Hommage

Chantons les hommes

Dans l’art, la littérature ou même les chants populaires, le mineur a de tout temps jouit d’un respect très particulier. Celui qui, aux fins fonds de la terre va chercher des minerais qui feront le bonheur des autres… Du charbon pour se réchauffer, de l’or pour les parures, du plomb pour se défendre… etc. L’homme est aussi digne de tout respect parce que si les autres cherchent leur pain en surface, lui c’est au fond qu’il va le chercher. La Mine a de tout temps été une vraie source d’inspiration… Zola l’avait d’ailleurs su très tôt et l’a immortalisé dans son œuvre… En musique qui n’a pas un jour fredonné les air de la Chanson du mineur écrite par Eugène Long  pour une musique de Constant Chayne… En hommage à tous nos mineurs, nous présentons cette chanson en reconnaissance des efforts de la ressource la plus intarissable bien que vulnérable : l’Homme.
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L’ardent mineur, dès que l’aurore
A l’horizon, vient resplendir,
A sa famille qu’il adore,
Dit adieu car il faut partir.
Prenant son pain, son pic, sa lampe,
Au pays noir, il va sans peur
Et vers sa taille, il marche, il rampe,
Toujours vaillant, en son labeur.
Dans les entrailles de la terre,
Il arrache le noir charbon
Pour l’industrie et pour la guerre,
Pour le marin, le forgeron.
Le pic dans le filon résonne
Et le marteau frappe le roc,
La poudre sourdement détonne,
Sous son effort, se fend le bloc.
Tout couvert de noire poussière,
L’ardent mineur, le cœur content,
Monte au pays de la lumière
Revoir sa femme et son enfant.
A la maison, la soupe est prête,
Devant ses pas, l’enfant accourt
Et gaiement la femme s’apprête
Afin de fêter son retour

RESSOURCES MINIÈRES

Le sous-sol marocain ne recèle pas moins de douze substances minières faisant l’objet d’une production régulière (phosphate, zinc, plomb, manganèse, fer, cobalt, cuivre, barytine, argent…) A ceci, il faut ajouter un grand nombre de roches industrielles et de matériaux de construction comme le marbre, le gypse, le calcaire, l’argile,… ainsi que les substances énergétiques comme le charbon, le warium, …etc.

Quand parlent les entrailles du sol

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Pour ce qui est des phosphates, le Maroc en possède les plus importants gisements dans le monde, soit trois quarts des réserves mondiales. Leur situation géographique, leur qualité marchande et leur diversité confèrent au Royaume une place particulière dans le commerce international. D’ailleurs, le Maroc représente à cet effet le 1èr exportateur mondial de phosphate au monde avec une production d’à peu près 30 millions de tonnes, et un chiffre d’affaires à l’export de plus de 900 millions de dollars. Le plomb arrive directement en deuxième position après le phosphate. En effet, le Maroc en est le premier exportateur africain et 9ème producteur mondial. Viennent ensuite le cobalt et la barytine dont le Maroc détient respectivement 7% et 6% de la production mondiale.
Globalement, l’exploitation minière s’est développée dans un cadre régional favorisant la décentralisation de l’activité économique et l’animation des zones défavorisées. L’État intervenait dans la recherche et la production minière par l’intermédiaire du Bureau de Recherches et de Participations Minières (Le B.R.P.M. dont l’activité est aujourd’hui annexée à l’ONHYM, organisme créé suite à la fusion du Brpm et de l’Onarep)
L’exploitation minière a été l’une des activités économiques les plus exercées par la population marocaine au cours des siècles. Les technologies minières marocaines comme le travail du cuivre et la fabrication de l’acier ont été transmises au-delà des frontières, à l’Europe notamment à travers l’Espagne musulmane et le sud de la France.

