Les huiles végétales carburant

Introduction
Appelées huiles végétales carburant (HVC), huiles végétales pures (HVP) ou huiles végétales brutes (HVB), les huiles végétales peuvent constituer un carburant de substitution aux carburants diesels. Elles sont utilisées soit directement en mélange avec du gazole, ou indirectement par réchauffement, ou par estérification pour la fabrication des biodiesels. L’utilisation de cette solution pour palier à l’accroissement des coûts de fonctionnement des systèmes énergétiques dépend donc essentiellement de la disponibilité de cette ressource, son prix ainsi que sa facilité d’approvisionnement.

I-Les variétés des huiles végétales :
Il existe plusieurs huiles végétales différentes les unes des autres suivant leur provenance. Ainsi on trouve par exemple :

Huile de palm
Huile de tournesol
Huile de colza
Huile de maïs
Huile d’olive
Huile de microalgues

Bien entendu, chaque région du monde est caractérisée par une culture adaptée à son climat, d’où l’utilisation d’une huile est dicté par des avantages économiques différents d’une région à l’autre, d’un pays à l’autre. Aussi, est il nécessaire de signaler l’importance de la culture de quelques espèces de microalgues, vu d’abord, leur vitesse de croissance, mais encore leur richesse en huile. Avec ses 3500 km de cotes, le Maroc semble disposer d’une source potentielle importante de carburant d’origine végétale.

II-Huiles végétales : Procédés de fabrication
L’un des avantages importants des huiles végétales est leur procédé de fabrication relativement simple. En effet, il suffit d’un pressage à froid par une machine adéquate, d’une décantation et d’un filtrage pour qu’elles soient directement utilisables. En plus, ce procédés offre l’avantage, par rapport aux procédés usuels, d’être moins énergétivore, puisque ne nécessitant pas de raffinage.

III-Huiles végétales :
Ce n’est pas que des avantages !
En plus des avantages économiques liés à l’utilisation des huiles végétales, celle-ci présente un avantage écologique considérable par rapport à l’utilisation du diesel d’origine fossile. En effet, la combustion des huiles végétales ne dégage pas de soufre, principal point faible du gazole. Cependant, elle présente aussi des inconvénients dont :

Température d’auto-inflammation élevée : Ce qui cause des problèmes de démarrage.
Température de solidification élevée : Ce qui cause des problèmes dans les pays froids.

Oxydation : Ce qui cause des problèmes de stockage
La contamination résiduelle : Ce qui cause le colmatage des filtres et accélère l’usure des systèmes d’injection.
Bien que ces problèmes existent, il n’est cependant pas difficile de les surmonter. Les expériences effectuées en Allemagne, par exemple, démontrent que la plupart des avaries constatées, proviennent de l’utilisation des huiles végétales à froid. L’utilisation de ces carburants nécessite donc un effort de changement de comportement, qui doit être renforcé par la formation du personnel.

Conclusion :
La montée croissante du prix du pétrole, impose aux pays non énergétiques, comme le Maroc, de chercher des combustibles de substitution disponibles et bon marché. Or, les conditions météorologiques au Maroc, caractérisées par la faible pluviométrie, la non autosuffisance alimentaire et la flambée des prix de produits alimentaires dont les huiles végétales, poussent les entreprises marocaines à se pencher d’avantage sur les huiles de microalgues. Ce choix est d’autant plus justifié que la Maroc dispose de ressources côtières importantes.

STRATEGIES

Gérer les risques d’inondations au Maroc (*)

La géologie et le climat du Maroc le classe dans la catégorie des pays les plus vulnérables aux inondations. La gestion de ce risque naturel devient donc une nécessité des autorités compétentes pour garantir un meilleur développement durable. La stratégie de gestion nécessite de nombreuses actions comme la prévention, la protection, la préparation, la prévision, la surveillance et l’alerte, l’intervention, le secourisme et la réhabilitation.

Par G. ZAHOUR & H. OUAFIK (**)

Les inondations représentent un risque naturel qui peut causer des pertes en vies humaines, des dégâts matériels et la dégradation de l’environnement. Dans la triste liste noire des victimes, et à l’échelle du bassin méditerranéen, les risques d’inondation viennent en deuxième rang derrière les risques sismiques, mais ils occupent en revanche le premier rang sur le plan de fréquences d’occurrences (Villevieille, 1997). Le Maroc n’échappe pas à cette règle. Les catastrophes les plus fréquentes et les plus meurtrières pour ce pays sont la récurrence terrible des inondations. Les inondations de l’Oued Ourika de 1995, et celles de l’Oued Maleh de 2002 restent gravées dans les mémoires des marocains.

Effets déplorables et gestion des risques
Les inondations ont des Impact sur l’ordre social et sur l’écosystème. En effet, parmi les conséquences néfastes des inondations, on peut citer, entre autres, les glissements de terrain dus à des sols saturés, les pertes en vies humaines dues à la noyade, la pollution des réserves d’eau  et les épidémies en relation avec la contamination éventuelle des puits et des nappes phréatiques, la perte de la culture, des réserves alimentaires et des animaux et l’effondrement des maisons. Face à cela, les stratégies de lutte contre les risques d’inondation au Maroc correspondent à un programme d’action qu’il faut mener pour contenir ou réduire le risque, et ce à travers plusieurs actions notamment la prévention, la sensibilisation aux risques, la protection contre les risques, la préparation, la prévision, la surveillance et l’alerte, l’intervention, le secourisme et la réhabilitation, la contribution des Organisations Non Gouvernementales « ONG » et la collaboration internationale.
La prévention consistera en une action d’information, de communication et de sensibilisation aux risques d’inondations. Il s’agira ainsi d’informer le citoyen et les différentes communautés et groupements sociaux sur les causes du risque, ses conséquences et ses impacts à court et à moyen terme et enfin sur les moyens de lutte et les mesures de précaution à prendre pour se défendre contre les agressions de cette catastrophe. La sensibilisation des décideurs à la problématique des risques et leurs impacts sur l’environnement est une action à envisager notamment par les spécialistes de la communauté scientifique.
La connaissance et l’éducation aux risques font appel à plusieurs moyens: Medias (Radio, TV, Presse écrite), Ecole, Internet, Orateurs des Mosquées, Parents, Cinéma…etc.
La prévision est la connaissance anticipée de la date et du lieu de la catastrophe. Pour réduire le risque, il faut la mise en place de système de prévision de surveillance et d’alerte.
Longtemps, «le bouche à oreille» était le seul moyen d’avertir les populations d’un danger quelconque. Les systèmes d’alerte actuels reposent sur des instruments de mesure sophistiqués et sur des moyens de communication modernes. Ainsi les centrales nucléaires et les usines à haut risque sont équipées de systèmes d’alerte. La capacité à prévenir un événement exige que l’on dispose d’appareils de surveillance adéquats et opérationnels, pour que l’on puisse transmettre l’information avant le déclenchement du risque. Les prévisions météorologiques sur 24 et 48 heures, illustrent bien l’efficacité des systèmes d’alerte anticipée.
La surveillance est la continuité de l’observation dans l’espace et dans le temps. Les moyens de surveillance sont variés. L’on citera ainsi les réseaux sol (postes d’observation et d’alerte tenus par des opérateurs humains et déclenchés par divers moyens de télécommunications), les radars et satellites qui sont des systèmes assurant l’observation de surfaces très étendues. Le cercle d’acquisition du radar est de l’ordre de 100ène de Km. Alors que celui du satellite dépasse le millier de Km.
Les satellites, par exemple, apportent des informations et des indications essentielles pour la prévision météorologique. C’est le cas des prévisions météorologiques qui représente un bon exemple de système de prévision et d’alerte anticipée des risques d’inondations. En effet, Il existe de stations terrestres et marines qui recueillent en permanence des images et des données, diffusés par des satellites météorologiques, et qui portent des précisions sur les éléments météorologiques (température, humidité, orientation et vitesse des vents….). Les données et images météorologiques permettent d’être informé à l’avance des fortes perturbations climatiques qui risquent de provoquer une catastrophe.
Cependant, ces dispositifs manquent parfois de précisions ou sont mal interprétés en temps utile. De nombreux exemples récents montrent que c’est surtout le manque d’organisation dans les secours et le défaut dans l’appréciation d’un danger qui sont responsables du bilan catastrophique de certains évènements hydrométéorologiques. Les cas du cyclone Katarina (USA, 2005) est un exemple significatif à cet égard.
L’annonce de crue et l’alerte du risque d’inondation sont déclenchées sur prévision météorologique. La transmission de cette alerte aux populations en danger, par l’intermédiaire de moyens de communications efficace en temps réel (réseau téléphonique par exemple), est le devoir des corps techniques appropriés. Mais le problème auquel se confrontent les gestionnaires de crises est la possibilité de joindre les campeurs le long des cours d’eau pendant les saisons estivales. Il est recommandé de doter ces campings d’une liaison radio avec un centre de sécurité civile. Des panneaux de signalisation devraient recommander les campeurs des sites inondables à gagner les points de haute altitude pour échapper sur alerte diffusée, pour échapper aux risques de crues.
D’une façon générale, la stratégie opérationnelle de secourisme, d’urgence et de réhabilitation comprend, la création d’une cellule de gestion de crise spécifique en cas de désastre pilotée par les hautes autorités compétentes et qui comprend tous les services concernés: représentants de la protection civile et sapeurs pompiers, croissant rouge, représentants du ministère de la santé, de l’environnement, de l’habitat, de l’équipement, les ONG…, la définition du rôle et des responsabilités de chaque intervenant pendant la crise, la création de procédures d’urgence et de secours immédiats (corps médical, sauveteurs spécialistes comme les sapeurs pompiers pour évacuer les blessés graves et les populations menacées et aider à la survie (fournitures de couvertures, eau, relogement même précaire…), la constitution d’un « fond d’urgence catastrophe” pour répondre aux besoins de la population et en fin lors de la réhabilitation, il faut évaluer les coûts induits par la catastrophe, et mettre en place un système d’assurance pour couvrir les indemnisations des sinistrés.
L’implication de la composante sociale (associations) basée sur le bénévolat, qui conjuguée avec l’organisation administrative traditionnelle, peut être particulièrement efficace en matière de réduction de l’impact de la catastrophe.

