiers des charges pour barrer la route aux spéculateurs afin d’arriver au compromis avec les aménageurs dans la détermination du prix des terrains, qui reste un facteur essentiel dans les décisions des industriels pour investir. Aussi nous agissons sur la phase de la gestion de la zone industrielle, avec tout ce que cela peut poser comme problème de logistique, de pollution et perturbation des flux, si les précautions et les principes du zoning ne seraient pas mis en place dès le début.

Quelles sont à votre avis les solutions adéquates pour booster et réanimer les zones de commerce désertée par les clients ? Et qu’est-ce que peut apporter le programme Rawaj comme solution ?
Le programme Rawj peut seulement aider certains commerçants à moderniser leurs équipements et être mieux lotis dans l’exercice de leurs métiers. Ça ne va pas résoudre les problèmes des zones de commerce, comme Talborjt, qui souffrent actuellement du manque d’attractivité et d’animation commerciale. Cependant nous sommes en train de lancer une étude sérieuse avec la région, et avec nos amis des Iles Canaries, par l’intermédiaire d’une aide de l’Union européenne, qui va porter sur le commerce régional de manière à en avoir une cartographie. Et je voudrais signaler que nous avons demandé de mettre en exergue le commerce dans le cadre de la nouvelle étude sur la stratégie de développement économique de la région, qui sera effectuée par le bureau de conseil McKenzi, puisque cette activité représente à elle seule pas moins du tiers du produit local de la région.
Aussi avec l’installation des grandes surfaces, qui est un phénomène nouveau dans le commerce, il ne faudra surtout pas oublier ou ignorer les petits commerces, ou les souks de villages qui représentent un
lieu d’échange économique, culturel, religieux et politique pour les populations de ces zones rurales. Il faut créer une nouvelle dynamique pour ces souks, et leur donner la vraie valeur et place qu’ils méritent avec les ingrédients modernes, et les faire sortir de leur léthargie.

Comment voyez-vous l’opportunité de l’ouverture de l’autoroute Marrakech-Agadir ?
La mise en service de l’autoroute nous interpelle tous, c’est un grand projet réalisé grâce aux Directives royales, et s’inscrit dans les grands chantiers du gouvernement de SM le Roi. Il constitue réellement un levier de développement social et économique de toute la région. Il est donc indispensable de se pencher tous autour des défis qui nous attendent pour tirer la région vers la place qu’elle mérite, celle d’un hub économique et touristique.

Le Conseil de gouvernement vient d’adopter les nouveaux textes de loi réglementant les Chambres de commerce, comment jugez-vous cette opportunité?
C’est une bonne nouvelle dans la sorte où ces nouveaux dispositifs repositionnent le rôle des Chambres de commerce pour mieux assurer leurs missions.
Les Chambres de commerce sont à la veille d’une révolution, et j’espère que cette loi soit adoptée et appliquée, et que les industriels, les commerçant et les prestataires de services puissent participer à ces institutions, pour que cette réforme trouve traduction dans l’exercice de la fonction de l’élu représentant son secteur.

Entretien Réalisé par
Mohamed Moudarir

Mission des Iles Canaries à Agadir
Dans le cadre de la mise en oeuvre du projet de coopération transfrontalière liant la région du Souss-Massa-Drâa à la région des Iles Canaries, une mission de présentation des programmes de coopération, validés par l’UE, a eu lieu le 21 avril 2010 à Agadir, sous la présidence des MM le wali sur la région d’Agadir Massa-Draâ, le vice-président du Gouvernement des Iles Canaries, et le président de la région du Souss-Massa-Drâa.
La Délégation du commerce et d’industrie a été associée au programme ADECOT pour la dynamisation du secteur du commerce des loisirs et du tourisme, introduisant dans sa globalité les termes de l’étude du concept du schéma directeur de développement des secteurs de commerce, avec des orientations sur les secteurs du tourisme et loisirs, compte tenu de la particularité de la Région d’Agadir.