La découverte
Dès le début du XXème siècle, des gisements importants de phosphates, de plomb, de zinc, de fer, de manganèse etc… ont été découverts.
En matière de phosphate, le Maroc renferme les ¾ des réserves connues sur la planète. Il est le 1er exportateur et le 3ème producteur de phosphates bruts à l’échelle mondiale. L’exploitation des phosphates constitue un monopole de l’Etat représenté par l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) créé en 1920. Cette exploitation se fait dans des conditions avantageuses, extraction facile à ciel ouvert, teneur forte qui permet un traitement consistant en un séchage et un épierrage.
Pour les autres minerais, l’Etat intervient par le biais du Bureau de Recherches et des Participations Minières (BRPM) créé par Dahir le 15 décembre 1928 afin de promouvoir et de stimuler la mise en valeur des ressources minières du pays. Il intervient pour toutes études et recherches visant la valorisation des substances minérales, à l’exclusion des phosphates et des hydrocarbures. Entre autres, il entreprend toute opération commerciale, industrielle ou financière compatible avec ses activités.
Par ailleurs, il existe des exploitations minières artisanales essentiellement dans les régions de Tafilalet et du Haut Atlas oriental, qui opèrent dans divers petits gisements de plomb, de zinc, et de barytine. Un organisme d’Etat : la Centrale d’Achat et de Développement de la région du Tafilalet et de Figuig (CADETAF) a été constituée, en 1960 en vue d’encadrer, équiper, former et assister techniquement ces exploitations artisanales.

Principales zones minières hors phosphate
La zone située au centre du pays, de 60 à 120km de la côte atlantique : on y trouve le plomb, la fluorine et l’antimoine.
L’anti-Atlas qui renferme des gisements de cuivre, de manganèse, de métaux précieux (or et argent) et de métaux stratégiques (cobalt, étain, wolfram…)
Le Haut Atlas avec des gisements de plomb, de zinc, de cuivre, de manganèse, de fer et de barytine.
Le Rif avec le fer, le zinc, l’antimoine, les métaux stratégiques et les argiles smectiques.
L’Oriental avec le plomb, le zinc et le charbon.
En matière de valorisation minière, l’activité n’a cessé de se développer depuis 1965 avec :
Le complexe chimique de Maroc-Chimie (I et II) à Safi dont la capacité de production annuelle atteint actuellement 360.000t/an d’acide phosphorique.
Le complexe de Maroc-Phosphore (I et II) à Safi, dont la première unité a été mise en service en 1976 et la 2ème en 1981. La capacité de production de chacune des deux unités est 495.000 t/an d’acide.
L’ensemble chimique Maroc-Phosphore (III et IV) à Jorf Lasfar, mis en service en 1986 permet de produire annuellement 1.320.000 tonnes d’acide phosphorique.
La réalisation en 1997 à Jorf Lasfar d’un atelier d’acide phosphorique purifié de 120.000 t/an.
La Fonderie d’Oued El Heimer à Oujda, traite une bonne partie du plomb extrait; sa capacité de production est de 140.000 t/an de concentré.

ENERGIE, Stratégie nationale

Les scénarios alternatifs

En juillet dernier, Amina Benkhadra, ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement a présenté, à Oujda, les grandes lignes de la stratégie énergétique nationale,  lors d’une cérémonie présidée par Sa Majesté Le Roi.

Assises

Les axes majeurs de cette stratégie peuvent se résumer dans la sécurité d’approvisionnement à travers la diversification des sources et ressources, un bouquet électrique optimisé et planification maîtrisée des capacités, l’accès généralisé  à l’énergie à des prix compétitifs, et le développement durable et l’intégration régionale et internationale.

Pour ce qui est de l’électricité, la consommation sera, selon la ministre, multipliée par quatre et la production par 3,5 d’ici à 2030 dans le scénario de base  où la croissance de la consommation continuerait à croître au rythme actuel de 7 à 8% par an.  Ce scénario de base retient  le charbon comme  cœur du mix électrique avec une optimisation  des ressources en gaz disponibles, un apport d’appoint de l’éolien, le recours aux interconnexions sur la base d’un arbitrage économique et la mobilisation du potentiel national en hydroélectricité.

Cependant, et a fin de faire face aux éventualités et aléas que pourraient imposer les mutations mondiales dont l’influence n’est plus à négliger, des scénarios alternatifs ont été retenus dans le cadre la stratégie énergétique nationale.

Il s’agit d’abord du développement du gaz comme source plus importante en cas d’accès économique et sécurisé soit à partie du GME, soit par GNL. Cette dernière option étant tributaire de quatre conditions à savoir, un coût d’accès compétitif, la sécurisation de l’accès par un contrat long terme, un marché national et des débouchés à l’export.