Actions entreprises
Pour protéger la ville de Mohammedia contre les risques d’inondations, plusieurs mesures de précaution ont été prises (Jouhari, 2003), il a été procédé à la mise en place de 5 postes d’annonce de crues (alerte) permettant de porter le délais d’alerte à 14 heures au lieu de 6 heures auparavant. En plus de la réalisation de 4 digues à Mohammédia au niveau du boulevard Sidi Mohammed Ben Abdellah, de Douar El Haja, du boulevard Chefchaouni et de la zone basse de la SAMIR. Les investissements de la société de Lydec ont été menées sur le canal de délestage de l’Oued Maleh qui permettra de protéger la ville basse de Mohammedia contre les crues pouvant atteindre 140 m3/s (El Misbahi, 2006).
Dans le cadre de sa stratégie de lutte contre les débordements en cas de fortes pluies, la société Lydec réalise à Casablanca des grands travaux structurants sur le réseau d’assainissement de la ville avec un vaste programme préventif portant sur les campagnes de curage et de débouchage du réseau (El Misbahi, 2006). Selon le même auteur, la société Lydec entreprend plusieurs travaux ponctuels pouvant connaître des débordements importants en cas de fortes pluies, pour réduire l’ampleur du débordement et surtout le nombre de points sensibles sur le réseau (52 zones sensibles en 1997 contre 15 zones sensibles en 2006).
Dans la ville de Berrechid, la première action urgente concerne la protection de la zone industrielle contre les crues. Elle consiste en la réalisation d’une digue et d’un canal.
Pour la protection de la ville de Settat contre les crues, plusieurs actions ont eu lieu, entre autres, les travaux de doublement du canal de l’oued.
De même des systèmes d’alerte et des seuils mécaniques ont été mis en place pour lutter contre les inondations au niveau de la vallée d’Ourika. Pour ce dernier cas, Il s’agit en fait des corrections mécaniques des ravins avec des constructions de seuils en pierres sèches et gabions et maçonnerie ou cimentées avec un double objectif : maîtriser et limiter l’écoulement des débris dans l’oued et casser l’énergie de l’eau en retenant les gros blocs via ces sortes de petits barrages en béton tout au long des ravins (Berrissoule, 2004).
Un projet-pilote, relatif à la mise en place d’un système de prévention contre les inondations dans la zone du bassin d’Ourika a vu le jour après les inondations de 1995 et s’inscrit dans la cadre de la coopération entre le Maroc et le Japon.
La MAP (2003), a déclaré selon les responsables que le projet, d’un coût global de 30 millions DH et réalisé en collaboration avec l’Agence japonaise pour la Coopération Internationale, vise la prévention contre les risques d’inondations que connaît la région, particulièrement en période d’été, et qui touchent quelque 3.500 km2 sur la rive gauche de l’Oued Tensift. Les appareils de pointe, dont ce projet est doté, permettent de réunir les données de 5 stations se trouvant dans la zone de l’Ourika avant de les traiter et les examiner au centre d’informatique sis au siège de l’agence du bassin hydrolique de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz.
Ce système permet de recueillir, de manière automatique, les données sur les hauteurs des pluies et le niveau d’eau, lesquelles serviront à déterminer la gravité de la situation et d’éviter les dégâts, notamment humains, pouvant résulter d’éventuelles inondations.

La compréhension à la base
La gestion des risques naturels est une composante du développement durable. Les stratégies de lutte contre les risques d’inondations passent incontestablement par la compréhension scientifique de la cause du risque, de son impact sur l’ordre social, économique et environnemental, et par les mesures à prendre ou « parades » pour réduire les dégâts.
L’analyse de l’état actuel de la gestion de ces risques au Maroc montre des lacunes au niveau (Founty, 2006) de la prise en compte des risques naturels dans les plans d’aménagement, au niveau de la cartographie des zones à haut risque et au niveau de la définition d’une stratégie globale et coordonnée de prévention et de lutte contre les risques d’inondations.
Notons enfin que selon la stratégie de Kobe 2005-2015 : « Chaque État a la responsabilité de prendre des mesures efficaces pour réduire les risques et protéger ses populations, ses infrastructures et son patrimoine national des conséquences des catastrophes ».
La gestion des risques d’inondations dépasse le cadre de compétence d’une commune et des autorités locales compétentes, elle rentre plutôt dans la politique de l’état en matière de gestion des ressources en eau et d’aménagement des bassins versants hydrologiques.

(*)Ce travail rentre dans le cadre de la préparation d’un doctorat national que prépare encore Mlle Hanane Oufik sous le thème : Education à la gestion des risques naturels au Maroc, sous l’encadrement du Professeur Ghalem Zahour, enseignant chercheur à la Faculté des Sciences de Ben M’Sik, Casablanca.

