Evitant l’épuisement des gisements actuels

LA PART DU SABLE de dragage dans le marché reste faible, elle ne dépasse pas 5%, cependant avec la privatisation de DRAPOR et les efforts de promotion et de sensibilisation engagés par cette entreprise, elle peut atteindre des proportion plus avantageuses qui pourront atteindre de 30% du marché. Le sable maritime de dragage peut être extrait au niveau des embouchures des oueds, des passes d’entrées des ports et des pièges à sable marins (profondeurs). En terme de disponibilité le sable de dragage existe en quantité suffisante.
Les réserves en sable de dragage s’évaluent à plus de 20 Millions de m3 de dépôts et à 6 Millions de m3 par année de sable provenant de transit littoral atlantique. Géographiquement, ces réserves sont situées près des grandes concentrations urbaines, ce qui dotera le sable de dragage d’une certaine compétitivité économique par rapport au sable traditionnel.
Le sable de dragage constitue un produit complémentaire pour la majorité des utilisations (bétons, industrie etc). Il est doté de performances techniques et économiques et sa production est en accord avec les aspects réglementaires environnementaux, lui permettant de présenter un avantage décisif sur les autres ressources.
Les caractéristiques essentielles du sable de dragage sont :
-la granulométrie : le matériau dragué doit être au moins du sable 0/2 (taille des grains de 0 à 2 mm).
La majorité des sables utilisés dans le BTP sont des sables 0/4, donc il faudra compléter les matériaux dragués avec du sable 2/4, afin de permettre un plus grand nombre d’utilisation ;
-la teneur en coquilles : le matériau dragué ne doit pas contenir d’éléments coquilliers. La teneur en éléments coquilliers, exprimée en pourcentage, correspond à des taux pondéraux de CaCO3. Ces taux sont déterminés par analyse chimique soit à raison d’une analyse par échantillon dans le cas de sables fins homogènes, soit en effectuant la moyenne pondérée des teneurs en calcaire de chaque fraction granulométrique d’un échantillon. Au-delà de30 %, la teneur en coquilles peut être nuisible car il s’agit souvent d’éléments creux et arrondis qui diminuent fortement la portance du sable.
-la présence de micas : Les déblais de dragage portuaire peuvent aussi contenir des micas et, à un degré moindre, certains feldspaths. Les comptages minéralogiques effectués par fraction granulométrique permettent de mettre en évidence la répartition des teneurs en micas en fonction de la taille des matériaux. En général, les micas se retrouvent dans la fraction fine, ce qui peut amener une amélioration
sensible de la composition minéralogique au cours de l’exploitation par dragues aspiratrices, les éléments fins étant remis en suspension et éliminés. La présence de micas en quantité notable et parfois de feldspaths est néfaste pour la maniabilité du béton et surtout sur la résistance, le retrait et la tendance à la fissuration des bétons.
-la salinité : La salinité de l’eau de mer entraîne la présence d’ions chlorures dans les matériaux dragués. Ces derniers retardent la prise des bétons et favorisent la corrosion des armatures métalliques des bétons armés et précontraints.
Pour satisfaire les exigences normatives et réglementaires il est parfois nécessaire de procéder au traitement des matériaux de dragage. Il en est alors que la salinité de l’eau de mer se traduit par la présence d’ions chlorures dans les déblais de dragage portuaire. Toutefois des extractions par aspiration et de déchargement par refoulement hydraulique, pourraient réduire la teneur en ions chlorure du matériau.
Elle dépend aussi du temps de stockage à terre et des éventuelles précipitations durant cette période.
Si la teneur n’est pas inférieure à 0,01 %, un lavage après déchargement permettra de satisfaire l’exigence des normes. Sinon, le matériau peut être vendu directement en indiquant la teneur en ions chlorures.
Il existe aussi des traitements physico-chimiques de déchloration. Il s’agit de réactions chimiques permettant le remplacement des atomes de chlore par des métaux alcalins par exemple. Par contre, le coût est élevé. Au Maroc, aucun traitement n’est réalisé, ce qui constituera une voie d’amélioration des granulats marins.
Les matières premières servant à la fabrication des matériaux de construction dont les sables et graviers sont abondantes. Géographiquement, elles sont bien réparties à la surface du globe. Le territoire national en est bien pourvu. Pourtant, l’accès à ces matières premières devient de plus en plus difficile : l’urbanisation, la sensibilité des riverains, la volonté de protéger l’environnement sont des limites qui s’imposent à leur exploitation, elle-même indispensable à l’aménagement et au développement économique du pays.