Session ordinaire de la CCIS à Taroudant
La Chambre de commerce, d’industrie et des services d’Agadir a tenu, jeudi 24 juin à Taroudant, une session ordinaire. L’ordre du jour portait sur les retombées socio-économiques de l’autoroute Marrakech-Agadir.
Le président de la Chambre de commerce, M. Said Dor, avait souligné à l’occasion l’importance de l’autoroute pour le développement des secteurs de l’agriculture, de la pêche et du tourisme, mais aussi le désenclavement de la région sur le plan socio-économique, et l’encouragement des investissements étrangers et nationaux. Par ailleurs, le gouverneur de Taroudant, M. Abdellah Bendhiba, a insisté sur le rôle que représentent les moyens de communication pour la dynamique commerciale des villes. Il a noté le besoin de développer encore les infrastructures sur tous les plans notamment la transformation du tronçon de la route liant l’échangeur de l’autoroute au niveau d’Ameskroude et Taroudant en une voie rapide, vu l’importance que représente la province de Taroudant sur le plan agricole et touristique. De son côté, le président du Conseil communal de Taroudant, M. Mustapha Almoutawakil, a signalé qu’il ne faut pas négliger les autres pôles urbains comme Taroudant, Tiznit, Sidi Ifni, Zagoura, et de relever les potentialités économiques de toutes les régions aux alentours de l’autoroute, pour avoir un tissu socio-économique homogène.

A bâtons rompus avec M. El Houssaine Aderdour, président de l’APEFEL

Une nouvelle approche du syndicalisme

Au Maroc, comme dans nombre de pays en développement, l’agriculture revêt une grande importance économique. Elle participe à hauteur de 20% au PIB et représente 30% des recettes d’exportation. Environ 40% de la population active et 80% de la main-d’oeuvre rurale travaillent dans ce secteur. Au cours des deux dernières décennies, le principal problème a été celui des fréquentes vagues de sécheresse. Environ 90% de la superficie cultivée est occupée par des cultures pluviales. Le Maroc exporte essentiellement des produits horticoles, notamment des fruits, agrumes et légumes surtout frais et en conserve (tomates, courgettes et haricots…) et des fleurs coupées.