(**) Département de Géologie, Faculté des Sciences II, Ben M’Sik – Casablanca

ENCADRÉ

Des mesures efficaces de protection
Il s’agit d’un ensemble d’actions et de mesures visant à assurer un certain niveau de protection des vies, et des biens individuels ou collectifs (habitats et ouvrages d’arts comme les ponts, barrages…, les réseaux de télécommunications, d’électrification, d’eau potable … ), notamment en villes car les villes sont très sensibles et vulnérables aux risques d’inondations en raison de l’accumulation d’habitat à usage individuel ou collectif, de la densité de la population urbaine et de la concentration d’activités à caractère industriel, commercial, culturel, artisanal, sportif… La protection contre les risques d’inondations au Maroc exige, à notre avis, un ensemble de solutions techniques, entre autres, la cartographie des zones à hauts risques et l’identification des zones sensibles dont il faudra tenir compte dans les plans d’aménagement urbain (zones potentielles de débordements des eaux de ruissellement sur les voies publiques…). En effet, la géométrie urbaine doit être mieux conçue pour faciliter l’écoulement des eaux. Vient, ensuite le renforcement du cadre juridique et institutionnel à travers la mise en application de la loi 10/95 sur l’eau en particulier les articles 12 qui stipule que
« Il est interdit d’anticiper de quelque manière que ce soit, notamment par des constructions, sur les limites des francs-bords des cours d’eau temporaires ou permanents, des séguias, des lacs, des sources ainsi que sur les limites d’emprises des aqueducs, des conduites d’eau, des canaux de navigation, d’irrigation ou d’assainissement faisant partie du domaine public hydraulique »,
et 20 qui précise que
« Il est créé, au niveau de chaque bassin hydraulique ou ensemble de bassins hydrauliques, sous la dénomination de “agence de bassin”, un établissement public, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. L’agence de bassin est chargée, entre autre, de réaliser les infrastructures nécessaires à la prévention et à la lutte contre les inondations « .
Il faudra aussi veiller à la création de bassins réservoirs, des barrages et des digues pour limiter les débits liquides et capter les débits solides en amont des agglomérations, lutter contre l’imperméabilité des bassins versants. Cette imperméabilité a pour effet d’accroître les écoulements des eaux et par conséquent d’augmenter les débits reçus en aval. En villes, la création d’espaces verts est de nature à augmenter l’infiltration des eaux, et à l’opposé, ils réduisent les débits de ruissellements. Et puis, organiser, de manière régulière, des compagnes de curage et d’entretien des réseaux d’évacuation en milieu urbain.

Partenariat

Une Solution d’Anticipation du Risque Automobile

Le Groupe Traqueur, leader français de l’après-vol et acteur majeur de l’intelligence embarquée, et Codes Rousseau, leader en édition de savoir, de méthodes, d’outils pédagogiques en matière de sécurité routière, signent un partenariat stratégique, en réponse à la problématique du risque routier auquel sont confrontées les entreprises.

Issue d’une réflexion commune, l’offre S.A.R.A. Eco-Fleet s’inscrit parfaitement dans une logique actuelle de management : réduire la sinistralité et les coûts directs/indirects de la flotte, par la mise en place d’une prestation innovante de prévention du risque routier visant l’adoption d’une conduite éco-comportementale durable dans l’entreprise.

Une conduite éco-responsable
Réduction des risques, de la consommation de carburant et des coûts… L’éco-conduite est un comportement de conduite citoyen permettant de réduire le risque d’accidents de la route (de 10 à 15 %), de réduire sa consommation de carburant (jusqu’à 15% d’économie) et de limiter les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.
Pour en informer l’on présente trois conseils forts pour ancrer le réflexe « éco-conduite » :
1. Conduire moins vite, c’est moins d’accidents.
2. Conduire moins vite, c’est moins de CO2.
3. Conduire moins vite, c’est moins cher.
Pour le milieu professionnel : la conduite doit être un acte citoyen, la première cause de décès au travail restant l’accident de la route, le gisement de sécurité routière porte ici sur 22 000 000 de personnes, les orientations :
– favoriser l’éco comportement,
– la conduite est un acte de travail dont l’outil est la voiture,
– amélioration pour les entreprises de l’image, de l’absentéisme, de la cotisation AT (accident du travail), réduction des coûts de gestion des véhicules, de la consommation de carburant.
La mise en place du plan de prévention du risque routier, se traduit cependant, par la réduction des coûts directs et indirects de la flotte de véhicules et aussi par l’accompagnement de l’entreprise dans l’adoption d’une conduite éco-comportementale et responsable durable.

Dimension humaine et maîtrise des coûts
Les plans d’actions personnalisés et sur-mesure dispensés par S.A.R.A. Eco-Fleet contribuent pleinement à l’amélioration du comportement sur la route ; au-delà du fonctionnement inhérent à l’entreprise, les conducteurs profitent d’une pédagogie qui leur sert aussi à titre personnel (anticipation du risque d’accidents, économie de carburant…). L’éco-comportement prend une dimension personnelle dans la mesure où il responsabilise l’individu au quotidien et lui apporte sérénité et sécurité.
Favorable à la réduction drastique du risque routier, l’éco-conduite l’est aussi à la réalisation d’économies importantes sur le coût des flottes, avec en particulier une baisse des coûts d’entretien de véhicules de l’ordre de 5% par an, des primes d’assurance dommage de 10%, de consommation en carburant de 8 à 12% ainsi que de la sinistralité de 10% et une baisse des cotisations CRAM AT. Dans le cadre de la mise en œuvre du coach S.A.R.A. Eco-Fleet sur une flotte de 200 véhicules, Groupe Traqueur et Codes Rousseau Prévention estiment un retour sur investissement en moins d’un an, puis une économie annuelle de près de 143 000 euros en fin de programme de prestation.

Climatisation, gaz réfrigérant et énergies renouvelables

Depuis la canicule de l’été 2003, le marché français de la climatisation a connu une très forte croissance. Mais les climatiseurs sont une calamité pour l’atmosphère car ils rejettent des gaz à effet de serre. Aujourd’hui, une nouvelle solution écologique et économique pour le marché français de la réfrigération et de la climatisation arrive en France.

Les gaz réfrigérants sont des produits de consommation courante, tant au niveau domestique qu’industriel, qui participent grandement au réchauffement climatique. Ils sont utilisés pour la production de froid des réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs et sont donc d’une grande importance pour de nombreux foyers et entreprises.
Dans les années 80, les CFC (ou chlorofluorocarbures) étaient utilisés dans plusieurs secteurs industriels : l’industrie du froid, l’industrie des nettoyants industriels, l’industrie des propulseurs, l’industrie des mousses isolantes, etc…
Or, depuis le 1er janvier 2001, les CFC sont interdits en raison de leur effet destructeur sur la couche d’ozone et de leur contribution à l’effet de serre.
Les HCFC (hydrochlorofluorocarbures) les ont progressivement remplacé. Ils devront être remplacés à leur tour, leur usage étant limité par le protocole de Kyoto sur la diminution des gaz à effet de serre.
Aujourd’hui donc, ces gazs réfrigérants sont en majorité remplacés par les gaz HFC (hydrofluorocarbone), sans chlore, qui sont souvent présentés comme  » écologiques  » car ils ne nuisent pas à la couche d’ozone. Cependant, le fluor qu’ils contiennent contribue grandement au réchauffement climatique, jusqu’à représenter 2% des émissions de gaz à effet de serre de l’Union Européenne.
Les émissions de HFC sont aujourd’hui contrôlées et jugées indésirables pour l’environnement, mais ces gaz, à défaut d’alternative aussi intéressante du point de vue économique, seront sans doute encore utilisés dans l’industrie du froid.

Les dangers de la climatisation

Le climatiseur fonctionne avec des fluides frigorigènes à base d’HFC, substances à pouvoir de réchauffement 1.300 fois plus élevé que celui du C02.
Il consomme aussi beaucoup d’énergie. Pour exemple, la climatisation d’une automobile, qui équipe trois véhicules neufs sur quatre vendus en France, consomme 25% à 35% de carburant en plus en ville et 10% à 20% en plus sur route.
L’appareil étant rarement recyclé, le fluide frigorigènes à base d’HFC finit en décharge.
L’Union Européenne avec son règlement (CE) N°842/2006 a déjà imposé le confinement et le recyclage de ces gaz, ainsi que la progressive réduction de leur utilisation. Cependant il est encore peu envisagé de réduire vraiment la consommation de ces gaz, et on cherche davantage à augmenter leur efficacité et à réduire leur propagation dans l’air.