L’autre scénario consiste en des programmes stratégiques à long terme (2020 -2030) basés sur le maintien de l’option électronucléaire, la valorisation des schistes bitumineux avec la construction d’une centrale pilote de 100 MW à Tarfaya, sans oublier le solaire et la biomasse. Ensuite, il y aura l’efficacité énergétique qui constitue une quatrième énergie après les énergies fossiles, les énergies renouvelables et le nucléaire.  L’objectif visé par cette alternative est de réaliser une économie de 15% à l’horizon 2020. En effet, l’efficacité énergétique constituerait un axe majeur du Plan National d’Actions Prioritaires mis en place  dans le cadre de la gouvernance spécifique pour la gestion de l’équilibre offre -demande de l’électricité durant la période 2008-2012. Cette efficacité se concrétisera des actions dans le domaine de l’industrie par le biais d’audits énergétiques, labellisation, normalisation et étiquetage des appareillages, des actions dans l’habitat où l’efficacité énergétique devra être intégrée dans la conception architecturale et la construction des bâtiments et des actions dans le tourisme et la santé via la généralisation des chauffes eau solaires et des lampes basse consommation dans les établissements hôteliers et hospitaliers. Viendra ensuite la promotion à grande échelle des énergies renouvelables dans les établissements relevant du Ministère de l’Education Nationale.

Dans le domaine des produits pétroliers, il s’agira de réduire la part de ces produits dans le bilan énergétique,   garantir les stocks de sécurité et améliorer la qualité des carburants. A partir de janvier 2009, deux carburants uniquement seront commercialisés au Maroc qui sont le gasoil 50 ppm  et le supercarburant sans plomb. Cela permettra de  réduire les émissions atmosphériques de 760 tonnes de plomb/an et 54.000 tonnes de soufre/an.

En fin, et dans le but d’atténuer la dépendance énergétique, le « Fonds de Développement Energétique » doté de 1 milliard de  dollars (dons du Royaume d’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour 800 millions de dollars et d’une contribution du Fonds Hassan II pour 200 millions de dollars), est en cours de création.

Rationalisation et défi énergétique

Rationalisation et défi énergétique

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e Maroc fait, aujourd’hui face à de sérieux défis dans le domaine de l’énergie. Pour pouvoir passer outre cette délicate situation, l’issue est de s’adapter aux profondes mutations affectant mondialement le secteur. Mutations face auxquelles il faut se montrer septique et éloigner toute vision versant dans un optimisme chimérique qui laisserait croire qu’elles vont s’apaiser, quand le réalisme laisse voir qu’elles ne feront que s’aggraver au fil du temps.
Comment faut-il donc agir et quelle politique faut-il adopter pour relever le défi et se mettre à l’abri d’une menace de crise énergétique de plus en plus persistante ?
La politique à suivre et qui apportera le salut, doit allier la gestion rationnelle des produits énergétiques à l’adoption d’une stratégie efficiente. Cette dernière doit essentiellement viser la réduction de la consommation de l’énergie, sans porter atteinte à la productivité. Dans cette démarche, il sera impératif de diversifier les sources d’énergie tout en veillant à protéger celles dont le pays dispose déjà.
Le choix du Maroc ne doit aujourd’hui porter que sur le renforcement local de la capacité de production d’énergie et l’ouverture de la voie aux investissements prometteurs en matière d’approvisionnement énergétique. D’autre part, tous les efforts qui visent à faire des énergies alternatives et renouvelables la clé de voûte de la politique énergétique nationale doivent également être poursuivis de manière résolue.
Cette vision émane incontestablement de la Volonté et de la détermination du Souverain qui entoure le secteur de Sa Haute Sollicitude. En effet, SM le Roi n’a cessé d’appeler à la mise en oeuvre d’une politique énergétique nationale qui, soulignait encore le Souverain dans son Discours du Trône du 30 juillet 2008, se basera sur « une gestion rationnelle » des produits énergétiques grâce à une stratégie « visant à réduire la consommation de l’énergie, sans porter atteinte à la productivité », et en veillant « à la protection et à la diversification des sources d’énergie ».
La voie est ainsi tracée et les moyens sont là à en juger par la mise en place d’un Fonds dédié, renforcera cette action et donnera plus de sens à la stratégie énergétique nationale. Il permettra aussi d’apporter le soutien nécessaire aux programmes de recherche d’efficacité en matière d’économie d’énergie, et d’inciter les investisseurs à utiliser les énergies alternatives et renouvelables.
Ce Fonds spécial a été créé dans un élan de soutien solidaire de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis sous forme de dons auxquels s’est ajoutée une contribution du Fonds Hassan II pour le Développement économique et social. Il servira notamment à assurer le développement en matière énergétique.