Le secteur des fruits et légumes destiné à l’exportation dans la région du Souss-Massa, a connu un essor considérable au cours des dernières années. On constate de profondes mutations, à travers les progrès réalisés au niveau de la production, surtout le conditionnement et la commercialisation. En 1994, l’Association marocaine des producteurs exportateurs de fruits et légumes (APEFEL) a vu le jour. C’est avec un esprit de concertation et d’anticipation aux attentes des professionnels du secteur qu’elle constitue un tournant dans le secteur des fruits et légumes, grâce à l’émergence d’une nouvelle approche du syndicalisme agricole basée essentiellement sur l’analyse approfondie des contraintes du secteur et proposer des solutions.
L’APEFEL représente actuellement près de 500 producteurs et producteurs-exportateurs de fruits et légumes
avec près de 70% des quantités de fruits et légumes exportées. Ces mêmes producteurs sont répartis au niveau des principales zones de production de fruits et légumes en l’occurrence Souss-Massa, Casalanca-
El Jadida, Berkane et Loukous.
Les spécificités historiques de la région du Souss-Massa-Draâ, se basant essentiellement sur l’agriculture orientée vers l’exportation, avec un chiffre d’affaires important, et un climat favorisant le développement optimale des produits cultivés, le secteur des fruits et légumes occupe une superficie de 700.000 ha dont 460.000 ha de plantations fruitières (sans l’olivier) et 240.000 ha de cultures maraîchères. Une production globale de l’ordre de 7 millions de tonnes dont près de 3 millions de tonnes de fruits et plus de 4 millions de tonnes de légumes.
Principalement, le secteur est caractérisé par la diversité des espèces notamment les agrumes, l’amandier, les rosacées fruitières, la vigne, le palmier dattier, le bananier et les cultures maraîchères. Cette production se caractérise en général par sa nature périssable, dont la variabilité diffère d’un produit à l’autre, et sa conservation nécessite une infrastructure d’entreposage frigorifique suffisant, installée à proximité des zones de production, pour s’assurer une meilleure régulation de l’offre et la demande.
La culture des primeurs constitue un pilier pour le secteur qui occupe la première place dans nos exportations hors saison.
Avec une superficie moyenne de 30.000 ha, les primeurs assurent une production totale de près de 1.500.000 tonnes de fruits et légumes dont 580.000 tonnes exportées.
Ils sont 8.000 producteurs qui assurent la régularité de l’offre, permettant plus de 12 millions de journées de travail à une main d’oeuvre agricole locale. Suite à la libéralisation des exportations en 1985, le secteur des primeurs a connu une évolution importante au niveau de la diversification des espèces, des débouchés, de la logistique et des modes de commercialisation, sans omettre les efforts qui ont été consentis en matière d’amélioration de la qualité et de la productivité pour de répondre aux exigences du consommateur européen et d’augmenter la compétitivité de nos exportations au niveau des marchés internationaux. La modernisation du secteur agricole et son développement permet au produit national de jouir d’une notoriété appréciable au niveau des marchés internationaux et du marché communautaire en particulier.
Ces produits sont essentiellement cultivés dans le bassin de Massa et irrigués par le barrage Ibn Tachfine. Cependant, la région vit au rythme d’un déficit hydrique, se gravant de plus en plus. Et, en tant que Fédération et Professionnels du secteur, nous cherchons des solutions recommandées d’ores et déjà par le projet de dessalement des eaux de mer. Un projet de loi serait ultérieurement adopté par le gouvernement, afin d’améliorer la situation et se démarquer de Sebt El Guerdan.
Et pour revenir à l’assiette foncière dans la région, un territoire qui se caractérise par la forêt de l’argane et géré et protégé par la direction des eaux et forêts, succombe aux effets de la sécheresse et des éleveurs caprins, pour ne pas dire les spéculateurs de l’huile d’argane et autres produits.
En 1983, il y avait un conflit entre les paysans et la direction des eaux et forêts sur le droit d’exploitation, pour cause d’utilité publique. Ceci dit que la direction des eaux et forêts qui, par la force de loi, Dahir de 1927, est seule habilitée à protéger le patrimoine arganier. Ce texte donne droit d’exploitation également aux habitants et agriculteurs de la forêt, mais avec modération et dans des endroits prescrits par l’autorité forestière.
Avec la modernisation des équipements et procédés de culture, un cahier des charges est mis pour cerner et délimiter les actions des usagers. «En tant qu’agriculteur et pour remédier à cette anarchie, j’ai proposé d’appliquer le modèle allemand sur la forêt «Aguemim» puisqu’elle dispose de 16 secteurs. Chaque douar dispose de 50 à 200 ha exploités dans le cadre de l’utilité publique, dans un cadre aussi de protéger la forêt et interdire l’exploitation «sauvage»…
…«Le développement démographique et l’extension que connaissent les villes, confrontées aux effets d’une industrie galopante, constituent un danger pour l’écologie et les ressources naturelles. Alors, il faut instaurer un schéma-directeur pour organiser et contrôler cette frénésie de construction immobilière», disait M. Aderdour.
«Pour nous, les professionnels et, en tant que Marocains, l’autoroute Marrakech-Agadir va désenclaver la région et permettre une facilité d’acheminement de marchandises et des personnes, c’est un pas géant de modernité pour notre pays…»
…«Comme vous le savez les orangers sont en majorité exportés par la mer, et les agrumes par route, l’autoroute va certainement lever le défi, sans problème grâce à Dieu.
L’exportation des orangers, les conditions et la durée du trajet exigent le fret d’un bateau, il faut être un armateur, ce qui dépasse notre sort, nous sommes des agriculteurs, et cela constitue une contrainte majeure pour l’exportation. Alors, les professionnels du secteur n’ont pas encore moderniser leurs équipements pour le bon conditionnement de nos produits. Et ça nous défavorise par rapport à la concurrence».
«Et, en ce qui concerne le bureau d’exportation et de commercialisation, ce dernier joue un rôle important dans la valorisation du label «Maroc» au niveau des pays de l’Europe de l’Ouest et de l’Est surtout la Russie…»
…«Pour le dossier d’accord entre «Maersq» et les exportateurs d’agrumes à travers le ministère d’Agriculture, nous attendons que les responsables poursuivent le processus pour faire avancer le dossier et souhaitons que M. Aziz Akhannouch ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime l’appréhende de mieux en mieux», conclut M. Aderdour.