Encadré
Gaz hydrocarbures (HC) naturels, une nouvelle solution

La solution aux impacts environnementaux des gaz réfrigérants passerait dont par un gaz qui ne contient ni chlore ni fluor et ne rejette aucune émission de CO² dans l’atmosphère, bref un gaz écologique !
Il semble que la solution ait été trouvé dans le gaz Ecofreeze, qui se trouve être une alternative suffisamment intéressante pour qu’on s’y arrête deux minutes.
D’une part, par sa toxicité réduite en comparaison aux gaz chimiques, le gaz Ecofreez permettrait une plus grande durée de vie des appareils ce qui éviterait de les remplacer fréquemment.
D’autre part, il ferait preuve d’une plus grande efficacité sur les appareils de consommation courante ce qui permettrait jusqu’à 30% d’économie d’électricité. Cela signifie que l’investissement dans l’achat de ce gaz serait rentable parfois en seulement une année.
Enfin, il serait le seul des gaz hydrocarbures aujourd’hui commercialisés qui s’adapterait aux appareils de réfrigération et climatisation déjà existants. En conséquence il n’est pas nécessaire d’acheter ou de produire de nouveaux équipements ni de produire plus de déchets en jetant les anciens appareils pour pouvoir l’utiliser .
Le gaz Ecofreeze équipe pour l’heure au Mexique des clients tels que Whirlpool (réfrigérateurs domestiques), Hussmann (réfrigérateurs industriels), … Il équipe aussi déjà 50 000 centrales réfrigérantes Coca Cola.
Les gaz réfrigérants sont utilisés pour la production de froid des réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs. Puisque le citoyen n’est pas forcément écolo, c’est donc aujourd’hui à l’industrie qu’incombe de faire l’effort écologique, en apportant des solutions propres qui répondront aux problèmes environnementaux, sans enrayer le fonctionnement de l’économie et révolutionner notre petit confort quotidien…

Nucléaire

Prémices d’un éveil marocain

Si elle a perdu un important contrat en Chine, Areva n’est pas restée les bras croisés dans le domaine. A travers elle, la France s’est tournée vers le Maroc pour proposer sa technologie dans le nucléaire civil. Il y a lieu de souligner ici que la Russie n’a pas caché son intention de construire une centrale nucléaire au Maroc. La future mise en service du premier réacteur nucléaire de recherche marocain devrait déclencher bien des convoitises.

C’est à Paris que le Maroc avait émis pour la première fois, le désir de développer un programme nucléaire pour la production de l’énergie électrique, « dans le respect des engagements marocains sur le plan international ». Les différents éléments du projet devait ensuite faire l’objet d’une mission composée des représentants des diverses instances françaises compétentes. Cette coopération devait notamment s’appuyer sur une analyse des enjeux de nature politique (y compris de non prolifération), économique, et de sûreté et de sécurité inhérents au développement d’un programme nucléaire civil. Et c’est dans ce sens que le PDG d’AREVA avait été approché, dans le cadre de discussion autour de l’adoption de l’énergie nucléaire au Maroc.
Au même moment, la Russie montrait beaucoup d’intérêt à construire une centrale nucléaire au Maroc. L’Agence atomique locale (ROSATOM) a manifesté son grand intérêt pour participer à l’appel d’offres international qui devait être lancé à cet effet par les autorités marocaines. Younès Maamar, directeur de l’ONE) aurait même fait le déplacement, à Moscou, pour rencontrer à la fois les responsables de l’Agence atomique russe (ROSATOM), du groupe TVEL et de la holding Rosenergoatom.
Cette dernière compte à son actif la construction de cinq centrales nucléaires, notamment en Iran, en Chine et en Inde. Elle est connue pour son savoir-faire. Un avantage qui pourrait pencher en sa faveur au moment de la proclamation des résultats de l’appel d’offres. Selon certaines prévisions, la centrale nucléaire serait opérationnelle en l’an 2017.Le recours à l’énergie nucléaire semble ainsi être de plus en plus une nécessité pour le Maroc.

L’expérience de Bouknadel
La mise en service du premier réacteur nucléaire de recherche marocain, devrait se faire, selon des responsables du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN), dans les prochains jours. Tous les préalables techniques et réglementaires ont été remplis. Installé à 25 km de Rabat, le site relève du CNESTEN. De technologie américaine, ce réacteur a été acquis par le Maroc auprès de General Atomics pour la somme de 5 millions de dollars.
A ce montant s’ajoutent les frais d’installation et d’équipement du centre qui l’abrite, fruit d’un financement français sous forme de crédit concessionnel (un tiers accordé sous forme de dons). Ce centre s’étend sur 4.000 m2 et comprend, outre le réacteur, des laboratoires d’application. Le réacteur verra l’implication de quelque 220 personnes (docteurs, ingénieurs, techniciens, agents…).
Ce réacteur de deux mégawatts est dédié à la recherche et l’expérimentation. Son utilité est capitale pour des secteurs comme la médecine, l’eau, l’agriculture et la recherche scientifique. L’intérêt principal de ce réacteur réside selon le Maroc dans la constitution d’un patrimoine scientifique important, tant en équipements ultra high-tech qu’en savoir-faire technologique. La recherche scientifique en bénéficiera largement. Le réacteur de recherche est ainsi une sorte de porte d’entrée du Maroc dans ce domaine.
Il existe actuellement 35 réacteurs Triga aux Etats-Unis et autant en dehors du territoire américain (Japon, Italie, Brésil, Iran, Mexique). Fruit de la politique d’Atoms for Peace (le Nucléaire pour la Paix) de l’ancien président américain, Eisenhower, cette technologie avait comme but de faciliter l’accès au nucléaire pour les pays en voie de développement.

Le choix de Sidi Boulbra
En décembre 2005, l’Agence internationale de l’énergie atomique a indiqué que le site de Sidi Boulbra était adapté à recevoir la première centrale nucléaire marocaine pour la production d’électricité. Cette centrale aura une puissance estimée de 700 à 1 000 mégawatts.
Dans le cadre de sa politique de diversification des ressources énergétiques primaires et du développement de ses capacités de production électrique, le Maroc a conduit des enquêtes de site et de faisabilité pour sa première centrale nucléaire, en tenant compte de la réalité économique actuelle et de la nécessité de développer une technologie de réacteur nucléaire compatible avec la taille du réseau national d’ici 2016 ou 2017.
Ces études de faisabilité ont été réalisées en partenariat étroit avec l’AIEA. Elles ont pris en compte les aspects techniques et économiques du projet, ainsi que la sécurité, la protection de l’environnement, la participation de l’industrie nationale et l’information publique. Les principales conclusions ont été publiées dans un rapport final rédigé par des experts de l’AIEA. Le site de Sidi Boulbra se trouve sur la côte atlantique, à mi-chemin entre les villes de Safi et d’Essaouira, sur la rive nord de l’embouchure du fleuve Mzar.
L’AIEA n’a émis aucune objection quant à la qualification de ce site. L’agence est favorable à ce que des réacteurs techniquement avérés et commercialement disponibles soient inclus dans le projet de centrale nucléaire marocaine. La date optimale pour la mise en service de la première unité de génération d’électricité d’origine nucléaire, d’une puissance de 700 à 1 000 mégawatts, dans le réseau national sera d’ici à 2017.
La comparaison économique avec la technologie du charbon montre que l’option nucléaire est plus avantageuse pour une mise en service à compter de cette date. Le processus de recherche et de sélection du site de Sidi Boulbra et les études détaillées auxquelles il a été soumis ont été conduits par la société française SOFRATOME avec la participation de plusieurs organisations marocaines et sous la houlette de l’AIEA.
Ce projet nécessitera un investissement de quelque 15 milliards de dirhams. La société américaine General Atomics Corporation supervisera la fourniture des réacteurs nucléaires à des fins pacifiques et scientifiques. Le personnel, les techniciens et les ingénieurs nucléaires marocains qui travailleront dans cette centrale nucléaire ont reçu une formation aux Etats-Unis, en France et en Malaisie. Alors que le dossier technique du site est bouclé, la décision politique se fait encore attendre. Les considérations réglementaires restent à finaliser. Le gouvernement prépare les textes juridiques appropriés nécessaires pour couvrir le rôle, la mission et le cadre opérationnel des réacteurs nucléaires.