Environnement, une affaire de conscience…

Par Mohamed Moudarir
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La préservation de l’environnement devient de plus en plus un sujet d’actualité, assez souvent abordé par les citoyens, les industriels mais aussi le pouvoir public. Le concept d’environnement a été défini comme étant le Capital naturel dont dispose une communauté dans son périmètre géographique pour le développer en une richesse financière. Cette richesse sera utilisées pour le développement sociale (santé, éducation, alimentation,…etc.).
En général, les gouvernements tracent les politiques et orientations générales, et c’est au professionnels de s’y adapter en définissant leurs stratégies de développement. Mais, en fait, c’est à ces professionnels et aux ONG qu’incombe la responsabilité de montrer la bonne voix. Les populations ont aussi un rôle à jouer, mais il faut les sensibiliser  à la problématique de la préservation de l’environnement. Les médias et l’école doivent informer et éduquer le citoyen, et le législateur devra concevoir des lois contre tous les facteurs polluants et perturbants l’environnement.
L’environnement n’est pas seulement l’air qu’on respire, l’eau qu’on boit ou les aliments qu’on mange, mais aussi le foyer où nous vivons, les rues où nous circulons, les transports que nous empruntons, les parcs que nous visitons… La gestion de l’espace urbain est un indice révélateur de la conscience et des mentalités qui devront être remodelées pour prétendre à une éducation environnementale saine. A ce stade, il ya lieu de se demander si nos élus ne devraient pas être initiés (pour ne pas dire recyclés), encadrés et formés pour s’imprégner de toutes les connaissances nécessaires, qui devront les aider à mieux planifier et concevoir les grands chantiers structurels de nos villes.
Une gestion stratégique rationnelle et bien pensée qui prendra en compte l’aspect environnemental et qui auras des répercussions positives certaines sur le destin des citoyens au quotidien.

Centre Minier de Faymoreau

Près d’un siècle et demi et ça vit encore…

En 1827, le sabotier Jean Aubineau, découvre du charbon au lieu-dit « La Blanchardière », à Marillet, près de Faymoreau (France), en creusant un puits près de sa maison. De là commence pour le bassin minier de Faymoreau une grande aventure qui durera 130 ans.

Quelques années après la découverte du charbon, le problème du transport et des débouchés incite la Société des Mines à construire, en 1836, une verrerie pour consommer sur place le minerai, destiné à alimenter les fours. Celle-ci produit des cloches de jardin et jusqu’à un million de bouteilles par an, avec plus de 80 ouvriers.
Le nombre de puits en exploitation augmente, la Société des Mines construit alors des logements pour les verriers et les mineurs, des bâtiments administratifs, des écoles et une chapelle. La cité ouvrière prend forme.
En 1869, le directeur Pierre Bally, obtient le passage du chemin de fer pour relier Faymoreau, Puy de Serre et Saint-Laurs à Angers et Niort.
Malgré tout, les résultats de la Société des Mines ne sont pas constants, la crise du phylloxéra dans les vignobles provoque l’arrêt définitif de la verrerie en 1883. La production tombe en dessous de 20 000 tonnes.
La reprise se fait avec la première guerre mondiale qui vient doper la production. Une main-d’oeuvre étrangère importante, polonaise notamment, est embauchée. On extrait 60 000 tonnes de charbon et la commune compte 1 000 habitants.
En 1920, une centrale électrique est bâtie sur un ancien puits. Elle consomme près de 40 % de la production de charbon et alimente le Sud-Vendée en électricité (Faymoreau – Fontenay le Comte – Luçon – Les Sables d’Olonne).
Plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, la production s’intensifie de nouveau. Sous l’occupation allemande, la Société est réquisitionnée, un mouvement de résistance se manifeste parmi les mineurs qui comptent de nombreux réfractaires au Service de Travail Obligatoire. Mais à partir de 1950, la production s’effondre, la centrale électrique ferme, portant un coup fatal aux mines qui ferment définitivement le 28 février 1958.