A.N

M. Abderrahim Bahri, chef du service équipement à l’ORMVASM

El Guerdane à la merci de la pénurie d’eau

Le ton prend de volume et la question de l’eau risque de rendre préjudiciable son utilisation de manière irrationnelle. C’est du moins ce que pensent les agriculteurs dans la région d’El Gardane qui se déferlant d’une sécheresse alerte, pensent abandonner leurs exploitations agricoles. C’est ce que M. Bahri, chef de service à l’Office régional de mise en valeur agricole du Souss-Massa -Draâ, d’évoquer dans l’entretien suivant.

Énergie & Mines: Est-ce que l’expérience d’irrigation des 10 mille/ ha dans la région d’El Guerdane est amenée à s’étendre sur d’autres régions du Souss- Massa-Draâ ?

M. A. Bahri : El Guerdane est un projet pilote d’irrigation et d’aménagement hydroagricole, c’est la première expérience de partenariat public-privé entamée par le gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture, mais ça va servir d’exemple pour lancer d’autres projets semblables à l’échelle nationale, dans les périmètres irrigués gérés par les ORMVA, comme c’est le cas dans les régions de Tadla, Loukous, Gharb, Lhaouz et Malouia, où chaque région a ses spécificités. Et par rapport à ces périmètres, les délégataires vont seulement installer et exploiter les équipements.

Dans combien de temps estimez-vous, reprendre l’expérience à El Guerdane, pour avoir une vision claire sur le succès de P.P.P ?

Les exécutions des travaux ont commencé en 2007, et la mise à niveau en eau a démarré depuis une année, mais les essais ont commencé dès le début, à cause de la pénurie d’eau et le déficit de la nappe phréatique dans la région d’El Guerdan, il y a eu des arrachages continus, et l’abandon même des exploitations agricoles, donc le projet est venu à temps pour sauver la situation. Pendant le premier mois d’irrigation, les plantes ont commencé à pousser et prendre vigueur, les agriculteurs ont été pleinement satisfaits.

Est-ce que les prix appliqués sont raisonnables ?

La société délégataire Amensouss est liée par un contrat avec le ministère de l’Agriculture, stipulant plusieurs clauses concernant la construction, le fonctionnement, le financement, la vente et tarification de l’eau avec des règles bien définies. Et à chaque début de la compagne d’irrigation, ont, peut être, amené à réviser le prix suivant l’indice de vie calculé par le Haut Commissariat au Plan.

les agriculteurs de la région Chtouka Ait Baha abusent des ressources phréatiques par leur mauvaise gestion d’irrigation, causant l’épuisement des eaux dans la région El Guerdane. Est-ce que les agences des bassins, ou les ORMVA, n’ont pas de pouvoir d’orienter et exiger une bonne gestion en apprivoisant des cultures en goutte-à-goutte ?

Il ne faut pas oublier que la région connait des périodes de sécheresses continues et structurelles, ce qui impactait les réserves des nappes, et aussi du fait de l’activité agricole. Le Conseil supérieur de l’eau a compris, suivant le schéma directeur du bassin du Souss-Massa, à prendre des décisions très sévères, à savoir la limitation d’extension ou de nouveaux espaces irrigués, l’interdiction de creuser des puits, suivant la loi de l’eau 10/95. On a d’ailleurs initier un contrat nappe avec la région et les agriculteurs, sous forme de mesures afin de la préserver . Il faut noter que le barrage Ibn Tachfine a connu plusieurs années de sécheresse, ce barrage domine 18 mille/ha de terrains de type de culture maraichère sous serres destinée à l’export. Actuellement deux études sont lancées, l’une par l’ORMVASM et l’autre par l’Agence du bassin, pour un projet de dessalement des eaux de mer, afin de subvenir aux besoins de la région.

