Fukushima,

l’eau contaminée s’écoule dans la mer

Les taux de césium radioactif prélévés dans l’eau souterraine, à 25m de la mer, connaissent une augmentation importante et inexpliquée.

Le danger se confirme. L’autorité de sûreté nucléaire japonaise a indiqué qu’elle craignait que de l’eau contaminée de la centrale de Fukushima-Dalichi ne s’écoule dans la mer. «Il existe de forts soupçons que l’eau hautement radioactive accumulée dans le sol se répande dans la mer», a déclaré Shunichi Tanaka, le directeur de l’autorité.

Un peu plus tôt, la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), qui gère le site accidenté, avait annoncé avoir constaté une nouvelle augmentation du niveau de césium radioactif dans un puits situé à 25 mètres de la mer.

Selon les prélèvements effectués le 9 juillet, l’eau souterraine contenait des taux de 11.000 becquerels de césium 134 par litre (Bq/l) et de 22.000 Bq/l de césium 137. La veille, ils étaient de 9000 et de 18.000. Des taux respectivement 91 et 86 fois plus élevés que ceux mesurés le 5 juillet.

Ce jour-là, Tepco avait aussi découvert, au même endroit, un niveau très important d’autres éléments radioactifs, en l’occurrence une quantité de strontium 90, d’un taux de 900.000 Bq/l. Soit plusieurs milliers de fois le plafond admis pour l’eau de mer. Et deux jours auparavant, le niveau n’était «que» de 4300 Bq/l.

Hausses inexpliquées
Ces hausses phénoménales demeurent pour l’instant inexpliquées. Tepco promet toutefois de renforcer les contrôles et de prendre des dispositions pour empêcher de contaminer davantage l’océan Pacifique voisin.

D’importantes quantités d’eau contaminée y avaient été déversées un mois après l’accident. «Il est nécessaire d’évaluer l’impact sur les espèces halieutiques et les fonds marins», a aussi dit Shunichi Tanaka. Une morue avait été capturée en février avec un taux de radioactivité 7400 fois plus élevé que la norme fixée par les autorités japonaises pour interdire tout aliment à la consommation. Un cas loin d’être isolé. Tepco assurait pourtant en avril que les fuites d’eau radioactive émanant des réservoirs de stockage souterrains ne risquaient pas de se déverser dans l’océan Pacifique, puisque ceux-ci se trouvaient à une centaine de mètres du rivage.

«Nous ne sommes pas pour le moment en mesure de dire si l’eau contaminée s’écoule ou non dans la mer», nuance la compagnie nippone.

Cette dernière a entrepris de mettre sur pied, d’ici un an, une paroi souterraine étanche, afin d’enrayer une contamination qui se propage, notamment, via la nappe phréatique située sous la centrale.

Le démantèlement total de toutes les installations de la centrale de Fukushima Daiichi, ravagée le 11 mars 2011 par un séisme et un tsunami, prendra entre 30 et 40 ans.