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Esprit de conversion
Un voyage au centre de la mine. Il s’agit là de ces mêmes mines de charbon exploitées entre 1827 et 1958 transformées en Centre Minier, ouvert en septembre 2000. C’est un site insolite qui plonge ses visiteurs dans l’univers de la mine et leur propose de découvrir cette étonnante aventure à travers trois visites : Le musée avec la « descente » dans la mine reconstituée et les salles d’exposition. Le village minier et ses corons. Les vitraux de l’artiste Carmelo Zagari à la Chapelle des Mineurs.
Et puis encore, tout au long de l’année : Concerts, animations…  »VIS TA MINE », des activités pour les 4/12 ans à chaque visite. Exposition  »LA MINE A L’AFFICHE », depuis le 2 février jusqu’au 28 décembre 2008.
Voici encore un exemple à suivre pour redonner vie à beaucoup de nos sites miniers aujourd’hui fermés ou taris. Ca, c’est une conversion !

Crise financière internationale


Le marché financier marocain à l’abri à court terme

Le marché financier marocain serait à l’abri de la crise financière internationale à court terme. La crise financière mondiale ne risque-t-elle pas d’avoir des répercussions sur la Bourse de Casablanca et quelles mesures sont-elles nécessaires à prendre ?
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Selon certains experts et professionnels nationaux, la crise financière internationale a des conséquences très limitées sur l’économie marocaine grâce, notamment à la politique du Maroc en matière de réglementation du secteur bancaire et de ses relations commerciales avec l’étranger.
Les crédits du secteur bancaire ne sont pas payés en devises, ce secteur ne finance pas ses besoins de l’extérieur et tous les crédits accordés sont bien garantis.
Le produit net bancaire a enregistré une hausse de 20% en 2007 et devra s’inscrire dans la même tendance en 2008.
Les investissements étrangers en bourse à court terme ne dépassent pas 1,8% du capital du marché en 2007 et les investissements à moyen et à long terme sont sous forme d’actions stratégiques dans le capital de certaines grandes sociétés.
Pour ce qui est des mesures à prendre pour préserver la stabilité du marché financier, il serait nécessaire d’élaborer une stratégie globale afin d’intégrer la bourse dans les plans économiques de développement.
Il est aussi important d’adopter une politique fiscale claire pour encourager l’épargne à moyen et long terme, en particulier l’épargne institutionnelle. Tout comme il est nécessaire de convertir l’impôt sur les bénéfices en un impôt annuel.
Aussi, faut-il encore adopter l’ancien régime fiscal qui accorde des réductions aux investisseurs institutionnels et à la pérennisation des avantages accordés actuellement à ces derniers et ce, afin de favoriser le développement du tissu des Petites et moyennes entreprises (PME) et de promouvoir la transparence fiscale et la bonne gouvernance.

Nouveauté

Traitement des rejets liquides par Electrocoagulation

Electroflotation dans un réacteur gazosiphon (Airlift) à boucle externe.

Par Mounir Bennajah (*)

Dans ce travail un réacteur gazosiphon (Airlift) de 20L est utilisé pour réaliser la dépollution des eaux par électrocoagulation. Sans aucune agitation mécanique ni injection d’air comprimé, de bonnes efficacités en terme de mélange et de dépollution on été atteintes, juste en utilisant la vitesse de circulation du liquide, induite par les micros bulle d’hydrogène produites électrochimiquement à la cathode en aluminium suivant la réaction chimique: H2O + 1e 1/2 H2 + OH-

Un rejet liquide d’une industrie marocaine de textile, contaminé par un colorant rouge (Red 14), et une eau polluée par des ions fluorures, ont été utilisés pour valider cette application innovatrice du réacteur Airlift. Les deus rejets ont étés traités avec succès, suivant les objectifs de dépollution préalablement fixes (90% de décoloration et une défluoration jusqu’à la norme de rejet des ions fluorures ; 1,5 mg/L). Les résultats expérimentaux ont montrés que la position des électrodes dans le compartiment « riser » et le temps de séjour du liquide dans le séparateur, sont des paramètres clefs, pour atteindre de bonnes efficacités de dépollution dans le réacteur, tout en évitant la destruction et l’érosion du floc formé en haut du séparateur, et l’entraînement de ces particule solide dans le « downcomer ». L‘étude hydrodynamique menée durant ce travail à permis de trouver les optimums de vitesse de circulation du liquide pour chaque rejet, cette dernière à été corrélée à la densité de courant, la position des électrodes et la hauteur de dispersion dans le « riser ». De même les consommation en énergie et en aluminium d’électrode on été représentées en fonction de la densité de courant, la distance entre électrodes et la conductivité. Cela a permis d’avoir les outils nécessaires pour pouvoir réaliser l’extrapolation du procédé à l’échelle industrielle.