Existe-t-il des moyens financiers pour aider les agriculteurs à changer les techniques d’irrigation ?

L’État marocain à mis en place des mécanismes pour subventionner les projets de reconversion des cultures traditionnelles gravitaires en systèmes modernes comme la goutte-à-goutte, afin d’économiser et valoriser le m3 d’eau. Mais il faut aussi l’accompagnement et la sensibilisation des agriculteurs pour qu’ils s’inscrivent à cette stratégie.

Propos recueillis par
M. Moudarir

Amensouss, techniques d’irrigation à Sebt El Guerdane

L’exploitation d’eau au beau fixe

Le projet d’adduction d’eau d’irrigation de Sebt El Guerdane reste un exemple type, de surcroît réussi, il est communément appelé les partenariats public, privé (PPP). Cette démarche est le plus souvent utilisée pour la réalisation de grands ouvrages
d’infrastructures, se basant sur un mécanisme de concession exploitation appelé Build-operate-transfer (BOT). C’est à la fin des années 90 que les exploitants du périmètre d’El Guerdane ont commencé à sonner l’alarme sur la baisse inquiétante de la nappe phréatique qui permettait d’irriguer quelque 10.000 ha d’agrumes auparavant dans cette zone. En ce temps là, certains opérateurs privés, dont des étrangers comme le groupe Suez, avaient suggéré aux pouvoirs publics la solution qui consistait à construire une gigantesque conduite pour acheminer l’eau du barrage d’Aoulouz situé à 90 km de la région en pénurie… Et pour atteindre le but, il a fallu depuis 2004 qu’un groupement fut désigné, suite à un appel d’offres pour la réalisation de l’ouvrage dont les premiers travaux allaient débuter fin 2006. En octobre 2009, le projet est officiellement inauguré. Le périmètre El Guerdane est situé au sud-ouest du Royaume, dans la plaine du Souss, à une cinquantaine de kilomètres de la ville d’Agadir.

La concession au privé du projet d’irrigation «El Guerdane» constitue une première mondiale. Lors de l’appel d’offres, des groupements 100% marocains se sont fait concurrence pour un projet d’une telle envergure, aussi bien sur le plan financier que sur le plan technologique.
Le projet de Partenariat public-privé (PPP) d’El Guerdane consolide la politique tracée par Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, dans le cadre du « Plan Maroc Vert » relative au développement de projets PPP (terres agricoles, projets d’irrigation).
Le périmètre d’El Guerdane qui couvre 14.000 ha environ, est situé dans la plaine du Souss, entre la ville de Taroudant à l’Est et le centre Ouled Teima à l’Ouest. Une superficie de 10.000 ha de ce périmètre est plantée en agrumes.
Cette plaine a connu un développement agricole prodigieux, orienté principalement vers les cultures d’exportation (agrumes, maraîchage) grâce aux conditions climatiques favorables de la zone et au dynamisme du secteur privé.
Le secteur agrumicole du Souss produit 50 à 60 % de la production nationale agrumicole et intervient pour plus de 50% des exportations
d’agrumes du Maroc.
Le développement agricole dans la région du Souss-Massa s’est fait en grande partie par l’extension d’exploitations modernes irriguées par pompages individuels dans la nappe (70% des superficies irriguées de la région sont alimentées par des eaux souterraines).
C’est ainsi que depuis une vingtaine d’années déjà, les prélèvements en eau d’irrigation dépassent de loin les possibilités de renouvellement de la nappe du Souss.
Cette situation, devenue alarmante, s’est traduite par un rabattement de la nappe de l’ordre de 2 à 3 m par an, ce qui a conduit au dessèchement et contraint de nombreux agriculteurs à abandonner leurs exploitations (1.066 ha) ou à dessoucher leurs plantations d’agrumes (1.913 ha), n’étant plus en mesure de faire face aux coûts de surcreusement des puits et/ou de creusement de nouveaux forages et aux charges d’exploitation.
Le projet de sauvegarde de la zone agricole d’El Guerdane, qui consiste en fait, en un transfert d’eau, et qui n’a pu être réalisé ni dans le cadre du montage classique, tel que défini par le dahir 1-69-25 formant Code des Investissements Agricoles, faute de ressources budgétaires suffisantes, ni avec les agriculteurs organisés au sein de l’association des usagers des eaux agricoles
(AUEA) «Al Mostaqbal» pour cause d’insolvabilité d’un certain nombre d’agriculteurs qui ne pouvaient accéder au crédit pour le financement de leur contribution au projet, a finalement trouvé concrétisation dans le cadre du Partenariat Public-Privé avec la Société Amensouss grâce à l’intervention du Fonds Hassan II pour le développement économique et social qui a pris en charge le financement de la contribution publique à ce projet.