Le pic du phosphate
Si la dernière goutte de pétrole sera extraite en 2150 dans l’Est de d’Arabie Saoudite, le dernier gramme de phosphate le sera vraisemblablement à Khouribga au Maroc dans moins de 90 ans. Le physicien Patrick Déry a appliqué la technique de linéarisation de Hubbert (qui a formulé le concept de « pic du pétrole ») aux données fournies par le United States Geological Survey, résultat : le pic du phosphate aurait eu lieu en 1989! Il est passé inaperçu à cause de l’effondrement du bloc soviétique (traduit par une baisse drastique de la demande entre 1990 et 1993). Aujourd’hui, les premières tensions apparaissent (enfin) sur le marché ; certains agriculteurs australiens et brésiliens ont été obligés cette année de retarder les semis par manque d’engrais… Les experts s’inquiètent maintenant de la rareté du phosphate qui, contrairement au pétrole, est irremplaçable. Il peut seulement être recyclé, mais il faut pour cela retraiter les excréments animaux et humains pour en nourrir les sols… Le physicien Isaac Asimov a démontré que le phosphate est un élément minéral unique, parce que sa concentration moyenne dans les organismes vivants est huit fois plus élevée que sa concentration dans les sols. Asimov lui a même décerné le titre enviable de « life’s bottleneck » (goulot d’étranglement de la vie). Comment expliquer alors l’atonie des cours du phosphate brut de 1989 à 2003? Ce prix est avant tout déterminé par les anticipations des acteurs en présence : une alliance entre l’Office Chérifien des Phosphates (qui contrôle 47% du marché de l’acide phosphorique et 22% des engrais phosphatés) et un consortium de huit entreprises américaines baptisé PhosRock concentrerait plus de 60% des réserves mondiales ; cette possibilité d’une entente maroco-américaine a un effet dissuasif qui prive les autres pays producteurs du pouvoir de piloter les prix. Par ailleurs, les investissements dans le secteur phosphatier ont été gelés ces dernières années par l’annonce de l’exploitation à partir de 2010 d’un gisement géant dans le nord de l’Arabie Saoudite (qui pourrait fournir jusqu’à 8% de l’offre mondiale). Or en 2020, la production agricole mondiale – poussée par la démographie et les biocarburants – aura bondi de 33%, entraînant dans son sillage la consommation d’engrais. Si le phosphate a longtemps été la matière première la moins attrayante de la planète malgré son importance, la situation semble en passe de changer. Pour le Maroc, dont le sous-sol renferme plus de 40% des réserves mondiales, un trend haussier durable sur le phosphate brut est une bonne nouvelle. Cela devrait aider l’OCP à se réformer. En maintenant un programme d’investissement de 4 milliards de dollars d’ici 2015, l’OCP ambitionne de faire du port de Jorf Lasfar une technopole mondiale du phosphate, une plateforme industrielle dans laquelle les investisseurs étrangers pourraient exploiter des unités de productions livrées clef en main (500 ha dédiés à l’industrie lourde). Sans oublier que d’après l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, les phosphates marocains recèlent près de 7 millions de tonnes d’uranium. Le cours de l’uranium a été multiplié par onze depuis 2002.

L’option électronucléaire

« le français arrive à tout ce qui est bien, mais il y arrive tard. On commence chez nous à blâmer ce qui est hardi, et l’on finit par l’imiter »Voltaire.. Sauf que pour l’option nucléaire est la France est partie à temps et bien !

Contexte général

Le contexte énergétique requiert aujourd’hui des adaptations indispensables aux nouvelles réalités socio-économiques internationales. La croissance de la population mondiale qui doit passer à près de 10 milliards d’individus à l’horizon 2050, pèsera fortement sur la demande mondiale en énergie et en électricité. La croissance économique des BRIC (Brésil, Russie, Inde, chine) et des autres pays qui suivront va compliquer davantage l’espoir au développement des pays pauvres.
 
Malgré une baisse très nette des programmes d’équipement en centrales nucléaires par rapport aux années 70 et 80 du siècle dernier, on continue à observer dans le monde une croissance de la part de l’électricité produite par le nucléaire et la volonté d’un certain nombre de pays d’augmenter la puissance de leur parc électronucléaire dont notamment les pays asiatiques (le Japon, la Chine, la Corée et l’Inde) ayant construit le plus ces dernières années des réacteurs nucléaires.
 
Si la plupart des pays occidentaux ont arrêté de construire des centrales pour des raisons supposées écologiques ils n’ont pas pour autant arrêté la production, et plusieurs d’entre eux envisagent à l’avenir le renouvellement des capacités actuelles.
 
Au cours de ce 21ème siècle devrait s’opérer un rééquilibrage des énergies dans le monde sous l’effet combiné de la baisse attendue des réserves en hydrocarbures et des prix y afférents, du besoin de tous à pouvoir accéder à une énergie économique, garantie du développement durable, et de l’attention croissante portée à la protection de l’environnement depuis les conférences universelles sur ce sujet.
 
L’énergie nucléaire devrait trouver sa place dans ce rééquilibrage : son combustible (l’uranium) ne connaît pas les mêmes contraintes que le pétrole ou le gaz. Ses réserves sont plus importantes (250 années de consommation en réserve avec les systèmes utilisés actuellement et plusieurs milliers d’années avec de nouvelles technologies), et leur disponibilité n’est pas soumise aux mêmes aléas géopolitiques. Il faut enfin rappeler la stabilité des coûts de production du nucléaire liée au faible prix de la matière première. Le coût du combustible nucléaire ne représente ainsi que 20 % du coût de production actualisé   (contre 60 à 70 % pour le gaz naturel, ces chiffres devant être revus à la hausse pour des raisons évidentes de conjoncture).
 

La tendance à rallonger la durée de vie des centrales nucléaires existantes s’explique, dans un contexte de marché libre de l’électricité, par le fait que certains électriciens préfèrent investir dans cette option que de s’engager dans des investissements à délai de réalisation relativement long.
 
Par ailleurs, les coûts d’investissement sont beaucoup plus importants pour une centrale nucléaire que pour une unité conventionnelle fonctionnant au charbon ou au gaz naturel. La durée de rentabilisation d’un investissement lourd et les risques importants inhérents au projet (risque commercial, technique, réglementaire ou politique) sont donc, très élevés pour le nucléaire. L’engagement des gouvernements, par une politique volontariste, en faveur de l’option électronucléaire est dans ce cadre un facteur d’appréciation capital.
Quid de notre pays ?
De prime à bord, il conviendrait de souligner que le secteur électrique national, toute activité confondue, se situe au premier rang des secteurs d’infrastructures, qui sont considérés devoir jouer un rôle-clé dans le développement socio-économique du pays.
Le secteur électrique est stratégique d’abord par les investissements hautement capitalistiques qu’il requiert. Il importe de veiller à ce que les sommes considérables consacrées au secteur soient utilisées efficacement et que les résultats obtenus soient à la mesure de l’effort consenti, qu’il s’agisse de la qualité d’électricité effectivement disponible dans le pays ou du rendement économique du capital investi.
Il est stratégique aussi par ses multiples effets notamment sur la valorisation des ressources énergétiques nationales lorsque cela s’avère économiquement rentable (eau et vent essentiellment), le développement des activités productives et l’augmentation de la productivité des activités industrielles et artisanales, l’implantation de petites industries créatrices d’emploi en zones rurales et la croissance de la population agricole, et l’amélioration de la qualité de vie et du bien être des populations rurales.
Il est stratégique enfin par ses effets en amont. Le fait que l’électricité nécessite l’installation continuelle et la maintenance de nombreux équipements de production, de transport et de distribution devrait servir de levier pour promouvoir le développement d’une industrie locale (à l’instar de beaucoup de pays tels que la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, et certains pays latino-américains…) au lieu de se cantonner dans la recherche des productions moins qualifiées et peut être à faible valeur ajoutée (poteaux, câbles, transformateurs,…).