Intérêt, pour la défluoration de l’eau
Dans le present travail l’étude de la défluoration à démontrée l’intérêt, pour la défluoration de l’eau, par électrocoagulation dans cet appareil (Airlift à boucle externe), en comparaison avec des cellules conventionnelles. On peut en effet, grâce à ce procédé, réaliser une élimination poussée des ions fluorures en réalisant la flottation grâce aux bulles d’hydrogène générées en solution, sans aucun besoin de rajout de surfactant, de gaz, ou d’agitation mécanique pour induire, ou augmenter, la vitesse de circulation du liquide à l’intérieur de l’appareil. Une concentration en fluorure inférieure à 1,5 mg /L peut être atteinte dans des temps de traitement de moins de 20 minutes lorsque la concentration initiale est entre 10 et 25 mg/L. Les effets observés de la conductivité et du pH sont en parfait accord avec les données rapportées dans la littérature. La faible surface des électrodes par rapport au volume utile du réacteur (S /V) caractérisant ce procédé, permet d’une part d’atteindre de bonnes efficacités avec une faible consommation d’électricité (39% de gain d’énergie par rapport aux résultats de la littérature pour atteindre le même objectif d’efficacité), et d’autre part une défluoration, essentiellement par adsorption des ions fluorures sur les particules de Aln(OH)n, et ce, au détriment de leur fixation sur les électrodes. Cela donne plus d’avantages à ce procédé, comparé aux cellules conventionnelles d’électrocoagulation. L’étude de la défluoration par électrocoagulation dans ce travail de recherche, a permis une bonne compréhension des phénomènes physicochimiques mis en jeu lors du déroulement du procédé.

(*) Laboratoire de Génie de Procédés,
ENSIACETToulouseFrance

DEEE

Un nouveau procédé propre de traitement et de valorisation

Aujourd’hui, les déchets sont considérés comme matière première pour le développement durable et depuis une vingtaine d’années, les laboratoires de l’ENIM ont développé de nouvelles technologies pour la valorisation et le traitement des déchets miniers, agro-alimentaires et ménagères en appliquant les méthodes de séparations minéralurgiques.

Il y a lieu de souligner qu’aujourd’hui, les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), posent de grands problèmes au niveau national et international vu leur caractère hautement dangereux une fois qu’ils sont abandonnés.

Un projet innovant
Grâce au soutien du Réseau Marocain d’Incubation et d’Essaimage (RMIE), des travaux technologiques ont été menés pour la valorisation industrielle des déchets et ont conduit déjà à la création de deux entreprises Ecotecno et Sihom-Innov.
1-Pour les DEEE, nous avons trouvé un procédé propre adapté aux conditions socio-économiques du Maroc.
2- Une fois les DEEE sont démantelés selon le schéma de traitement breveté, les différentes matières premières sont triées d’une manière sélective.
3- Les déchets ultimes sont utilisés pour produire un produit de revêtement étanche une fois mélangé avec une colle hydraulique.