La recherche de ressources pour faire face à la demande croissante en granulats et l’exploitation de ces ressources sans porter préjudice à l’environnement posent de plus en plus de problèmes notamment dans les régions actives en matière de construction.
L’État en étant garant de l’intérêt général, il recherche l’équilibre adéquat entre les impératifs légitimes qui peuvent s’exprimer de manière forte et contradictoire sur le terrain. Le cas échéant, il lui revient d’imposer un arbitrage. Pour ce faire, la gestion des carrières doit disposer d’un cadre juridique applicable et qui tient compte des standards internationaux et du développement durable. La problématique des granulats dépend des considérations socio-économiques, organisationnelles, techniques, environnementales, juridiques et fiscales, ce qui lui revêt un caractère politique nécessitant l’élaboration d’une stratégie appropriée. Cette stratégie doit s’inscrire dans le cadre du développement durable et intégrer la recherche et la validation de solutions alternatives les plus appropriées.
Le ministre de l’Equipement et des Transports, Aziz Rebbah a annoncé que le nombre total des carrières de sables a atteint 1.667 à fin mars, faisant savoir que son Département est sur la voie d’élaborer une feuille de route devant être mise en oeuvre au cours de cette année, en concertation avec les professionnels et les ministères concernés visant à organiser et développer ce secteur.
Dans un exposé, lundi devant la commission des Finances, des Equipements, de la Planification et du Développement régional à la Chambre des conseillers, Rebbah a précisé que, de par le statut juridique du foncier qui les accueille, plus que la moitié de ces carrières se trouve sur des propriétés privées (971), alors que le reste est réparti entre le domaine public hydraulique (227), les terres collectives Soulalia (217), le domaine forestier (176), le domaine privé de l’Etat (68), le domaine public maritime (6) et le domaine public ferroviaire (2).
Rebbah a souligné que parmi ces carrières (1.380 permanentes, 287 temporaires), 1.103 sont exploitées par des personnes morales, alors 564 sont tenues par des personnes physiques, ajoutant que 990 de ces carrières sont exploitées, 406 sont en arrêt de travaux et 271 sont abandonnées.
Mettant en relief les limites du cadre juridique organisant ce secteur, Rebbah a énuméré certains contraintes et dysfonctionnements liés notamment à la non adhésion de certains propriétaires de carrières aux nouveautés de l’arrêté du Premier ministre de 2010 (refus de signature des cahiers de charge), l’incohérence de la durée maximum d’exploitation (5 ans) avec le volume des investissements destinés à certains types de carrières, l’absence de distinction entre les carrières exigeant ou non un accord environnemental et l’entrave à la mise en oeuvre de la décision interdisant l’extraction de sables du domaine forestier et domaine privé de l’Etat dans certaines régions.
Il a, également, cité la difficulté de poursuivre en justice certains contrevenants en l’absence de textes juridiques clairs, le manque de moyens matériels et logistiques des équipes provinciales de contrôle et le manque en revenus des taxes enregistrés par les collectivités territoriales et certains Départements gouvernementaux en raison de déclarations erronées sur les quantités de sable extrait. Le ministre a, en outre, précisé que la présente stratégie comporte, entre autres, l’élaboration d’un projet de loi portant sur l’exploitation des carrières de sables, de ses textes d’application ainsi que la révision de la circulaire de 2010, qui est toujours en vigueur dans l’attente de l’approbation d’une nouvelle loi. Elle stipulera également l’exploitation des sables étagères et de fragmentation en alternative à celles des dunes et des côtes.
Outre la limitation de la durée d’exploitation à 20 ans, avec possibilité de la porter à 30 ans pour les carrières inhérentes aux industries de transformation, le nouveau projet de loi, en phase d’élaboration, renferme des dispositions initiant une nouvelle perception des carrières de sable, l’interdiction de l’extraction des sables des côtes de n’importe quel littoral, quel qu’en soit le statut juridique, a précisé Rebbah.
Le nouveau cadre juridique, ajoute le ministre, prévoit des sanctions pénales en cas d’exploitation des carrières sans permis légal ainsi qu’une taxe additionnelle sur l’extraction des sables des dunes et des côtes.
Dans le dessein d’améliorer le système d’exploitation des carrières, Rebbah a annoncé que le ministère
propose des mesures reposant sur 3 principes fondamentaux, un portant sur l’assouplissement des procédures d’obtention des autorisations d’exploitation, un autre ayant trait à la préservation de l’environnement tandis que le troisième se penche sur les moyens de consolider les mécanismes de contrôle dans le souci de respecter les dispositions des cahiers de charges.

Rédaction/Agence