C’est ainsi que le secteur de l’électricité est appelé désormais plus que jamais à jouer un rôle de locomotive du développement et de modernisation tant sur le plan commercial que sur le plan technologique, et il faut être conscient que les exigences d’une économie compétitive dans un environnement mondial en pleine mutation et marqué par la tendance de la globalisation produisant des chocs socio-économiques imprévisibles va soumettre de plus en plus notre économie à une concurrence accrue.

Raisons principales de l’introduction de l’électronucléaire
Nous pensons qu’il doit y avoir au moins trois raisons essentielles pour que les pouvoirs publics s’intéressent particulièrement à l’électronucléaire : l’insuffisance pour le moment des ressources énergétiques locales (1), les incidences négatives des coûts des importations énergétiques (pétrole, charbon et gaz naturel) sur l’économie nationale (2) et la forte croissance de la demande d’électricité (3).
Il serait judicieux de signaler pour une reconnaissance historique que les pouvoirs publics avaient réalisé sous les auspices de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), au milieu des années 80, des études de faisabilité pour l’introduction d’une première centrale nucléaire. Ces études avaient permis de choisir un site pour abriter la première centrale électronucléaire du pays. L’adéquation du site au plan de la sûreté nucléaire avait par la suite été confirmée.
Par ailleurs, les études de faisabilité avaient conclu, à l’époque, que, pour des raisons d’insertion dans le réseau national, la date la plus proche d’introduction d’une première unité de 900 MW, dans le cadre d’un programme d’équipement volontariste favorisant l’introduction de l’option nucléaire, devrait intervenir à l’horizon 2015. Soit.
L’actualisation de cette étude a été dernièrement entreprise et des éléments d’appréciation permettant de confirmer le choix évident de la nécessité de mise en place d’un programme électronucléaire pour la production d’électricité sont disponibles.
Il est aussi évident que l’option électronucléaire reste confrontée à un certain nombre de défis d’ordre juridique, scientifique et technique, financier, écologique ou géographique ; mais nous considérons que notre pays dispose de capacités et d’atouts qui pourraient jouer en faveur de l’introduction de cette option dans de conditions satisfaisantes, à savoir:
un potentiel scientifique, technique et administratif spécialisé dans divers secteurs d’activités nucléaires ;
la capitalisation des études de faisabilité et de préfaisabilité, et l’existence d’un site déjà qualifié par l’AIEA ;
la récente mise en service du Centre d’Etudes Nucléaires de la Maâmora devant constituer un environnement favorable à la consolidation des compétences nationales dans les activités liées au nucléaire ;
un cadre législatif et réglementaire en pleine évolution;
L’ouverture du secteur électrique à des partenaires nationaux et internationaux.

Pour la réalisation des objectifs recherchés par l’utilisation de la technologie nucléaire à des fins pacifiques, il est proposé les recommandations suivantes :
Parachèvement de l’encadrement juridique et réglementaire devant définir et préciser les obligations indispensables à imposer en matière de sûreté nucléaire ;
Mise en place d’un Organisme de Sûreté jouissant des moyens humains et financiers adéquats et d’une autonomie de fonctionnement suffisante pour lui permettre l’accomplissement de sa mission dans de bonnes conditions, indépendamment des structures existantes;
Définition avec davantage de pertinence et de précision de la politique de coordination devrant présider aux contacts des différents acteurs impliqués dans le nucléaire ;
Mise en œuvre d’une politique nationale en matière du développement nucléaire sur le long terme (20-30 ans minimum) ; car les investissements à réaliser sont lourds de conséquence et leur prise en charge devrait être envisagée avec un maximum de recul nécessaire qu’imposent la rigueur d’une politique budgétaire de l’Etat et la limitation des ressources d’un Etablissement Public;
Mise en place d’un forum permanent de réflexion animé par le biais d’un organe de consultations et de propositions auquel reviendra en particulier la charge de veiller à orienter et à pérenniser les efforts de l’Etat dans sa politique nucléaire et de suivre les débats qui se développent sur cette question au niveau de la scène international e;
Mise à contribution de l’expertise nationale dans la conception, le suivi et l’accomplissement des projets nucléaires.

EXPORTATIONS

Quand le « Phosphate » va, tout va… s’arranger

Le phosphate et dérivées seraient venus à la rescousse de la balance commerciale déficitaire, lors du premier semestre 2008, selon l’office des Changes…

En effet, les exportations du phosphate et dérivées auraient enregistrées un saut qualitatif et quantitatif lors de cette période de l’année en passant de 9,8 à 24,1 milliards de DH. Des exportations qui auraient profité d’une conjoncture bénéfique marquée par la hausse des prix au niveau du marché international.
Hausse qui a fait que les prix à l’export sont passés de 404 à 1089 DH la tonne pour le phosphate, de 3825 à 10.643 DH la tonne d’acide phosphorique et de 2661 à 6630 DH la tonne pour les engrais naturels et chimiques.
Ainsi, et bien que les quantités exportées n’ont pas enregistrées de changement lors de ce premier semestre 2008, en comparaison avec la même période de 2007, les exportations de phosphate et dérivées ont réalisé une poussée remarquable avec un passage de 2,7 à 7,6 milliards de DH, pour le phosphate, de 3,8 à 10,6 milliards de DH pour l’acide phosphorique et de 3,1 à 6,5 milliards de DH pour les engrais naturels et chimiques dont les quantités exportées ont enregistré une régression de près de 17,3%.
Si l’on s’en tient aux données et chiffres rapportés par l’Office des Changes, relatifs aux Exportations, lors du premier semestre de l’année en cours, l’on soulignera particulièrement que la balance commerciale n’a enregistré qu’un déficit de 76 milliards de DH. Celui-ci aurait pu atteindre un seuil critique si les revenus des exportations du phosphate et dérivées n’avaient pas connu cette augmentation. D’autant plus que les exportations hors phosphate et dérivées ont stagné à 53 milliards de DH.
Le phosphate est ainsi venu à la rescousse d’une balance commerciale déficitaire, ce fort appui est malheureusement passé sous silence face un dévouement montant à l’énergie et ses menaces de crises… Et dire que les mines n’ont pas leur mot à dire dans le développement économique ?

Stratégie Nationale

Les scénarios alternatifs

En juillet dernier, Amina Benkhadra, ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement a présenté, à Oujda, les grandes lignes de la stratégie énergétique nationale,  lors d’une cérémonie présidée par Sa Majesté Le Roi.

Les axes majeurs de cette stratégie peuvent se résumer dans la sécurité d’approvisionnement à travers la diversification des sources et ressources, un bouquet électrique optimisé et planification maîtrisée des capacités, l’accès généralisé  à l’énergie à des prix compétitifs, et le développement durable et l’intégration régionale et internationale.

Pour ce qui est de l’électricité, la consommation sera, selon la ministre, multipliée par quatre et la production par 3,5 d’ici à 2030 dans le scénario de base  où la croissance de la consommation continuerait à croître au rythme actuel de 7 à 8% par an.  Ce scénario de base retient  le charbon comme  cœur du mix électrique avec une optimisation  des ressources en gaz disponibles, un apport d’appoint de l’éolien, le recours aux interconnexions sur la base d’un arbitrage économique et la mobilisation du potentiel national en hydroélectricité.