Une qualité scientifique et technologique
Les travaux de valorisation et traitement des déchets ont fait l’objet de plusieurs thèses, projets de fin d’études, articles et cinq brevets d’invention.
Les méthodes appliquées sont basées sur les procédés minéralurgiques à savoir : le broyage, le déchiquetage, la classification par criblage, séparation magnétique, séparation densimétrique (table à secousses, la spirale, le jig, l’attrition ….), la flottation et les méthodes hydrométallurgiques .
Pour les DEEE, nous avons trouvé un nouveau schéma de traitement qui se présente comme il suivra :
Vu le caractère coriace des DEEE, nous avons importé et installé localement , en collaboration avec la société Teta-Industrie, un nouveau broyeur-déchiqueteur de capacité de 500 Kg /h ; les lames sont traitées spécialement pour broyer les plaques électroniques à une maille adéquate .
En fin de circuit, les déchets ultimes broyés sont utilisés pour préparer un produit de revêtement étanche et qui fera l’objet d’un nouveau brevet.
Encadré
Impact et faisabilité du projet
Grâce aux différents études réalisées par l’ENIM et plusieurs bureaux d’études et laboratoires ( étude technico-économique, étude de marché, étude d’impact, plan d’affaire…) soutenues par le RMIE, le porteur de projet a créé la société Ecotecno. Les impacts du projet se révèlent ainsi multiples et touchent différents secteurs et branches d’activité notamment la création de l’emploi, la protection de l’environnement et la contribution au développement durable ainsi que la génération de la richesse. A cela s’ajoute aussi l’installation de la première unité de traitement et de valorisation de DEEE au Maroc avec la possibilité d’essaimage d’autres unités à travers le royaume.
Il est aussi à noter que cette façon d’entreprendre serait un modèle de collaboration entre l’entreprise et l’université. Elle est une incitation à l’implication des bailleurs de fonds en association pour la création d’unités de production et la sensibilisation du CMPP pour la diffusion de cette technologie.

Changements climatiques

Comment parvenir à une économie à faible teneur en carbone

L’Association des Ingénieurs de l’Ecole Hassania des Travaux Publics (AEEHTP) a organisé, le 1er du mois courant un séminaire sous le thème « Changements climatiques, vers une économie à faible teneur en carbone »Partant d’une définition de la problématique des changements climatiques par rapport au développement économique d’un pays comme le Maroc, l’objectif de ce séminaire est de débattre des avantages et contraintes pour la mise en œuvre d’une économie à faible teneur en carbone, entre la politique nationale et les initiatives des acteurs économiques du pays.

Se voulant aussi une plate-forme de débat et de concertation autour de la problématique du changement climatique, ce séminaire auquel ont assisté d’éminents chercheurs, scientifiques, décideurs et hauts responsables, s’est centré autour d’une conférence introductive sous le thème « Changements climatiques : Contexte actuel et perspectives », une autre conférence sur le thème : « Changements climatiques et marché du carbone » et une table ronde autour du sujet «Carbone et économie nationale : Contexte et perspectives»

Le séminaire intervient d’ailleurs à un moment de l’histoire om le changement climatique (CC) est devenu une une réalité incontestable. Le 4ème rapport du Groupe d’Experts
Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) publié en 2007 en apporte d’ailleurs les preuves scientifiques. Les impacts de ce changement se font déjà durement sentir dans beaucoup de régions du globe. Les projections de ces impacts faites par le GIEC à partir des prévisions d’émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), même pour les scénarios les plus optimistes, sont inquiétantes. Les pays d’Afrique -dont le Maroc-, bien que contribuant peu aux émissions globales, figurent parmi les plus vulnérables aux impacts des CC.
Devant l’ampleur du problème des CC et son caractère planétaire, la communauté internationale s’est organisée pour réduire les émissions en GES. Parmi les actions qui ont été menées dans ce sens, il y’a eu l’adoption du Protocole de Kyoto (PK) en 1997 et son entrée en vigueur en 2005. Ce protocole intègre des engagements chiffrés de réduction des émissions en GES des pays industrialisés. Il a aussi donné l’opportunité d’une implication des pays en développement dans cette dynamique à travers le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP).
Le MDP ainsi que d’autres mécanismes mis en place par le PK ont permis l’émergence d’un marché du carbone en forte expansion depuis 2005 : Ce marché a atteint en 2007, 40 milliards d’euros. Ainsi, l’approche carbone a pris une place significative dans l’économie mondiale.
Cette tendance ne pourra aller que s’accentuant tenant compte de l’évolution actuelle des négociations du nouveau régime climatique post 2012.
L’entreprise est déjà aujourd’hui impliquée de façon directe ou indirecte dans ce contexte carbone. En premier lieu, sont concernés les entreprises situées dans des pays industrialisés qui ont des engagements de réduction des émissions. Mais et avec la mondialisation, le carbone, en tant qu’élément, conditionne et caractérise de plus en plus aussi la production des entreprises situées dans les pays en développement comme le Maroc.