RESSOURCES EN EAU
Le complexe hydraulique Aoulouz-Mohamed Mokhtar Soussi qui permet de régulariser annuellement près de 180 millions de m3 permettra d’allouer une dotation annuelle de 45 millions de m3 d’eau à la zone d’El Guerdane selon les conditions du plan directeur de l’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) du Souss Massa. L’utilisation de cette dotation par les agriculteurs du périmètre nécessite la réalisation d’importantes infrastructures d’irrigation dont le coût est de 987 millions de dirhams: un adducteur principal de 90 km et un réseau de distribution de l’eau d’irrigation à l’intérieur du périmètre de 300 km environ.

MONTAGE FINANCIER DU PROJET
La réalisation du projet est prévue pour un total de 987 Mdh selon la répartition suivante : subvention de l’Etat de 237,5 MDh à travers le Fonds Hassan II, 432 Mdh de fonds propres par un partenaire privé, 237,5 Mdh d’Amensouss sous forme de prêt concessionnel du Fonds Hassan II à 1% d’intérêt, remboursable sur 10 ans avec un différé de 20 ans, 80 MDh des agriculteurs (droits de souscription et de raccordement : 8.000 Dh/ha)

CHOIX DU PARTENAIRE PRIVE
Le délégataire a été désigné en juillet 2004 par voie d’appel d’offres international lancé en janvier 2004. Le groupement retenu a présenté l’offre la plus avantageuse correspondant à un prix de l’eau aux usagers de 1,48 Dh/m3 hors TVA. Ce groupement a crée une société de projet dénommée « Amensouss S.A » qui a la charge de réaliser et de gérer les infrastructures d’irrigation du périmètre pendant une période de 30 ans.

CADRE INSTITUTIONNEL ET CONTRACTUEL
La convention de financement de la contribution publique à ce projet a été signée le 04 février 2005 à Zagora sous la présidence effective de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, entre le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritimes (autorité délégante), le Fonds Hassan II pour le développement économique et social et la société Amensouss S.A. (délégataire).
La réalisation des travaux relatifs au projet a nécessité deux ans et demi (février 2007 à juin 2009). Les travaux ont démarré dès que le seuil de 80% de souscription au projet, exigé par la convention de la gestion déléguée, a été atteint. Les demandes de souscription au projet dépassent actuellement la superficie totale du projet. En conséquence, Amensouss a établi une liste d’attente. Elle comprend à ce jour plus de 240 producteurs, soit plus de 3.500 ha.
La souscription est conditionnée par l’équipement de l’exploitation en irrigation localisée, conforment aux termes de la convention de la gestion déléguée.

CONCLUSION
La démarche du projet PPP El Guerdane confirme plusieurs avantages : pour l’Etat, elle permet d’économiser des ressources financières (qui peuvent être orientées vers d’autres activités); pour l’économie nationale, elle permet de bénéficier des retombées des investissements tant nationaux qu’internationaux (avec leur impact positif sur l’emploi et l’amélioration de la productivité); pour l’usager, elle permet l’accès à un service de meilleure qualité et s’inscrit dans la durabilité.

Abou Achraf