Cependant, et a fin de faire face aux éventualités et aléas que pourraient imposer les mutations mondiales dont l’influence n’est plus à négliger, des scénarios alternatifs ont été retenus dans le cadre la stratégie énergétique nationale.

Il s’agit d’abord du développement du gaz comme source plus importante en cas d’accès économique et sécurisé soit à partie du GME, soit par GNL. Cette dernière option étant tributaire de quatre conditions à savoir, un coût d’accès compétitif, la sécurisation de l’accès par un contrat long terme, un marché national et des débouchés à l’export.

L’autre scénario consiste en des programmes stratégiques à long terme (2020 -2030) basés sur le maintien de l’option électronucléaire, la valorisation des schistes bitumineux avec la construction d’une centrale pilote de 100 MW à Tarfaya, sans oublier le solaire et la biomasse. Ensuite, il y aura l’efficacité énergétique qui constitue une quatrième énergie après les énergies fossiles, les énergies renouvelables et le nucléaire.  L’objectif visé par cette alternative est de réaliser une économie de 15% à l’horizon 2020. En effet, l’efficacité énergétique constituerait un axe majeur du Plan National d’Actions Prioritaires mis en place  dans le cadre de la gouvernance spécifique pour la gestion de l’équilibre offre -demande de l’électricité durant la période 2008-2012. Cette efficacité se concrétisera des actions dans le domaine de l’industrie par le biais d’audits énergétiques, labellisation, normalisation et étiquetage des appareillages, des actions dans l’habitat où l’efficacité énergétique devra être intégrée dans la conception architecturale et la construction des bâtiments et des actions dans le tourisme et la santé via la généralisation des chauffes eau solaires et des lampes basse consommation dans les établissements hôteliers et hospitaliers. Viendra ensuite la promotion à grande échelle des énergies renouvelables dans les établissements relevant du Ministère de l’Education Nationale.

Dans le domaine des produits pétroliers, il s’agira de réduire la part de ces produits dans le bilan énergétique,   garantir les stocks de sécurité et améliorer la qualité des carburants. A partir de janvier 2009, deux carburants uniquement seront commercialisés au Maroc qui sont le gasoil 50 ppm  et le supercarburant sans plomb. Cela permettra de  réduire les émissions atmosphériques de 760 tonnes de plomb/an et 54.000 tonnes de soufre/an.

En fin, et dans le but d’atténuer la dépendance énergétique, le « Fonds de Développement Energétique » doté de 1 milliard de  dollars (dons du Royaume d’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour 800 millions de dollars et d’une contribution du Fonds Hassan II pour 200 millions de dollars), est en cours de création.

Rationalisation et défi énergétique

Rationalisation et défi énergétique

Le Maroc fait, aujourd’hui face à de sérieux défis dans le domaine de l’énergie. Pour pouvoir passer outre cette délicate situation, l’issue est de s’adapter aux profondes mutations affectant mondialement le secteur. Mutations face auxquelles il faut se montrer septique et éloigner toute vision versant dans un optimisme chimérique qui laisserait croire qu’elles vont s’apaiser, quand le réalisme laisse voir qu’elles ne feront que s’aggraver au fil du temps.
Comment faut-il donc agir et quelle politique faut-il adopter pour relever le défi et se mettre à l’abri d’une menace de crise énergétique de plus en plus persistante ?
La politique à suivre et qui apportera le salut, doit allier la gestion rationnelle des produits énergétiques à l’adoption d’une stratégie efficiente. Cette dernière doit essentiellement viser la réduction de la consommation de l’énergie, sans porter atteinte à la productivité. Dans cette démarche, il sera impératif de diversifier les sources d’énergie tout en veillant à protéger celles dont le pays dispose déjà.
Le choix du Maroc ne doit aujourd’hui porter que sur le renforcement local de la capacité de production d’énergie et l’ouverture de la voie aux investissements prometteurs en matière d’approvisionnement énergétique. D’autre part, tous les efforts qui visent à faire des énergies alternatives et renouvelables la clé de voûte de la politique énergétique nationale doivent également être poursuivis de manière résolue.
Cette vision émane incontestablement de la Volonté et de la détermination du Souverain qui entoure le secteur de Sa Haute Sollicitude. En effet, SM le Roi n’a cessé d’appeler à la mise en oeuvre d’une politique énergétique nationale qui, soulignait encore le Souverain dans son Discours du Trône du 30 juillet 2008, se basera sur « une gestion rationnelle » des produits énergétiques grâce à une stratégie « visant à réduire la consommation de l’énergie, sans porter atteinte à la productivité », et en veillant « à la protection et à la diversification des sources d’énergie ».
La voie est ainsi tracée et les moyens sont là à en juger par la mise en place d’un Fonds dédié, renforcera cette action et donnera plus de sens à la stratégie énergétique nationale. Il permettra aussi d’apporter le soutien nécessaire aux programmes de recherche d’efficacité en matière d’économie d’énergie, et d’inciter les investisseurs à utiliser les énergies alternatives et renouvelables.
Ce Fonds spécial a été créé dans un élan de soutien solidaire de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis sous forme de dons auxquels s’est ajoutée une contribution du Fonds Hassan II pour le Développement économique et social. Il servira notamment à assurer le développement en matière énergétique.

Ressources énergétiques

Ressources énergétiques entre offre et demande

« Nous jetons une première
moitié de l’énergie, et nous utilisons très mal la seconde… »

Entretien avec Said Guemra, Expert Conseil en Management de l’Energie en Temps Réel

Avions-nous une politique énergétique nationale et étions-nous sur la même longueur d’onde avec les autres pays opérants dans ce secteur tant en qualité de producteurs qu’en qualité de transporteurs ? La crise qui sévit dans le monde affecte-t-elle réellement le Maroc au point de chercher à trouver les meilleurs moyens et stratégies pour y faire face ? Et quel est le degré d’efficacité des mesures d’accompagnement des politiques et stratégies énergétiques poursuivies dans ce sens. Dans l’entretien suivant, M. Said Guemra, tente de donner des réponses aux questions relatives à la politique énergétique et à l’efficacité des mesures d’accompagnement des différentes stratégies envisagées.

Entretien

Existait-il une réelle politique énergétique au Maroc avant la crise actuelle ?

La politique énergétique du Maroc a toujours été réduite à sa plus simple expression, plus d’offre énergétique pour plus de demande énergétique. L’essentiel était d’assurer la sécurité d’approvisionnement aussi bien en carburant qu’en électricité. Ce mode de gestion passif, a bien montré ses limites en 1993 avec les délestages électriques, et le prix que le contribuable a payé pour sortir de cette impasse : un seul producteur d’électricité JLEC avec plus de 60% en take or pay (obligation d’achat) de la consommation électrique du pays, ce qui est un risque énorme. La libéralisation du secteur qui aurait pu introduire une concurrence saine entre des producteurs privés petits et moyens, est tout simplement impossible. L’ONE hérite aujourd’hui d’une avalanche de problèmes qui ont plus de vingt ans d’existence, et ce sont des erreurs que nous allons repayer économiquement pour les trois ou quatre années à venir. Le management de l’énergie d’un pays tiens compte de la planification des nouvelles installations de production électriques, des innovations financières qu’il faut introduire en dehors des budgets de l’état, les économies d’énergie, la gestion de la demande électrique, les énergies renouvelables, et surtout les ressources humaines spécialisées dans l’ensemble de ces domaines, et qui font cruellement défaut chez nous.

Quelle est la situation des programmes d’efficacité énergétique au Maroc ?

En 1989, l’Agence Américaines pour le Développement International USAID a lancé presque simultanément au Maroc et en Tunisie deux projets de coopération dans le domaine de l’efficacité énergétique, le but était de réaliser des audits énergétiques dans les secteurs industriel et hôtelier, à charge pour les industriels de réaliser les recommandations. Ce programme a mis en évidence l’incroyable potentiel d’économie d’énergie aussi bien dans l’industrie, que dans l’hôtellerie,près de 40% du potentiel préconisé par les recommandations restaient à réaliser par les bénéficiaires de ces audits. D’autre part, la faiblesse de la productivité industrielle, à moins de 15% mesurée dans certains entreprises, explique en majeure partie, les ratios de production anormalement élevés par rapport à la concurrence, c’est bien là un de nos gros problèmes : un grand nombre de nos usines tournent doucement à faible régime, avec des records en matière d’arrêts de production, et sous performances diverses. Ils produisent peu par rapport à la concurrence, et ont des ratios énergétiques pouvant dépasser les 200 %. De plus, la faible productivité industrielle est à l’origine d’un manque de compétitivité dans le sens large, mais également d’une grande problématique d’intensité énergétique, et ceci indépendamment du prix de l’énergie. (L’exemple du secteur de la plasturgie ou le ratio énergétique par kilogramme extrudé a dépassé les 200%, le résultat a été que ces industries ferment actuellement, non seulement à cause du prix de l’énergie, mais surtout à cause des quantités d’énergie consommée par unité de production).
L’ensemble des recommandations dudit projet, devaient servir au Ministère de l’Energie de l’époque pour lancer des programmes opérationnels sur le terrain, et non pas des audits énergétiques. La Tunisie qui a crée l’Agence de Maîtrise de l’Energie, AME à l’époque qui est l’ANME actuellement avec plus de 80 sociétés spécialisées dans le domaine de l’efficacité énergétique et énergies renouvelables, un cadre institutionnel des plus performants,avec, entre autres, comme point d’appui, ce programme de coopération. Ceci a fait qu’aujourd’hui, nous nous trouvons très en retard par rapport à ce qui se passe en Tunisie en matière d’efficacité énergétique. Au fil du temps, nous avons dilapidé les compétences qui ont été formées, le Maroc ne compte que 4 ou 5 sociétés spécialisées dans le domaine de la gestion de l’énergie. Vingt ans plus tard, nous n’avons toujours pas de Loi pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Notre brusque réveil coïncide ainsi avec un prix du baril dépassant les 130 $ !

GMT+1, audits énergétiques dans l’industrie, la tarification de la pointe électrique, les hôpitaux : quelle serait encore l’efficacité de toutes ces mesures ?

Il y’a très longtemps que nous devions passer et de manière définitive à GMT+1, et ce pour harmoniser nos horaires avec l’Europe qui reste notre principal partenaire commercial, mais de là à affirmer que nous allons réaliser l’économie d’une centrale électrique de plusieurs Mégawatts, elle ne serait pas très grande, et on aimerait voir l’impact réel de cette mesure sur la pointe électrique nationale. Dans l’industrie, le fait de réaliser un audit énergétique constitue le début d’un travail très colossale, pour préparer les financements, la réalisation des projets d’économie d’énergie, le suivi et l’évaluation par la mesure, éventuellement la mise en place des systèmes de gestion de l’énergie pour s’assurer que les gains sont effectivement réalisés, les résultas sont parfois à la hauteur des efforts, avec des réductions de plus de 30%, mesures à l’appui. On ne peut pas dire que nous allons bâtir une stratégie d’efficacité énergétique en rédigeant des rapports d’audits qui sont restés depuis 1990 dans les tiroirs des industriels. Même que dans le domaine de l’énergie, nous sommes champions en matière d’études, mais avec très peu de réalisations. A l’image des autres pays, très particulièrement la France, nous devons mettre en place des programmes opérationnels sur sites industriels, des projets de démonstration vivants, des baisses de factures mesurables, c’est là que nous avons la confiance des industriels, qui ne demandent pas mieux que d’investir dans des projets très rentables: parfois moins de deux mois de temps retour, on ne se lavera pas le cœur rien qu’en se lavant les mains !
Pour la tarification de la pointe électrique, nous n’avons pas encore rencontré un industriel qui a bien voulu arrêter la production à cause d’une énergie plus coûteuse en période de pointe soit entre 17h et 22h. Même si le prix du kWh électrique est quasiment le double de la période 22h-07h, et pourtant l’effacement en heures de pointe est quasi impossible dans un grand nombre d’industries. Certaines entreprises travaillent 24h/24 à flux tendu n’arrêteront pas la production pour faire plaisir au producteur d’électricité, au risque de se compromettre avec leurs clients, ceux qui travaillent en deux équipes, ne peuvent en aucun cas différer, (même pour plus de 1 MDh de gain par an) le fonctionnement de l’équipe 2 celle de 22h-06h pour des raisons évidentes de sécurité dans les zones industrielles, et surtout de baisses de la qualité constatée chez les équipes du soir.
Pour les hôpitaux, il faut savoir que la consommation énergétique des 128 hôpitaux du Maroc, est équivalente à la consommation de 4 hôtels de catégorie 4 ou 5*. Nos hôpitaux sont faiblement équipés, et ils sont relativement peu consommateurs d’énergie par journée d’hospitalisation (JH), cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire pour nos hôpitaux, mais il n’y a pas de quoi faire toute une STRATEGIE nationale.
Ceci étant, il faut quand même souligner qu’il s’agit là d’une batterie de bonnes mesures, mais, celles-ci restent largement insuffisantes. Il est donc impératif de revoir notre copie en matière d’énergie en concertation avec les différents opérateurs et surtout les utilisateurs de l’énergie.
Il faut s’attaquer, aux vrais problèmes de gaspillage de l’énergie dans l’industrie, les hôtels, les ménages, et les administrations, et bien d’autres secteurs, très particulièrement le transport, avec des programmes opérationnels sur le terrain et non pas avec des rapports d’audits et des études qui, souvent, sont restés lettres mortes…
Il est vrai que le ratio énergétique par habitant est assez bas, il est de 0,4 Tep/habitant, mais ce nous oublions de dire de manière très volontariste, c’est qu’il nous faut 1,4 Tep pour 1000 $ de PIB, contre 0,7 Tep / 1000 $ pour les pays de l’OCDE, globalement nous jetons une première moitié de l’énergie, et nous utilisons très mal la second moitié. Il faut bien plus que GMT+1 pour résoudre cette problématique.

Auriez-vous d’autres propositions pouvant être des alternatives ?

Il suffit de voir autour de soi. Les pays qui ont réussi dans le domaine de la promotion de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables : France, Allemagne, Suède, et bien d’autres pays, ont payé le prix fort pour que chaque produit fabriqué ne consomme que la quantité utile d’énergie, à chaque nuitée d’hôtel correspond un ratio énergétique normalisé, la consommation en litres /100 Km de chaque véhicule est contrôlée annuellement, même la consommation des réfrigérateurs, l’éclairage des ménages, sont standardisées, et pour en arriver là, ce n’est pas avec une simple « Hamla » (campagne) d’économie d’énergie que nous allons y parvenir, c’est un travail de longue haleine, dans lequel des pays amis doivent nous aider sur le terrain.
Cela devra commencer chez nous (même avec trente ans de retard), par un cadre institutionnel adéquat, une agence forte, responsable, à l’image de bien des agences qui ont réussies des projets d’envergure chez nous, des programmes très diversifiés avec des thématiques horizontales, et des évaluations précises des économies effectivement réalisées, ou des énergies réellement substituées par du renouvelable, mais avant tout une volonté politique qui permettra de positionner le secteur de l’énergie à la place qu’il mérite. L’énergie est un facteur de compétitivité de nos entreprises industrielles, nos hôtels, et finalement notre pouvoir d’achat, et notre stabilité sociale, les potentiels en efficacité énergétique et énergie renouvelable sont énormes, très particulièrement l’éolien et la biomasse à court terme, et le photovoltaïque à moyen long terme. Comme nous le constatons par les chiffres, l’énergie restera le secteur ou les demis mesures, et la politique politicienne sont interdites.

Propos recueillis par MD